{"id":4531,"date":"2007-08-23T00:00:00","date_gmt":"2007-08-22T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4531"},"modified":"2007-08-23T00:00:00","modified_gmt":"2007-08-22T22:00:00","slug":"4531","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/08\/23\/4531\/","title":{"rendered":"Court &#8211; Frost of Watermelon"},"content":{"rendered":"<p>Les Italiens de Court nous gratifient d\u2019un troisi\u00e8me album dont l\u2019originalit\u00e9 du titre doit \u00eatre salu\u00e9e \u00e0 sa juste mesure. De la gel\u00e9e de past\u00e8que, dont la recette est donn\u00e9e en milieu de livret (on n\u2019aura ainsi pas tout perdu), \u00e7a change un peu des sempiternels \u00ab\u00a0Exploration into the flying cosmogonic room\u00a0\u00bb et autres \u00ab\u00a0Spirit of the Fantastic Unicorn, part V\u00a0\u00bb. Les concepts prog contemporains ont tendance \u00e0 laisser perplexes ces temps-ci ; disons que c\u2019est de l\u2019humour, et de l\u2019humour, il en faudra beaucoup pour \u00e9couter, dig\u00e9rer et chroniquer cet album\u2026<\/p>\n<p>  Hormis le titre, on attendait de toute fa\u00e7on assez peu de ce disque, le pr\u00e9c\u00e9dent, <i>Distances<\/i>, paru il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es, n\u2019ayant en effet pas laiss\u00e9 un souvenir imp\u00e9rissable \u00e0 nos exigeantes, mais n\u00e9anmoins indulgentes oreilles. On attendait peu, et finalement, on avait bien raison. Il est en effet \u00e0 craindre que la past\u00e8que connaisse un destin f\u00e2cheusement similaire. Le coupable est tout d\u00e9sign\u00e9 : les qualit\u00e9s limit\u00e9es de <i>Frost of Watermelon<\/i> sont purement et simplement escamot\u00e9es, voire plut\u00f4t totalement d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9es par un chanteur qui aurait fait une plus belle carri\u00e8re dans la culture des cucurbitac\u00e9es que dans celle de la musique. <\/p>\n<p>  Sans chercher \u00e0 faire dans la nuance, \u00e7a ne lui rendrait pas service, soyons clair et sans d\u00e9tours : Paolo Lucchina chante faux, mais alors, effroyablement faux, et ce depuis les d\u00e9buts de ce groupe. C&rsquo;est simple, il est au chant ce que Marthe Mercadier est au patinage artistique, ou, pour rester dans la veine progressive, ce que Fish est \u00e0 la verveine-citron. Il y a le monde des chanteurs, et il y a Paolo Lucchina. <\/p>\n<p>  Ses prestations rendent certains morceaux parfaitement inaudibles, d\u00e9sagr\u00e9ables au possible et sans int\u00e9r\u00eat, pis, il ab\u00eeme les rares parties int\u00e9ressantes de ce disque. Tout commence avec \u00ab\u00a0Limbo\u00a0\u00bb et son petit c\u00f4t\u00e9 Doors, p\u00e9riode \u00ab\u00a0Riders on the Storm\u00a0\u00bb, guitare, clavier, petite batterie enfum\u00e9e. On y jette une oreille distraite, on se dit que ces Italiens, d\u00e9cid\u00e9ment, ils sont vraiment dou\u00e9s, d\u2019ailleurs, ils sont les seuls \u00e0 faire du prog aujourd\u2019hui, c\u2019est dire\u2026 et en deux minutes \u00e0 peine, alors qu\u2019on se r\u00e9jouit \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9couter un bon petit album de rock progressif, soudain, c\u2019est le drame\u2026<\/p>\n<p>  Paolo chante. <\/p>\n<p>  Enfin, non, d\u2019ailleurs il ne chante pas, il se met \u00e0 pousser des gloussements r\u00e9volt\u00e9s, avec la volont\u00e9 louable qui le caract\u00e9rise de rendre un hommage appuy\u00e9 aux pintades transalpines. Ce moment v\u00e9ritablement poignant d\u00e9truit tout ce que les autres, \u00e0 commencer par le fl\u00fbtiste Francesco Vedani et le guitariste Marco Strobel, qui sont pour leur part plut\u00f4t musiciens, s\u2019efforcent de sauver dans ce jus de past\u00e8que, qui vire trop rapidement au brouet. <\/p>\n<p>  \u00ab\u00a0Men I Met\u00a0\u00bb, morceau urbain, rapide, enlev\u00e9, galopant, comparable un petit peu dans l\u2019esprit (seulement dans l\u2019esprit) \u00e0 \u00ab\u00a0Motorcycle Driver\u00a0\u00bb de Joe Satriani perd toute sa substance d\u00e8s que Paolo hulule. \u00ab\u00a0Wet of Sky\u00a0\u00bb, avec son c\u00f4t\u00e9 complainte au coin du feu, la guitare s\u00e8che en bandouli\u00e8re, ferait fuir n\u2019importe quelle midinette enamour\u00e9e \u00e0 partir du moment o\u00f9 Paolo, las de m\u00e9diter devant le ciel \u00e9toil\u00e9, d\u00e9cide de s\u2019\u00e9brouer les cordes vocales. <\/p>\n<p>  Il y a un bon titre dans l\u2019album, et pour cause, c&rsquo;est un instrumental : \u00ab\u00a0Bridge to Maya\u00a0\u00bb, dont le d\u00e9but fait penser au \u00ab\u00a0Cimeti\u00e8re des Arlequins\u00a0\u00bb de Ange, avec des rythmes m\u00e9di\u00e9vaux, une guitare conf\u00e9rant des ambiances \u00e9tranges et oniriques et beaucoup d\u2019ingr\u00e9dients prog de facture assez classique mais tr\u00e8s agr\u00e9able, notamment la structure en bol\u00e9ro en milieu de morceau, o\u00f9 la fl\u00fbte et la guitare se r\u00e9pondent jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elles soient malheureusement \u00e9cras\u00e9es par une basse un peu trop pr\u00e9sente. <\/p>\n<p>  Court pourrait \u00eatre un bon groupe : les influences sont nombreuses : un peu de REM (\u00ab\u00a0Walking and Talking\u00a0\u00bb), un soup\u00e7on d\u2019Iron Maiden, mais en acoustique seulement, avec \u00ab\u00a0Synaptic Ghost\u00a0\u00bb aux sonorit\u00e9s metal, Led Zeppelin se devine dans les vingt derni\u00e8res minutes du disque (\u00ab\u00a0Mad and Child\u00a0\u00bb), qui est malheureusement un peu trop confus, \u00ab\u00a0My World\u00a0\u00bb avec ses faux airs de Yes tendance \u00ab\u00a0Flower Power\u00a0\u00bb est tout \u00e0 fait int\u00e9ressant aussi, mais l\u2019ensemble reste brouillon, les instruments sont mal s\u00e9par\u00e9s les uns des autres, certaines parties de batterie ou de basse an\u00e9antissent purement et simplement les petites audaces \u00e0 la guitare. <\/p>\n<p>  Les quelques pintades de basse-cour qui se hasarderaient dans nos pages sont susceptibles d\u2019appr\u00e9cier, les lecteurs plus classiques peuvent se dispenser de d\u00e9penser leur pr\u00e9cieux argent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Italiens de Court nous gratifient d\u2019un troisi\u00e8me album dont l\u2019originalit\u00e9 du titre doit \u00eatre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4532,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4531"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4531"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4531\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4532"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4531"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4531"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4531"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}