{"id":23965,"date":"2021-02-26T10:41:24","date_gmt":"2021-02-26T09:41:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=23965"},"modified":"2021-02-26T10:42:59","modified_gmt":"2021-02-26T09:42:59","slug":"transatlantic-the-absolute-universe-forevermore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/transatlantic-the-absolute-universe-forevermore\/","title":{"rendered":"Transatlantic &#8211; The Absolute Universe : Forevermore"},"content":{"rendered":"\n<p>Ils sont quatre. Quatre comme les <em>Tortues Ninjas<\/em>. De l\u00e0 \u00e0 imaginer Neal Morse, Mike Portnoy, Pete Trewavas et Roine Stolt d\u00e9guis\u00e9s en tortues g\u00e9antes avec un bandana sur le front, l&rsquo;id\u00e9e est s\u00e9duisante. La m\u00e9taphore n&rsquo;est pas seulement amusante ; arm\u00e9s de leurs instruments caract\u00e9ristiques ils embarquent \u00e0 bord leur dirigeable (dessin\u00e9 par Pavel Zhovba) afin de r\u00e9pandre sur le monde &#8211; sur l&rsquo;univers m\u00eame &#8211; le r\u00e9cit d&rsquo;une Odyss\u00e9e musicale ambitieuse. Tels des h\u00e9ros, les Avengers du rock progressif sont de retour pour d\u00e9fendre les couleurs et l&rsquo;esth\u00e9tique d&rsquo;un genre ancr\u00e9 dans son \u00e9poque. Tout comme leurs homologues de fiction, ils officient fr\u00e9quemment chacun de leur c\u00f4t\u00e9 dans le but de conserver la passion de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e \u00e0 travers des exploits tous plus aboutis les uns que les autres avant de se r\u00e9unir pour faire face \u00e0 des ambitions qui les d\u00e9passent individuellement ; et c&rsquo;est ensemble qu&rsquo;ils franchiront un nouveau pallier dans la d\u00e9mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>La gen\u00e8se de <em>The Absolute Universe<\/em> a de quoi alimenter la m\u00e9taphore chevaleresque. Lors de sa conception, ce projet a vu na\u00eetre deux visions qui se sont oppos\u00e9es ; celle de Roine Stolt qui semblait motiv\u00e9 par la r\u00e9alisation d&rsquo;un double album concept (exercice qu&rsquo;il r\u00e9ussit avec brio notamment avec la derni\u00e8re production de The Flower Kings, <em>Islands<\/em>) contre celle de Neal Morse qui cette fois ci n&rsquo;en avait pas envie (exercice auquel lui aussi est pourtant habitu\u00e9 :<em> <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/04\/24\/8173\/\">The Great Adventure<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/01\/06\/7597\/\">The Similitude of a Dream<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/09\/22\/993\/\">Testimony,<\/a> Jesus Christ the Exorcicst<\/em>, &#8230;), mais plut\u00f4t d&rsquo;un format simple avec des pistes plus individualis\u00e9es. Comment g\u00e9rer cette divergence artistique sans pour autant risquer de perdre l&rsquo;osmose ? Mike Portnoy a trouv\u00e9 la solution ; sortir non pas un mais deux albums distincts. L&rsquo;un d&rsquo;eux sera un album simple qui correspondra \u00e0 la vision de Neal Morse et l&rsquo;autre sera un double qui contiendra l&rsquo;ambition de Roine Stolt. Pour mat\u00e9rialiser (et justifier en quelque sorte) ce multivers, Transatlantic a eu l&rsquo;excellente id\u00e9e de proposer des variations dans les chansons qui se trouveront en doublon (jusqu&rsquo;aux changements de paroles et de titres ; \u00ab Swing High Swing Low \u00bb sur <em>Forevermore<\/em> devient \u00ab Take Now My Soul \u00bb sur <em>The Breath of Life<\/em> par exemple). Ainsi, <em>The Absolute Universe<\/em> annonce la couleur ; avant m\u00eame d&rsquo;avoir go\u00fbt\u00e9 le plat, nous sommes d\u00e9j\u00e0 resservis.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de ce point, la suite de la chronique concernera la version <em>Forevermore. <\/em>Pour lire l&rsquo;article consacr\u00e9 \u00e0 <em>The Breath of Life<\/em>, nous vous invitons \u00e0 cliquer <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/the-absolute-universe-the-breath-of-life\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/the-absolute-universe-the-breath-of-life\/\">ici<\/a>. Les conclusions des articles seront identiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, <em>Forevermore<\/em> est le premier album double du groupe. Est-il le <em>Tales from Topographic Oceans<\/em> de Transatlantic (except\u00e9 le changement de batteur) ? Pas tellement ; <em>Forevermore<\/em> est tout de m\u00eame beaucoup plus accessible malgr\u00e9 son aspect \u00ab piste unique \u00bb s&rsquo;\u00e9talant sur deux albums. La piste unique, Transatlantic l&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9e avec <em>The <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/11\/05\/2959\/\">Whirldwind<\/a><\/em>. Pour un essai, ce fut transform\u00e9 sans la moindre h\u00e9sitation. R\u00e9it\u00e9rer un tel exploit en mettant la barre encore plus haut pouvait sembler irr\u00e9alisable ; pourtant ils l&rsquo;ont fait. <em>Forevermore<\/em> est le chef d&rsquo;\u0153uvre tant attendu, celui qui viendra ravir les fans du groupe en manque depuis <em><a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/02\/02\/6657\/\">Kaleidoscope<\/a><\/em>. Passionnant d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre, l&rsquo;\u0153uvre n&rsquo;est pas avare en