{"id":4789,"date":"2008-07-24T00:00:00","date_gmt":"2008-07-23T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4789"},"modified":"2008-07-24T00:00:00","modified_gmt":"2008-07-23T22:00:00","slug":"4789","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/07\/24\/4789\/","title":{"rendered":"The Remote Viewers &#8211; Control Room"},"content":{"rendered":"<p>Pour un morceau, c\u2019est morceau : 3h40 de musique, cinq disques et un tirage limit\u00e9 \u00e0 deux-cent exemplaires. Les collectionneurs d\u2019objets improbables devraient appr\u00e9cier. Mais il ne devrait pas y en avoir beaucoup d\u2019autres car, tant qu\u2019\u00e0 \u00eatre dans la foucade underground, The Remote Viewers a pouss\u00e9 la logique jusqu\u2019au bout en concevant <i>Control Room<\/i> comme un amas d\u2019exp\u00e9rimentations free-jazz envelopp\u00e9es de sons electro minimalistes. Disons-le, un temps, votre serviteur a pens\u00e9 \u00e0 se proposer pour la L\u00e9gion d\u2019Honneur pour le courage exceptionnel dont il a fait preuve dans l\u2019exercice de son activit\u00e9, non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e, faut-il le pr\u00e9ciser\u2026<\/p>\n<p>    Improbable, ce <i>Control Room<\/i> est le fruit de l\u2019outrecuidance d\u2019un seul homme, David Petts, qui en a compos\u00e9 les quatre cinqui\u00e8mes, le reste \u2014 le CD 5, <i>Situations<\/i> \u2014 \u00e9tant d\u00e9volu au saxophoniste Hadrien Northover pour un exercice d\u2019improvisation solo et d\u2019<i>overdub<\/i> qui en \u00e9prouvera plus d\u2019un. Une des id\u00e9es de l\u2019album, c\u2019est de faire correspondre chaque CD \u00e0 un groupe d\u2019interpr\u00e8tes diff\u00e9rent, ce qui est pratique si vous souhaitez zapper l\u2019un d\u2019entre eux pour cause de diff\u00e9rent artistique, mais g\u00eanant si l\u2019on juge la disparit\u00e9 formelle qui en r\u00e9sulte ! Impossible donc de d\u00e9crire dans le d\u00e9tail cet antre morne et b\u00e9ant dans lequel circule, comme un mauvais courant d\u2019air, le bon, le moins bon, le froid, le ti\u00e8de, beaucoup de vide et quelques rares \u00e9clats. Il faudra notamment attendre le quatri\u00e8me CD \u2014 le nomm\u00e9 <i>Fiction Department<\/i> \u2014 pour entendre enfin la voix magnifique de Louise Petts r\u00e9chauffer le son tr\u00e8s cheap de l\u2019ensemble. <\/p>\n<p>Sur ce CD qui sauve l\u2019honneur, se t\u00e9lescopent en effet quelques bonnes id\u00e9es rappelant le travail d\u2019une artiste comme Laurie Anderson (c\u2019\u00e9tait tout de m\u00eame il y a 25 ans !) ou les hardiesses vocales de l\u2019Italienne Donella Del Monaco dans Opus Avantra. Sinon, pour vibrer encore un peu, il vous faudra s\u00fbrement \u00e9couter attentivement le premier CD, <i>October Rush<\/i>, et \u00eatre docilement pour vous laisser s\u00e9duire par cette tr\u00e8s longue composition somnambulesque faite de chorus jazz et de chuintements \u00e9lectroniques. Toutefois, mise en regard d\u2019un album aussi r\u00e9ussi que <i>L&rsquo;homme approximatif<\/i> de Daniel Palomo Vinuesa, cette composition fait pale figure, surtout ramen\u00e9e au contexte de modernit\u00e9 dans laquelle elle a visiblement la pr\u00e9tention de s\u2019inscrire. Enfin, au registre des dol\u00e9ances inscrivons \u00e9galement des m\u00e9langes contre-nature auxquels The Remote Viewers n\u2019essaie m\u00eame pas de donner le vernis de cr\u00e9dibilit\u00e9 n\u00e9cessaire. Par exemple ces fonds de batterie robotiques au son calamiteux qu\u2019il associe aussi bien \u00e0 la sensualit\u00e9 vocale de Louise Petts qu\u2019au souffle rude du saxo. <\/p>\n<p>    Ces 5 CD ronflants auraient pu tenir sur deux. Et encore. Mais ce qui est aga\u00e7ant avec l\u2019art contemporain, c\u2019est qu\u2019il vous prend de haut, comme cet album de The Remote Viewers qui, dans l\u2019exp\u00e9rimentation finalement, recule plus qu\u2019il n\u2019avance. La modernit\u00e9 a parfois bon dos. Le monde de la musique, quant \u00e0 lui, devrait oublier tr\u00e8s vite cet essai amphigourique o\u00f9 le mauvais go\u00fbt se dispute avec un travail de qualit\u00e9 beaucoup trop in\u00e9gal pour \u00eatre marquant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour un morceau, c\u2019est morceau : 3h40 de musique, cinq disques et un tirage limit\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":4790,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4789"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4789"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4789\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4789"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4789"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4789"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}