{"id":3715,"date":"2007-09-15T00:00:00","date_gmt":"2007-09-14T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3715"},"modified":"2007-09-15T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-14T22:00:00","slug":"3715","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/09\/15\/3715\/","title":{"rendered":"Ganelin Trio Priority &#8211; Live at Vilnius 2005"},"content":{"rendered":"<p>Tout commence par quelques pr\u00e9sages d\u00e9concertants. Alors que le concert d\u00e9bute, la lumi\u00e8re du jour inonde encore la salle du Lithuanian National Philharmony, la sc\u00e8ne parait immense et le public, interdit, donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre arriv\u00e9  par hasard. En d\u00e9couvrant les trois musiciens qui leur font face, on les comprendrait presque. Vyacheslav Ganelin (piano, synth\u00e9tiseurs et percussions) m\u00eale faux airs de professeur de maths m\u00e2tin\u00e9 de Luis Rego, Klaus Kugel, batteur d\u00e9j\u00e0 entendu \u00e0 son avantage au sein de Carnival Skin, tient du repr\u00e9sentant de photocopieuses en d\u00e9placement et Petras Vysniaukas (saxophones alto et soprano), au physique imposant de mineur de fond coiff\u00e9 \u00e0 la Joseph Staline, ne transpire pas de charisme.<\/p>\n<p>  Sans pr\u00e9ambule, Ganelin dessine un innocent fond sonore aux claviers, Kugel am\u00e8ne quelques discr\u00e8tes touches percussives et le saxophone soprano entame une douce m\u00e9lodie. Il y a du John Surman ann\u00e9es 1980 dans l\u2019air, tout se met en place, on arr\u00eate de bouger sur son fauteuil, il est presque vingt heures (<i>dixit<\/i> la montre de Vysniaukas)&#8230; encore un peu t\u00f4t pour faire fuir tout l\u2019assistance avec du free-jazz.<br \/> Mais \u00e9tant donn\u00e9 le pedigree des trois hommes, qui regarde plut\u00f4t du cot\u00e9 des musiques gentiment appel\u00e9es <i>improvis\u00e9es<\/i>, ce calme se devait de n\u2019\u00eatre que provisoire. Et c\u2019est bien le cas : rapidement, la folie l\u2019emporte. Cependant, lorsque les fauves se l\u00e2chent, il n\u2019y a rien d\u2019anarchique. Les moments \u00e9nergiques (duels batterie \/ piano percussif \u00e0 la Stravinsky) succ\u00e8dent aux plages plus calmes (archets sur les cymbales et souffle sensuel dans les anches) sans que la coh\u00e9rence n\u2019en souffre. Cette musique respire, ces musiciens courent, crient, reprennent leur souffle sans perdre les autres de vue. L\u2019ensemble est violent par instant, mais jamais bruyant ni confus.<br \/> Ganelin dicte la marche, alterne claviers, piano et percussions, \u00e9bauche les th\u00e8mes avant de les d\u00e9truire m\u00e9thodiquement, et Klaus Kugel le soutient avec brio, sachant s\u2019\u00e9clipser ou prendre les choses en main quand il le d\u00e9cide, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Chris Cutler. Au sein de cette armada rythmique, les saxophones de Visniaukas, sensuels lors des phases d\u2019accalmie, peinent \u00e0 s\u2019imposer d\u00e8s que le volume sonore monte&#8230; Ceci  jusqu\u2019\u00e0 ce que, d\u00e9cidant de se muer en \u00e9l\u00e9phant en d\u00e9route, jouant une seule note en balan\u00e7ant telle une trompe son instrument, il signifie sans \u00e9quivoque que l\u2019assaut final pourra avoir lieu : tonnerre synth\u00e9tique et sir\u00e8ne hurlante en avant, la performance s\u2019ach\u00e8ve avec la destruction de l\u2019Etoile Noire sous LSD. Secou\u00e9 par ce s\u00e9isme, le public crie et jubile, et le rappel aura la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de ceux qui ont accompli plus que leur devoir, avec un \u00e9mouvant \u00ab &nbsp;Homage to friends&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>  La mise en valeur ultra minimale du DVD (aucun bonus, aucun livret, un lettrage de pr\u00e9sentation des musiciens digne d\u2019un film pornographique amateur) et une ambiance initiale plus que froide n\u2019aidant pas \u00e0 s\u2019impliquer dans le concert  ne devraient donc pas suffire \u00e0 d\u00e9courager les amateurs de musiques improvis\u00e9es. De surcro\u00eet, la r\u00e9alisation  efficace et \u00e9quilibr\u00e9e rend hommage \u00e0 la technique des trois hommes et \u00e0 leur musique. Que l\u2019on adh\u00e8re ou pas \u00e0 cet univers, le travail du label allemand Nemu Record, d\u2019une intransigeance et d\u2019une qualit\u00e9 toute germanique, reste salutaire, et de la survie de telles ambitions d\u00e9pend aussi la diversit\u00e9 du paysage musical. On esp\u00e8re donc que cet essai ne restera pas sans suite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout commence par quelques pr\u00e9sages d\u00e9concertants. 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