{"id":2671,"date":"2010-01-26T00:00:00","date_gmt":"2010-01-25T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2671"},"modified":"2010-01-26T00:00:00","modified_gmt":"2010-01-25T22:00:00","slug":"2671","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/01\/26\/2671\/","title":{"rendered":"Ainur &#8211; Lay of Leithian"},"content":{"rendered":"<p>Le premier qui maugr\u00e9e, oui, l\u00e0 au fond \u00e0 droite, en d\u00e9sesp\u00e9rant de ne plus entendre de vrais groupes de n\u00e9o, d\u00e9plorant avec amertume que cette musique soit devenue aussi actuelle qu\u2019un 45 tours d\u2019Herv\u00e9 Vilard, est somm\u00e9 d\u2019\u00e9couter <i>in extenso<\/i> la fresque \u00e9pique propos\u00e9e par Ainur, vraisemblablement un collectif italien compos\u00e9 d\u2019un troupeau d\u2019orques, de quelques gobelins, d\u2019un anneau magique, de deux ou trois dragons et accessoirement de quelques musiciens (trois narrateurs, douze chanteurs, un orchestre symphonique, des guitaristes, des claviers, des harpistes, des batteurs : du tr\u00e8s tr\u00e8s lourd, il ne manque que Christopher Lee\u2026).<\/p>\n<p>  C\u2019est pourtant le genre de superproduction qui aurait tendance \u00e0 effrayer un public passablement \u00e9chaud\u00e9 par les projets Colossus et autres r\u00e9giments de musiciens invit\u00e9s \u00e0 enregistrer six heures d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments plus ou moins audibles sur un th\u00e8me donn\u00e9 : l\u2019\u00eele au tr\u00e9sor, l\u2019enfer de Dante, les cours de la bourse, la taille des slips, etc. Ici le th\u00e8me est un conte elfique imagin\u00e9 par&#8230; J.R.R. Tolkien o\u00f9 il est question du&#8230; Silmarillion ; il est des sujets tout simplement in\u00e9puisables\u2026<\/p>\n<p>  Vous avez bien lu : \u00ab\u00a0Ainur, vraisemblablement\u2026\u00a0\u00bb. C\u2019est en effet que la crise du disque bat son plein et l\u2019honn\u00eate r\u00e9dacteur n\u2019aura re\u00e7u que deux copies d\u00e9pourvues de livrets, du nom des pistes, et de toute d&rsquo;information relative aux membres du groupe&#8230; bref, le minimum vital pour avoir l\u2019air s\u00e9rieux. Entre cette mis\u00e8re et un fichier \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger l\u00e9galement sur un espace web quelconque, le choix est donc vite fait (message, message\u2026 comprenne qui pourra).<\/p>\n<p>  Il est question ici d&rsquo;un vrai concept, long, \u00e9pique, bourr\u00e9 de voix <i>off<\/i> masculines et f\u00e9minines, de moments sombres et symphoniques et m\u00eame d&rsquo;un dragon qui rugit : le pied int\u00e9gral, l\u2019orgasme, enfin ! Contrairement \u00e0 pl\u00e9thore de disques empruntant leur th\u00e9matique \u00e0 ces univers \u00e9sot\u00e9riques et fantastiques, le projet d\u2019Ainur est extr\u00eamement structur\u00e9. Comme un op\u00e9ra, l\u2019\u0153uvre a un sens, \u00e9volue, et ne perd pas son auditeur dans un fatras de m\u00e9lodies imbuvables. <\/p>\n<p>  Les amateurs de Clive Nolan et des p\u00e2tisseries du p\u00e8re Lucassen ou de Caamora seront combl\u00e9s, tout comme ceux qui rep\u00e8reront les quelques parent\u00e9s avec Ange qui se d\u00e9c\u00e8lent deci del\u00e0 (\u00ab\u00a0Les Noces\u00a0\u00bb) : gigues dansantes au piano, morceaux entra\u00eenants qui c\u00f4toient des parties certes pr\u00e9visibles, mais particuli\u00e8rement bien agenc\u00e9es entre elles. Ainur est toutefois loin d\u2019Ayreon, la veine metal \u00e9tant souvent \u00e9vacu\u00e9e au profit d\u2019instruments classiques, de claviers virevoltants, de voix dignes d\u2019un op\u00e9ra rock soign\u00e9 et glorieusement kitsch. Ce disque est au progressif ce que Lady Gaga est \u00e0 Madonna : une \u00e9volution estimable, logique, soign\u00e9e, sans doute passablement inutile mais qu\u2019on ne peut s\u2019emp\u00eacher de d\u00e9guster avec d\u00e9lectation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier qui maugr\u00e9e, oui, l\u00e0 au fond \u00e0 droite, en d\u00e9sesp\u00e9rant de ne plus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":2672,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2671"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2671"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2671\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2672"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2671"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2671"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2671"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}