{"id":4321,"date":"2009-11-29T00:00:00","date_gmt":"2009-11-28T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4321"},"modified":"2009-11-29T00:00:00","modified_gmt":"2009-11-28T22:00:00","slug":"4321","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/11\/29\/4321\/","title":{"rendered":"Julien Lourau &#8211; Quartet Sa\u00efgon"},"content":{"rendered":"<p>Julien Lourau avait s\u00e9duit un public aussi large que jeune avec <i>Gambit<\/i> qui gravitait dans des sph\u00e8res \u00e9lectro ; dix ans plus tard, ce saxophoniste de grand talent revient \u00e0 une dimension plus traditionnelle, en partenariat avec le pianiste Laurent Coq avec un album de jazz plus \u00e9pur\u00e9, totalement acoustique et instrumental, qui r\u00e9jouira \u00e0 n\u2019en pas douter l\u2019amateur, tant les ensembles sont coh\u00e9rents et ma\u00eetris\u00e9s, mais qui risque \u00e9galement de faire perdre pied \u00e0 la jeune garde, attir\u00e9e par ses sonorit\u00e9s plus modernes et plus accessibles. <\/p>\n<p>  <i>Quartet Sa\u00efgon<\/i> est un excellent disque de jazz dont la qualit\u00e9 sonore est pour ainsi dire irr\u00e9prochable. L\u2019artiste distille avec calme et s\u00e9rieux une dizaine de morceaux qui ne se prennent pas les pieds dans les manies actuelles du genre : ne pouvoir s\u2019emp\u00eacher de balancer de mani\u00e8re incoh\u00e9rente des r\u00e9f\u00e9rences tant\u00f4t africaines, tant\u00f4t carib\u00e9ennes, tant\u00f4t nord-am\u00e9ricaines dans leurs productions, quitte \u00e0 brouiller l\u2019\u00e9coute. Ici, c\u2019est bel et bien \u00e0 un retour aux fondamentaux du genre auquel on assiste. <\/p>\n<p>  Julien Lourau soigne chacun de ses propos en de fines pi\u00e8ces parfaitement individualisables, simples et m\u00e9morisables. Cette simplicit\u00e9 de fa\u00e7ade t\u00e9moigne d\u2019une virtuosit\u00e9 sans \u00e9gal. Les saxophones alto et soprano ponctuent efficacement les diff\u00e9rentes facettes de l\u2019\u0153uvre, second\u00e9s par une contrebasse parfaitement rythm\u00e9e comme l&rsquo;illustre \u00ab\u00a0Sa\u00efgon\u00a0\u00bb, qui justement propose un d\u00e9veloppement construit, tr\u00e8s \u00e9volutif, sans soupirs, avec un tempo acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 par le piano et calm\u00e9 m\u00e9thodiquement par un saxophone assagi sans jamais \u00eatre m\u00e9lancolique ou plaintif. <\/p>\n<p>  Peu de temps morts pour un disque qui gagne m\u00eame en densit\u00e9 et en sens \u00e0 mesure que les \u00e9coutes se succ\u00e8dent. Avec brio, Lourau et Coq, sans jouer les alchimistes st\u00e9riles, montrent qu\u2019un style ancien rec\u00e8le encore de magnifiques potentialit\u00e9s. Voil\u00e0 qui devrait faire r\u00e9fl\u00e9chir les obs\u00e9d\u00e9s de la nostalgie progressive : les m\u00e9lodies ne sont pas \u00e0 r\u00e9inventer, seuls le soin et la coh\u00e9sion entre les quatre membres du groupe suffit \u00e0 r\u00e9aliser une \u0153uvre originale. Sans fioritures, sans esbrouffe, Julien Lourau fait mouche et offre sans conteste l&rsquo;une des plus belles productions jazz de cette ann\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Julien Lourau avait s\u00e9duit un public aussi large que jeune avec Gambit qui gravitait dans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":4322,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4321"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4321"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4321\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4322"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}