{"id":3731,"date":"2007-10-22T00:00:00","date_gmt":"2007-10-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3731"},"modified":"2007-10-22T00:00:00","modified_gmt":"2007-10-21T22:00:00","slug":"3731","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/10\/22\/3731\/","title":{"rendered":"The Claudia Quintet &#8211; For"},"content":{"rendered":"<p>Voil\u00e0 maintenant six ans que le batteur John Hollenbeck est aux commandes de ce stimulant projet musical qu\u2019est le Claudia Quintet. En se drapant du terme assez flou de \u00ab post jazz \u00bb, le compositeur avance, avec l\u2019ambition clairement avou\u00e9e d\u2019insinuer les influences de la musique r\u00e9p\u00e9titive ou les textures hypnotiques du <i>post rock<\/i> au sein d\u2019une formation acoustique. Associant  avec courage les sonorit\u00e9s a\u00e9riennes et venteuses du vibraphone (Matt Moran), de l\u2019accord\u00e9on (Ted Reichman) et de la clarinette ou du saxophone (Chris Speed), le Claudia Quintet se donne les moyens de la sp\u00e9cificit\u00e9 qu\u2019il revendique. Les lignes m\u00e9lodiques et les motifs s\u2019affrontent ou se lient, au gr\u00e9 de compositions desquelles s\u2019extirpe parfois un solo rugueux. Derri\u00e8re ces trois solistes, Hollenbeck et Drew Gress (contrebasse) dominent rythmiquement le d\u00e9bat, et s\u2019y impliquent r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>  Quand on d\u00e9cide de plonger t\u00eate la premi\u00e8re, il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas gamberger avant de s\u2019\u00e9lancer, sous peine de s\u2019\u00e9chauffer un peu les c\u00f4tes. Pareillement, la musique du Claudia Quintet, fond\u00e9e sur le m\u00e9lange des genres, ne supporte pas le compromis, l\u2019h\u00e9sitation. C\u2019est dans les rencontres brutales qu\u2019elle s\u2019appr\u00e9cie le mieux, comme lorsque la contrebasse s\u2019\u00e9mancipe, sur un fond de vagues minimalistes (\u00ab Be Happy \u00bb) avant de laisser la place \u00e0 un Chris Speed survolt\u00e9 affrontant ses coll\u00e8gues, ou lorsqu\u2019accord\u00e9on et clarinette g\u00e9missent telles des m\u00e8res \u00e9plor\u00e9es pour engendrer une complainte obscure (\u00ab This too shall pass \u00bb). L\u2019audace comme qualit\u00e9 premi\u00e8re rappelle  d\u2019autres iconoclastes : le <i>groove<\/i> min\u00e9ral du Nik Bartsch\u2019 Ronin ou l\u2019Exploding Star Orchestra.<br \/> Mais parfois, l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est moins \u00e9vidente, et l\u2019utilisation du vibraphone qui m\u00e8ne immanquablement \u00e0 \u00e9voquer Tortoise n\u2019apporte pas le suppl\u00e9ment escompt\u00e9 (\u00ab I\u2019m So Ficking Cool \u00bb ou \u00ab&nbsp;Three Odes \u00bb), et laisse l\u2019impression que, si l\u2019on a ouvert les fen\u00eatres sur la rue, les musiciens en tenue de soir\u00e9e h\u00e9sitent encore \u00e0 descendre pour s\u2019y produire.<br \/> Mais il importe finalement peu. Ces risques se devaient d\u2019\u00eatre pris, et si Hollenbeck n\u2019accomplit pas un miracle \u00e0 chaque morceau, il en aura au moins assur\u00e9ment eu l\u2019ambition (<i>Never Up, Never In<\/i> ! se lamentent les commentateurs de golf en voyant les <i>putts<\/i> timides des concurrents \u00e9chouer avant le trou de peur de d\u00e9passer celui-ci\u2026) <\/p>\n<p>  Pour ce quatri\u00e8me disque, le Claudia Quintet r\u00e9affirme ses objectifs : faire sortir le jazz des salons bourgeois o\u00f9 il a pu tenter de se r\u00e9fugier, le remettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des autres musiques, de la rue, perp\u00e9tuer ce m\u00e9tissage auquel il doit tout. La d\u00e9marche demeure \u00e9minemment d\u00e9licate, et peut donner naissance \u00e0 d\u2019\u00e9tranges chim\u00e8res, mais surtout \u00e0 des moments de gr\u00e2ce in\u00e9dits, tel \u00ab For You \u00bb, monologue glacial, parsem\u00e9 d\u2019inqui\u00e9tantes inspirations, ou  plus simplement encore \u00e0 des albums enthousiasmants comme <i>For<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voil\u00e0 maintenant six ans que le batteur John Hollenbeck est aux commandes de ce stimulant&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":3732,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3731"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3731"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3731\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3731"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3731"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3731"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}