{"id":23799,"date":"2021-01-18T13:14:41","date_gmt":"2021-01-18T12:14:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.chromatique.net\/?p=23799"},"modified":"2021-01-18T13:20:04","modified_gmt":"2021-01-18T12:20:04","slug":"ring-van-mobius-the-third-majesty","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2021\/01\/18\/ring-van-mobius-the-third-majesty\/","title":{"rendered":"Ring Van M\u00f6bius &#8211; The Third Majesty"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">On se souvient du premier album de ce trio scandinave (Norv\u00e8ge for ever!) en 2018, dont les assauts d&rsquo;orgue Hammond avaient extasi\u00e9 les f\u00e9rus de retro prog, bien que ce <em>Past The Evening Sun<\/em> n&rsquo;ait pas totalement convaincu cependant. La faute peut-\u00eatre \u00e0 des compositions aux d\u00e9veloppements parfois un peu convenus, aux citations un peu appuy\u00e9es, Van Der Graaf Generator en t\u00eate, avec parfois aussi un manque d&rsquo;assurance dans le chant. Toujours est-il que le trio (clavier-basse-batterie) augurait d&rsquo;un potentiel franchement r\u00e9jouissant. Voici que d\u00e9barque donc, en l&rsquo;ann\u00e9e \u00e9pid\u00e9mique 2020, leur deuxi\u00e8me album:<em> The Third Majesty<\/em>. M\u00eame menu: une pi\u00e8ce \u00e9pique s&rsquo;il en est, suivie de trois autres morceaux de taille sinon raisonnable du moins plus mesur\u00e9e. Et c&rsquo;est une v\u00e9ritable baffe!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">La pochette semble l&rsquo;attester d&rsquo;elle-m\u00eame, la musique ici abord\u00e9e se voudra majestueuse, tentaculaire, \u00e9lectronique, grandiloquente et en un mot (enfin deux!) sacr\u00e9ment dingue. D\u2019entr\u00e9e, la premi\u00e8re pi\u00e8ce, donc de r\u00e9sistance, \u00e9crase absolument tout sur son passage. Thor Erik Helgesen, principal compositeur, clavi\u00e9riste et chanteur, s&rsquo;y montre absolument imp\u00e9rial, surpassant son niveau de jeu pr\u00e9c\u00e9dent, laissant rugir son Hammond L100 comme jamais, nous envoyant en pleine face les heures les plus puissantes d&rsquo;ELP \u00e9poque <em>Tarkus,<\/em> c&rsquo;est dire! Quelle force, quel tellurisme dans le choix des mont\u00e9es et descentes; coups de boutoirs, ruptures, retenues, red\u00e9marrages volcaniques, pour cette fois une ambition harmonique r\u00e9ellement du m\u00eame niveau. Emerson, Van Leer, Lord, Van Der Linden, Argent, Hensley, semblent tous convoqu\u00e9s dans les doigts, les sons et la folie du bonhomme. On n&rsquo;avait pas entendu quelque chose de ce niveau depuis\u2026 1971 ! A lui seul, ce morceau justifie l&rsquo;album et rejoint directement la pile sacr\u00e9e tout en haut de votre armoire. La rythmique est incroyable, et le son 70s est \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre. Extraordinaire. La suite est de plus du m\u00eame niveau, proposant une tr\u00e8s magnifique alternance de passages calmes et myst\u00e9rieux, ou rageurs comme pas possible, usant toujours des plus beaux claviers : Fender Rhodes (ce son si typiquement jazz rock cr\u00e9\u00e9 et amplifi\u00e9 par un piano \u00e0 lamelles), Moog bien s\u00fbr, avec ses potards modulaires comme sur la pochette (soli acides et d\u00e9jant\u00e9s), Clavinet (imitation de clavecin, tr\u00e8s pris\u00e9 dans la funk), Theremin (scie musicale modul\u00e9e dans l&rsquo;espace, au moyen d&rsquo;ondes), enfin cloches tubulaires, pour ne rien oublier, se succ\u00e9deront avec beaucoup d&rsquo;\u00e0-propos, au service d&rsquo;une attention de tous les instants, et d&rsquo;une grande recherche harmonique. M\u00eame le chant semble avoir gagn\u00e9 en assurance, \u00e9voquant la voix suave de Jarrod Gosling (Regal Worm) dans ses accalmies mais sachant \u00eatre d&rsquo;un lyrisme puissant dans les moments appropri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Voil\u00e0 un disque qui vous laisse la m\u00e2choire pantelante d\u00e8s la premi\u00e8re d\u00e9couverte. Il laissera forc\u00e9ment les plus r\u00e9tifs de marbre, se demandant encore \u00e0 quoi bon singer le pass\u00e9, taxant ce parti pris de r\u00e9actionnaire. Mais le rock progressif est-il vraiment en phase avec notre \u00e9poque? En quoi l&rsquo;est-il r\u00e9ellement, par quel m\u00e9tissage est-il pass\u00e9 et depuis combien de temps ne l&rsquo;est-il plus ? Ils auront bien tort en tous cas, tous ces boudeurs, tant <em>The Third Majesty<\/em> place haut la barre de l&rsquo;excellence, invente presque son propre vocabulaire, sa propre d\u00e9mence en tous cas, et sans s&rsquo;\u00e9garer dans le pompi\u00e9risme ni la d\u00e9monstration parfois g\u00eanante de ses a\u00een\u00e9s (pour certains du moins). Bien plus qu&rsquo;un hommage, ce trio norv\u00e9gien vient l\u00e0 de pondre un des tous meilleurs disques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, tout bonnement, dans sa cat\u00e9gorie et peut \u00eatre au-del\u00e0. Le chef d&rsquo;oeuvre n&rsquo;est certainement pas loin, car quelque chose me dit que le temps lui donnera raison; un disque qui s\u00e9duit d&#8217;embl\u00e9e, et vieillit tr\u00e8s bien, \u00e7a ne trompe pas. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Bonne ann\u00e9e 2021 !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On se souvient du premier album de ce trio scandinave (Norv\u00e8ge for ever!) en 2018,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":23800,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2,35],"tags":[203,202],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23799"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23799"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23799\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":23829,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23799\/revisions\/23829"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23800"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23799"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23799"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23799"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}