{"id":22332,"date":"2017-07-16T00:00:00","date_gmt":"2017-07-15T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/c715edf55c0c34a23e750bad61ad3485_XL.jpg"},"modified":"2017-07-16T00:00:00","modified_gmt":"2017-07-15T22:00:00","slug":"22332","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2017\/07\/16\/22332\/","title":{"rendered":"&#8211; Le Jazz en Chine, de la subversion \u00e0 l\u2019innovation"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>1949 \u2013 1990 : Extinction des feux <\/strong><br \/><br \/>Lors de l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique Populaire de Chine en 1949, le jazz est\u00a0<em>censur\u00e9 et banni<\/em> au m\u00eame titre que la drogue, les jeux et la prostitution. Bien que certains consid\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 avant cette date ce style comme un pervertisseur de la musique chinoise traditionnelle et un symbole du colonialisme occidental, il est tol\u00e9r\u00e9 par l\u2019ensemble des communaut\u00e9s habitant Shanghai et ses alentours. Il est finalement d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que les m\u00e9lodies du shidaiqu sont pornographiques et doivent \u00eatre remplac\u00e9es dans l\u2019imm\u00e9diat. Le jazz chinois entrera donc en hibernation \u00e0 Hong Kong durant presque quarante ans, avant la r\u00e9ouverture de la Chine au travers de la politique d\u2019ouverture men\u00e9e par Deng Xiaoping.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/en\/0\/07\/LiJinhui.jpg\" border=\"0\" width=\"150\" height=\"150\" \/><br \/><em><br \/>Photographie de Li Jinhui, p\u00e8re du shidaiqu.\u00a0<span style=\"text-align: justify;\">Il fut ex\u00e9cut\u00e9 en 1967 lors de la R\u00e9volution Culturelle.<\/span><\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span>Le jazz r\u00e9appara\u00eet timidement \u00e0 <\/span><em>Hong Kong<\/em><span> au milieu des ann\u00e9es 80 avant de s\u2019implanter progressivement \u00e0 P\u00e9kin. Selon <\/span><em>Liu Yuan<\/em><span>, \u00e9minent saxophoniste chinois, peu de personnes \u00e0 cette \u00e9poque savaient ce qu\u2019\u00e9tait le jazz et seuls 4 ou 5 musiciens \u00e9taient pr\u00e9sents dans la capitale. N\u00e9anmoins, gr\u00e2ce au r\u00f4le des NTIC et particuli\u00e8rement d\u2019internet, le jazz ainsi que d\u2019autres styles musicaux tels que le rock seront d\u00e9mocratis\u00e9s en Chine. Les musiciens locaux, qui rencontraient auparavant leurs paires gr\u00e2ce \u00e0 des colloques et des voyages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 aussi connect\u00e9s \u00e0 la communaut\u00e9 internationale.<\/span><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/><strong>1990 \u2013 de nos jours : Reboot &amp; Innovation<\/strong> <br \/><br \/>Malgr\u00e9 cette ouverture sur le monde, la censure continue \u00e0 s\u2019appliquer aujourd\u2019hui dans une moindre mesure. Il est vrai que nombre d\u2019artistes occidentaux sont encore censur\u00e9s tels que Bjork ; elle appela \u00e0 la lib\u00e9ration du Tibet \u00e0 la fin d\u2019un de ses concerts \u00e0 Shanghai. De plus, le jazz re\u00e7oit\u00a0<em>peu de support public<\/em> contrairement \u00e0 la musique traditionnelle. La sc\u00e8ne locale est certes aujourd\u2019hui en pleine expansion, mais limit\u00e9e par ses moyens. Celle-ci a donc \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e d\u2019innover afin de regagner sa reconnaissance d\u2019antan.\u00a0<br \/><br \/>Cette\u00a0<em>innovation<\/em> s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e de deux mani\u00e8res. La premi\u00e8re, par sa fa\u00e7on d\u2019attirer de nouveaux talents. En effet, nombreux sont les musiciens \u00e0 privil\u00e9gier les plus petites sc\u00e8nes et \u00e0 \u00e9viter les tr\u00e8s concurrentielles New York et Londres. L\u2019existence d\u2019un march\u00e9 de niche \u00e0\u00a0<em>P\u00e9kin<\/em> alli\u00e9 \u00e0 son atmosph\u00e8re historique tr\u00e8s puissante a alors favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une sc\u00e8ne locale \u00e0 taille humaine, concentr\u00e9e dans quelques lieux cl\u00e9s tels que l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9, le Modernista et le CJW. Plus r\u00e9cemment encore, le c\u00e9l\u00e8bre club new yorkais \u00ab Blue Note \u00bb a