{"id":3259,"date":"2008-05-15T00:00:00","date_gmt":"2008-05-14T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3259"},"modified":"2008-05-15T00:00:00","modified_gmt":"2008-05-14T22:00:00","slug":"3259","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/05\/15\/3259\/","title":{"rendered":"Normal Love &#8211; Normal Love"},"content":{"rendered":"<p>Originaires de Philadelphie, les membres de Normal Love citent comme compagnons d\u2019armes Kayo Dot, RUINS, Make A Rising ou Mick Barr et crient haut et fort qu\u2019ils jouent une musique \u00ab\u00a0pas facile\u00a0\u00bb. C\u2019est compliqu\u00e9, la musique pas facile. \u00c7a semble fouillis, obscur, mais tout cela reste voulu, maitris\u00e9. D\u2019ailleurs, les Am\u00e9ricains, \u00e9crivent leur musique, revendiquent leurs partitions et refusent que l\u2019on fasse d\u2019eux des improvisateurs. Ils  s\u2019imposent en polytechniciens du son : si quelque chose se trouve \u00e0 tel endroit, il y a une raison pour cela, et que l\u2019auditeur connaisse ou non cette intime v\u00e9rit\u00e9 ne rev\u00eat aucune importance, car le groupe donne plut\u00f4t l\u2019impression de regarder son nombril que son public. Il offre ainsi l\u2019image sophistiqu\u00e9e du <i>dandy<\/i> arrivant dans un costume si cher qu\u2019il vaut mieux se contenter de le regarder plut\u00f4t que de lui parler. En bref, Normal Love impressionne tant que l\u2019on ne sait plus s\u2019il faut les admirer, les jalouser ou les ignorer. <\/p>\n<p> La musique de Normal Love est pleine de ruptures virtuoses, on y trouve un violon inqui\u00e9tant, des riffs de guitare saupoudrant l\u2019ensemble, des ambiances glauques et instables. On jurerait entendre Mr Bungle ou Fantomas o\u00f9 l\u2019on aurait remplac\u00e9 les singeries de Mike Patton par quelque chose de plus raffin\u00e9 mais d\u2019aussi inutile, des sauvageons en smoking \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Ahuri par la technique, on peut aussi \u00eatre frustr\u00e9 par cette d\u00e9bauche souvent vaine, lorsque sous pr\u00e9texte de multiples changements de direction, Normal Love se croit autoris\u00e9 \u00e0 n\u2019aller nulle part. Ce n\u2019est donc peut-\u00eatre pas un hasard si les morceaux les plus r\u00e9jouissants sont les plus courts, avec notamment les deux minutes \u00e9blouissantes d\u2019Afrique \u00e9lectrifi\u00e9e de \u00ab\u00a0Ndugo\u00a0\u00bb ou le puissant \u00ab\u00a0The Final Sarcophagus of Darkness\u00a0\u00bb, vitamin\u00e9 par un batteur tout en exc\u00e8s m\u00e9tallique. Le reste de l\u2019album ressemble plus \u00e0 une \u0153uvre contemporaine \u00e9corch\u00e9e, o\u00f9 intensit\u00e9, vide et structures se retrouvent \u00e9clat\u00e9s aux quatre coins du hall d\u2019exposition.<\/p>\n<p> Le passionn\u00e9 reconstituera sa propre histoire, en fera sa v\u00e9rit\u00e9, pour adh\u00e9rer \u00e0 ce propos volontairement insaisissable. Entre les coups de guitares satur\u00e9es, une vague \u00e9lectrostatique irr\u00e9sistible (\u00ab\u00a0The Signal\u2019s Coming From Pittsburgh\u00a0\u00bb) et quelques cauchemars industriels, les passages stimulants ne manquent pas et on ne saurait ignorer la classe magistrale qui s\u2019en d\u00e9gage.<\/p>\n<p> Au contraire de formations comme Zakarya qui basent leurs exp\u00e9rimentations sur un solide et fertile terreau d\u2019influences communes, Normal Love construit seul tout son propos. Cette d\u00e9marche enti\u00e8re, si risqu\u00e9e qu\u2019elle soit, reste infiniment honorable. Telle un pilote intr\u00e9pide roulant trop vite au risque d\u2019abimer son bolide dans une sortie de route, la formation de Philadelphie fonce, ignore les forces de l\u2019ordre et ne se fie qu\u2019\u00e0 son instinct.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Originaires de Philadelphie, les membres de Normal Love citent comme compagnons d\u2019armes Kayo Dot, RUINS,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":3260,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3259"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3259"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3259\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3260"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3259"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3259"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3259"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}