{"id":4921,"date":"2008-01-14T00:00:00","date_gmt":"2008-01-13T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4921"},"modified":"2008-01-14T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-13T22:00:00","slug":"4921","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/01\/14\/4921\/","title":{"rendered":"Richard Leo Johnson &#8211; Who Knew Charlie Shoe ?"},"content":{"rendered":"<p>Richard Leo Johnson, c\u2019est un peu le Loulou la Brocante de l\u2019Am\u00e9rique ! Epris d\u2019instruments anciens, il a \u00e9cr\u00e9m\u00e9 les sites de vente aux ench\u00e8res en ligne pour acqu\u00e9rir d\u2019antiques guitares aux sonorit\u00e9s atypiques et \u00e0 des prix d\u00e9risoires. L\u2019une d\u2019elles, \u00e9trangement d\u00e9dicac\u00e9e, lui inspira son pr\u00e9c\u00e9dent disque, <i>The Legend of Vernon McAlister<\/i>. L\u2019onirisme et l\u2019enchantement na\u00eff issus de ces rencontres imaginaires resurgissent avec <i>Who Knew Charlie Shoe ?<\/i>, album sonore des aventures hypoth\u00e9tiques de Charlie (Richard Leo Johnson <i>himself<\/i>) et Junk Fish (le percussionniste Gregg Bendian). Jonglant avec ses multiples instruments, Johnson explore toutes les nuances du jeu de guitare acoustique : <i>finger-picking<\/i>, <i>open-tuning<\/i> et harmoniques se retrouvent successivement \u00e0 l\u2019honneur, au service de courtes compositions limpides, sans esbroufe ni grandes d\u00e9monstrations. On pense successivement \u00e0 Ralph Towner, Bert Jansch ou Bob Brozman. Dans la peau de Junk Fish, le percussionniste Gregg Bendian utilise tout ce qu\u2019il peut secouer ou frapper pour accompagner son ami. Autant bruiteur que musicien, son r\u00f4le rappelle celui de Nana Vasconcelos qui t\u00e9l\u00e9-transportait sans pr\u00e9avis le piano d\u2019Egberto Gismonti au c\u0153ur de la for\u00eat amazonienne sur <i>Duas Vozes<\/i>, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80.<\/p>\n<p>  Cependant, quelques milliers de kilom\u00e8tres au nord du Br\u00e9sil, c\u2019est bien au fond des Etats-Unis qu\u2019entra\u00eene le duo. Miracle de la musique : on voyage \u00e9galement dans le temps, et  les images qui naissent ont l\u2019\u00e2ge de la guitare de l\u2019anc\u00eatre McAlister. Oubli\u00e9e, l\u2019Am\u00e9rique rurale d\u2019aujourd\u2019hui, qui s\u2019\u00e9touffe dans son cholest\u00e9rol entre une course de <i>tractor pulling<\/i> et le passage d\u2019un avion fertilisant les champs de ma\u00efs. Ici, il y a de la rouille, des animaux, des fils barbel\u00e9s, et c\u2019est Jack Kerouac et Raymond Carver qui viennent parler du pays. Bendian cr\u00e9e de toutes pi\u00e8ces des ambiances sonores incroyables de justesse. Du fer, de l\u2019eau, du bois et m\u00eame quelques souvenirs des anciens Indiens se m\u00ealent. C\u2019est en fait avec l\u2019Am\u00e9rique elle-m\u00eame qu\u2019il joue. Au hasard des vingt-et-un instantan\u00e9s, on passe des hangars m\u00e9talliques et branlants \u00e0 l\u2019\u00e9glise dominicale, du lever de soleil, un jour de labeur, \u00e0 une partie de p\u00eache avec un oncle de passage (l\u2019\u00e9blouissant \u00ab\u00a0First Breathe in a Bean Field\u00a0\u00bb). Quant \u00e0 Johnson, impeccable aux guitares, il invente des m\u00e9lodies que l\u2019on a l\u2019impression d\u2019avoir entendu depuis vingt ans mais sans redite, et alterne accompagnements pr\u00e9cis, courtes envol\u00e9es de <i>slide-guitar<\/i> et mille autres d\u00e9couvertes acoustiques en toute tranquillit\u00e9, impressionnant par la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui transpire sans rel\u00e2che de cet album inclassable.<\/p>\n<p>  Ecouter les histoires de Charlie Shoe et Junk Fish revient \u00e0 les vivre. Il existe peu de disques capables de g\u00e9n\u00e9rer autant d\u2019images, de donner autant envie de partir en voyage. Au terme du p\u00e9riple, le tranquille \u00ab\u00a0Forgotten Lullaby\u00a0\u00bb \u00e9voque Pat Metheny et donne un peu envie d\u2019en parler. Mais l\u2019enfant de cinq ans qui \u00e9coute ce morceau vous parlera, lui, un papillon oubli\u00e9 qu\u2019il a presque touch\u00e9 du doigt, et ses mots vaudront autant, sinon plus, que cette chronique. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Richard Leo Johnson, c\u2019est un peu le Loulou la Brocante de l\u2019Am\u00e9rique ! 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