{"id":4791,"date":"2008-07-16T00:00:00","date_gmt":"2008-07-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4791"},"modified":"2008-07-16T00:00:00","modified_gmt":"2008-07-15T22:00:00","slug":"4791","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/07\/16\/4791\/","title":{"rendered":"Art Zoyd &#8211; G\u00e9n\u00e9ration sans futur"},"content":{"rendered":"<p>Il y aurait deux mani\u00e8res d\u2019aborder la musique \u2013 dont d\u00e9couleraient deux mani\u00e8res de l\u2019\u00e9couter\u2026 \u2013 soit par une approche dite \u00ab\u00a0savante\u00a0\u00bb, le plus souvent \u00e9crite (pour un intellectuel comme Adorno, quelque peu sectaire, ce serait sa noblesse, pour ne pas dire sa grandeur), soit par une approche avant tout instinctive, \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb et qui serait comme une descendance directe du vieux tribalisme. La dualit\u00e9 \u00e0 la vie dure. Si des formations de rock progressif aussi vari\u00e9es que Gentle Giant, King Crimson, Magma ou Yes ont d\u00e9j\u00e0 dynamit\u00e9 cette Ligne Maginot depuis des lustres, ce sera toute la d\u00e9marche d\u2019Art Zoyd, \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante-dix, d\u2019an\u00e9antir ce qui pouvait en rester. <i>G\u00e9n\u00e9ration sans futur<\/i>, leur troisi\u00e8me album restera, avec les \u0153uvres des Belges d\u2019Univers Zero, la trace ind\u00e9l\u00e9bile de cette ambition pouss\u00e9e \u00e0 son extr\u00eame\u00a0: fusionner musiques savantes et \u00ab\u00a0vulgum pecus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>   Soyons honn\u00eates, de cette concupiscence Art Zoyd aura enfant\u00e9, du milieu des ann\u00e9es soixante-dix jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es quatre-vingt, une production plus inspir\u00e9e par le versant contemporain de la musique que par celui du rock ou du jazz. Du coup, cet album appara\u00eet comme une \u0153uvre atypique et particuli\u00e8rement attachante dans leur univers sonore si homog\u00e8ne. Zeuhl (\u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ration sans futur\u00a0\u00bb), jazz, progressive (\u00ab\u00a0Trois miniatures\u00a0\u00bb) voire baroque (\u00ab\u00a0Divertissement\u00a0\u00bb), la musique des Fran\u00e7ais brille ici de mille \u00e9clats, m\u00eame dans l\u2019ombre \u00e9paisse de son pessimisme radical. On passe de l\u2019ironie (\u00ab\u00a0Speedy Gonzales\u00a0\u00bb) \u00e0 la noirceur (\u00ab\u00a0La ville\u00a0\u00bb), du foisonnement instrumental (les coulantes parties de guitares d\u2019Alain Eckert) \u00e0 l\u2019\u00e9pure de la musique de chambre, avec un plaisir capable de g\u00e9n\u00e9rer un antidote au sombre lyrisme du groupe. La richesse de tons inhabituelle de ces cinq plages, toutes plus brillantes les unes que les autres, procure m\u00eame une sensation riche de vie ; cette vie justement que G\u00e9rard Hourbette finira malheureusement, mais pas sans logique, par \u00e9radiquer compl\u00e8tement dans ses \u0153uvres futures. Le seul b\u00e9mol de cette r\u00e9\u00e9dition est cette triste habitude de doter les albums de bonus inutiles. Les six titres ajout\u00e9s, en plus de s\u2019\u00e9loigner compl\u00e8tement du style d\u2019Art Zoyd de l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle est rattach\u00e9 <i>G\u00e9n\u00e9ration sans futur<\/i>, sont, plus que jamais, de simples faire-valoir aussi inappropri\u00e9s que sans le moindre int\u00e9r\u00eat artistique.<\/p>\n<p>  Le <i>reprint<\/i> japonais des quatre premiers albums du groupe est l\u2019occasion de v\u00e9rifier l\u2019apport d\u2019Art Zoyd \u00e0 la musique en g\u00e9n\u00e9ral. Cette oeuvre en particulier, sombre mais charnelle, lyrique et \u00e9quilibr\u00e9e, ne laissera aucun doute\u00a0: c\u2019est une pi\u00e8ce ma\u00eetresse, qui \u00e0 d\u00e9faut d\u2019avoir go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la reconnaissance du grand public, aura magnifiquement \u0153uvr\u00e9 \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression musicale. Des groupes comme Present, Thinking Plague ou Shub-Niggurath sauront s\u2019en souvenir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y aurait deux mani\u00e8res d\u2019aborder la musique \u2013 dont d\u00e9couleraient deux mani\u00e8res de l\u2019\u00e9couter\u2026&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":4792,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4791"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4791"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4791\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4791"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4791"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4791"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}