expositions judicieuses de th\u00e8mes. Longueurs pour certains, richesses pour d&rsquo;autres, \u00e0 vous de vous faire votre propre avis. Toute cette mati\u00e8re vise \u00e0 construire des montagnes russes coh\u00e9rentes aux figures s&rsquo;encha\u00eenant de mani\u00e8re fluide, et sur ce point pr\u00e9cis c&rsquo;est une r\u00e9ussite totale. Les d\u00e9veloppements de th\u00e8mes font sens et ne semblent pas l\u00e0 pour gonfler l&rsquo;ensemble. Au contraire, ils semblent avoir \u00e9t\u00e9 l\u00e0 d\u00e8s le d\u00e9part, d\u00e8s la conception de <em>The Absolute Universe<\/em>, puis retir\u00e9s de <em>The Breath of Life<\/em>. <em>Forevermore<\/em> prend son temps, le temps d&rsquo;aller au bout des sujets qu&rsquo;il \u00e9voque. Il prend m\u00eame le temps de proposer une chanson sublime inexplicablement absente de la version courte, \u00ab The World We Used to Know \u00bb. <em>Forevermore<\/em> profite de son amplitude pour gagner en nuances, en diversit\u00e9 et pour d\u00e9velopper son propos en lui offrant le temps n\u00e9cessaire pour respirer et m\u00eame se poser (ce qui est pr\u00e9f\u00e9rable lorsqu&rsquo;on voyage \u00e0 bord d&rsquo;un dirigeable). Pour faire court, le seul moment auquel vous serez momentan\u00e9ment coup\u00e9s dans votre p\u00e9riple sera celui du changement de disque. Prenez \u00e7a comme une \u00e9tape de mi-parcours, un arr\u00eat sur une aire de repos intergalactique, car la seconde partie n&rsquo;est pas en reste et les rappels de th\u00e8mes sauront habilement vous titiller pour vous faire r\u00e9clamer la suite des p\u00e9r\u00e9grinations du quatuor.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant l&rsquo;admettre de suite, m\u00eame si vous n&rsquo;en serez pas surpris : les v\u00e9t\u00e9rans du rock progressif \u00e0 la recherche de nouvelles exp\u00e9riences novatrices pourront passer leur chemin de suite. Avec Transatlantic, on a la sensation de se retrouver \u00e0 la maison, au sein d&rsquo;une famille qui a ses imperfections, ses d\u00e9fauts m\u00eames, ses tics qui nous agacent, mais qui nous font ce bien fou car c&rsquo;est eux, et personne d&rsquo;autre, que l&rsquo;on recherche pour retrouver ce petit quelque chose d&rsquo;unique, ce rep\u00e8re qui ne change pas et qui restera l\u00e0. <em>The Absolute Universe<\/em> est ambitieux. Il est copieux et se fiche des limites de l&rsquo;exc\u00e8s. Les paroles ne volent vraiment pas haut et se contentent de mots clich\u00e9s. C&rsquo;est kitsch aussi. C&rsquo;est convenu m\u00eame, ce qui pourrait aller \u00e0 l&rsquo;encontre de l&rsquo;esprit du rock progressif. On parle ici de cet art noble dans son esth\u00e9tique, dans sa forme et moins dans son fond. Et quoi qu&rsquo;on en dise, quoi qu&rsquo;on puisse en penser, qu&rsquo;on aime ou qu&rsquo;on d\u00e9teste, il y a bien un point absolument irr\u00e9futable : impossible de ne pas constater la passion d\u00e9bordante de nos quatre protagonistes. Ils aiment le rock progressif et pour peu que leur plaisir et leur d\u00e9votion nous atteignent \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de <em>The Absolute Universe<\/em> et en particulier de <em>Forevermore<\/em> (ou de n&rsquo;importe quel album de Transatlantic d&rsquo;ailleurs), la magie op\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Concevoir un projet de cette fa\u00e7on (deux albums avec des changements, des modifications, mais partant d&rsquo;une m\u00eame base) est une id\u00e9e extr\u00eamement int\u00e9ressante et amusante lorsqu&rsquo;on se prend au jeu de rep\u00e9rer les diff\u00e9rences et les similitudes. C&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;innovation inattendue de <em>The Absolute Universe<\/em>. Pour autant, on peut se demander si poss\u00e9der les deux albums est n\u00e9cessaire. Le collectionneur qui vit en la grande majorit\u00e9 des amateurs de rock progressif ne se posera m\u00eame pas la question. Pour les autres c&rsquo;est une affaire de go\u00fbts; nous ne sommes pas en pr\u00e9sence d&rsquo;une version bleue et d&rsquo;une version rouge comme dans la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration du jeu Pok\u00e9mon ; <em>Forevermore<\/em> et <em>The Breath of Life<\/em> sont diff\u00e9rents au-del\u00e0 des d\u00e9tails. Le format pourrait \u00eatre vecteur de choix ; avez vous le temps de vous lancer dans un double album ? Le trajet en voiture\/train\/avion sera t-il long ? Plus simplement avez vous envie de prendre le temps ou pr\u00e9f\u00e9rez vous une exp\u00e9dition sans temps morts ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le compositeur Gustav Malher a dit que \u00ab\u00a0La tradition n&rsquo;est pas le culte des cendres mais la pr\u00e9servation du feu\u00a0\u00bb. En continuant inexorablement \u00e0 proposer ce rock progressif perdu dans le temps tel un dirigeable \u00e9gar\u00e9 dans l&rsquo;espace et dans son admiration pour Procol Harum, Transatlantic contribue \u00e0 la pr\u00e9servation d&rsquo;un patrimoine passionnant pour passionn\u00e9s. Et on ne peut que les en remercier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont quatre. Quatre comme les Tortues Ninjas. 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