{"id":2667,"date":"2010-01-12T00:00:00","date_gmt":"2010-01-11T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/index.php\/2020\/04\/01\/2667"},"modified":"2010-01-12T00:00:00","modified_gmt":"2010-01-11T22:00:00","slug":"2667","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/01\/12\/2667\/","title":{"rendered":"Minnaars &#8211; Of Our Delirious Former Loving"},"content":{"rendered":"<p>Voil\u00e0 un groupe qui donne envie de r\u00e9diger une chronique avec talent, \u00e0 la hauteur de l\u2019int\u00e9r\u00eat et du bonheur suscit\u00e9s \u00e0 son \u00e9coute. Premier album des cinq Anglais de Leicester et premi\u00e8re production du petit label Hip Hip Hip (qui sont bien allum\u00e9s, ceux-l\u00e0&#8230; se lancer dans une aventure pareille en ces temps sinistr\u00e9s), la petite chose ne manque ni d\u2019attrait ni de trouvailles. La barre est haute mais point assez pour d\u00e9router le chroniqueur ! <\/p>\n<p>   En pr\u00e9ambule, vous devez savoir que chez Progressia, notre patronne <i>[NdlR : qui est un homme, allez savoir]<\/i> qui nous aime (et nous engueule) fait parvenir aux r\u00e9dacteurs, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 chaque nouvelle lune (ce doit \u00eatre hormonal chez les patronnes), ses yeux \u00e9puis\u00e9s par la relecture de nos fautes de frappe et nos questions incessantes sur les <i>process<\/i> et une petite veinule aussi palpitante que mena\u00e7ante accentuant son regard implorant (mais n\u00e9anmoins patronnesque), la liste des disques dont aucun r\u00e9dacteur n\u2019a voulu, tout occup\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 expliquer que Steve Vai est le g\u00e9nie du vingti\u00e8me si\u00e8cle et que sans lui, Albert Einstein aurait pass\u00e9 sa vie \u00e0 vendre des falafels dans les faubourgs d\u2019Hambourg au lieu de d\u00e9couvrir la physique quantique\u2026<\/p>\n<p>   <i>Of Our Delirious Former Loving Hours<\/i> \u00e9tait dans ladite liste, et avec force persuasion, assortie de la menace de condamner l\u2019esprit retors \u00e0 se retaper l\u2019int\u00e9grale du catalogue Musea p\u00e9riode nipponne 1995-1999 ou d\u2019interviewer Guy Manning sans gilet pare-balles, voici le papier. On vous le dit, parfois, les patronnes ont raison d\u2019insister (c\u2019\u00e9tait \u00e7a ou un Colossus Project, alors\u2026).<\/p>\n<p>   Premier point tr\u00e8s fort : le chanteur et sa voix. Le jeune et fringuant Adam James Douglas Pickering est (bien) dot\u00e9 de la m\u00eame tessiture que Robert Smith. Voil\u00e0 qui le rendra imm\u00e9diatement sympathique et replongera avec volupt\u00e9 l\u2019auditeur moins \u00e9chevel\u00e9 en ce d\u00e9but de vingt-et-uni\u00e8me si\u00e8cle dans ses fulgurantes ann\u00e9es adolescentes. Second point : ces jeunes et jolis gaillards ma\u00eetrisent le math-rock. Cette appellation semble toujours un peu abusive tant elle effraie et rend complexe des choses qui sont pourtant fort simples : de belles m\u00e9lodies, dansantes et youplaboum, pour le coup tr\u00e8s proches des dandineries de The Cure, assorties de transitions plus dissonantes, plus complexes, qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 flirter avec la musique punk, indus ou electro.<\/p>\n<p>   Enfin un peu de vie et d\u2019oxyg\u00e8ne dans le rock englu\u00e9 dans son quintette traditionnel et de plus en plus vou\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre : clavier-basse-guitare-voix-batterie ! \u00ab An Open Letter to Andrew \u00bb alterne ainsi un refrain <i>catchy<\/i>, enlev\u00e9, avec des incursions de basse et de bo\u00eete \u00e0 rythmes, des effets de voix ; en somme tout un arsenal que ne renieraient pas les compatriotes de Pure Reason Revolution. Ce premier titre introduit une longue s\u00e9rie de morceaux rapides, clonesques, qui se d\u00e9clinent \u00e0 une vitesse vertigineuse pendant un peu moins de quarante minutes. \u00ab Busy Hands \u00bb est tout sauf masturbatoire, \u00e7a joue bien, \u00e7a s\u2019\u00e9clate et \u00e7a reprend avec fougue sur un fond indus et disco une \u00e9nergie contagieuse.<\/p>\n<p>   Voil\u00e0 ce qui rend Minnaars indispensable : l\u2019art de m\u00ealer des recettes simples (des couplets, des refrains, tout cela \u00e9tant tout sauf herm\u00e9tique) \u00e0 des petites trouvailles technologiques et rythmiques qui feront vriller d\u2019aise et de plaisir n\u2019importe quel amateur de musique de qualit\u00e9. La ma\u00eetrise des refrains entra\u00eenants est ici une qualit\u00e9 rare qui se doit d&rsquo;\u00eatre salu\u00e9e. Pas un seul titre qui ne soit pas emballant, qui ne donne pas envie d\u2019exploser un dance floor, d\u2019avaler des choses \u00e9tranges et de se mettre \u00e0 remuer le popotin.<\/p>\n<p>   Les quatre r\u00e2leurs au fond ont effectivement raison : tous les titres se ressemblent, alors que c\u2019est vrai, Guy Manning est un mod\u00e8le de diversit\u00e9 musicale&#8230; Ecartons en toute mauvaise foi cet argument, et ne boudons pas notre plaisir. Une v\u00e9ritable d\u00e9couverte, \u00e0 conseiller, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 diffuser : ils le m\u00e9ritent, car eux, au moins, changent la musique !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voil\u00e0 un groupe qui donne envie de r\u00e9diger une chronique avec talent, \u00e0 la hauteur&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":2668,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2667"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2667"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2667\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2668"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}