{"id":4565,"date":"2007-03-06T00:00:00","date_gmt":"2007-03-05T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4565"},"modified":"2007-03-06T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-05T22:00:00","slug":"4565","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/03\/06\/4565\/","title":{"rendered":"Arpia &#8211; Terramare"},"content":{"rendered":"<p>Le son d\u2019Arpia est puissant, rac\u00e9. En d\u2019autres termes : m\u00e2le. En d\u00e9pit de leur total inint\u00e9r\u00eat, les riffs de guitare sont nombreux et plantent un d\u00e9cor plus que monotone, une loi du genre dont on aura vite fait abstraction. L\u2019\u00e9volution de ces riffs au cours des diff\u00e9rents morceaux est de toute fa\u00e7on inexistante : \u00ab&nbsp;Bambina regina&nbsp;\u00bb ; \u00ab&nbsp;Diana&nbsp;\u00bb ; \u00ab&nbsp;Monsieur Verdoux&nbsp;\u00bb sont pratiquement des \u00ab&nbsp;copier-coller&nbsp;\u00bb, mais c\u2019est sans doute la norme dans le genre. La voix du chanteur Leonardo Bonnetti est franche et virile, quelques digressions vers le punk ne semblent pas lui faire peur : \u00ab&nbsp;Monsieur Verdoux&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;contrasto delle villanella&nbsp;\u00bb n\u2019ont ainsi rien \u00e0 envier aux glorieuses heures de notre B\u00e9rurier Noir. <br \/> Ces quelques lignes pour dire qu\u2019a priori, <i>Terramare<\/i> peut effrayer l\u2019amateur d\u2019un style progressif plus orthodoxe, en tous les cas moins \u00e9nerv\u00e9. <\/p>\n<p>  Et pourtant, le style ne fait pas tout et heureusement, parce que \u00ab&nbsp;sur le papier&nbsp;\u00bb, <i>Terramare<\/i> pourrait \u00eatre un disque tout simplement inaudible, sauf que\u2026 Sauf que nous avons affaire \u00e0 de vrais et grands musiciens, qui ont certes leur petit caract\u00e8re &#8211; on sent qu\u2019il ne faut pas leur faire de guili &#8211; mais qui, sous leur carapace de fer, ont tout de m\u00eame un petit c\u0153ur qui bat. <\/p>\n<p>  Premi\u00e8re excellente id\u00e9e : avoir fait appel \u00e0 la voix de Paola Feraiorni, qui vient mettre un peu de douceur dans cet univers empreint de brutalit\u00e9. Attention, la petite ne se laisse pas faire, elle en a, du r\u00e9pondant et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 donner puissamment de la voix dans des morceaux particuli\u00e8rement accrocheurs : \u00ab&nbsp;Rosa&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Contrasto della villanella&nbsp;\u00bb. Syst\u00e9matiquement, elle intervient pour donner la r\u00e9plique : le monsieur chante, elle chante, le monsieur crie, elle hurle, mais avec classe. Le tout est envelopp\u00e9 dans une orchestration de fort bon aloi, car le chanteur sait jouer du clavier, et heureusement. Deuxi\u00e8me grande id\u00e9e en effet, avoir mis de temps en temps le seul et unique accord de guitare au placard pour essayer d\u2019autres instruments. Les claviers conf\u00e8rent ainsi \u00e0 <i>Terramare<\/i> une ambiance sombre, m\u00e9lancolique, pratiquement m\u00e9ditative (\u00ab&nbsp;Piccolitta&nbsp;\u00bb) qui vient adoucir l\u2019ensemble. <\/p>\n<p>  On ne peut laisser <i>Terramare<\/i> au bout d\u2019une seule \u00e9coute, le disque est plus complexe qu\u2019il n\u2019en a l\u2019air de prime abord. Si certains morceaux sont pratiquement d\u00e9nu\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat (\u00ab&nbsp;Monsieur Verdoux&nbsp;\u00bb, entendu d\u2019un demi million de fois ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es), d\u2019autres en revanche sont vraiment int\u00e9ressants : \u00ab&nbsp;Diana&nbsp;\u00bb, par exemple, qui m\u00eale la puissance, l\u2019emphase et un certain lyrisme. Quelques ch\u0153urs auraient d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 les bienvenus sur ce morceau, histoire d\u2019en rajouter tant et plus, mais on sent bien que les incursions baroques ne sont pas forc\u00e9ment du go\u00fbt de nos transalpins. Il est en outre regrettable que ce morceau se termine un peu trop rapidement car sur la fin, l\u2019auditeur forc\u00e9ment \u00e9clair\u00e9 per\u00e7oit un d\u00e9but d\u2019incursion vers des r\u00e9gions plus sombres, plus douces, plus m\u00e9lancoliques ; il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 heureux de poursuivre dans de telles sonorit\u00e9s, mais ce disque n\u2019est d\u00e9finitivement pas pour les \u00e2mes m\u00e9ditatives, et cette br\u00e8ve tentative s\u2019arr\u00eate tr\u00e8s rapidement. <\/p>\n<p>  Ces morceaux plus sombres sont diss\u00e9min\u00e9s dans l\u2019album et sont autant de moments de joie : \u00ab&nbsp;Mari&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Luminosa&nbsp;\u00bb, par exemple. Ce dernier m\u00eale avec bonheur un refrain tr\u00e8s agr\u00e9able, une progression tout en douceur et un final vraiment \u00e9blouissant. Il est dommage que les titres s\u2019embo\u00eetent aussi mal au cours de l\u2019album, car on change sans arr\u00eat de registre, c\u2019est sans doute la cons\u00e9quence des albums r\u00e9alis\u00e9s sur des p\u00e9riodes longues (ici pr\u00e8s de deux ans) qui ont tendance \u00e0 rendre l\u2019ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Arpia est un bon disque, qui aurait m\u00e9rit\u00e9 un peu plus de travail dans sa structure et dans ses encha\u00eenements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le son d\u2019Arpia est puissant, rac\u00e9. En d\u2019autres termes : m\u00e2le. 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