{"id":3377,"date":"2008-05-13T00:00:00","date_gmt":"2008-05-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3377"},"modified":"2008-05-13T00:00:00","modified_gmt":"2008-05-12T22:00:00","slug":"3377","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/05\/13\/3377\/","title":{"rendered":"Yves Robert &#8211; L&rsquo;argent"},"content":{"rendered":"<p>Il est rare d&rsquo;avoir affaire \u00e0 des disques qui surprennent non seulement par leur ambition, mais aussi par leur ma\u00eetrise de l&rsquo;espace sonore et de leur sujet. <i>L&rsquo;argent<\/i> fait visiblement partie de ceux-l\u00e0. L&rsquo;id\u00e9e de base est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s originale et inhabituelle : cet album s&rsquo;apparente \u00e0 un recueil de propos d&rsquo;une \u00e9conomiste, d&rsquo;un psychanalyste, d&rsquo;un trader et d&rsquo;un philosophe. Cette r\u00e9flexion sur l&rsquo;argent, ses d\u00e9rives et ses effets sur des personnages d&rsquo;horizons vari\u00e9s est non seulement singuli\u00e8re au niveau du sujet abord\u00e9, mais aussi dans le traitement musical. Les voix des protagonistes sont profond\u00e9ment retravaill\u00e9es, assez proches de l&rsquo;optique \u00e9lectroacoustique. Les phrases sont constamment d\u00e9construites, chaque syllabe adoptant son propre sens musical, mettant en lumi\u00e8re la trame qui se cache derri\u00e8re cet ambitieux \u00ab\u00a0op\u00e9ra quotidien\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>  Le son est issu d&rsquo;une mise en forme profonde, mais reste pourtant dot\u00e9 d&rsquo;une apparence accrocheuse, intimement li\u00e9e au vocabulaire jazz qui sommeille en cette \u0153uvre. En effet, le trombone d&rsquo;Yves Robert \u2013 souvent pr\u00e9sent sur plusieurs pistes simultan\u00e9es \u2013 donne un aspect naturel et dynamique aux compositions. Les vocalises d&rsquo;Elise Caron contribuent aussi \u00e0 la profonde humanit\u00e9 de l&rsquo;album, comme sur la conclusion \u00ab\u00a0Non plus \u2013 jamais assez\u00a0\u00bb, superbement d\u00e9pouill\u00e9e. D&rsquo;autres proc\u00e9d\u00e9s sont visibles en filigrane, comme les bandes sonores maltrait\u00e9es sur la fin de \u00ab\u00a0Crime\u00a0\u00bb, ou les fr\u00e9quences transform\u00e9es \u00e0 la moulinette informatique donnant cette coloration contemporaine et exp\u00e9rimentale au propos musical. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 \u00e9couter \u00ab\u00a0Mon tr\u00e9sor 3\u00a0\u00bb, o\u00f9 la contrebasse de Jean-Philippe Morel est constamment tritur\u00e9e, pour se rendre compte du travail intense sur le spectre sonore. Ainsi, Yves Robert a su forger \u00e0 <i>L&rsquo;argent<\/i> sa propre identit\u00e9 sonore. <\/p>\n<p>  Et ce n&rsquo;est pas pour autant que ce travail s&rsquo;enferme dans l&rsquo;intellectualisme : les boucles <i>electro<\/i> qui jalonnent l&rsquo;album vivifient l&rsquo;ensemble sans pour autant sembler hors de propos. Ces \u00e9l\u00e9ments sont desservis par une production toute en profondeur, par une r\u00e9alisation et un mixage tr\u00e8s coh\u00e9rents effectu\u00e9s par Sylvain Th\u00e9venard, membre \u00e0 part enti\u00e8re de la formation. De cet album \u00e9merge un aspect moderne qui en rebutera certains, mais qui en fin de compte peut constituer une int\u00e9ressante initiation \u00e0 ces \u00ab\u00a0musiques actuelles\u00a0\u00bb par son c\u00f4t\u00e9 humain \u2013 notamment gr\u00e2ce aux touches jazz \u2013 mais aussi par son sujet de discussion tr\u00e8s pertinent !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est rare d&rsquo;avoir affaire \u00e0 des disques qui surprennent non seulement par leur ambition,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":3378,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3377"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3377"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3377\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3378"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3377"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3377"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3377"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}