{"id":23951,"date":"2021-02-26T10:40:46","date_gmt":"2021-02-26T09:40:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chromatique.net\/?p=23951"},"modified":"2021-02-26T10:44:50","modified_gmt":"2021-02-26T09:44:50","slug":"the-absolute-universe-the-breath-of-life","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/the-absolute-universe-the-breath-of-life\/","title":{"rendered":"Transatlantic &#8211; The Absolute Universe : The Breath of Life"},"content":{"rendered":"\n<p>Ils sont quatre. Quatre comme les <em>Tortues Ninjas<\/em>. De l\u00e0 \u00e0 imaginer Neal Morse, Mike Portnoy, Pete Trewavas et Roine Stolt d\u00e9guis\u00e9s en tortues g\u00e9antes avec un bandana sur le front, l&rsquo;id\u00e9e est s\u00e9duisante. La m\u00e9taphore n&rsquo;est pas seulement amusante ; arm\u00e9s de leurs instruments caract\u00e9ristiques ils embarquent \u00e0 bord leur dirigeable (dessin\u00e9 par Pavel Zhovba) afin de r\u00e9pandre sur le monde &#8211; sur l&rsquo;univers m\u00eame &#8211; le r\u00e9cit d&rsquo;une Odyss\u00e9e musicale ambitieuse. Tels des h\u00e9ros, les Avengers du rock progressif sont de retour pour d\u00e9fendre les couleurs et l&rsquo;esth\u00e9tique d&rsquo;un genre ancr\u00e9 dans son \u00e9poque. Tout comme leurs homologues de fiction, ils officient fr\u00e9quemment chacun de leur c\u00f4t\u00e9 dans le but de conserver la passion de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e \u00e0 travers des exploits tous plus aboutis les uns que les autres avant de se r\u00e9unir pour faire face \u00e0 des ambitions qui les d\u00e9passent individuellement ; et c&rsquo;est ensemble qu&rsquo;ils franchiront un nouveau pallier dans la d\u00e9mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>La gen\u00e8se de <em>The Absolute Universe<\/em> a de quoi alimenter la m\u00e9taphore chevaleresque. Lors de sa conception, ce projet a vu na\u00eetre deux visions qui se sont oppos\u00e9es ; celle de Roine Stolt qui semblait motiv\u00e9 par la r\u00e9alisation d&rsquo;un double album concept (exercice qu&rsquo;il r\u00e9ussit avec brio notamment avec la derni\u00e8re production de The Flower Kings, <em>Islands<\/em>) contre celle de Neal Morse qui cette fois ci n&rsquo;en avait pas envie (exercice auquel lui aussi est pourtant habitu\u00e9 :<em> <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2019\/04\/24\/8173\/\">The Great Adventure<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/01\/06\/7597\/\">The Similitude of a Dream<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/09\/22\/993\/\">Testimony,<\/a> Jesus Christ the Exorcicst<\/em>, &#8230;), mais plut\u00f4t d&rsquo;un format simple avec des pistes plus individualis\u00e9es. Comment g\u00e9rer cette divergence artistique sans pour autant risquer de perdre l&rsquo;osmose ? Mike Portnoy a trouv\u00e9 la solution ; sortir non pas un mais deux albums distincts. L&rsquo;un d&rsquo;eux sera un album simple qui correspondra \u00e0 la vision de Neal Morse et l&rsquo;autre sera un double qui contiendra l&rsquo;ambition de Roine Stolt. Pour mat\u00e9rialiser (et justifier en quelque sorte) ce multivers, Transatlantic a eu l&rsquo;excellente id\u00e9e de proposer des variations dans les chansons qui se trouveront en doublon (jusqu&rsquo;aux changements de paroles et de titres ; \u00ab Swing High Swing Low \u00bb sur <em>Forevermore<\/em> devient \u00ab Take Now My Soul \u00bb sur <em>The Breath of Life<\/em> par exemple). Ainsi, <em>The Absolute Universe<\/em> annonce la couleur ; avant m\u00eame d&rsquo;avoir go\u00fbt\u00e9 le plat, nous sommes d\u00e9j\u00e0 resservis.