{"id":4541,"date":"2007-07-22T00:00:00","date_gmt":"2007-07-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4541"},"modified":"2007-07-22T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-21T22:00:00","slug":"4541","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/07\/22\/4541\/","title":{"rendered":"The Source &#8211; All Along This Land"},"content":{"rendered":"<p>On reproche souvent aux groupes estampill\u00e9s \u00ab&nbsp;n\u00e9o-progressifs&nbsp;\u00bb leur absence d\u2019originalit\u00e9 patente : trop d\u2019ancrage dans le pass\u00e9 mythique des ann\u00e9es 70 et 80. Trop peu d\u2019inventivit\u00e9 dans les compositions ou les productions sont les remarques les plus courantes. Tr\u00e8s rapidement, le tour du propri\u00e9taire serait fait d\u00e8s qu\u2019un nouvel album ou un nouveau groupe fait son apparition. On dit, l\u2019air pinc\u00e9 et p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 : \u00ab&nbsp;\u00e7a ressemble \u00e0, au choix, Yes, Genesis, Pink Floyd, Marillion, mais \u00e7a n\u2019est pas pareil, tout de m\u00eame\u2026&nbsp;\u00bb. Dans ce cas, \u00e0 quoi bon \u00e9couter de nouveaux disques ? Que cherche-t-on ? L\u2019originalit\u00e9 ou le plaisir de l\u2019\u00e9coute ? Parions au moins pour cet album que c\u2019est le plaisir qui sera garanti, et laissons de c\u00f4t\u00e9 le jeu des \u00ab&nbsp;oui mais \u00e7a ressemble \u00e0\u2026&nbsp;\u00bb. On n\u2019\u00e9coute pas un disque avec une encyclop\u00e9die sous les yeux, on l\u2019\u00e9coute avec son c\u0153ur et son \u00e9motion. Sur ce point, la source est loin d\u2019\u00eatre tarie\u2026 <\/p>\n<p> Ainsi, en un mot comme en cent, on pourra reprocher \u00e0 <i>All along this Land<\/i> d\u2019\u00eatre un des meilleurs albums de Yes entendu depuis ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Et alors ? <\/p>\n<p> Ce n\u2019est ni une critique, ni une mani\u00e8re de dire qu\u2019il faut n\u00e9gliger ce disque qui est une bien belle surprise. Commen\u00e7ons d\u2019abord par une production irr\u00e9prochable : chaque instrument a sa place, la voix de Aaron Goldich n\u2019est pas trop envahissante, elle est juste et rappelle un peu celle de Roine Stolt, en plus jeune ou encore celle du chanteur de Satellite. Il y a effectivement un peu de Flower Kings dans cet album : \u00ab&nbsp;The fall of Babylon&nbsp;\u00bb  sera ainsi familier aux amateurs des Rois des Fleurs hollandais\u2026 <\/p>\n<p> L\u2019effet imm\u00e9diat, d\u00e8s la premi\u00e8re \u00e9coute, c\u2019est cette parent\u00e9 subtile avec le magnifique <i>Relayer<\/i> de Yes : nous ne sommes toutefois pas dans la violence inh\u00e9rente \u00e0 ce grand et beau disque, chaque m\u00e9lodie est tr\u00e8s calmement amen\u00e9e, sans transition bruyante, sans qu\u2019un instrument prenne le pas sur un autre. L\u2019encha\u00eenement \u00e9pique \u00ab&nbsp;All along this land&nbsp;\u00bb pourra ainsi rappeler sans difficult\u00e9s \u00ab&nbsp;The gates of Delirium&nbsp;\u00bb, la violence et la duret\u00e9 en moins. <\/p>\n<p> Ce qui capte l\u2019attention dans ce disque, c\u2019est l\u2019\u00e9quilibre et la mesure. Nous n\u2019avons pas affaire ici \u00e0 la moindre figure de style : les instruments ne prennent pas une place trop pro\u00e9minente, les petites m\u00e9lodies au piano, rappelant un peu Collage, ne sont pas omnipr\u00e9sentes, la batterie vient marquer le tempo sans nous assourdir, et les guitares se fondent \u00e0 merveille dans cet ensemble tr\u00e8s homog\u00e8ne. Une mention sp\u00e9ciale pour la basse qui donne un effet jazz assez hypnotique (\u00ab&nbsp;Bridges&nbsp;\u00bb), annon\u00e7ant un final plaisant faisant penser \u00e0 celui \u00ab&nbsp;d\u2019Au-del\u00e0 du D\u00e9lire&nbsp;\u00bb de Ange. Impossible de savoir si c\u2019est voulu, le groupe restant assez discret sur ses influences, tout au plus fait-il allusion au rock californien, leur r\u00e9gion d\u2019origine. C\u2019est toutefois un argument qui pourrait en s\u00e9duire plus d\u2019un. <\/p>\n<p> The Source parvient \u00e0 capter notre attention, parfois avec de magnifiques envol\u00e9es classiques au piano (\u00ab&nbsp;Unspoken Love&nbsp;\u00bb), parfois aussi avec de subtiles allusions \u00e0 toute une cohorte de groupes qui conf\u00e8rent une v\u00e9ritable l\u00e9gitimit\u00e9 au groupe : on reconna\u00eet Yes, Satellite, et aussi Landmarq, notamment avec \u00ab&nbsp;Dreams&nbsp;\u00bb, qui doit \u00eatre un des morceaux les plus dynamiques de l\u2019album, car la guitare avance crescendo et donne une tournure tout \u00e0 fait hypnotique \u00e0 l\u2019ensemble. <\/p>\n<p> Ce groupe a un bel avenir devant lui car il fait la d\u00e9monstration d\u2019une parfaite ma\u00eetrise des instruments, des influences et on ne peut s\u2019emp\u00eacher de prendre un \u00e9vident plaisir \u00e0 l\u2019\u00e9couter. Il n\u2019est pas \u00e9vident que le n\u00e9o-prog soit promis \u00e0 un grand avenir, tout simplement parce qu\u2019il reste engonc\u00e9 dans des traditions d\u00e9sormais convenues et classiques. N\u00e9anmoins, de bonnes interpr\u00e9tations, de bonnes id\u00e9es, simplement de bonnes id\u00e9es, permettent de conserver la part de magie que tout amateur de prog recherche en \u00e9coutant et d\u00e9couvrant un nouveau groupe. <br \/> Longue vie \u00e0 eux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On reproche souvent aux groupes estampill\u00e9s \u00ab&nbsp;n\u00e9o-progressifs&nbsp;\u00bb leur absence d\u2019originalit\u00e9 patente : trop d\u2019ancrage dans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4542,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4541"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4541"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4541\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4542"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4541"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4541"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4541"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}