{"id":3823,"date":"2007-07-28T00:00:00","date_gmt":"2007-07-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3823"},"modified":"2007-07-28T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-27T22:00:00","slug":"3823","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/07\/28\/3823\/","title":{"rendered":"Twelfth Night &#8211; Voices In The Night"},"content":{"rendered":"<p>Twelfth Night est un cas assez myst\u00e9rieux. En effet, comment un groupe <i>a priori<\/i> secondaire de la r\u00e9surgence du rock progressif au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, \u00e0 la discographie de surcro\u00eet assez limit\u00e9e, a-t-il pu donner lieu \u00e0 tant de r\u00e9\u00e9ditions (l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de leur discographie, un DVD) et d\u2019archives <i>live<\/i> (une dizaine en disque ainsi qu\u2019un DVD, en comptant celles du fan-club de Geoff Mann) ces derni\u00e8res ann\u00e9es ?<br \/> Plusieurs explications peuvent \u00eatre raisonnablement avanc\u00e9es. Tout d\u2019abord, Twelfth Night doit son importante vie posthume \u00e0 Brian Devoil, ancien batteur du groupe, ainsi qu\u2019\u00e0 la passion de Mark Hughes (chroniqueur chez nos confr\u00e8res de chez Dutch Progressive Rock Page) et Andy Clegg, du label Cyclops Records. Pourquoi un tel enthousiasme pour un simple groupe de n\u00e9o-prog\u2019 underground ? Peut-\u00eatre parce que Twelfth Night n\u2019est PAS un groupe de n\u00e9o-prog\u2019, mais plut\u00f4t un ovni, un hybride ab\u00e2tardi apparu \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70. Groupe instrumental \u00e0 ses d\u00e9buts, Twelfth Night a connu une vie assez chaotique et des directions musicales plut\u00f4t instables jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s \u00ab&nbsp;officiel&nbsp;\u00bb en 1987. Par ailleurs, le charisme de Geoff Mann, chanteur du groupe entre 1981 et 1983, au destin tragique, a fortement contribu\u00e9 \u00e0 une notori\u00e9t\u00e9 certes confidentielle, mais dont les traces subsistent encore aujourd\u2019hui dans le microcosme du rock progressif. Sa carri\u00e8re solo, son engagement religieux, son ultime participation \u00e0 la compilation <i>Collector\u2019s Item<\/i> en 1991 (cf. notre chronique) et l\u2019album hommage qui lui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 en 1994 (<i>Mannerisms<\/i>, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en 2000 par Verglas) ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9putation de Twelth Night. Enfin, et surtout, Twelfth Night est un groupe compl\u00e8tement sous-estim\u00e9. \u00ab&nbsp;The Last Human Gateway&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;Grendel&nbsp;\u00bb sont des noms familiers aux oreilles des fans de rock progressif des ann\u00e9es 80. Mais qui se souvient de \u00ab&nbsp;We Are Sane&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Creepshow&nbsp;\u00bb (<i>Fact and Fiction<\/i>, 1982), \u00ab&nbsp;Take A Look&nbsp;\u00bb (<i>XII<\/i>), \u00ab&nbsp;Sequences&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;The Collector&nbsp;\u00bb (<i>Collector\u2019s Item<\/i>) ? Ces titres ne p\u00e2lissent pourtant pas un seul instant face \u00e0 leurs plus illustres homologues.<\/p>\n<p>  Apr\u00e8s ce long mais n\u00e9cessaire pr\u00e9ambule, penchons-nous sur cette compilation d\u2019in\u00e9dits studio et <i>live<\/i>. Le but de ce double CD est de pr\u00e9senter la face cach\u00e9e et\/ou oubli\u00e9e de Twelfth Night, en mettant en lumi\u00e8re tous les vocalistes ayant contribu\u00e9 \u00e0 la carri\u00e8re anarchique du groupe. Pr\u00e9cisons toutefois que cette compilation n\u2019est pas sp\u00e9cialement ax\u00e9e sur la face progressive de Twelfth Night : une grande partie des titres exhum\u00e9s pr\u00e9sentent ainsi le c\u00f4t\u00e9 direct, rock, pop, et m\u00eame parfois new-wave du groupe. Quel est d\u00e8s lors l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un tel objet ? R\u00e9ellement discutable pour qui est \u00e9tranger au groupe, absolument indispensable comme mine de raret\u00e9s pour ses admirateurs. La qualit\u00e9 sonore est \u00e9videmment tr\u00e8s variable selon l\u2019\u00e2ge et la source de l\u2019enregistrement, qu\u2019il s\u2019agisse de d\u00e9mos ou d\u2019enregistrements en concert. <\/p>\n<p>  <i>Voices In The Night<\/i> l\u00e8ve entre autres le voile sur l\u2019 \u00ab&nbsp;avant&nbsp;\u00bb et l\u2019 \u00ab&nbsp;apr\u00e8s&nbsp;\u00bb Twelfth Night \u00ab&nbsp;chant\u00e9&nbsp;\u00bb, soit avant l\u2019arriv\u00e9e de Geoff Mann et apr\u00e8s le d\u00e9part d\u2019Andy Sears. On y d\u00e9couvre les balbutiements d\u2019un groupe cherchant