{"id":4441,"date":"2008-10-21T00:00:00","date_gmt":"2008-10-20T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4441"},"modified":"2008-10-21T00:00:00","modified_gmt":"2008-10-20T22:00:00","slug":"4441","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/10\/21\/4441\/","title":{"rendered":"Marillion &#8211; Happiness Is the Road"},"content":{"rendered":"<p>Le voil\u00e0 donc ce tant attendu objet des gausseries les plus \u00e9cul\u00e9es, d\u00e9cri\u00e9 avant sa mise en bac, forc\u00e9ment, d\u00e9sir\u00e9 par les fans, regard\u00e9 avec une indiff\u00e9rence pr\u00e9visible, voire m\u00e9prisante, par les autres, questionn\u00e9 sur sa nature intrins\u00e8que : progressif ? Rock ? Pop ? Tout ? Ou rien \u00e0 la fois ? Marillion est d\u2019ailleurs le seul groupe sur lequel on s\u2019interroge avec autant de v\u00e9h\u00e9mence quant \u00e0 son identit\u00e9 musicale. <\/p>\n<p>  Un double album, troisi\u00e8me du groupe apr\u00e8s <i>Marbles<\/i> et le gigantesque live <i>The Thieving Magpie<\/i>. Qu\u2019on le veuille ou non, Marillion \u00e9branle \u00e0 chacune de ses sorties le microcosme progressif, tout simplement parce que ce groupe existe aujourd\u2019hui depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es, qu\u2019il a su fa\u00e7onner dans les ann\u00e9es quatre-vingt un prog&rsquo;audible, majestueux, \u00e9corch\u00e9 se r\u00e9sumant \u00e0 une forme v\u00e9ritablement vivante de la vie, et que depuis les ann\u00e9es quatre-vingt-dix, les cinq Anglais, port\u00e9e par la voix majestueuse de Steve Hogarth, explorent syst\u00e9matiquement de nouveaux paysages musicaux, irritent les certitudes, se livrent \u00e0 des incursions dans des contr\u00e9es rarement bien consid\u00e9r\u00e9es chez les ultras du genre (la vari\u00e9t\u00e9, la pop, et, horreur, des chansons aux refrains et aux m\u00e9lodies qu\u2019on prend plaisir \u00e0 retenir ; \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 on s\u2019\u00e9gosille sur Bj\u00f6rk qui joue du pipeau avec des fils barbel\u00e9s, on le conc\u00e8de, de telles audaces peuvent heurter\u2026). Parfois, les exp\u00e9riences ont des rat\u00e9s, et le dernier rejeton, <i>Somewhere Else<\/i> avait d\u00e9\u00e7u, trop mou, trop sirupeux, trop pr\u00e9visible sans doute aussi\u2026<\/p>\n<p>  <i>Essence<\/i>, le premier disque, est un concept. L\u2019atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale peut de prime abord d\u00e9sar\u00e7onner : pas de tubes en puissance, pas d\u2019envol\u00e9es lyriques, aucun titre \u00e9pique fa\u00e7on \u00ab Ocean Cloud \u00bb ou \u00ab King \u00bb, mais plut\u00f4t de l\u2019apaisement. L\u2019id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale : s\u2019interroger sur la nature de la vie. Hogarth se repose donc, se d\u00e9tend, et fait partager sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Il est bien d\u00e9licat de distinguer les morceaux tant l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 t\u00e9moigne d\u2019une structure raffin\u00e9e sans \u00eatre complexe. Les claviers de Mark Kelly et les basses de Pete Trewavas enveloppent l\u2019atmosph\u00e8re de m\u00e9lancolie ; la m\u00e9lop\u00e9e d\u2019Hogarth, bien pos\u00e9e, cristalline, ponctue chaque \u00e9tape d\u2019une lente et enivrante torpeur, rafra\u00eechissante et p\u00e9trie d\u2019optimisme. <\/p>\n<p>  Ce n\u2019est ni gai, ni triste, mais simplement doux, avec une belle part laiss\u00e9e aux pi\u00e8ces instrumentales. <i>Essence<\/i> rappelle <i>Clutching at Straws<\/i> en moins douloureux. Comme son pr\u00e9decesseur, y r\u00e8gne la noirceur et l\u2019onirique, d\u00e9pourvu toutefois des souffrances et autres tourments qui rendirent le dernier disque avec Fish si grandiose. Mentionnons, pour \u00eatre complet, le recours inspir\u00e9 aux nappes de claviers, aux samples, aux petits grelots, au glockenspiel et il sera ais\u00e9 de conclure que dans cette premi\u00e8re partie, Marillion innove \u00e0 nouveau tout en ma\u00eetrisant parfaitement ses id\u00e9es et en privil\u00e9giant une production et un son qui font de ce disque d\u00e9pouill\u00e9 et simple, une bien jolie pi\u00e8ce de marquetterie. <\/p>\n<p>  La seconde partie, <i>The Hard Shoulder<\/i> reste davantage plus accessible, avec quelques titres longs dont l\u2019extraordinaire \u00ab The Man from the Planet Marzipan \u00bb, deux morceaux on ne peut plus vendeurs (\u00ab  Whatever Is Wrong with You  \u00bb et le celtisant \u00ab  Real Tears for Sale  \u00bb) qui accueillent l\u2019auditeur dans des registres qui lui seront plus familiers. L\u00e0 encore, gu\u00e8re de reproches \u00e0 faire : la production demeure irr\u00e9prochable, difficile de rep\u00e9rer de titres plus faibles, \u00e0 l&rsquo;instar des albums pr\u00e9c\u00e9dents, malgr\u00e9 quelques petites d\u00e9faillances noy\u00e9es dans un flot harmonique r\u00e9alis\u00e9 avec panache, unit\u00e9 et esth\u00e9tique.<\/p>\n<p>  <i>Happiness Is the Road<\/i> va marquer un temps fort dans la carri\u00e8re de Marillion, et, pour \u00eatre honn\u00eate, il s\u2019agit de leur premier \u00e9v\u00e9nement r\u00e9ellement \u00e9motionnel depuis <i>Clutching at Straws<\/i>. Ce disque est \u00e2pre, tendre, de cette tristesse qui reconstruit et qui r\u00e9chauffe les c\u0153urs. C\u2019est \u00e0 croire que les exp\u00e9riences diverses du pass\u00e9 \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 faire profiter l\u2019auditeur de ce qui est, enfin, une grande r\u00e9ussite d\u2019un groupe qui, quoi qu\u2019on en dise, est un des plus flamboyants du rock progressif.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le voil\u00e0 donc ce tant attendu objet des gausseries les plus \u00e9cul\u00e9es, d\u00e9cri\u00e9 avant sa&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4442,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4441"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4441"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4441\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4442"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}