{"id":29617,"date":"2021-06-06T20:54:35","date_gmt":"2021-06-06T18:54:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=29617"},"modified":"2021-06-06T20:56:53","modified_gmt":"2021-06-06T18:56:53","slug":"jordsjo-pastoralia","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/06\/06\/jordsjo-pastoralia\/","title":{"rendered":"Jordsj\u00f8 &#8211; Pastoralia"},"content":{"rendered":"\n<p>Troisi\u00e8me parution studio pour ce duo norv\u00e9gien, qui d\u00e9cid\u00e9ment, sans l\u00e2cher un seul d\u00e9tail de son esth\u00e9tique (Hammond, Mellotron, piano, guitare, basse, batterie), n&rsquo;en finit pas de peaufiner son art, franchissant encore un palier vers une maturit\u00e9 tout bonnement miraculeuse. On croirait traverser les ann\u00e9es dor\u00e9es du mouvement progressif, \u00e9poque o\u00f9 il semblait que chaque nouvel album, pour chaque groupe, \u00e9tait un pas suppl\u00e9mentaire vers la beaut\u00e9, l&rsquo;affinement d&rsquo;un style, et une recherche incessante. Pour les novices, Jordsj\u00f8 distille un magnifique m\u00e9lange de rock folk (Jethro Tull pour faire court, la pr\u00e9sence d&rsquo;une fl\u00fbte sur quasi chaque pi\u00e8ce ne faisant qu&rsquo;ent\u00e9riner ce constat), d&rsquo;ambiances empruntant aux musiques de film d&rsquo;horreur italien (Argento, Bava, Fulci, avec Goblin bien s\u00fbr, ou un Anglagard apais\u00e9 et tout en harmonies), un symphonisme p\u00e9tri de m\u00e9lancolie nordique (le Yes de <em>Fragile<\/em> vient imm\u00e9diatement en t\u00eate, avec ses paysages blancset froids), enfin des constructions de th\u00e8me faites de ruptures ou d&rsquo;accalmies. Pastoralia (un titre pas si fid\u00e8le \u00e0 son programme) en est \u00e0 la fois sa quintessence et sa pierre angulaire, tant il semble encore surpasser son devancier (<em><a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/10\/18\/8261\/\" data-type=\"post\" data-id=\"8261\">Nattfiolen<\/a><\/em>) d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9ussi, avec ses paysages de r\u00eave \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e5kon Oftung (voix, claviers, guitares, fl\u00fbte) et Kristian Fr\u00f8land (batterie et percussions) semblent in\u00e9puisables, tant chaque morceau est un sommet d&rsquo;inspiration, de ravissement, de d\u00e9roulement, de contrastes, et leur art y appara\u00eet plus que jamais consomm\u00e9. Sans pourtant d\u00e9placer leur instrumentarium d&rsquo;un iota, les deux comp\u00e8res ont eu l&rsquo;excellente id\u00e9e de convoquer quelques ornements ext\u00e9rieurs, imbriquant ainsi avec un naturel d\u00e9concertant une clarinette basse (splendide et d\u00e9cisive), un violon, une guitare ou une contrebasse. Des ajouts du plus bel effet, insufflant au symphonisme v\u00e9n\u00e9neux de ce rock-l\u00e0 une atmosph\u00e8re d&rsquo;orchestre de chambre, aux arrangements superbes, pour des s\u00e9quences absolument magnifiques. Une apart\u00e9 bois\u00e9e, avec une guitare acoustique dentel\u00e9e au possible (\u00ab&nbsp;Fuglehviskeren&nbsp;\u00bb), articule le tout, pour ne pas d\u00e9roger \u00e0 la r\u00e8gle de cette impression divinement r\u00e9tro et intimiste. Certaines m\u00e9lodies vous restent en t\u00eate (\u00ab&nbsp;Skumring i Karesuando&nbsp;\u00bb), planant haut et fort, gage d&rsquo;une ambition ayant le souci de rester \u00e0 la port\u00e9e de tous. Chaque \u00e9coute de ce <em>Pastoralia<\/em> est une r\u00e9compense sans cesse accrue. Quarante-cinq minutes sont pr\u00e9sent\u00e9es, avec la volont\u00e9 d&rsquo;allier richesse et fluidit\u00e9, et toujours une touche humaine et populaire (chant modeste, respect de la langue natale), dans le tout meilleur sens du terme. Pari plus que r\u00e9ussi et sinc\u00e9rit\u00e9 garantie, car ce disque d&rsquo;exception s&rsquo;\u00e9coule avec une exceptionnelle \u00e9vidence, une beaut\u00e9 toute capiteuse, une magie semblant universelle, dont chaque m\u00e9andre agit sur vous, inexorable, et avec un son qui lui rend enfin justice. C&rsquo;est le propre des tr\u00e8s grands classiques. Nul doute qu&rsquo;il ravira les amateurs du premier jour, mais peut-\u00eatre les moins curieux. Un petit b\u00e9mol cependant, pour le visuel, dessin\u00e9 par Sindre Foss Skancke, un peu en mode automatique,  dont les formes na\u00efves et bariol\u00e9es laisseront dubitatifs certains d&rsquo;entre nous \u2026 C&rsquo;est aussi la limite d&rsquo;une surface CD, l\u00e0 o\u00f9 le format vinyle sait rendre le sens du d\u00e9tail bien plus pr\u00e9gnant. Saluons du moins ce qui finit par devenir la charte graphique du groupe, puisque depuis le d\u00e9but cet artiste est pr\u00e9sent sur chaque pochette.<\/p>\n\n\n\n<p>Mine de rien, Jordsj\u00f8 est tout simplement en train de prendre la t\u00eate du prog scandinave de ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. Ou comment faire du merveilleux avec du vieux, tout en l\u00e2chant une bonne petite claque \u00e0 ses a\u00een\u00e9s de vingt ans. Et paf. Ascension irr\u00e9sistible\u2026 Disque d&rsquo;exception. <br>Album de l&rsquo;ann\u00e9e. Et de loin.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Skumring i Karesuando\" width=\"640\" height=\"480\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/VGiCVOkYyG8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Troisi\u00e8me parution studio pour ce duo norv\u00e9gien, qui d\u00e9cid\u00e9ment, sans l\u00e2cher un seul d\u00e9tail de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":29621,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2,35],"tags":[34,33,203,223,202],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29617"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29617"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29617\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":30782,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29617\/revisions\/30782"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29621"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}