{"id":3723,"date":"2007-10-01T00:00:00","date_gmt":"2007-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3723"},"modified":"2007-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-30T22:00:00","slug":"3723","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/10\/01\/3723\/","title":{"rendered":"Yaron Herman Trio &#8211; A Time for Everything"},"content":{"rendered":"<p>Aussi surprenant que cela puisse para\u00eetre, tous les musiciens de jazz ne sont pas n\u00e9s en \u00e9coutant Duke Ellington ou en devisant sur les vertus du meilleur tromboniste de l\u2019orchestre de Count Basie. Depuis peu, certains ne se g\u00eanent m\u00eame plus pour avouer qu\u2019ils \u00e9coutent du rock et, comble de l\u2019audace, osent en assaisonner leurs musiques. The Bad Plus revisite Black Sabbath ou Nirvana, Brad Melhdau offre un ravalement de fa\u00e7ade \u00e0 \u00ab\u00a0Paranoid Android\u00a0\u00bb et le trio d\u2019Esbjorn Svensson, avec son approche directe des m\u00e9lodies, s\u2019impose dans le monde entier. L\u2019inamovible formule piano-contrebasse-batterie se voit ainsi offrir un lifting agressif bienvenu, et revient, plus jeune que jamais.<\/p>\n<p>  Encourag\u00e9 par ces exemples, l\u2019Isra\u00e9lien Yaron Herman s\u2019engouffre dans la br\u00e8che, apr\u00e8s cependant un l\u00e9ger retard \u00e0 l\u2019allumage. Il n\u2019aborde en effet la pratique du piano qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de seize ans, alors qu\u2019excellait jusqu\u2019alors plut\u00f4t dans les arabesques avec un ballon de basket. Est-ce cet  apprentissage tardif,  loin des poncifs th\u00e9oriques, ou le go\u00fbt de l\u2019engagement physique qui font de ce disque une exp\u00e9rience si intense ? Toujours est-il que d\u00e8s les premi\u00e8res secondes du bien nomm\u00e9 \u00ab\u00a0Army of Me\u00a0\u00bb emprunt\u00e9 \u00e0 Bjork, le trio, tel un soldat partant pour le front, s\u2019investit avec courage. Deux intr\u00e9pides \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, dont le jeune imp\u00e9tueux et \u00e9tonnant Matt Brewer \u00e0 la contrebasse pour assurer un <i>groove-service<\/i> quatre \u00e9toiles, des id\u00e9es et de l\u2019audace plein les doigts, Yaron Herman expose son propos avec une limpide insolence.<\/p>\n<p>  La fascination vient avant tout d\u2019une pulsation sombre, obs\u00e9dante, qui parcourt tout le disque. Maquill\u00e9e d\u2019\u00e9lectronique sur \u00ab Army of Me\u00a0\u00bb, elle prend toute son ampleur lors de l\u2019adaptation du \u00ab Toxic\u00a0\u00bb de&#8230; Britney Spears. Basse minimaliste et <i>staccato<\/i> changent les \u00e9tudiantes \u00e9m\u00e9ch\u00e9es en <i>snipers<\/i> \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. Apr\u00e8s avoir visit\u00e9 aussi la musique classique au d\u00e9tour d\u2019un pr\u00e9lude de Scriabine, Yaron Herman d\u00e9montre, en plus de sa capacit\u00e9 \u00e0 extraire la substantifique moelle de la musique d\u2019autrui, un r\u00e9el talent de compositeur : \u00ab\u00a0Neshima\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Paluszki\u00a0\u00bb, efficaces, accessibles et un peu plus lyriques, se d\u00e9gustent comme un ap\u00e9ritif en terrasse.     M\u00eame si la forme et la jeunesse triomphante de cette musique lui vaudront vraisemblablement des comparaisons avec d\u2019autres surdou\u00e9s de la nouvelle sc\u00e8ne jazz, ce trio expose une autre \u00e9vidence plus intime. Quand The Bad Plus \u00e9tale au grand jour les th\u00e8mes connus avant de les malmener, Yaron Herman (sauf sur le direct  \u00ab Message in a Bottle\u00a0\u00bb) pr\u00e9f\u00e8re les sensations aux illustrations. La derni\u00e8re adaptation de \u00ab\u00a0Hallelujah\u00a0\u00bb en convaincra les ultimes septiques : entre le pathos larmoyant de Jeff Buckey  et l\u2019original quasi-mystique de Cohen, Yaron Herman, touche une derni\u00e8re fois directement au c\u0153ur. Accessible et l\u00e9ger malgr\u00e9 son intensit\u00e9,  \u00ab\u00a0A Time for Everything\u00a0\u00bb est une v\u00e9ritable b\u00e9n\u00e9diction, que ce soit pour les auditeurs ou m\u00eame plus simplement pour le jazz.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aussi surprenant que cela puisse para\u00eetre, tous les musiciens de jazz ne sont pas n\u00e9s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":3724,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3723"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3723"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3723\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3723"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3723"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3723"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}