{"id":4003,"date":"2007-04-01T00:00:00","date_gmt":"2007-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/4003"},"modified":"2007-04-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-03-31T22:00:00","slug":"4003","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/04\/01\/4003\/","title":{"rendered":"Okay &#8211; Low Road"},"content":{"rendered":"<p>Il est bon de signaler, en avant-propos de la chronique de Okay, qu\u2019il est fort agr\u00e9able de constater que l\u2019\u00e9quipe r\u00e9dactionnelle de Progressia a les oreilles ouvertes sur le monde progressif dans le sens le plus riche du terme. En effet, le qualificatif \u00ab progressif \u00bb a \u00e9t\u00e9 tellement utilis\u00e9 de mani\u00e8re mal \u00e0 propos qu\u2019il en est devenu us\u00e9 et, par voie de cons\u00e9quence, p\u00e9joratif. Pour certains journalistes frileux de la presse g\u00e9n\u00e9raliste franco-fran\u00e7aise et britano-anglaise \u00ab bien pensante \u00bb, le terme s\u2019est m\u00eame appauvri et \u00e9puis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre devenu peu ou prou synonyme de \u00ab quelque chose de ringard qui ressemble \u00e0 Genesis ou \u00e0 Yes \u00bb. Or, il n\u2019en est rien. Les vrais amateurs de cette musique stigmatis\u00e9e qui ne demande rien de mieux que de ne plus \u00eatre (n\u00e9gativement) connot\u00e9e savent qu\u2019il existe un monde (et quel monde !) \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des groupes pr\u00e9cit\u00e9s. Qu\u2019ont Radiohead, Mars Volta, Porcupine Tree ou encore Talk Talk \u00e0 voir avec Yes ou Genesis ? Une certaine exigence musicale m\u00eal\u00e9e \u00e0 une rigueur artistique ayant pour but de porter le fond et la forme de leur propos musical vers des chemins encore peu p\u00e9destres. Et non une volont\u00e9 de cr\u00e9er une niche communautaire avec ses codes, ses tics et ses clich\u00e9s. Voil\u00e0 pour cette petite mise au point inaugurale, qui n\u2019est pas sans lien avec la chronique qui va suivre. <\/p>\n<p>  Ainsi, le disque dont il est ici question appartient bel et bien au macrocosme progressif dans l\u2019acceptation la plus large (et donc la plus pertinente) du terme. La musique propos\u00e9e par Marty Anderson, personnage qui se cache sous le concept Okay, \u00e9volue dans des eaux agr\u00e9ables et \u00ab poppy \u00bb, l\u00e9g\u00e8res et m\u00e9lodiques mais non d\u00e9nu\u00e9es de sens. En effet, le concept Okay pratique une musique cousine de celle des Am\u00e9ricains de Grandaddy ou du Bowie premi\u00e8re p\u00e9riode. Okay emprunte les claviers na\u00effs et enfantins des premiers et les m\u00eale \u00e0 un format de chanson pop et intelligent tel que celui que proposait l\u2019anglais aux yeux vairons \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ce disque, de part sa d\u00e9marche et son orientation esth\u00e9tique, peut se targuer d\u2019appartenir bel et bien \u00e0 un monde qui progresse m\u00eame si <i>Low Road<\/i> n\u2019est pas exempt de (bonnes) influences. <\/p>\n<p>  Qui est Marty Anderson qui officie sous la couverture Okay ? Marty est un Californien trentenaire qui a d\u00e9j\u00e0 \u0153uvr\u00e9 dans moults groupes (ou concepts) dont les plus connus (ou les moins obscurs) sont Dilute, Pinback, Rumah Sakhit ou encore Howard Hello. Steven Wilson a donc trouv\u00e9 plus agit\u00e9 que lui. Okay est sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, un \u00ab concept pop \u00bb qui va lui servir \u00e0 d\u00e9peindre avec causticit\u00e9 et clairvoyance le monde am\u00e9ricain dans lequel il vit. Et dire qu\u2019il le conna\u00eet et qu\u2019il a le temps de l\u2019observer son \u00ab cauchemar am\u00e9ricain \u00bb est en de\u00e7\u00e0 de la r\u00e9alit\u00e9. En effet, Marty est atteint d\u2019une maladie grave et incurable qui l\u2019oblige \u00e0 rester clo\u00eetr\u00e9 chez ses parents, dans sa chambre-studio d\u2019o\u00f9 il veille\u2026  <\/p>\n<p>   Et le fruit de ses r\u00e9flexions forme l\u2019ossature conceptuelle de <i>Low Road<\/i>. Un album pop form\u00e9 d\u2019une collection d\u2019une grosse dizaine de titres qui sont autant de m\u00e9dicaments contre la langueur et la b\u00eatise am\u00e9ricaines ambiantes. Ce disque, sous ses airs de fausse sieste printani\u00e8re, rec\u00e8le des tr\u00e9sors d\u2019analyses pointues v\u00e9hicul\u00e9es par de jolies rengaines que l\u2019on pourrait (presque) fredonner sous la douche. Comme si derri\u00e8re les jolies chansons de Coldplay se cachaient, en plus, des textes forts et provocateurs. Le meilleur des deux mondes en quelque sorte. Une forme facile pour mieux faire passer un fond lourd et indigeste. Comme savent le faire les vrais cr\u00e9ateurs de pop musique intelligente. Et la liste n\u2019est pas si longue.  <\/p>\n<p>  Certes, il reste le probl\u00e8me de la voix de Marty. Celle-ci est fort improbable. M\u00e9lange de Vic Chesnut, Tom Waits que l\u2019on aurait pass\u00e9 en 78 tours ou encore Kermitt la grenouille, la voix de Okay est difficile \u00e0 appr\u00e9hender. Mais quand le travail d\u2019appropriation et d\u2019acclimatation sont faits, la voix de Marty Anderson se r\u00e9v\u00e8le comme ce qu\u2019elle est v\u00e9ritablement : une voix malade, issue d\u2019un corps malade, et qui n\u2019existe que pour d\u00e9peindre un monde malade. L\u2019\u00e9motion est l\u00e0 tout au long de cette route inf\u00e9rieure. <\/p>\n<p>  NB : A signaler que l\u2019album jumeau <i>High Road<\/i> existe \u00e9galement. Les deux font la paire ! De plus, le prochain album de Okay, d\u00e9j\u00e0 porteur du titre <i>Love songs<\/i> sortira en ao\u00fbt 2007.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est bon de signaler, en avant-propos de la chronique de Okay, qu\u2019il est fort&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":4004,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4003"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4003"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4003\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4004"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4003"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4003"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4003"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}