{"id":3719,"date":"2007-09-18T00:00:00","date_gmt":"2007-09-17T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3719"},"modified":"2007-09-18T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-17T22:00:00","slug":"3719","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/09\/18\/3719\/","title":{"rendered":"Bruce Eisenbeil Sextet &#8211; Inner Constellations vol. 1"},"content":{"rendered":"<p>Bruce Eisenbeil, guitariste new-yorkais ne fait pas dans la demi-mesure. Soutenu par les courageux Allemands de Nemu Records, il avait d\u00e9j\u00e0 fait des siennes au sein de Carnival Skin o\u00f9 les soubresauts de sa guitare avaient agr\u00e9ablement surpris. La m\u00eame d\u00e9termination se retrouve dans cet album, sous son propre patronyme, Bruce Eisenbeil voit encore plus grand. <\/p>\n<p>  A ses c\u00f4t\u00e9s, en plus d\u2019un quartet de solistes rompus aux exp\u00e9riences les plus acrobatiques (un trompettiste, un saxophoniste, un contrebassiste et un batteur), Jean Cook au violon s\u2019insinue avec bravoure. En rejetant les m\u00e9lodies et se jouant de sa technique en pr\u00e9f\u00e9rant les complaintes d\u00e9rangeantes aux d\u00e9monstrations de virtuosit\u00e9, il apporte une touche contemporaine \u00e0 l\u2019ensemble. La musique en ressort plus in\u00e9dite que jamais, explosive parfois, d\u00e9rangeante voire malsaine par intermittence. Alors que les cuivres tentent en vain d\u2019assurer quelques lignes \u00e0 suivre, leurs partenaires prennent un malin plaisir \u00e0 d\u00e9truire ces \u00e9bauches ; ils les secouent, les d\u00e9pouillent, les jettent par-dessus bord, les laissent remonter \u00e0 la surface pour mieux les engloutir d\u00e9finitivement. Cette musique est une bataille, Eisenbeil tente d\u2019organiser le combat et de rendre compte de cette violence. Mais la mise en forme m\u00eame de l\u2019affrontement rel\u00e8ve de l\u2019anarchie. <\/p>\n<p>  \u00ab&nbsp;Inner Constellations&nbsp;\u00bb, morceau-phare de l\u2019album est d\u00e9compos\u00e9 en vingt-sept plages pour un total de quarante-sept minutes. Quarante-sept minutes o\u00f9 l\u2019on cherche son souffle, o\u00f9 l\u2019on subit les apparitions et les disparitions des instrumentistes, o\u00f9 l\u2019on s\u2019enthousiasme avant de s\u2019\u00e9garer de nouveau. Mais quarante-sept minutes o\u00f9 l\u2019intensit\u00e9 malheureusement se dilue souvent, o\u00f9 la rage et l\u2019ambition ne se suffisent plus, et o\u00f9 le cri et la douleur sous-jacente prennent trop souvent l\u2019ascendant sur le message qu\u2019ils devraient porter. A l\u2019issue de ce parcours, il reste aussi la frustration de n\u2019avoir pas pu (ou su ?) profiter de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9bauch\u00e9 par ces instrumentistes, avec entre autres Nasheet Waits imp\u00e9rial \u00e0 la batterie et Eisenbeil au jeu plus ramass\u00e9 que jamais et sans artifices techniques qui \u00e9voque de plus en plus Derek Bailey. <\/p>\n<p>  Apr\u00e8s Inner Constellations, trois autres petites compositions plus acoustiques concluent le disque. Bien que plus digestes que le plat de r\u00e9sistance, il reste difficile de les \u00e9couter apr\u00e8s une telle avalanche de coups. Elles ouvrent n\u00e9anmoins d\u2019int\u00e9ressantes perspectives \u00e0 cette formation p\u00e9trie de talent mais qui ne doit pas perdre de vue que la coh\u00e9rence, m\u00eame dans la d\u00e9bauche d\u2019\u00e9nergie est souvent salvatrice.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bruce Eisenbeil, guitariste new-yorkais ne fait pas dans la demi-mesure. 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