{"id":4305,"date":"2002-10-01T00:00:00","date_gmt":"2002-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4305"},"modified":"2002-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2002-09-30T22:00:00","slug":"4305","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/10\/01\/4305\/","title":{"rendered":"Jethro Tull &#8211; Thick as a Brick"},"content":{"rendered":"\n<p>Jethro Tull est un cas \u00e0 part dans l\u2019histoire de la musique contemporaine. C\u2019est en effet le premier groupe \u00e0 avoir pleinement r\u00e9ussi le m\u00e9lange de genres aussi diff\u00e9rents que le hard rock, le blues, le folk, le jazz et m\u00eame le classique ! C\u2019est aussi le premier groupe britannique de rock progressif \u00e0 obtenir une reconnaissance massive outre Atlantique, sup\u00e9rieure d\u2019ailleurs \u00e0 celle qu\u2019il re\u00e7oit dans son pays d\u2019origine. Si leur pr\u00e9c\u00e9dent disque, le c\u00e9l\u00e8bre <em>Aqualung<\/em>, fut m\u00eame class\u00e9 septi\u00e8me des ventes en 1971, <em>Thick As A Brick<\/em>, leur quatri\u00e8me album, atteindra directement la premi\u00e8re place d\u00e8s sa sortie en avril 1972. Une gageure quand on sait que ce disque est, dans la carri\u00e8re du groupe, le plus influenc\u00e9 par la vague progressive s\u00e9vissant alors et beaucoup plus difficile d\u2019acc\u00e8s que ses a\u00een\u00e9s.<br \/><br \/> En effet, Jethro Tull, men\u00e9 par le charismatique Ian Anderson et sa l\u00e9gendaire fl\u00fbte traversi\u00e8re rompt ici avec une tradition plus \u00ab directe \u00bb pour titiller les ma\u00eetres du genre que sont King Crimson ou Soft Machine (<em>Close To The Edge<\/em> de Yes ne sortira que six mois plus tard) avec un album compos\u00e9 d\u2019un seul titre, divis\u00e9 en deux parties seulement. Ces deux pi\u00e8ces monumentales d\u2019une vingtaine de minutes chacune sont r\u00e9solument \u00e9piques et leurs textes \u00e9crits par le chanteur\/compositeur traitent notamment de longues chevauch\u00e9es et de sanglantes batailles m\u00e9di\u00e9vales, vues par une sorte de bouffon qui, bien que n\u2019\u00e9tant \u00ab pas tr\u00e8s fut\u00e9 \u00bb (traduction litt\u00e9raire de \u00ab thick as a brick \u00bb), observe le tout avec beaucoup de cynisme teint\u00e9 d\u2019un certain r\u00e9alisme. On d\u00e9couvre que cette soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9odale, telle qu\u2019elle est d\u00e9peinte au travers des yeux de ce bouffon, n\u2019est finalement pas si lointaine de la n\u00f4tre\u2026 <br \/> Malgr\u00e9 leur longueur, ces deux parties sont d\u2019une grande richesse musicale, incroyablement distrayantes, dr\u00f4les et vari\u00e9es. S\u2019y encha\u00eenent les interventions de Ian Anderson \u00e0 la fl\u00fbte, marque de fabrique du groupe, celles de la guitare \u00e9bouriffante de Martin Barre ou encore des parties orchestrales qui s\u2019int\u00e8grent d\u2019une mani\u00e8re surprenante dans l\u2019ensemble. Le refrain initial r\u00e9appara\u00eet sporadiquement \u00e0 plusieurs reprises, dans la plus pure tradition progressive, et les constructions \u00e0 tiroirs de l\u2019ensemble en font incontestablement l\u2019un des ambassadeurs du genre.<br \/> Repr\u00e9sentant la couverture du journal local d\u2019une bourgade anglaise et compos\u00e9e de plusieurs pages co-r\u00e9dig\u00e9es dans un esprit tr\u00e8s Monty Pythons, la pochette du disque est \u00e0 la fois surr\u00e9aliste, bigarr\u00e9e et totalement d\u00e9cal\u00e9e. Le contenant est d\u2019ailleurs compl\u00e8tement \u00e0 l\u2019image du contenu !<br \/><br \/> Si l\u2019ensemble peut para\u00eetre un peu surann\u00e9 aujourd\u2019hui, il faut reconna\u00eetre \u00e0 cet album son extraordinaire originalit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque et le fait qu\u2019il r\u00e9ussissait l\u2019exploit d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois long et complexe sans jamais devenir r\u00e9barbatif gr\u00e2ce, par exemple, \u00e0 la richesse de ses m\u00e9lodies et de ses arrangements. La production de Terry Ellis est surprenante d\u2019efficacit\u00e9, m\u00eame plus de trente ans apr\u00e8s. Elle met parfaitement en valeur chacun des nombreux instruments pr\u00e9sents sur ce disque et ne laisse \u00e0 aucun moment ce bouillonnement instrumental devenir la cacophonie qu\u2019il aurait ais\u00e9ment pu \u00eatre.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jethro Tull est un cas \u00e0 part dans l\u2019histoire de la musique contemporaine. C\u2019est en&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":4306,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4305"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4305"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4305\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4306"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}