ouvert une succursale dans la capitale au sein de l\u2019ancienne ambassade am\u00e9ricaine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_1.jpg\" border=\"0\" width=\"269\" height=\"400\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Devanture, ne payant pas de mine, de l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin. <\/em><em>L\u2019endroit est tenu par Liu Yuan, artiste majeur de la sc\u00e8ne jazz en Chine<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde, par sa capacit\u00e9 \u00e0 favoriser un brassage d\u2019influences entre artistes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s et sensibilit\u00e9s musicales. Du fait de la faible densit\u00e9 d\u2019artistes jazz, tout ce petit monde se conna\u00eet n\u00e9cessairement. Les nombreuses interactions entre artistes combin\u00e9es \u00e0 l\u2019affluence constante d\u2019un public jeune encouragent donc les musiciens \u00e0 collaborer r\u00e9guli\u00e8rement voire \u00e0 repousser leurs standards en incorporant des influences rock. A titre d\u2019exemple, l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 accueille \u00e0 la fois de jeunes groupes locaux en devenir, des musiciens stars tels que\u00a0<em>Nathaniel Gao<\/em> et le propre quartet de Liu Yuan.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_2.jpg\" border=\"0\" width=\"570\" height=\"310\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><br \/><em>Nathaniel Gao, l\u2019une des \u00e9toiles montantes du jazz chinois (photo r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur \u00ab The World of Chinese \u00bb)<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, m\u00eame si P\u00e9kin s\u2019est impos\u00e9 au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies comme un lieu majeur d\u2019incubation pour le jazz,\u00a0<em>Shanghai<\/em> occupe toujours une place importante. Cette m\u00e9gapole abrite quelques clubs incontournables tels que le JZ Club ou le Cotton Club. C\u2019est aussi dans cette ville qu\u2019a lieu chaque ann\u00e9e le JZ Music Festival, l\u2019un des plus grands festivals de jazz en Asie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_3.jpg\" border=\"0\" width=\"390\" height=\"260\" \/><\/p>\r\n\n<p><span id=\"docs-internal-guid-437af715-4a9f-0fba-2f2f-80243b01cbf5\"> <\/span><\/p>\r\n<p style=\"line-height: 1.3800000000000001; margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt; text-align: center;\" dir=\"ltr\"><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\">Aper\u00e7u de l\u2019\u00e9dition 2016 du JZ Music Festival<\/span><\/p>\r\n<div><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\"><br \/><\/span><\/div>\n<p><strong><em>A l\u2019occasion de l\u2019escapade de l\u2019un de nos chroniqueurs au sein du \u00ab pays du Milieu \u00bb, nous avons tenu \u00e0 nous engouffrer au sein d\u2019une sc\u00e8ne en pleine renaissance depuis les ann\u00e9es 90. Focus sur le jazz en Chine. <\/em><\/strong><br \/><br \/><strong>1900 \u2013 1949 : Naissance et reconnaissance d\u2019une sc\u00e8ne originale <\/strong><br \/><br \/>C\u2019est \u00e0 Shanghai, \u00ab Paris de l\u2019Est, New York de l\u2019Ouest \u00bb, que le jazz s\u2019implante d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1900. A cette \u00e9poque, les m\u00e9lodies jou\u00e9es au sein des majestueux immeubles du Bund r\u00e9sonnent comme celles entendues aux abords des rives occidentales. Durant cette p\u00e9riode, ce jazz n\u2019a de chinois que son emplacement puisqu\u2019il reproduit des codes. En effet, il faut attendre les ann\u00e9es 1920 pour que s\u2019op\u00e8re un m\u00e9lange subtil entre le folk chinois traditionnel et les rythmes et arrangements caract\u00e9ristiques du genre issu de la Nouvelle-Orl\u00e9ans. Cette fusion se nomme\u00a0<em>shidaiqu<\/em> et est \u00e0 la base de l\u2019actuelle mandopop.