<\/p>\n\n\n\n<p>A partir de ce point, la suite de la chronique concernera la version <em>The Breath of Life. <\/em>Pour lire l&rsquo;article consacr\u00e9 \u00e0 <em>Forevermore<\/em>, nous vous invitons \u00e0 cliquer <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/transatlantic-the-absolute-universe-forevermore\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/02\/26\/transatlantic-the-absolute-universe-forevermore\/\">ici<\/a>. Les conclusions des articles seront identiques.<\/p>\n\n\n\n<p>En compagnie de cette lecture version Neal Morse, un sentiment viendra dominer notre appr\u00e9ciation de l&rsquo;\u0153uvre : \u00e7a sonne comme du Neal Morse. Cette expression doit \u00eatre prise dans les deux sens du terme : qualitativement, Neal Morse n&rsquo;a jamais rien eu \u00e0 se reprocher. <em>The Breath of Life<\/em> est bien construit, les chansons entonnent des refrains qui ne vous l\u00e2cheront pas. Le d\u00e9fi principal sera de ne pas chantonner inconsciemment \u00ab Heart is like a whirlwind \u00bb. Pour autant, ce reproche (de luxe, soyons clairs) vient entacher ce tableau idyllique. Car Neal Morse, en plus de la qualit\u00e9 incontestable habituelle de ses productions, est hyper productif &#8211; et quelque peu redondant. A la premi\u00e8re \u00e9coute, <em>The Breath of Life<\/em> semble n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un (excellent) album de plus de sa part. Or Transatlantic a cet aspect \u00e9v\u00e8nementiel, exceptionnel ; cette r\u00e9union au sommet qui n&rsquo;arrive qu&rsquo;espac\u00e9e de plusieurs ann\u00e9es (neuf entre <em><a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2002\/10\/01\/1495\/\">Bridge Across Forever<\/a><\/em> en 2000 et The <em><a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2009\/11\/05\/2959\/\">Whirldwind<\/a><\/em> en 2009, sept autres depuis <a href=\"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2014\/02\/02\/6657\/\"><em>Kaleidoscope<\/em><\/a> en 2014), grandes \u00e9taient donc les attentes. Patienter de longues ann\u00e9es (aliment\u00e9es par moults albums sign\u00e9s Morse\/Portnoy) pour savourer ces retrouvailles sous la forme d&rsquo;un simple album de plus avec deux invit\u00e9s de marque peut \u00eatre frustrant. Cette frustration trouve ses origines au travers d&rsquo;un ressenti curieux ; \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de <em>The Breath of Life<\/em>, on reste sur notre faim (consid\u00e9rons que le festin est gargantuesque et que notre app\u00e9tit est insatiable). <em>The Breath of Life<\/em> semble incomplet ; le d\u00e9part et l&rsquo;arriv\u00e9e sont d\u00e9finis mais le chemin semble comporter des raccourcis poussifs contraignant l&rsquo;a\u00e9ronef \u00e0 ne jamais s&rsquo;arr\u00eater par manque de temps, comme si la format de l&rsquo;album simple \u00e9tait une contrainte. Pour \u00eatre totalement transparent, la r\u00e9daction de Chromatique a re\u00e7u cette version avant <em>Forevermore<\/em> ; et c&rsquo;est ce sentiment de manque qui est ressorti des premi\u00e8res \u00e9coutes, comme si on pouvait tangiblement se rendre compte que des parties ont \u00e9t\u00e9 amput\u00e9es sans avoir \u00e9cout\u00e9 la version longue pour comparer. C&rsquo;est un reproche difficile \u00e0 faire, avouons le; les attentes et fantasmes sont rarement surpass\u00e9s par les faits r\u00e9els. Mais cette petite \u00e9tincelle propre au dirigeable de Transatlantic n&rsquo;est pas l\u00e0 malgr\u00e9 les qualit\u00e9s \u00e9videntes de <em>The Breath of Life .