{"id":3105,"date":"2008-12-04T00:00:00","date_gmt":"2008-12-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/3105"},"modified":"2008-12-04T00:00:00","modified_gmt":"2008-12-03T22:00:00","slug":"3105","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/12\/04\/3105\/","title":{"rendered":"Jack Dupon &#8211; L&rsquo;\u00e9chelle du d\u00e9sir"},"content":{"rendered":"<p>En voil\u00e0 un groupe original d&rsquo;auvergnats qui \u0153uvre dans le rock exp\u00e9rimental. Il faut avouer que ce n&rsquo;est pas banal ! Et rien de tel que d\u00e9buter un premier album par un titre d&rsquo;une demi-heure. \u00ab\u00a0La trilogie des mouches\u00a0\u00bb, qui peut sembler \u00eatre un exercice de style p\u00e9rilleux, est finalement bien conduit par les quatre amis : la structure est limpide, jamais la musique ne s&rsquo;\u00e9gare sensiblement du sujet. Jack Dupon propose d&rsquo;ailleurs une personnalit\u00e9 bien affirm\u00e9e, fruit d&rsquo;une collaboration d\u00e9but\u00e9e il y a d\u00e9j\u00e0 quatre ans. <\/p>\n<p>  Entre des boucles lancinantes qui se succ\u00e8dent et des fragments m\u00e9lodiques tr\u00e8s facilement m\u00e9morisables, l&rsquo;auditeur se retrouve face \u00e0 un univers bien engageant, au carrefour de nombreuses influences entre le progressif et l&rsquo;exp\u00e9rimental, sans qu&rsquo;aucune d&rsquo;elles n&rsquo;apparaisse de fa\u00e7on trop marqu\u00e9e. Le morceau compte peu de solos, les instruments y jouent un r\u00f4le essentiellement rythmique, et laissent peu \u00e0 peu les ambiances se d\u00e9velopper. Certes, ces progressions lentes arborent un aspect lin\u00e9aire en apparence, mais l&rsquo;efficacit\u00e9 est bien l\u00e0. Un titre qui reste pourtant en marge des autres compositions.<\/p>\n<p>  Car le reste du contenu arbore une facette plus color\u00e9e et tout aussi int\u00e9ressante. Des plages hybrides \u00e0 la personnalit\u00e9 tr\u00e8s marqu\u00e9e font irruption, comme \u00ab\u00a0Le taureau\u00a0\u00bb qui apporte quelque chose de nouveau avec ses guitares folles et ses incartades ing\u00e9nieuses. Les Jack Dupon s&rsquo;affirment donc en tant que groupe d\u00e9fricheur, au langage musical de digne h\u00e9ritier de l&rsquo;esprit de Franck Zappa dans ses heures les plus barr\u00e9es, pour ne citer que lui. Ces quatre lurons ont fait leurs armes sur sc\u00e8ne, leur jeu est vivant et la proximit\u00e9 qui en r\u00e9sulte se retrouve tout au long du disque. <\/p>\n<p>  Le chant est int\u00e9gr\u00e9 avec parcimonie et avec un esprit d\u00e9cal\u00e9 qui fait bien trop souvent d\u00e9faut \u00e0 de nombreuses formations. Les textes \u2013 en fran\u00e7ais \u2013 joyeusement \u00e9tranges ne font que renforcer cette impression et mettent ainsi en lumi\u00e8re le \u00ab\u00a0petit plus\u00a0\u00bb qui peut les emmener bien plus loin qu&rsquo;il n&rsquo;y semble. Chaque membre apporte son lot de surprises, \u00e0 l&rsquo;instar de cette basse au jeu tr\u00e8s riche et parfaitement audible ; pas d&rsquo;esbroufe inutile, bien que l&rsquo;aspect pachydermique de certains titres requiert une mise en place impeccable, clairement atteinte sur le disque.<\/p>\n<p>   \u00ab\u00a0Oppression\u00a0\u00bb et son c\u00f4t\u00e9 <i>math-rock<\/i> fait justement office d&rsquo;id\u00e9e \u00e0 exploiter, tant il conclue l&rsquo;album d&rsquo;une belle mani\u00e8re. Le naturel de l&rsquo;ensemble doit en revanche cohabiter avec un son qui manque de personnalit\u00e9 et qui g\u00e2che quelque peu le relief de la musique. Rien de grave \u00e0 part quelques longueurs de second plan qui s&rsquo;effacent devant la fougue de l&rsquo;ensemble, tr\u00e8s encourageante pour la suite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En voil\u00e0 un groupe original d&rsquo;auvergnats qui \u0153uvre dans le rock exp\u00e9rimental. 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