{"id":4339,"date":"2009-10-06T00:00:00","date_gmt":"2009-10-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4339"},"modified":"2009-10-06T00:00:00","modified_gmt":"2009-10-05T22:00:00","slug":"4339","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/10\/06\/4339\/","title":{"rendered":"Robert Wyatt &#8211; Radio Experiment Rome, Feb. 81"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est le 19 f\u00e9vrier 1981 que Robert Wyatt prend d\u2019assaut les studios de la Rai, dans le cadre de l&rsquo;\u00e9mission <i>Un certo discorso<\/i>. Sans entrer dans des d\u00e9tails biographiques superf\u00e9tatoires, il peut \u00eatre utile de rappeler que cet immense Monsieur fut le batteur de Soft Machine et qu\u2019il est, sans conteste, depuis quarante ann\u00e9es, l&rsquo;un des piliers de la musique contemporaine, tant ses compositions, improvisations, essais et concerts &#8211; \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il y en eut &#8211; surent inviter avec d\u00e9lectation au voyage et \u00e0 la magie des harmonies. <\/p>\n<p>  Le grand homme est aux claviers, \u00e0 la voix, \u00e0 la batterie, et le principe de l\u2019\u00e9mission d\u2019une simplicit\u00e9 rare : composer et interpr\u00e9ter ce que bon lui semble, sans entraves, sans limites. Inutile de le dire, la premi\u00e8re \u00e9coute fut tout simplement un pensum&#8230; Les arythmies sont nombreuses, les m\u00e9lodies rarement pr\u00e9sentes au premier abord, les effets radiophoniques multipistes l\u00e9g\u00e8rement anxiog\u00e8nes, et l\u2019ensemble s\u2019apparente de prime abord \u00e0 une bouillie sonore de circonvolutions inaccessibles plus qu\u2019\u00e0 un petit chef d\u2019\u0153uvre fa\u00e7on <i>Rock Bottom<\/i>.<\/p>\n<p>  Et pourtant. Progressivement, graduellement, ces borborygmes finissent par occuper une place particuli\u00e8re entre les tympans, une coh\u00e9rence prend naissance, et c\u2019est \u00e0 la suite d\u2019\u00e9coutes multiples que chaque note acquiert son sens et se voit sublimer par celle qui la pr\u00e9c\u00e8de et celle qui la suit, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une essence rare ou d\u2019un nectar subtil. Ce qui fait la grande force de ce disque, c&rsquo;est la voix de Wyatt, qui subit mille torsions \u00e0 mesure que les morceaux s\u2019encha\u00eenent. Chacune de ces d\u00e9formations s\u2019impr\u00e8gne des instruments et la confusion des sens finit par \u00eatre absolue : tout s\u2019unifie pour le meilleur&#8230; <\/p>\n<p>  Les morceaux pr\u00e9sent\u00e9s sont, pour l\u2019\u00e9poque, politiquement incorrects (hommage \u00e0 Nelson Mandela emprisonn\u00e9, \u00ab&nbsp;Holy War&nbsp;\u00bb et ses relents d\u2019 \u00ab&nbsp;Internationale&nbsp;\u00bb  en sont de bons exemples). Chaque sonorit\u00e9 est ici \u00e9tir\u00e9e, remu\u00e9e, tritur\u00e9e, pour conf\u00e9rer \u00e0 l\u2019ensemble de ces sessions in\u00e9dites une unit\u00e9 dont on sort plus riche. Wyatt sait fa\u00e7onner les sons comme le potier sait cr\u00e9er avec l\u2019argile. Il y a du divin dans ce disque, tant les enrobages, le naturel, les effets toujours simples et (finalement) accessibles viennent tranquillement s\u2019harmoniser. Ne pas h\u00e9siter, et surtout, ne pas s\u2019arr\u00eater \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est le 19 f\u00e9vrier 1981 que Robert Wyatt prend d\u2019assaut les studios de la Rai,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4340,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4339"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4339\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4340"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}