<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Autant l&rsquo;admettre de suite, m\u00eame si vous n&rsquo;en serez pas surpris : les v\u00e9t\u00e9rans du rock progressif \u00e0 la recherche de nouvelles exp\u00e9riences novatrices pourront passer leur chemin de suite. Avec Transatlantic, on a la sensation de se retrouver \u00e0 la maison, au sein d&rsquo;une famille qui a ses imperfections, ses d\u00e9fauts m\u00eames, ses tics qui nous agacent, mais qui nous font ce bien fou car c&rsquo;est eux, et personne d&rsquo;autre, que l&rsquo;on recherche pour retrouver ce petit quelque chose d&rsquo;unique, ce rep\u00e8re qui ne change pas et qui restera l\u00e0. <em>The Absolute Universe<\/em> est ambitieux. Il est copieux et se fiche des limites de l&rsquo;exc\u00e8s. Les paroles ne volent vraiment pas haut et se contentent de mots clich\u00e9s. C&rsquo;est kitsch aussi. C&rsquo;est convenu m\u00eame, ce qui pourrait aller \u00e0 l&rsquo;encontre de l&rsquo;esprit du rock progressif. On parle ici de cet art noble dans son esth\u00e9tique, dans sa forme et moins dans son fond. Et quoi qu&rsquo;on en dise, quoi qu&rsquo;on puisse en penser, qu&rsquo;on aime ou qu&rsquo;on d\u00e9teste, il y a bien un point absolument irr\u00e9futable : impossible de ne pas constater la passion d\u00e9bordante de nos quatre protagonistes. Ils aiment le rock progressif et pour peu que leur plaisir et leur d\u00e9votion nous atteignent \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de <em>The Absolute Universe<\/em> et en particulier de <em>Forevermore<\/em> (ou de n&rsquo;importe quel album de Transatlantic d&rsquo;ailleurs), la magie op\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Concevoir un projet de cette fa\u00e7on (deux albums avec des changements, des modifications, mais partant d&rsquo;une m\u00eame base) est une id\u00e9e extr\u00eamement int\u00e9ressante et amusante lorsqu&rsquo;on se prend au jeu de rep\u00e9rer les diff\u00e9rences et les similitudes. C&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;innovation inattendue de <em>The Absolute Universe<\/em>. Pour autant, on peut se demander si poss\u00e9der les deux albums est n\u00e9cessaire. Le collectionneur qui vit en la grande majorit\u00e9 des amateurs de rock progressif ne se posera m\u00eame pas la question. Pour les autres c&rsquo;est une affaire de go\u00fbts; nous ne sommes pas en pr\u00e9sence d&rsquo;une version bleue et d&rsquo;une version rouge comme dans la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration du jeu Pok\u00e9mon ; <em>Forevermore<\/em> et <em>The Breath of Life<\/em> sont diff\u00e9rents au-del\u00e0 des d\u00e9tails. Le format pourrait \u00eatre vecteur de choix ; avez vous le temps de vous lancer dans un double album ? Le trajet en voiture\/train\/avion sera t-il long ? Plus simplement avez vous envie de prendre le temps ou pr\u00e9f\u00e9rez vous une exp\u00e9dition sans temps morts ?<\/p>\n\n\n\n<p>Le compositeur Gustav Malher a dit que \u00ab\u00a0La tradition n&rsquo;est pas le culte des cendres mais la pr\u00e9servation du feu\u00a0\u00bb. En continuant inexorablement \u00e0 proposer ce rock progressif perdu dans le temps tel un dirigeable \u00e9gar\u00e9 dans l&rsquo;espace et dans son admiration pour Procol Harum, Transatlantic contribue \u00e0 la pr\u00e9servation d&rsquo;un patrimoine passionnant pour passionn\u00e9s. Et on ne peut que les en remercier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont quatre. Quatre comme les Tortues Ninjas. 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