{"id":3925,"date":"2007-12-21T00:00:00","date_gmt":"2007-12-20T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3925"},"modified":"2007-12-21T00:00:00","modified_gmt":"2007-12-20T22:00:00","slug":"3925","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/12\/21\/3925\/","title":{"rendered":"Ange &#8211; Souffleurs de vers"},"content":{"rendered":"<p>Voici enfin le dernier album de la \u00ab troupe \u00e0 D\u00e9camps \u00bb. Dire qu\u2019on l\u2019attendait impatiemment rel\u00e8ve de l\u2019euph\u00e9misme. En effet, le p\u00e8re avait donn\u00e9 l\u2019eau \u00e0 la bouche en d\u00e9voilant, en totale exclusivit\u00e9 dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Progressia en juin dernier, les orientations g\u00e9n\u00e9rales de leur prochaine galette. Et l\u2019attente en valait la peine ! <i>Souffleurs de vers<\/i>, m\u00eame s\u2019il n\u2019\u00e9gale pas les chefs-d\u2019\u0153uvre que sont <i>Troisi\u00e8me \u00e9toile \u00e0 gauche<\/i> (1997) et <i>La voiture \u00e0 eau<\/i> (1999), prouve que le groupe a encore beaucoup \u00e0 dire, apr\u00e8s deux derni\u00e8res productions partiellement d\u00e9cevantes, qui n\u2019auront pas convaincu le connaisseur de la pl\u00e9thorique discographique ang\u00e9lique. Ce dernier album a donc su retrouver les qualit\u00e9s patentes des albums \u00e9voqu\u00e9s (compositions ambitieuses, m\u00e9lodies recherch\u00e9es et \u00e9motion manifeste), sans sombrer dans les travers crispants des deux derni\u00e8res productions ang\u00e9liques (<i>Culinaire lingus<\/i> et <i>?<\/i>) : morceaux moins accrocheurs, ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et un peu fourre-tout. Avec <i>Souffleurs de vers<\/i>, on retrouve un ange en grande forme, qui se sent (re)pousser des ailes.<\/p>\n<p>  Une petite dizaine de compositions vari\u00e9es et originales (et deux titres parl\u00e9s,    \u00ab Interlude \u00bb et \u00ab Souffleurs de vers (synopsis) \u00bb),  m\u00eame si le style reconnaissable entre mille de la formation belfortaine est bien pr\u00e9sent : un rock progressif tr\u00e8s anglo-saxon dans sa production (c\u2019est un compliment, naturellement) qui sert d\u2019\u00e9crin \u00e0 la langue fran\u00e7aise, d\u00e9cid\u00e9ment toujours \u00e0 la f\u00eate chez Ange. Elle lui en est d\u2019ailleurs reconnaissante, endolorie qu\u2019elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 par la musique fran\u00e7aise d\u00e9volue aux vari\u00e9t\u00e9s bassement commerciales. Ici, point de rimes consensuelles ni de m\u00e9taphores creuses comme on en trouve \u00e0 la louche chez les chanteurs venant se prostituer dans les diverses \u00e9missions indigentes des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aises. Lieux dans lesquels Ange n\u2019est gu\u00e8re pr\u00e9sent, heureusement pour sa cr\u00e9dibilit\u00e9 et son int\u00e9grit\u00e9 artistique, m\u00eame si davantage de m\u00e9diatisation permettrait \u00e0 la troupe franc-comtoise de faire entendre au public que la musique qu\u2019elle pr\u00e9sente aujourd\u2019hui est excessivement moderne, tant dans son fond que dans sa forme. On est bien loin d\u2019un rock progressif vieillot, typ\u00e9 seventies, aux relents de naphtaline. Bien que quadrag\u00e9naire, Ange ne sacrifie en rien \u00e0 cette \u00ab n\u00e9cromode \u00bb permettant \u00e0 d\u2019authentiques anc\u00eatres, qui n\u2019ont plus rien \u00e0 dire depuis longtemps, de rameuter d\u2019ind\u00e9centes foules gargantuesques \u00e0 leurs concerts surm\u00e9diatis\u00e9s.<\/p>\n<p>  Ange est bien vivant et a de la mati\u00e8re fra\u00eeche \u00e0 offrir au public. Qu\u2019on se le dise. Le groupe est constitu\u00e9 de jeunes musiciens performants et \u00e9nergiques (puisque seul Christian D\u00e9camps subsiste de la formation originelle, dite <i>le premier Ange<\/i>), qui n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0 leurs homologues anglais. La production, impeccable comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, sert \u00e0 merveille les nouveaux morceaux de cet album, qui risque fort de devenir un classique. Le style ang\u00e9lique est toujours bien pr\u00e9sent dans des titres comme \u00ab Tous les boomerangs du monde \u00bb ou le moment de bravoure qu\u2019est l\u2019\u00e9pique \u00ab Souffleurs de vers \u00bb au synopsis fantastique \u00e0 souhait que l\u2019admirateur du groupe aura le plaisir de d\u00e9couvrir. Mais le groupe ne s\u2019est pas content\u00e9 de proposer des recettes, certes onctueuses, mais connues. Il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 d\u00e9fricher des terrains rest\u00e9s vierges pour lui, comme le c\u00f4t\u00e9 electro du magnifique \u00ab Les beaux restes \u00bb ou la rythmique \u00ab drum and bass \u00bb de \u00ab Dieu est un escroc \u00bb. Inutile de pr\u00e9ciser que les musiciens et vocalistes de la formation sont plus au point que jamais (mention sp\u00e9ciale au jeu de guitare toujours \u00e9bouriffant de Hassan Hajdi, sur le solo bluesy \u00e0 souhait de \u00ab Coup\u00e9e en deux \u00bb chant\u00e9 par Caroline Crozat).<\/p>\n<p>   Finalement, ce sera peut-\u00eatre avec cet album que les nostalgiques du \u00ab premier Ange \u00bb rencontreront les inconditionnels du \u00ab nouvel Ange \u00bb. Certes, ce <i>Souffleurs de vers<\/i> n\u2019est pas encore l\u2019album d\u00e9finitif d\u2019Ange, puisqu\u2019on sent bien que le groupe en garde encore sous la manche. Mais c\u2019est bon signe pour un groupe qui a sorti ses premiers enregistrements en 1970 !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici enfin le dernier album de la \u00ab troupe \u00e0 D\u00e9camps \u00bb. 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