{"id":3295,"date":"2010-04-16T00:00:00","date_gmt":"2010-04-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3295"},"modified":"2010-04-16T00:00:00","modified_gmt":"2010-04-15T22:00:00","slug":"3295","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/04\/16\/3295\/","title":{"rendered":"Kayo Dot &#8211; Coyote"},"content":{"rendered":"<p>Autant il est parfois simple de se rattacher \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments qui mettent tout le monde d&rsquo;accord, autant certains artistes sont difficiles \u00e0 d\u00e9signer avec une certaine objectivit\u00e9 rassurante. Quelles sont alors les options possibles ? Se la jouer \u00ab Lester Bangs&nbsp;\u00bb en herbe et penser r\u00e9volutionner le monde \u00e0 l&rsquo;aide de deux ou trois tirades bien senties ? Quoi qu&rsquo;il en soit, Toby Driver fait partie de ces personnages \u00ab&nbsp;difficiles&nbsp;\u00bb. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 voir les discussions \u00e0 son propos sur Internet : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les <i>fanboys<\/i> aveugles qui le v\u00e9n\u00e8rent comme le messie, de l&rsquo;autre ceux qui consid\u00e8rent tout \u00e7a comme du bruit. Et ceux qui s&rsquo;en foutent, aussi. Jusque l\u00e0, rien de bien g\u00eanant. <\/p>\n<p>  Les choses se compliquent quand les fans sont loin d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;accord entre eux. Pour certains, Toby ne fera rien de mieux que Maudlin of the Well, d&rsquo;autres vouent un culte \u00e0 <i>Choirs of the Eye<\/i> et d\u00e9signent finalement la discographie de Kayo Dot comme une pente descendante. Il faut dire que <i>Blue Lambency Downward<\/i> en a perturb\u00e9 du monde : trop jazz, trop peu contrast\u00e9, trop grisonnant. Les m\u00e9talleux dans l&rsquo;\u00e2me sont frustr\u00e9s : un groupe de <i>coldwave<\/i> qui jouerait du Henry Cow, tr\u00e8s peu pour eux&#8230; <\/p>\n<p>  Avec ce <i>Coyote<\/i>. Toby Driver aime tenir ses fans en haleine, en d\u00e9voilant d&rsquo;une part les influences de l&rsquo;album : The Cure, Faith and the Muse, Bauhaus, <i>Sextant<\/i> d&rsquo;Herbie Hancock et <i>The Drift<\/i> de Scott Walker, d&rsquo;autre part avec le titre <i>Whisper Ineffable<\/i> qui se retrouve sur la toile six mois avant la sortie du disque. Soit. Pour le coup, cette description est plut\u00f4t pertinente : on se retrouve sous les m\u00eames ambiances \u00e9th\u00e9r\u00e9es, comme si la musique \u00e9tait pass\u00e9e \u00e0 travers un filtre, \u00e0 la mani\u00e8re du <i>Absinthe<\/i> de Naked City. Sauf qu&rsquo;ici, chaque d\u00e9tail est limpide, les arrangements sont toujours d&rsquo;une grande finesse. Les d\u00e9tails se superposent comme autant de couches de peinture inextricables qui ne prennent de sens que sous forme d&rsquo;un \u00ab tout \u00bb. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, le silence est roi. Si la palette sonore est plus fig\u00e9e que jamais, Kayo Dot continue de cr\u00e9er des recueils d&rsquo;atmosph\u00e8res. <\/p>\n<p>  <i>Coyote<\/i> est un album court d&rsquo;une dur\u00e9e de trente-neuf petites minutes. Ce qui est visiblement une bonne id\u00e9e : le disque se retrouve plus a\u00e9r\u00e9, les morceaux prennent davantage facilement leur importance en tant que tels. Le mastodonte prot\u00e9iforme \u00ab Abyss Hinge \u00bb par exemple n&rsquo;en reste pas moins effrayant, tout est si tendu, si fouill\u00e9&#8230; Quand Kayo Dot s&rsquo;\u00e9loigne ne cesse de s&rsquo;\u00e9loigner de sa suppos\u00e9e ligne directrice, \u00e7a d\u00e9range. Bref, \u00e7a suinte, les lignes m\u00e9lodiques se croisent et les fr\u00e9quences se livrent un combat sans fin&#8230; <\/p>\n<p>  Personne ne sort gagnant, mais le voyage aura \u00e9t\u00e9 passionnant&#8230; avant de se retrouver \u00e0 la case d\u00e9part. Au moment de conclure, difficile d&rsquo;avoir ne serait-ce qu&rsquo;une vague id\u00e9e de la chose, et donc d&rsquo;en d\u00e9duire quoi que ce soit. En tout cas, ceux qui attendaient farouchement un <i>Choirs of the Eye<\/i> bis vont d\u00e9tester, clairement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autant il est parfois simple de se rattacher \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments qui mettent tout le&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":3296,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}