{"id":24081,"date":"2021-03-22T13:41:51","date_gmt":"2021-03-22T12:41:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=24081"},"modified":"2021-03-24T22:54:24","modified_gmt":"2021-03-24T21:54:24","slug":"needlepoint-walking-up-that-valley","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/03\/22\/needlepoint-walking-up-that-valley\/","title":{"rendered":"Needlepoint &#8211; Walking Up That Valley"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Onze ans que ce quatuor norv\u00e9gien cr\u00e9\u00e9 en 2010 existe,  dont les compositions, les textes (anglophones), le chant, les guitares, la fl\u00fbte, le violon et le violoncelle sont admirablement pris en charges par Bj\u00f8rn Klakegg, son instigateur, et que pas un d&rsquo;entre nous ne le sait ! Il aura fallu tomber dessus par hasard (enfin, pas tout \u00e0 fait) lors d&rsquo;errances sur des sites d&rsquo;outre France pour trouver une infime chance \u00e0 ces grands talents de surnager, quelques minutes, dans cet immense bouillon m\u00e9diatique que brassent nos \u00e9crans\u2026 Il faut creuser, forer, gratter, cliquer sans cesse, tant il est difficile de sortir quelque chose d&rsquo;un tant soit peu insolite, sinc\u00e8re, profond, parmi tout ce qui sort chaque semaine\u2026 Ces derniers temps les coups de c\u0153ur des bilans annuels se font rares, ce qui n&rsquo;annonce pas forc\u00e9ment un niveau de m\u00e9diocrit\u00e9 accru, si ce n&rsquo;est un manque de visibilit\u00e9, de possibilit\u00e9s de discernement, de d\u00e9couvertes, en un mot. Plus on a acc\u00e8s, moins on a acc\u00e8s, pourrait-on dire\u2026 Rien que le temps consacr\u00e9 \u00e0 la recherche, c&rsquo;est du temps en moins d&rsquo;attention, d&rsquo;\u00e9coute, et il devient de plus en plus difficile de dissocier le son de l&rsquo;image. Pour nos enfants, cela semble m\u00eame pli\u00e9\u2026 R\u00e9jouissons-nous du coup, car ici il n&rsquo;y aura que du son (une seule vid\u00e9o sur le net! Et amateur!) car 5 albums avec Needlepoint s&rsquo;annoncent, dont le tout dernier ici pr\u00e9sent: <em>Walking Up That Valley.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Voici donc un univers emmen\u00e9 par un multi instrumentiste, chanteur, auteur et compositeur, ayant donc toutes les cartes pour tisser quelque chose de personnel. Et en effet, son chant, tout en retenue, en fragilit\u00e9 quasi enfantine, rappelle un certain Pye Hastings (Caravan), et \u00e9pouse les m\u00e9andres d&rsquo;une musique nuanc\u00e9e, au charme infini, aux progressions d&rsquo;accords franchement magnifiques, lumineux et pleins d&rsquo;\u00e9motion int\u00e9rioris\u00e9e, d\u00e9cochant parcimonieusement quelques soli splendides de guitare, \u00e0 mille lieues d&rsquo;un prog positiviste et tapageur, ni sombre ou tendu, mais rejoignant davantage les rivages d&rsquo;un Robert Wyatt bien groovy. L&rsquo;album pr\u00e9c\u00e9dent, (<em>The Diary Of Robert Reverie<\/em>, 2017, une merveille) en dit long sur ce point, pochette comprise. On retrouve ici les m\u00eames eaux intimistes, le m\u00eame app\u00e9tit pour la rythmique, la m\u00eame modestie, le m\u00eame esprit de recherche, la m\u00eame beaut\u00e9 instable, fruits d&rsquo;une m\u00e9ticuleuse \u00e9laboration 60s et psych\u00e9. Chaque pi\u00e8ce est un enchantement, un sentier dont on ne sait o\u00f9 il m\u00e8ne, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;il nous console de quelque chose, nous rappelle sans cesse que malgr\u00e9 les coups de la vie, les emb\u00fbches, les d\u00e9ceptions, il demeure des \u00e9clats vivaces de po\u00e9sie, de tendresse, de soleil dans les sous bois, d&rsquo;amour (peut-on encore oser le dire aujourd&rsquo;hui sans passer pour un niais ?). Et par les temps qui courent, l\u00e2cher son n\u00e9o prog gothico hard m\u00e9tal des grands jours, \u00e7a peut faire du bien!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les musiciens entourant Klakegg sont au diapason, offrant un \u00e9crin d&rsquo;inspiration forc\u00e9ment jazz, mais aussi pop, tant les m\u00e9lop\u00e9es savantes (mais toujours harmonieuses) du patron y invitent. Et le miel de s&rsquo;\u00e9couler chaque instant\u2026 Il faut entendre le travail incroyable de la batterie, v\u00e9ritable ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;expression et de m\u00e9tronomie libre (Wyatt encore)\u2026 La basse (membre attitr\u00e9 d&rsquo;Elephant9!) est arachn\u00e9enne, fuzz en diable, et en recherche perp\u00e9tuelle. Les claviers sont incroyables d&rsquo;expressivit\u00e9, suintent l&rsquo;analogique d&rsquo;une pop finement satur\u00e9e, entre Caravan (le morceau d&rsquo;ouverture), le Soft Machine de <em>Volume II<\/em>, Homunculus Res pour sa fantaisie tendre, les Beach Boys ou Canned Heat pour leur d\u00e9licatesse vocale, Motorpsycho (l&rsquo;intro du deuxi\u00e8me morceau par exemple) pour certaines plages d&rsquo;improvisation, ou encore Dungen pour son sens onirique. Deux plages de guitare d\u00e9pouill\u00e9e viennent en ponctuation. Il se d\u00e9gage de ces rivi\u00e8res une \u00e9vidence, un charme fou, une fluidit\u00e9 qui font imm\u00e9diatement mouche, l&rsquo;air de rien, et avec bien \u00e9videmment quelque chose de nordique, dans leur approche psych\u00e9 rock si chaleureuse. Cette fameuse m\u00e9lancolie heureuse\u2026 Un oxymore musical donc!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Bref, il n&rsquo;y a rien \u00e0 jeter dans cette proposition discographique, dont cet album, qui nous invite \u00e0 prendre un brin de recul, n&rsquo;est qu&rsquo;une magnifique porte d&rsquo;entr\u00e9e et sera dans le  Top 10 de cette ann\u00e9e. Ce groupe doit absolument sortir de l&rsquo;anonymat!<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Needlepoint - Lilac - Live in Trondheim\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rYLM3dEJFDw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Onze ans que ce quatuor norv\u00e9gien cr\u00e9\u00e9 en 2010 existe, dont les compositions, les textes&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":24082,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2,35],"tags":[160,119,180,169,208,207],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24081"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24081"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24081\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24179,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24081\/revisions\/24179"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24082"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}