{"id":3271,"date":"2004-06-23T00:00:00","date_gmt":"2004-06-22T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3271"},"modified":"2004-06-23T00:00:00","modified_gmt":"2004-06-22T22:00:00","slug":"3271","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/06\/23\/3271\/","title":{"rendered":"Univers Zero &#8211; The Hard Quest"},"content":{"rendered":"<p>Treize ans (treize est un chiffre r\u00e9current chez Univers Zero) apr\u00e8s <i>Heatwave<\/i>, Univers Zero livre <i>The Hard Quest<\/i>, au titre  \u00e9vocateur du long combat introspectif auquel le groupe a d\u00fb faire face durant tout ce temps. R\u00e9solument ancr\u00e9 dans la sph\u00e8re rock in opposition avant sa s\u00e9paration, Univers Zero nous avait laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque au sommet de son art, avec la plus grande formation qu\u2019il ait jamais eue. Si les possibilit\u00e9s avaient alors \u00e9t\u00e9 largement pouss\u00e9es \u00e0 leur paroxysme, elles n\u2019en \u00e9taient que r\u00e9solument plus originales et pertinentes. Quelle est la recette propos\u00e9e aujourd\u2019hui aux auditeurs, <i>a priori<\/i> ravis d\u2019avoir \u00e0 nouveau l\u2019occasion de cheminer \u00e0 travers les (micro)sillons du groupe ?<\/p>\n<p> Univers Zero, \u00e0 l\u2019image de Yes, a toujours propos\u00e9 dans ses pr\u00e9c\u00e9dents albums des morceaux longs, r\u00e9duisant ainsi le nombre des titres. Or, ce qui frappe \u00e0 premi\u00e8re vue lorsque l\u2019on s\u2019attarde sur ce nouvel objet avant de le placer dans la platine, est le nombre de morceaux : onze au total, ce qui repr\u00e9sente approximativement le double des livraisons pr\u00e9c\u00e9dentes. La dur\u00e9e des morceaux varie entre deux et six minutes, mis \u00e0 part un de dix. Il s\u2019agit donc de formes relativement courtes, compos\u00e9es dans leur quasi-totalit\u00e9 par Daniel Denis, batteur et principal instigateur du groupe depuis le d\u00e9part d\u2019Andy Kirk, ancien pianiste attitr\u00e9.  Cette r\u00e9duction du <i>line-up<\/i> pose question : la musique va-t-elle s\u2019en trouver diminu\u00e9e ? Cinq membres seulement, certes, mais quels musiciens : Michel Berckmans au basson, hautbois et cor anglais qui fait son grand retour depuis <i>Ceux du dehors<\/i> en 1980, Daniel Denis \u00e0 la batterie et aux claviers, Dirk Descheemaeker, membre depuis <i>Uzed<\/i> en 1984, aux clarinettes, Igor Semenoff fra\u00eechement recrut\u00e9 au violon et R\u00e9ginald Trigaux, parent de Roger Trigaux (guitariste fondateur de Pr\u00e9sent), ancien membre de UZ (<i>1313<\/i> en 1977 et <i>H\u00e9r\u00e9sie<\/i> en 1979), \u00e0 la basse.<\/p>\n<p> Frapp\u00e9 imm\u00e9diatement par des r\u00e9miniscences m\u00e9di\u00e9vales \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l\u2019esprit des albums pr\u00e9c\u00e9dents, et que l\u2019on peut en particulier attribuer \u00e0 l\u2019utilisation de gammes sp\u00e9cifiques, aux accords de quinte typiques de cette \u00e9poque, aux tambourins et autres assemblages sonores, on est en droit de se demander s\u2019il n\u2019y aurait pas une volont\u00e9 d\u2019agrandir la port\u00e9e du groupe en abordant \u00e0 bras ouverts une palette sonore diff\u00e9rente, tout en restant bien \u00e9videmment dans une recherche sp\u00e9cifique. La pochette, elle-m\u00eame \u00e9l\u00e9ment de ce concept, est peut-\u00eatre significatrice de cette approche (<i>Le moine<\/i> de G\u00e9rard Thomas).<br \/> Quoi qu\u2019il en soit, la musique reste toujours aussi recherch\u00e9e et prenante. L\u2019architecture des morceaux permettra s\u00fbrement \u00e0 l\u2019auditeur d\u00e9sireux de se pencher sur ce groupe d\u2019appr\u00e9hender ce disque avec plus de facilit\u00e9. On aurait pu craindre que la courte dur\u00e9e des morceaux ne limite l\u2019\u00e9volution et de la progression des th\u00e8mes. Mais apr\u00e8s maintes \u00e9coutes, il ressort que les d\u00e9veloppements se font avec tant d\u2019intelligence qu\u2019il n\u2019en est rien. Au contraire, cela permet d\u2019\u00e9liminer tout le superflu et d\u2019en garder uniquement la quintessence. Ces morceaux s\u2019\u00e9loignent paradoxalement du rock : annihilation quasi-totale des structures, utilisation de la basse et des percussions comme  \u00e9l\u00e9ments m\u00e9lodiques plus que rythmiques, recherche de masse sonore comme un tout unifi\u00e9, avec en contrepoint un vague d\u00e9sir de m\u00e9lodie. On se trouve de toute \u00e9vidence dans une cr\u00e9ation de musique classique contemporaine. Par ailleurs, en comparaison avec les albums pr\u00e9c\u00e9dents, demeure le c\u00f4t\u00e9 myst\u00e9rieux et \u00e9trange, comme plong\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9. Cependant moins noir que ses pr\u00e9c\u00e9desseurs, <i>The Hard Quest<\/i> est l\u2019image m\u00eame d\u2019un p\u00e8lerinage au fin fond des m\u00e9andres des sonorit\u00e9s occultes. Pouss\u00e9 par un besoin de cr\u00e9er une musique sombre et froide, Univers Zero a fait le pari fou de modifier certains aspects de sa musique, en gardant toujours la m\u00eame volont\u00e9 de surprendre.<\/p>\n<p> Il est troublant de s\u2019apercevoir que pour bon nombre de groupes \u00ab r\u00e9volutionnaires \u00bb, les forces motrices sont concentr\u00e9es autour du batteur, comme par exemple : Christian Vander pour Magma, Dave Kerman pour 5Uu\u2019s entre autres, et m\u00eame Phil Collins apr\u00e8s le d\u00e9part de Peter Gabriel de Genesis. Daniel Denis est un meneur poussant ses musiciens \u00e0 offrir plus que ce que leur \u00e2me est capable de donner. Univers Zero reste toutefois un groupe et non le projet d\u2019une seule personne et il n\u2019est pas surprenant que la r\u00e9duction et le changement d\u2019effectif donne un tel r\u00e9sultat, nouveau et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Treize ans (treize est un chiffre r\u00e9current chez Univers Zero) apr\u00e8s Heatwave, Univers Zero livre&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":3272,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3271"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3271"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3271\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3272"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}