{"id":4867,"date":"2008-11-05T00:00:00","date_gmt":"2008-11-04T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4867"},"modified":"2008-11-05T00:00:00","modified_gmt":"2008-11-04T22:00:00","slug":"4867","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/11\/05\/4867\/","title":{"rendered":"Yemanjazz &#8211; Yemanjazz"},"content":{"rendered":"<p>Iemanja, divinit\u00e9  du culte afro-br\u00e9silien r\u00e8gne sur les forces de la nature et domine les flots. Elle a inspir\u00e9 \u00e0 Baden Powell et Vinicius de Moraes de sombres et douces Afro-Sambas, o\u00f9 les rythmiques lancinantes se lient au chant hypnotique de s\u00e9duisantes sir\u00e8nes. Port\u00e9s par ce souffle sensuel et plein de spiritualit\u00e9, les jeunes portugais de Yemanjazz assument ce lourd h\u00e9ritage sans broncher et y ajoutent l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 brulante du jazz. Entre l\u2019Afrique et le Br\u00e9sil, entre les marabouts et les pr\u00eatres, entre  la partition et l\u2019improvisation, ils tiennent le pari de faire du m\u00e9tissage la base de leur musique.<\/p>\n<p>  Dirig\u00e9s avec talent et une \u00e9tonnante maturit\u00e9 par Pedro Castanheira, ces musiciens ont ainsi d\u00e9cid\u00e9 de ne pas choisir, de passer d\u2019une bossa rappelant Chico Buarque ou Caetano Velhoso aux plus profondes transes du Candombl\u00e9 (\u00ab\u00a0Mae Sirena\u00a0\u00bb) avec une classe naturelle totalement d\u00e9concertante. Lorsque l\u2019omnipr\u00e9sent leader se mue en chanteur, jouant avec exc\u00e8s de nuances ensoleill\u00e9es et d\u2019envol\u00e9es lyriques, il op\u00e8re sur le m\u00eame mode, en s\u2019infiltrant innocemment dans le morceau avant de faire exploser ses structures conventionnelles et de se muer en une \u00e9trange chim\u00e8re mi Peter Gabriel mi Magic Malik. <\/p>\n<p>  Ce disque dure peu, mais il visite toute la richesse du Br\u00e9sil musical : une transe venue d\u2019Afrique sur une ligne de basse sensuelle ; des \u00e9clats de percussions fr\u00e9n\u00e9tiques laissent ensuite les premiers r\u00f4les aux trompettes et saxophones en toute fluidit\u00e9. Lorsque les soufflants prennent le dessus, samba et bossa s\u2019\u00e9loignent, et la partie la plus charnelle du jazz prend alors la parole. M\u00eame en haute altitude virtuose, les ancestrales croyances restent pr\u00e9gnantes, car les chorus ahurissants tiennent de Freddie Hubbard (\u00ab\u00a0Mae Sirena\u00a0\u00bb) et surtout John Coltrane ou Pharoah Sanders (\u00ab\u00a0Tus\u2019embii\u00a0\u00bb) en partance pour les \u00e9toiles. <\/p>\n<p>  C\u2019est ici, au c\u0153ur de cette musique faite de larmes et de rires que Yemanjazz tire son insolente coh\u00e9rence, aupr\u00e8s des esprits sup\u00e9rieurs comme Albert Ayler, Ali Farka Tour\u00e9 ou Nusrat Fateh Ali Khan qui font de la musique cette transe, cette richesse qui d\u00e9passe toute notion d\u2019\u00e9poque, de lieu ou de style. Esp\u00e9rons que ces jeunes inconscients ind\u00e9pendants, qui prennent le risque de ne choisir aucune chapelle, ne souffrent pas de la frilosit\u00e9 ambiante et que les oreilles avides sauront aller \u00e0 leur rencontre : elles en seront remerci\u00e9es au centuple en retour.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iemanja, divinit\u00e9 du culte afro-br\u00e9silien r\u00e8gne sur les forces de la nature et domine les&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":4868,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4867"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4867"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4867\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4868"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4867"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4867"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4867"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}