{"id":4369,"date":"2009-05-27T00:00:00","date_gmt":"2009-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4369"},"modified":"2009-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2009-05-26T22:00:00","slug":"4369","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/05\/27\/4369\/","title":{"rendered":"The Source &#8211; Prickly Pear"},"content":{"rendered":"<p>A force de souhaiter que fr\u00e9tille la fibre nostalgique \u00e0 la moindre occasion, certains artistes choisissent d\u2019y abandonner leur \u00e2me et leur cr\u00e9ativit\u00e9 pour s\u2019effacer derri\u00e8re la statue du Commandeur dont ils deviennent alors les pi\u00e8tres courtisans. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 aux Californiens de The Source, qui proposent un (finalement) d\u00e9cevant deuxi\u00e8me album et ne transforment pas leur brillant premier essai. Techniquement : irr\u00e9prochable, nous y reviendrons. Malheureusement, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau bassiste (Paul Long) n\u2019a pas infl\u00e9chi d\u2019une virgule la ligne \u00e9ditoriale adopt\u00e9e par le quartette, et c\u2019est l\u00e0 que le b\u00e2t blesse un peu douloureusement. Les arrangements demeurent certes fins, soign\u00e9s et les titres, assez longs, ne s\u2019embarrassent gu\u00e8re des fioritures parfois si ch\u00e8res aux jeunes artistes (logorrh\u00e9e technique, emphases vocales, par exemple).<\/p>\n<p>  Ce qui, en revanche, \u00e9crase l\u2019auditeur se r\u00e9sume \u00e0 un d\u00e9ficit patent d\u2019inspiration. The Source est en effet \u00e0 Yes ce que The Watch est \u00e0 Genesis : tout est orient\u00e9 vers la reproduction fid\u00e8le des atmosph\u00e8res du groupe de Steve Howe. Nos thurif\u00e9raires y parviennent mieux que dans leur pr\u00e9c\u00e9dente production, dont on pouvait d\u00e9plorer le manque de structure et de construction. Reconnaissons donc, et c\u2019est bien le seul point positif, la fluidit\u00e9 des m\u00e9lodies qui se nichent convenablement dans une architecture solide, soigneuse, propre. Quelques titres s\u2019\u00e9coutent m\u00eame avec un plaisir r\u00e9el, \u00ab&nbsp; Castle in the Sky &nbsp;\u00bb, notamment, et son final \u00e0 la parent\u00e9 lointaine avec \u00ab&nbsp; Starship Trooper&nbsp;\u00bb, titre embl\u00e9matique des mentors britanniques.<\/p>\n<p>  C\u2019est paradoxalement cette r\u00e9ussite technique qui \u00e9reinte et afflige : The Source pouvait, devait mieux faire. Que les influences des ann\u00e9es soixante-dix marquent de jeunes esprits, c\u2019est un fait, et il est m\u00eame l\u00e9gitime. Mais ce cheminement musical personnel n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre partag\u00e9 par un auditeur qui attend, et c\u2019est son droit le plus strict, qu\u2019un album de rock progressif le fasse avancer, lui fasse explorer de nouvelles contr\u00e9es, le propulse vers l\u2019avant. Le plaisir d\u2019\u00e9coute n\u2019est ici qu\u2019un plaisir fallacieux, qui met en branle notre capacit\u00e9 de raisonnement, nos souvenirs, nos \u00e9mois m\u00e9moriels. Cette \u00e9motion-l\u00e0 est purement et simplement inauthentique. La voix trop gentillette d\u2019Aron Goldich, la timidit\u00e9 des guitares, la surench\u00e8re d\u2019orgues Hammond finissent par d\u00e9ployer un univers bien trop familier, qui agite fr\u00e9n\u00e9tiquement le souvenir et la m\u00e9moire, sans, l\u2019espace d\u2019une seconde, r\u00e9jouir en surprenant \u00e9motionnellement. C\u2019est pourtant le moins qu\u2019on puisse attendre d\u2019un disque&#8230;<\/p>\n<p>  Cette chronique est s\u00e9v\u00e8re, parce que ce disque, sur le papier, n\u2019est pas si mauvais, mais il semble que les partis-pris pass\u00e9\u00efstes aient une bonne fois pour toutes atteint leur limite. On leur souhaite, tr\u00e8s rapidement, de trouver de nouvelles fougues, de nouveaux \u00e9lans, car cette s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 bienveillante ne doit pas masquer tous les potentiels de ce groupe. Qui peut le plus peut le moins\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A force de souhaiter que fr\u00e9tille la fibre nostalgique \u00e0 la moindre occasion, certains artistes&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4370,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4369"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4369"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4369\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4370"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4369"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4369"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4369"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}