{"id":3411,"date":"2008-01-25T00:00:00","date_gmt":"2008-01-24T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3411"},"modified":"2008-01-25T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-24T22:00:00","slug":"3411","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/01\/25\/3411\/","title":{"rendered":"Snake Oil &#8211; Uppercut Attitude"},"content":{"rendered":"<p>Lorsque les groupes fran\u00e7ais se donnent les moyens de leurs ambitions, le r\u00e9sultat peut frapper tr\u00e8s fort. Apr\u00e8s avoir sorti en 2005 <i>Doustrian Dance<\/i> sous la forme d\u2019un quartette, Snake Oil a d\u00e9cid\u00e9 de livrer une suite encore plus marquante, digne des plus grands. En effet, le groupe d\u00e9cide d\u2019\u00e9largir son champ d\u2019action vers d\u2019autres formes que le jazz, et profite de l\u2019enthousiasme de James Mac Gaw envers leur musique pour embarquer ce dernier dans ses rangs. Le guitariste de Magma se retrouve ici en compagnie de l\u2019un de ses compagnons du groupe One Shot en la personne du batteur Daniel Jeand\u2019heur. Malgr\u00e9 cet apport, le groupe conserve son effectif habituel pour enregistrer un premier disque en studio. C\u2019est \u00e0 travers la seconde galette de titres in\u00e9dits jou\u00e9s en concert que James Mac Gaw fait son apparition. <\/p>\n<p>  Fortement influenc\u00e9e par le jazz des d\u00e9cennies pass\u00e9es, la musique de Snake Oil se rapproche de la p\u00e9riode \u00e9lectrique de Miles Davis, au niveau de la vivacit\u00e9 de l\u2019accompagnement mais aussi de la libert\u00e9 des structures et des harmonies. Le jeu de Boris Blanchet au saxophone \u00e9voque brillamment le souvenir de John Coltrane, avec sa dext\u00e9rit\u00e9 et son sens de la m\u00e9lodie efficace, donnant lieu \u00e0 des \u00ab&nbsp;broderies&nbsp;\u00bb typiquement jazz au milieu de th\u00e8mes subtils. Le Fender Rhodes de Romain Massini offre quant \u00e0 lui un soutien harmonique tr\u00e8s efficace, et aurait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre plus en avant pour enrichir \u00e0 sa mani\u00e8re la palette sonore du groupe. Des couleurs chaudes et des sonorit\u00e9s aventureuses s\u2019\u00e9chappent des compositions, sans pour autant oublier la puissance, d\u00e9veloppant un vocabulaire tr\u00e8s nuanc\u00e9 pour varier les atmosph\u00e8res. <\/p>\n<p>  Le disque enregistr\u00e9 en concert d\u00e9voile une autre facette de Snake Oil, plus rock sans \u00eatre pour autant plus imm\u00e9diate, et ne trahit jamais le style original de la formation. M\u00eame si le batteur et le guitariste officient aussi dans One Shot, Snake Oil se d\u00e9marque par une dominante jazz plus prononc\u00e9e, et par une improvisation accrue. La ma\u00eetrise technique des instrumentistes ne fait aucun doute, bien qu\u2019ils aient parfois tendance \u00e0 se laisser emporter par leur \u00e9nergie en incluant de longs d\u00e9veloppements dans les passages les plus denses. Avec l\u2019arriv\u00e9e de James Mc Gaw, l\u2019effectif devient plus inhabituel au travers de la domination m\u00e9lodique de la guitare \u00e9lectrique et du saxophone. Leurs interventions successives forment un assemblage riche, soutenue par une section rythmique lorgnant vers le rock. <\/p>\n<p>  Ces deux disques se r\u00e9v\u00e8lent aussi int\u00e9ressants laissance plus ou moins douloureuse de nouveaux sous-genres, parfois autoproclam\u00e9s. Produits r\u00e9chauff\u00e9s ou r\u00e9elles nouveaut\u00e9s, ces fusions in\u00e9dites et autres m\u00e9tissages improbables alternent entre r\u00e9ussite artistique et hamburger au gras-double. Le trio am\u00e9ricain Dave Corp s\u2019essaie, avec <i>The Sweet Life<\/i>, au jazz-rock industriel <i>(sic)<\/i> et revendique entre autres les influences de Miles Davis, Nine Inch Nails, Fishbone, King Crimson ou encore Herbie Hancock, rien que \u00e7a. <\/p>\n<p>  Sur des structures et des approches m\u00e9lodiques combinant alternativement jazz, jazz rock et jazz fusion, Dave Archer appose diff\u00e9rents types de dissonances, de saturations et d\u2019effets sur les claviers, qui constituent la mati\u00e8re premi\u00e8re de <i>The Sweet Life<\/i>. En effet,  pas la moindre trace de guitare sur cet album, bien que le d\u00e9luge d\u2019effets donne tr\u00e8s souvent le change. Soutenu en outre par une production tr\u00e8s brute, organique, le disque laisse \u00e9chapper \u00e7\u00e0 et l\u00e0 des effluves noisy. <\/p>\n<p>  \u00ab Moron Pills \u00bb, qui ouvre l\u2019album, est peut-\u00eatre le titre le moins repr\u00e9sentatif puisqu\u2019il est domin\u00e9 par un heavy rock industriel qui ne laisse de place au jazz que dans sa seconde moiti\u00e9. De m\u00eame, \u00ab The Sweet Life \u00bb reste en eaux connues, celles d\u2019une fusion assez classique, telle qu\u2019elle \u00e9tait pratiqu\u00e9e il y a de cela un quart de si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0, si ce n\u2019est cette production un peu particuli\u00e8re, crispante, m\u00e9tallique. Les compositions de <i>The Sweet Life<\/i>  peuvent donc majoritairement \u00eatre d\u00e9crites par un vocabulaire pr\u00e9existant. N\u00e9anmoins, le terme de \u00ab jazz industriel \u00bb pourra constituer parfois un \u00e9crin favorable. Ainsi, \u00ab Bad Lieutenant \u00bb et \u00ab Disorder \u00bb incarnent peut-\u00eatre le mieux cette appellation, bien que ces deux titres soient tr\u00e8s diff\u00e9rents l\u2019un de l\u2019autre. \u00ab Bad Lieutenant \u00bb est outranci\u00e8rement domin\u00e9 par un clavier satur\u00e9 (\u00e0 moins qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une meuleuse), dissonant, oppressant, et qui conf\u00e8re au titre son statut d\u2019industriel, tandis que \u00ab Disorder \u00bb, beaucoup plus vari\u00e9, notamment dans les sons utilis\u00e9s par Dave Archer, accorde un r\u00f4le plus important \u00e0 la section rythmique, tout en entretenant cette atmosph\u00e8re usini\u00e8re. <\/p>\n<p>  <i>The Sweet Life<\/i> fait partie de ces albums instrumentaux atypiques, vaguement exp\u00e9rimentaux. On saluera la tentative, qui demande \u00e0 \u00eatre r\u00e9it\u00e9r\u00e9e, et la recette, qui n\u00e9cessite quelque peaufinage. Quant au visuel, qu\u2019on pourrait ais\u00e9ment apposer sur un album de punk de la fin des ann\u00e9es soixante-dix, on ne saurait trop recommander au groupe d\u2019y r\u00e9fl\u00e9chir un peu plus longuement la prochaine fois !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque les groupes fran\u00e7ais se donnent les moyens de leurs ambitions, le r\u00e9sultat peut frapper&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":3412,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3411"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3411"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3411\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3412"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3411"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3411"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3411"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}