{"id":4417,"date":"2009-01-25T00:00:00","date_gmt":"2009-01-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4417"},"modified":"2009-01-25T00:00:00","modified_gmt":"2009-01-24T22:00:00","slug":"4417","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/01\/25\/4417\/","title":{"rendered":"Nemo &#8211; Barbares"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab  Les loups sont entr\u00e9s dans Paris  \u00bb, chantait le po\u00e8te : ce dernier n\u2019est pas mort, et ses loups r\u00e8gnent d\u00e9sormais en ma\u00eetre. Gris, noir, sombre, parfois amer et \u00e0 fleur de peau, c\u2019est \u00e0 ce triste constat que Nemo, formation fran\u00e7aise faisant d\u00e9sormais figure de proue incontest\u00e9e du rock m\u00e9lodique et progressif, nous invite. Revisiter notre \u00e9poque, trouver la parole qui cingle, l\u2019accord qui gifle, la morne plainte qui nous assaille, nous berce et nous transperce. Revisit\u00e9es nos guerres du XXI\u00e8me si\u00e8cle ; brocard\u00e9 le cynisme de nos impr\u00e9cateurs cathodiques, exhum\u00e9s les regrets, les peines et les chagrins des victimes : toute cette rage r\u00e8gne en ma\u00eetresse sombre et goguenarde dans <i>Barbares<\/i>, et plus encore.<\/p>\n<p>  Toute cette po\u00e9sie, tant\u00f4t morbide, tant\u00f4t hargneuse, fait sens, finit par prendre racine dans une \u0153uvre totale, soign\u00e9e, peaufin\u00e9e et qui se doit donc d\u2019\u00eatre salu\u00e9e \u00e0 sa juste mesure. La forme et le fonds se rejoignent sans violence, et cette bouff\u00e9e d\u2019acier tremp\u00e9, vestige de chagrins et de col\u00e8res pens\u00e9s avec art, s\u2019assume sans d\u00e9tour pendant cette heure musicale telentueuse. Les quatre premi\u00e8res secondes auraient pu d\u00e9cevoir, parce qu\u2019elles \u00e9taient en accord direct avec un autre monde, celui des <i>Si<\/i> ; l\u2019auditeur, alors, prend peur, se demandant s\u2019il ne va pas, \u00e0 nouveau, errer parmi des dimensions famili\u00e8res. Mais brusquement, tout explose : des m\u00e9lodies in\u00e9dites surgissent, la fl\u00fbte et ses univers celtisants, doux, viennent seconder des textes carnassiers et incisifs. L\u2019oreille est charm\u00e9e par une curieuse potion, un \u00e9crin musical doux et accessible, traduisant pourtant une sourde col\u00e8re.  <\/p>\n<p>  Contrairement \u00e0 quelques groupes bien plus amateurs, Nemo a su dissocier la tendance du fait : si m\u00e9pris pour ce monde inhumain il y a, la musique l\u2019accompagnant en est l\u2019exacte antith\u00e8se. Le discours \u00e9volue dans un univers m\u00e9lodique qui fait sens, qui allume m\u00e9thodiquement chacune de nos \u00e9motions, qui grandit et finit par nous s\u00e9duire. C&rsquo;est autre chose que ces riffs alambiqu\u00e9s crach\u00e9s dans nos tympans simplement pour nous faire part de quelques \u00e9mois adolescents. Nemo est un groupe adulte, stable, complice, tranquille, o\u00f9 chacun des membres est un acteur parfaitement \u00e0 sa place. Tout est juste dans ce disque : des ambiances accrocheuses et progressives (\u00ab L\u2019Arm\u00e9e des Ombres \u00bb), une guitare virtuose mais polie, d\u00e9licate, qui vient seconder sans tapages des atmosph\u00e8res oniriques qui font mouche, quelques incursions dans les dimensions des ann\u00e9es 70, quelque part entre Genesis et Camel, mais d\u2019autres mondes, aussi, surgissent et se c\u00f4toient : celui des troubadours, de Ange, de Mad Max.<\/p>\n<p>  <i>Barbares<\/i> est l\u2019<i>Au-Del\u00e0 du D\u00e9lire<\/i> de la premi\u00e8re d\u00e9cennie du XXI\u00e8me si\u00e8cle. Le temps n\u2019est plus au r\u00eave du futur, le futur est l\u00e0, bel et bien l\u00e0. Nemo en prend acte, mais en grands artistes, ils savent enterrer nos r\u00eaves en en faisant \u00e9merger de nouveaux. Nemo cloue enfin le bec, une bonne fois pour toute, \u00e0 ceux qui pensaient que le prog, le vrai, le seul, le m\u00e9lodique, \u00e9tait mort. Col\u00e8re, joie, peine, amour tourbillonnent sans interruptions, le clavier et la batterie ponctuent avec mesure ces \u00e9volutions, ces attaques ; enfin, Jean-Pierre Louveton submerge, inspire et guide avec panache cet ensemble d\u2019une voix pos\u00e9e, calme, \u00e9corch\u00e9e et juste. Sans conteste un des meilleurs disques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Les loups sont entr\u00e9s dans Paris \u00bb, chantait le po\u00e8te : ce dernier n\u2019est&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4418,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4417"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4417"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4417\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4418"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4417"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4417"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4417"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}