{"id":2741,"date":"2008-04-18T00:00:00","date_gmt":"2008-04-17T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2741"},"modified":"2008-04-18T00:00:00","modified_gmt":"2008-04-17T22:00:00","slug":"2741","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/04\/18\/2741\/","title":{"rendered":"Art Zoyd &#8211; La chute de la maison Usher"},"content":{"rendered":"<p>Avec <i>La chute de la maison Usher<\/i>, Art Zoyd poursuit la mise en musique de grands films du cin\u00e9ma muet, apr\u00e8s notamment <i>Nosferatu<\/i> et <i>Metropolis<\/i>. Le film de Jean Epstein, datant de 1928, reprend les grandes lignes de la nouvelle de Poe, tout en modifiant certains \u00e9l\u00e9ments pour renforcer visuellement l\u2019intensit\u00e9 dramatique. La d\u00e9marche d\u2019Art Zoyd est sensiblement diff\u00e9rente de celle mise en \u0153uvre pour ses pr\u00e9c\u00e9dentes bandes-son. Il s\u2019agit ici de traduire, d\u2019accompagner une r\u00e9alisation tr\u00e8s esth\u00e9tisante, aux nombreux effets sp\u00e9ciaux, presque impressionniste, d\u2019induire des sensations, des \u00e9motions, et moins d\u2019accompagner simplement des p\u00e9rip\u00e9ties, d\u2019illustrer des actions ou des personnages. <\/p>\n<p>  L\u2019atmosph\u00e8re gothique, irr\u00e9elle, qui habite les lieux, la folie sous-jacente, les expressions terrifi\u00e9es ou imp\u00e9n\u00e9trables des Usher, le voile fantastique qui drape chaque sc\u00e8ne, tout cela est retranscrit par des th\u00e8mes presque purement synth\u00e9tiques o\u00f9 l\u2019\u00e9chantillonneur et le Theremin sont les ma\u00eetres. Les pads et percussions \u00e9lectroniques traduisent le bruissement inqui\u00e9tant, surnaturel de la nature environnante, les grincements et crissements de la demeure Usher, et ponctuent les moments de tensions, renforcent l\u2019atmosph\u00e8re oppressante. Fulgurances et ambiances \u00e9touffantes (\u00ab\u00a0Le manoir\u00a0\u00bb), th\u00e8mes r\u00e9p\u00e9titifs tendus (\u00ab\u00a0Or\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Marche au cercueil\u00a0\u00bb), parcourus de chocs nerveux, (\u00ab\u00a0Le tableau vivant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0C\u00e9r\u00e9monie\u00a0\u00bb), parfois implacablement solennels (\u00ab\u00a0L&rsquo;appel de la nuit\u00a0\u00bb), r\u00e2les et chuchotements \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 incertaine (\u00ab\u00a0Le retour de Madeline\u00a0\u00bb), voix fantomatiques transperc\u00e9es d\u2019aiguillons sonores (\u00ab\u00a0C\u00e9r\u00e9monie\u00a0\u00bb), <i>La chute de la maison Usher<\/i> constitue une exp\u00e9rience audio-visuelle qui n\u00e9cessite une grande facult\u00e9 d\u2019immersion. <\/p>\n<p>  La pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 8 f\u00e9vrier 2008 \u00e0 l\u2019Auditorium du Louvre. Sortie du contexte d\u2019une repr\u00e9sentation, le disque se retrouve orphelin, et perd de son pouvoir de suggestion. Le film \u00e9tant lui-m\u00eame difficile \u00e0 trouver, l\u2019appr\u00e9ciation de cette \u0153uvre sera r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une poign\u00e9e d\u2019amateurs. Consid\u00e9rant qu\u2019elle suit pr\u00e9cis\u00e9ment le d\u00e9coupage sc\u00e9nique du film, il ne semble pas pertinent, voire inint\u00e9ressant, de l\u2019\u00e9couter sans son support vid\u00e9o. D\u00e8s lors, l\u2019\u00e9valuation d\u2019une telle \u0153uvre induit une condition <i>sine qua non<\/i> : l\u2019auditeur doit \u00eatre aussi spectateur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec La chute de la maison Usher, Art Zoyd poursuit la mise en musique de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":2742,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2741"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2741"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2741\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2742"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2741"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2741"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2741"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}