{"id":4373,"date":"2009-05-13T00:00:00","date_gmt":"2009-05-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4373"},"modified":"2009-05-13T00:00:00","modified_gmt":"2009-05-12T22:00:00","slug":"4373","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/05\/13\/4373\/","title":{"rendered":"Guillaume de la Pili\u00e8re &#8211; Requiem Apocalyptique"},"content":{"rendered":"<p>Ce musicien devrait rappeler quelques souvenirs aux amateurs du rock progressif francophone. Certains se souviennent sans doute de Versailles, qui connut son heure de gloire dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 des ann\u00e9es quatre-vingt-dix : l\u2019auteur du ci-devant <i>Requiem Apocalyptique<\/i> n&rsquo;en est ni plus ni moins que le fondateur. La musique du groupe fran\u00e7ais \u00e9tait fortement marqu\u00e9e par Ange, la pierre de touche angulaire lorsqu\u2019on accole l\u2019adjectif francophone \u00e0 celui de progressif. L\u2019artiste fut \u00e9galement guitariste de Mona Lisa et propose aujourd&rsquo;hui son troisi\u00e8me disque en solitaire. Solitaire, c\u2019est le mot : tout a \u00e9t\u00e9 conduit de ses petites mains fluettes : chant, arrangements, claviers, batteries, jusqu\u2019\u00e0 la pochette de la couverture sur laquelle il n\u2019est pas utile de s\u2019appesantir plus que de raison.<\/p>\n<p>   L\u2019objet du d\u00e9lit est un titre unique, ins\u00e9cable, de quarante-cinq minutes. L\u2019exercice est audacieux : rendre une \u0153uvre longue attrayante n\u00e9cessite en effet un peu de m\u00e9lodies, une construction dot\u00e9e d&rsquo;une introduction, d&rsquo;un d\u00e9veloppement et d&rsquo;une conclusion ; voire quelques moments de relief avec des th\u00e8mes, des refrains repris r\u00e9guli\u00e8rement par une jolie voix (important la voix, quand on chante) peuvent \u00e9galement ponctuer le bel ouvrage.<\/p>\n<p>   Ces lignes ne sont pas le lieu pour gloser sur la d\u00e9finition d\u2019un album concept, mais l\u2019auditeur, et <i>a fortiori<\/i> le chroniqueur, lorsqu&rsquo;il est en forme, sait reconna\u00eetre un concept construit et le diff\u00e9rencier d\u2019un m\u00e9li-m\u00e9lo embrouill\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 se succ\u00e8dent certes quelques impressions mais qui ne suscite gu\u00e8re plus d\u2019int\u00e9r\u00eat pass\u00e9es quelques \u00e9coutes. <i>Requiem Apocalyptique<\/i> appartient \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie, malgr\u00e9 tous les efforts et l\u2019estime \u00e0 imputer \u00e0 ce monsieur assez atypique il est vrai. De ce moment musical, on retient trois faits marquants : des claviers suremploy\u00e9s, \u00e0 croire qu\u2019on s\u2019est endormi dessus, un son metal que le dossier de presse a baptis\u00e9 sans la moindre pointe d\u2019ironie \u00ab  influences de Led Zeppelin  \u00bb et une voix inaudible : impossible en effet de saisir la port\u00e9e des textes, tant le style est ampoul\u00e9 et th\u00e9\u00e2tral. <\/p>\n<p>   Tout cela ressemble \u00e0 Ex Vagus, et il n&rsquo;est pas certain que ce soit un compliment&#8230; Quelques rares petits moments se savourent, mais s\u2019\u00e9vanouissent aussit\u00f4t, relay\u00e9s par une tendance aux d\u00e9veloppements bruitistes (vaisselle cass\u00e9e, radio d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e, cigales en chaleur, on s\u2019interroge) tout \u00e0 fait dispensables. Certes, Guillaume de la Pili\u00e8re sait jouer, mais un exc\u00e8s de technique et un inventaire \u00e0 la Pr\u00e9vert des performances musicales ne saurait suffire \u00e0 rendre attrayante une \u0153uvre alambiqu\u00e9e, sulfureuse et pour le moins ennuyeuse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce musicien devrait rappeler quelques souvenirs aux amateurs du rock progressif francophone. 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