{"id":4881,"date":"2008-09-11T00:00:00","date_gmt":"2008-09-10T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4881"},"modified":"2008-09-11T00:00:00","modified_gmt":"2008-09-10T22:00:00","slug":"4881","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/09\/11\/4881\/","title":{"rendered":"Forgas &#8211; Cocktail"},"content":{"rendered":"<p>Musea sait souffler le chaud et le froid en mati\u00e8re de r\u00e9\u00e9ditions. Capable de sortir d\u2019un oubli bien m\u00e9rit\u00e9 la plus anecdotique des formations de rock progressif, le label se montre \u00e9galement toujours apte \u00e0 surprendre favorablement, comme l&rsquo;illustre ce disque du batteur fran\u00e7ais Patrick Forgas, tout droit issu de l\u2019optimisme chamarr\u00e9 de la fin des ann\u00e9es 1970. Fort justement nomm\u00e9 <i>Cocktail<\/i>, cet album m\u00e9lange les saveurs et donne le sourire.<\/p>\n<p> Au c\u0153ur de la vague disco, Patrick Forgas joue la carte du grand m\u00e9tissage musical. Entour\u00e9 d\u2019une arm\u00e9e de musiciens o\u00f9 l\u2019on retrouve entre autres G\u00e9rard Pr\u00e9vost \u00e0 la basse et l\u2019\u00e9tonnant Jean-Pierre Fouquey aux claviers (auquel Forgas rend un vibrant hommage au c\u0153ur du livret) v\u00e9n\u00e9rant autant la moite sensualit\u00e9 des pistes de danse que les d\u00e9lires sophistiqu\u00e9s de Soft Machine ou Moving Gelatine Plates, il additionne les saveurs au risque de parfois verser dans un sucr\u00e9\/sal\u00e9 plut\u00f4t surprenant. Ainsi les neufs premiers morceaux, friandises acidul\u00e9es, se d\u00e9vorent sans retenue s\u00e9par\u00e9ment, mais ne r\u00e9v\u00e8lent que peu de coh\u00e9rence musicale, sinon une ind\u00e9cente insouciance artistique qui abolit toutes les barri\u00e8res. Le batteur en chef navigue entre jazz fusion (\u00ab\u00a0Vol d\u2019hirondelles\u00a0\u00bb et son violon a\u00e9rien), d\u00e9lires progressifs (\u00ab\u00a0Monks&nbsp;\u00bb) et  p\u00e9pites  cosmico-funk que n\u2019auraient pas reni\u00e9 Lonnie Liston Smith (\u00ab&nbsp;Orgueil\u00a0\u00bb, irr\u00e9sistible et \u00e9chantillonnante par le premier publicitaire en manque de jingle) pour finir par une sortie en discoth\u00e8que humide sous L.S.D. (\u00ab\u00a0Rhume des Foins\u00a0\u00bb). <\/p>\n<p> Apr\u00e8s la succession des sensations, l\u2019heure du grand m\u00e9lange sonne. \u00ab\u00a0My Trip\u00a0\u00bb, parabole de dix-huit minutes portant bien son nom, centrifuge tout le savoir de la troupe : le violon \u00e0 la Jean-Luc Ponty, les ch\u0153urs champ\u00eatres, le groove ind\u00e9cent, les coups de gong et autres en une fresque surcharg\u00e9e et na\u00efve qui pourrait t\u00e9moigner \u00e0 la fois de la musique et de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019alors\u00a0: l\u2019exc\u00e8s est ind\u00e9niable, mais on plonge dedans. Le cocktail cette fois semble bien trop sucr\u00e9 et alcoolis\u00e9, il laissera sans doute un bon mal de cr\u00e2ne et fera exploser la glyc\u00e9mie des auditeurs diab\u00e9tiques mais il est aval\u00e9 d\u2019une traite sans songer \u00e0 ces futurs d\u00e9sagr\u00e9ments\u2026  <\/p>\n<p> Ces presque quarante minutes pleines de notes se suffisent \u00e0  elles-m\u00eames. Moins abouties, les multiples plages ajout\u00e9es \u00e0 l\u2019enregistrement original, sans doute pour justifier le prix du disque travaillent le m\u00eame sillon avec un bonheur in\u00e9gal. Petit b\u00e9mol qui ne remet en aucun en question la qualit\u00e9 de cet album qui r\u00e9sume les glorieuses ann\u00e9es 1970 o\u00f9 avec sourire et talent, les pires extravagances se changeaient en joyeux <i>happening<\/i>. Un peu de ce g\u00e9nial karma nous parvient avec ce disque, profitons-en.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Musea sait souffler le chaud et le froid en mati\u00e8re de r\u00e9\u00e9ditions. 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