{"id":3355,"date":"2007-11-20T00:00:00","date_gmt":"2007-11-19T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3355"},"modified":"2007-11-20T00:00:00","modified_gmt":"2007-11-19T22:00:00","slug":"3355","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/11\/20\/3355\/","title":{"rendered":"Estradasphere &#8211; Palace of Mirrors"},"content":{"rendered":"<p>Plus que quiconque, l\u2019amateur de musiques progressives est soumis aux affres de l\u2019\u00e9tiquetage. Et pourtant, ce n\u2019est pas faute de s\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9 une pl\u00e9thore de cat\u00e9gories plus ou moins pr\u00e9cises, de termes plus ou moins judicieux, pour tenter de mettre de l\u2019ordre dans un genre qui, par d\u00e9finition, d\u00e9fie les \u00e9tiquettes. Estradasphere fait typiquement partie de ces groupes inclassables qu\u2019il est impossible de ranger dans une case bien d\u00e9finie et ce, depuis leur premier et impressionnant album <i>It\u2019s Understood<\/i> (2000). <\/p>\n<p>  En un peu moins d\u2019une heure, <i>Palace of Mirrors<\/i> nous prom\u00e8ne dans univers sonore qui emprunte au jazz, \u00e0 la musique de chambre, de film, au rock, au metal et \u00e0 divers folklores, tsigane en t\u00eate. Pour autant, il ne s\u2019agit pas l\u00e0 d\u2019une collection de titres exp\u00e9rimentaux, pas plus qu\u2019un assemblage incongru et gratuit de genres destin\u00e9s \u00e0 impressionner. L\u00e0 o\u00f9 d\u2019autres se perdent en des combinaisons pas toujours tr\u00e8s heureuses, notre sextet de multi-instrumentistes californiens garde \u00e0 l\u2019esprit la n\u00e9cessaire dynamique de ses compositions, de m\u00eame qu\u2019un indispensable noyau m\u00e9lodique. Estradasphere passe avec une redoutable facilit\u00e9 d\u2019un style \u00e0 l\u2019autre, m\u00ealant souvent ses multiples influences au sein d\u2019un seul et m\u00eame titre comme sur \u00ab&nbsp;A Corporate Merger&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Those Who Know\u2026&nbsp;\u00bb ou encore \u00ab&nbsp;Smuggled Mutation&nbsp;\u00bb, qui incorporent la dynamique du rock, du metal ou le phras\u00e9 du jazz \u00e0 un violon purement tsigane. Les illustrations de l\u2019audace d\u2019Estradasphere ne manquent pas et ces incessants rebondissements rendent l\u2019\u00e9coute de <i>Palace of Mirrors<\/i> proprement passionnante. Si l\u2019on ne peut d\u00e9cid\u00e9ment forcer ce disque \u00e0 entrer dans un tiroir, on pourra n\u00e9anmoins lui trouver quelques parents \u00e9loign\u00e9s, et notamment dans l\u2019arbre g\u00e9n\u00e9alogique de la famille RIO. On retrouve \u00e9galement sur <i>Palace of Mirrors<\/i> l\u2019esprit corrupteur de Fant\u00f4mas avec \u00ab&nbsp;Colossal Risk&nbsp;\u00bb, par exemple, v\u00e9ritable bande originale de film d\u2019espionnage des ann\u00e9es soixante, ou encore \u00ab&nbsp;Flower Garden of an Evil Man&nbsp;\u00bb, \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tante et bruyante progression, sur lequel il ne manque que les g\u00e9missements de Mike Patton. <\/p>\n<p>  Si <i>Palace of Mirrors<\/i> pourra d\u00e9stabiliser les maniaques de la cat\u00e9gorisation par son c\u00f4t\u00e9 <i>patchwork<\/i>, il aura bien plus de chance d\u2019enchanter la plupart des courageux qui oseront sortir de leur routine musicale. Avec un album peut-\u00eatre plus homog\u00e8ne que les pr\u00e9c\u00e9dents, Estradasphere r\u00e9ussit la performance de conjuguer simultan\u00e9ment audace et accessibilit\u00e9. Et pour les ind\u00e9crottables qui ne voient en ce genre d\u2019albums que des projets studio farfelus, on conseillera le DVD <i>Palace of Mirrors Live<\/i>, interpr\u00e9tation en concert du disque idoine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus que quiconque, l\u2019amateur de musiques progressives est soumis aux affres de l\u2019\u00e9tiquetage. 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