{"id":3119,"date":"2009-03-09T00:00:00","date_gmt":"2009-03-08T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3119"},"modified":"2009-03-09T00:00:00","modified_gmt":"2009-03-08T22:00:00","slug":"3119","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/03\/09\/3119\/","title":{"rendered":"Alfred Schnittke &#8211; Symphony n\u00b0 9"},"content":{"rendered":"<p>La mal\u00e9diction de la neuvi\u00e8me symphonie n&rsquo;aura pas seulement touch\u00e9 Beethoven, Bruckner et autres Mahler&#8230; Alfred Schnittke, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1998, soit quatre ans apr\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9criture de la pr\u00e9sente \u0153uvre, n&rsquo;a pu aller au-del\u00e0 de ce nombre fatidique en raison d&rsquo;un \u00e9tat de sant\u00e9 fragile. C&rsquo;est donc le premier enregistrement de la symphonie qui nous int\u00e9resse ici, performance de l&rsquo;orchestre philhamonique de Dresde, dirig\u00e9 par Dennis Russell Davies, chef d&rsquo;orchestre qui a d\u00e9j\u00e0 fait ses preuves notamment dans le r\u00e9pertoire contemporain (Hans Werner Henze, Arvo P\u00e4rt, John Cage..). <\/p>\n<p>  Le premier mouvement, plut\u00f4t long, fait appara\u00eetre un discours parfaitement intelligible, jamais exub\u00e9rant, toujours empreint d\u2019une profonde m\u00e9lancolie et d\u2019un aspect \u00ab\u00a0\u00e9th\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Il est \u00e9vident qu&rsquo;au d\u00e9clin de sa vie, le compositeur malade et tr\u00e8s affaibli ne peut livrer une partition sans \u00e2me, consid\u00e9rant son catalogue d&rsquo;\u0153uvres reconnues et d\u00e9j\u00e0 beaucoup jou\u00e9es. Notons par exemple la onzi\u00e8me minute et ses staccatos de cordes qui soutiennent des cuivres brodant un th\u00e8me d\u00e9sabus\u00e9. Les lignes m\u00e9lodiques se superposent, les accords se m\u00ealent pour tisser chacun son propre chemin au milieu d&rsquo;une toile sombre et imposante. Malgr\u00e9 l&rsquo;influence consid\u00e9rable qu&rsquo;ont pu avoir Chostakovitch ou Prokofiev sur Schnittke, on est ici loin des instants de bravoure des oeuvres de ces derniers. Ici, tout est d\u00e9gag\u00e9 et limpide et les d\u00e9cha\u00eenements orchestraux sont rares. La priorit\u00e9 est laiss\u00e9e aux dialogues entre petits groupes d&rsquo;instrumentistes, aux cordes inqui\u00e9tantes qui tapissent cet \u00e9difice de la plus belle des mani\u00e8res.<\/p>\n<p>  Le \u00ab\u00a0Presto\u00a0\u00bb conserve cette richesse de timbres, avec de nombreuses interventions de la part des bois et des cuivres. On ne retrouve pas l&rsquo;aspect \u00ab\u00a0poly-stylistique\u00a0\u00bb de certaines de ses pages, comme l\u2019illustre l&rsquo;intervention d&rsquo;une batterie au c\u0153ur de son \u00ab\u00a0Requiem\u00a0\u00bb. L&rsquo;esprit est donc plus proche des \u00ab\u00a0Psaumes de la repentance\u00a0\u00bb, ce superbe opus pour ensemble vocal. Le disque se conclut par une \u0153uvre en hommage \u00e0 Schnittke, \u00ab\u00a0Nunc dimittis\u00a0\u00bb, compos\u00e9e par Alexander Raskatov, compositeur russe en charge de la reconstitution du manuscrit de cette symphonie. Avec un propos plus ouvertement libre, ce morceau fait intervenir orchestre et voix pour un rendu assez personnel, tr\u00e8s fouill\u00e9, comme un croisement entre les couleurs d&rsquo;Erkki-Sven T\u00fc\u00fcr et le d\u00e9pouillement d&rsquo;Arvo P\u00e4rt. <\/p>\n<p>  Cette \u00ab\u00a0Symphonie No. 9\u00a0\u00bb, assez facile d&rsquo;acc\u00e8s gr\u00e2ce \u00e0 un vocabulaire fondamentalement tonal, est vraiment \u00e0 conseiller \u00e0 ceux qui cherchent une alternative aux symphonistes classiques, ou aux r\u00e9fractaires d&rsquo;un certain pathos romantique : cette composition sinc\u00e8re et touchante cl\u00f4t l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;un monsieur consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des ma\u00eetres du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mal\u00e9diction de la neuvi\u00e8me symphonie n&rsquo;aura pas seulement touch\u00e9 Beethoven, Bruckner et autres Mahler&#8230;&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":3120,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3119"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3119"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3119\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3120"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3119"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3119"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3119"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}