{"id":22888,"date":"2020-06-04T21:13:00","date_gmt":"2020-06-04T19:13:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.chromatique.net\/?p=22888"},"modified":"2020-10-12T22:36:36","modified_gmt":"2020-10-12T20:36:36","slug":"artus-cerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2020\/06\/04\/artus-cerc\/","title":{"rendered":"Art\u00fas &#8211; CERC"},"content":{"rendered":"\n<p>Attendu cette ann\u00e9e au Hellfest, Art\u00fas (anciennement familha Art\u00fas) fait partie de ces formations qui \u00e9chappent pourtant \u00e0 toute classification. Depuis pr\u00e8s de 20 ans, les Palois d\u00e9fendent la culture occitane \u00e0 leur mani\u00e8re bien particuli\u00e8re, par le biais d&rsquo;une musique radicale, o\u00f9 litanies ensorcelantes et secousses telluriques t\u00e9moignent de la collision entre tradition et modernit\u00e9. CERC\/i&gt; est le sixi\u00e8me album (septi\u00e8me avec la bande son du documentaire \u00ab L&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et moi \u00bb) de cette \u00e9trange entit\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le langage codifi\u00e9 du rock, on pourrait appeler \u00e7a un album conceptuel, mais Art\u00fas n&rsquo;a cure de ces qualificatifs. Il s&rsquo;agit pour le groupe d&rsquo;explorer des th\u00e8mes qui lui tiennent \u00e0 c\u0153ur, et cela se traduit par des \u0153uvres tout enti\u00e8res d\u00e9di\u00e9es \u00e0 ceux-ci. L\u00e0 o\u00f9 Ors rendait hommage \u00e0 l&rsquo;ours, personnification de la force de la nature en lutte perp\u00e9tuelle contre les \u00e9l\u00e9ments et l&rsquo;homme, CERC (\u00ab le cercle \u00bb) prend racine dans les Pyr\u00e9n\u00e9es et propose un voyage ininterrompu dans les boyaux et cavernes du gouffre de La Pierre-Saint Martin, all\u00e9gorie de la caverne de Platon.<br>L&rsquo;\u00e9nergie brute et primale de la musique d&rsquo;Art\u00fas p\u00e9n\u00e8tre l&rsquo;espace sonore au moyen de divers v\u00e9hicules : des instruments traditionnels comme la vielle \u00e0 roue, le tambourin \u00e0 cordes ou le violon, des instruments \u00e9lectriques et modernes (basse, guitare \u00e9lectrique, synth\u00e9tiseurs) et des psalmodies narratives ou simplement incantatoires qui tissent le fil d&rsquo;une histoire \u00e9tal\u00e9e sur des plages de sept \u00e0 onze minutes. La pulsation tellurique et les incantations de \u00ab Nigredo \u00bb pr\u00e9parent le terrain, ou plut\u00f4t le souterrain, le gouffre dans lequel vous entra\u00eene \u00ab L\u00e9pineux \u00bb avec ses motifs envo\u00fbtants survol\u00e9s par un chant lancinant et modul\u00e9, o\u00f9 quelques bribes de fran\u00e7ais cohabitent avec la langue occitane. La basse sourde et la batterie impriment un rythme lent, saccad\u00e9, inexorable, alourdissant des atmosph\u00e8res \u00e9tranges, voire angoissantes et malgr\u00e9 tout changeantes, \u00e0 l&rsquo;image de ce long \u00ab Faust \u00bb \u00e9pique, sorte de transe qui peu \u00e0 peu tourne \u00e0 la furie, ou encore la lente progression heurt\u00e9e d&rsquo;\u00ab Albedo \u00bb, tel un c\u0153ur qui s&#8217;emballe. Ici, sur \u00ab Halha \u00bb, le chant extatique \u00e9pouse enti\u00e8rement les soubresauts de la musique, en une pavane quasi hi\u00e9ratique. L\u00e0, sur le final \u00ab Las Mairs Apo \u00bb, il n&rsquo;y a plus de voix, plus rien que le pouls magique de la Terre qui r\u00e9sonne, la vie myst\u00e9rieuse et invisible des profondeurs, les gouttes d&rsquo;eau tombant perp\u00e9tuellement de la vo\u00fbte, les \u00e9chos \u00e0 la fois mena\u00e7ants et protecteurs de la caverne\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>CERC est un voyage dans l&rsquo;obscurit\u00e9 jusqu&rsquo;au fond des galeries et des immenses cavit\u00e9s de cet ab\u00eeme o\u00f9 l&rsquo;homme de la lumi\u00e8re, de la contemplation, de la surface, se confronte \u00e0 ses instincts primitifs, ses croyances enfouies. Totalement hypnotique, cette travers\u00e9e mouvement\u00e9e et \u00e9prouvante pour l\u2019\u00e2me vous emporte au plus profond de votre propre demeure souterraine. A \u00e9couter \u00e0 plein volume.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A \u00e9couter \u00e0 plein volume.<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":22889,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[56,174,24],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22888"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22888"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22888\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22894,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22888\/revisions\/22894"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22889"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22888"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22888"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22888"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}