son style, entre hard rock progressif et space rock, jusqu\u2019\u00e0 son orientation finale, tr\u00e8s FM, telle qu\u2019elle est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ici avec Martyn Watson, son ultime chanteur. <\/p>\n<p>  Les d\u00e9buts de Twelfth Night sont instrumentaux, dans un style hard rock d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s progressif. En 1980, le groupe recrute Electra McLeod, avec qui il enregistre une d\u00e9mo de quatre titres, dont trois chant\u00e9s. Si l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019Electra peine parfois \u00e0 coller \u00e0 la musique (notamment sur \u00ab&nbsp;Aspiditra&nbsp;\u00bb), on peut d\u00e9j\u00e0 sentir l\u2019imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une trame vocale \u00e0 la hauteur des compositions \u00e0 la fois m\u00e9lodiques et complexes de Twelfth Night. <br \/> Apr\u00e8s cette courte collaboration, le groupe auditionne de nouveaux chanteurs, dont Ian Lloyd Jones. \u00ab&nbsp;Late Night TV&nbsp;\u00bb, titre tr\u00e8s direct, plut\u00f4t new wave et pas franchement passionnant, est enregistr\u00e9 durant cette p\u00e9riode. Il devient tr\u00e8s vite \u00e9vident que le <i>frontman<\/i> recherch\u00e9 ne peut-\u00eatre que Geoff Mann, qui chante avec Twelfth Night en tant qu\u2019invit\u00e9 en 1979. Apr\u00e8s r\u00e9flexion, Mann accepte la proposition et ainsi, avec un chanteur parolier charismatique sous le bras, Twelfth Night entame une courte p\u00e9riode aboutissant \u00e0 un d\u00e9but de reconnaissance. Les titres pr\u00e9sent\u00e9s ici constituent les embryons de ceux qui figureront sur la premi\u00e8re pi\u00e8ce ma\u00eetresse du groupe, <i>Fact and Fiction<\/i> (1982). Il est ainsi amusant de comparer la demo de \u00ab&nbsp;Fact And Fiction&nbsp;\u00bb chant\u00e9 par Geoff Mann avec le laborieux \u00ab&nbsp;Don\u2019t Make Me Laugh&nbsp;\u00bb (le m\u00eame titre, renomm\u00e9) d\u2019Axe, auditionn\u00e9 apr\u00e8s le d\u00e9part de Mann. A noter que \u00ab&nbsp;Art and Illusion&nbsp;\u00bb, chant\u00e9 ici par Geoff Mann, sera r\u00e9guli\u00e8rement jou\u00e9 en concert (le second CD en propose une excellente version <i>live<\/i>) et repris plus tard par Andy Sears sur le <i>EP<\/i> \u00e9ponyme.<\/p>\n<p>  A la fin de l\u2019ann\u00e9e 1983, Geoff Mann quitte le groupe pour pouvoir s\u2019exprimer plus librement et plus conform\u00e9ment \u00e0 son engagement religieux (\u2026\u00e7a ne vous rappelle rien ?). La popularit\u00e9 de Twelfth Night est alors grandissante et il devient indispensable de trouver un rempla\u00e7ant qui sera \u00e0 la hauteur. Mais contre toute attente, c\u2019est un chanteur aux antipodes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur qui est recrut\u00e9. Andy Sears \u00e9volue en effet dans un registre plus aigu, plus technique, plus mani\u00e9r\u00e9 aussi, et constitue le candidat id\u00e9al pour une nouvelle orientation musicale : un rock direct, aux accents FM, conservant n\u00e9anmoins une grande sophistication. Les in\u00e9dits de cette p\u00e9riode figurant sur le disque sont des chutes (assez repr\u00e9sentatives) de l\u2019album <i>XII<\/i> (cf notre chronique) tandis que les interpr\u00e9tations <i>live<\/i> d\u2019Andy Sears, dont l\u2019excellent \u00ab&nbsp;Take A Look&nbsp;\u00bb sont tir\u00e9es de ce m\u00eame album. Malgr\u00e9 une signature avec Virgin et les ind\u00e9niables qualit\u00e9s de <i>XII<\/i>, le succ\u00e8s n\u2019est pas au rendez-vous, et Andy Sears s\u2019en va, relev\u00e9 par Martyn Watson. Twelfth Night poursuit encore un temps l\u2019aventure avec son nouveau chanteur, enregistre quelques d\u00e9mos jou\u00e9es devant des repr\u00e9sentants de Virgin (cf le second disque) et donne un ultime concert au Marquee, dont est tir\u00e9 cette \u00e9mouvante version de \u00ab&nbsp;Love Song&nbsp;\u00bb interpr\u00e9t\u00e9e par le duo Geoff Mann-Andy Sears, avec Martyn Watson \u00e0 la basse.<br \/> A noter aussi la pr\u00e9sence du titre  \u00ab&nbsp;Piccadilly Square&nbsp;\u00bb, tir\u00e9 de l\u2019excellent <i>Mannersims<\/i>. <\/p>\n<p>  T\u00e9moin du parcours chaotique d\u2019une formation en marge du n\u00e9o-progressif, cette compilation d\u2019in\u00e9dits d\u00e9montre, s\u2019il est besoin, que Twelfth Night n\u2019aura eu de cesse que d\u2019\u00e9voluer, se moquant souvent des tendances ou des modes et construisant, au fil d\u2019une petite dizaine d\u2019ann\u00e9e d\u2019une carri\u00e8re laborieuse, sa propre version du rock des ann\u00e9es 80.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Twelfth Night est un cas assez myst\u00e9rieux. 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