{"id":3709,"date":"2007-07-31T00:00:00","date_gmt":"2007-07-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3709"},"modified":"2007-07-31T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-30T22:00:00","slug":"3709","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/07\/31\/3709\/","title":{"rendered":"Massacre &#8211; Lonely Heart"},"content":{"rendered":"<p>Massacre, voici un nom de groupe bien couillu, bien poilu, un groupe parfait donc pour assurer la premi\u00e8re partie de <i>Metallica<\/i> au festival de Roskilde au Danemark en mai 2007. Cependant, derri\u00e8re ce patronyme agressif ne se cache pas une formation de <i> heavy-metal<\/i> mais bien le trio survolt\u00e9 de l\u2019improvisation qui secoue par intermittence le cocotier de la sc\u00e8ne ind\u00e9pendante depuis plus de vingt ans. On retrouve donc Fred Frith, guitariste \u00e9chapp\u00e9 des ann\u00e9es Henry Cow, d\u00e9fricheur hors pair qui, lorsque l\u2019on lui demande ses trois morceaux pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s cite Purcell, les Moines Tib\u00e9tains et un de ses propres enregistrements,  Bill Laswell, bassiste plut\u00f4t vers\u00e9 ces derniers temps dans d\u2019 intrigantes productions <i>trance ambient<\/i> hypnotiques, et pour remplacer Fred Maher, Charles Hayward, membre de feu This Heat, m\u00e9t\u00e9ore extravagante o\u00f9 les morceaux bruitistes se jouant \u00e0 la fois en vitesse 45 ou 33 tours c\u00f4toyaient les d\u00e9lires glac\u00e9s d\u2019une bande de punk qui s\u2019accrocheraient des \u00e9pingles \u00e0 nourrice aux t\u00e9tons. Clairement, Massacre ne pourra pas souffrir de la comparaison avec les \u00ab Four Horsemen \u00bb qui leur succ\u00e8deront, tant leurs approches musicales sont \u00e9loign\u00e9es dans leur forme. <\/p>\n<p>  C\u2019est ainsi, devant un public probablement un peu surpris mais rapidement enthousiaste, que le massacre d\u00e9bute. En l\u2019esp\u00e8ce, cinq morceaux soutenus avec brio par Hayward et Laswell, qui tiennent une rythmique quasi-tribale avec autorit\u00e9 pendant que leur comp\u00e8re Frith papillonne autour d\u2019eux, tel un cameraman du tour de France qui ram\u00e8ne les images de l\u2019\u00e9glise d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 pendant que les cyclistes turbinent sur leur machine. Les deux longs morceaux \u00ab Send \u00bb et \u00ab Gracias a la vida \u00bb le prouvent, passant par le solo d\u00e9charn\u00e9 ou les r\u00e9p\u00e9titions \u00e9pileptiques de notes aigues. Frith revient aussi r\u00e9guli\u00e8rement s\u2019ancrer dans la puissance sous-jacente pour participer \u00e0 l\u2019orgie tellurique qui se d\u00e9roule sur sc\u00e8ne. On oublie alors l\u2019image un peu guind\u00e9e des trois lascars et leur restreint public habituel  pour plonger t\u00eate la premi\u00e8re avec les dix mille spectateurs dans ce trio incandescent, v\u00e9ritable <i>Jimi Hendrix Experience<\/i> remis au go\u00fbt du jour. La communion est totale, apn\u00e9e magistrale et contr\u00f4l\u00e9e malgr\u00e9 tout. Tant de rage \u00e9tonne de la part de musiciens qui n\u2019ont plus l\u2019\u00e2ge de ces r\u00e9voltes vaines, mais elle est bien l\u00e0, intacte, \u00e0 croire qu\u2019\u00e0 refuser de laisser leur musique se scl\u00e9roser, Massacre se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re \u00e0 la m\u00eame fontaine de jouvence\u2026 On pourra certes regretter quelques impasses, quelques d\u00e9tours inutiles, quelques pistes trop vite n\u00e9glig\u00e9es au milieu du tourbillon, voire un morceau final hypnotique et plus synth\u00e9tique qui malgr\u00e9 ses qualit\u00e9s jure un peu au milieu du joyeux <i>happening<\/i>. Mais \u00e9tant donn\u00e9 que jamais l\u2019intensit\u00e9 ne retombe, mieux vaut consid\u00e9rer ceux-ci comme les al\u00e9as in\u00e9vitables d\u2019une telle entreprise. Et d\u2019appr\u00e9cier l\u2019ensemble sans mod\u00e9ration.  <\/p>\n<p>  Une nouvelle fois, Tzadik frappe fort dans l\u2019intransigeance et ravira les nombreux fid\u00e8les de Massacre qui commen\u00e7aient \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer de leurs idoles. Mais ce seront bien les spectateurs du Roskilde Festival qui auront le plus profit\u00e9 de ce retour \u00e9tonnant : en encha\u00eenant musicalement la vir\u00e9e \u00e0 moto sans casque avec la nuit au creux d\u2019une \u00ab bikeuse \u00bb \u00e0 forte poitrine, ils auront go\u00fbt\u00e9 en une soir\u00e9e tout ce que le rock peut leur fournir de meilleur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Massacre, voici un nom de groupe bien couillu, bien poilu, un groupe parfait donc pour&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":3710,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3709"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3709"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3709\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3709"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3709"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3709"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}