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/shownbylocals.com\/wp-content\/uploads\/2008\/02\/lwt1.jpg\" border=\"0\" width=\"480\" height=\"217\" \/><br \/><br \/><em>Photographie du Bund, d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce style a acquis ses lettres de noblesse au travers de noms tels que\u00a0<em>Li Jinhui<\/em>(1891-1967), p\u00e8re de la musique chinoise populaire. Ses hits furent \u00e0 la fois emprunts d\u2019influences occidentales telles que celles du trompettiste Buck Clayton mais aussi de caract\u00e9ristiques typiques de la musique chinoise traditionnelle, notamment les structures m\u00e9lodiques pentatoniques. Mais le shidaiqu s\u2019est \u00e9galement fa\u00e7onn\u00e9 au travers de lieux de joie et d\u2019exp\u00e9rimentation tels que le\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=33h8fnL8zgk\">Canidrome Ballroom<\/a><\/em>, un club o\u00f9 le jazz c\u00f4toyait l\u2019amour, le jeu et les drogues. Le Shanghai de l\u2019avant-guerre \u00e9tait devenu \u00e0 la fois une formidable sc\u00e8ne d\u2019innovation musicale mais \u00e9galement l\u2019une des capitales de l\u2019opium.<\/p>\r\n\n<p><strong>1949 \u2013 1990 : Extinction des feux <\/strong><br \/><br \/>Lors de l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique Populaire de Chine en 1949, le jazz est\u00a0<em>censur\u00e9 et banni<\/em> au m\u00eame titre que la drogue, les jeux et la prostitution. Bien que certains consid\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 avant cette date ce style comme un pervertisseur de la musique chinoise traditionnelle et un symbole du colonialisme occidental, il est tol\u00e9r\u00e9 par l\u2019ensemble des communaut\u00e9s habitant Shanghai et ses alentours. Il est finalement d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que les m\u00e9lodies du shidaiqu sont pornographiques et doivent \u00eatre remplac\u00e9es dans l\u2019imm\u00e9diat. Le jazz chinois entrera donc en hibernation \u00e0 Hong Kong durant presque quarante ans, avant la r\u00e9ouverture de la Chine au travers de la politique d\u2019ouverture men\u00e9e par Deng Xiaoping.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/en\/0\/07\/LiJinhui.jpg\" border=\"0\" width=\"150\" height=\"150\" \/><br \/><em><br \/>Photographie de Li Jinhui, p\u00e8re du shidaiqu.\u00a0<span style=\"text-align: justify;\">Il fut ex\u00e9cut\u00e9 en 1967 lors de la R\u00e9volution Culturelle.<\/span><\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span>Le jazz r\u00e9appara\u00eet timidement \u00e0 <\/span><em>Hong Kong<\/em><span> au milieu des ann\u00e9es 80 avant de s\u2019implanter progressivement \u00e0 P\u00e9kin. Selon <\/span><em>Liu Yuan<\/em><span>, \u00e9minent saxophoniste chinois, peu de personnes \u00e0 cette \u00e9poque savaient ce qu\u2019\u00e9tait le jazz et seuls 4 ou 5 musiciens \u00e9taient pr\u00e9sents dans la capitale. N\u00e9anmoins, gr\u00e2ce au r\u00f4le des NTIC et particuli\u00e8rement d\u2019internet, le jazz ainsi que d\u2019autres styles musicaux tels que le rock seront d\u00e9mocratis\u00e9s en Chine. Les musiciens locaux, qui rencontraient auparavant leurs paires gr\u00e2ce \u00e0 des colloques et des voyages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 aussi connect\u00e9s \u00e0 la communaut\u00e9 internationale.<\/span><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/><strong>1990 \u2013 de nos jours : Reboot &amp; Innovation<\/strong> <br \/><br \/>Malgr\u00e9 cette ouverture sur le monde, la censure continue \u00e0 s\u2019appliquer aujourd\u2019hui dans une moindre mesure. Il est vrai que nombre d\u2019artistes occidentaux sont encore censur\u00e9s tels que Bjork ; elle appela \u00e0 la lib\u00e9ration du Tibet \u00e0 la fin d\u2019un de ses concerts \u00e0 Shanghai. De plus, le jazz re\u00e7oit\u00a0<em>peu de support public<\/em> contrairement \u00e0 la musique traditionnelle. La sc\u00e8ne locale est certes aujourd\u2019hui en pleine expansion, mais limit\u00e9e par ses moyens. Celle-ci a donc \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e d\u2019innover afin de regagner sa reconnaissance d\u2019antan.\u00a0<br \/><br \/>Cette\u00a0<em>innovation<\/em> s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e de deux mani\u00e8res. La premi\u00e8re, par sa fa\u00e7on d\u2019attirer de nouveaux talents. En effet, nombreux sont les musiciens \u00e0 privil\u00e9gier les plus petites sc\u00e8nes et \u00e0 \u00e9viter les tr\u00e8s concurrentielles New York et Londres. L\u2019existence d\u2019un march\u00e9 de niche \u00e0\u00a0<em>P\u00e9kin<\/em> alli\u00e9 \u00e0 son atmosph\u00e8re historique tr\u00e8s puissante a alors favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une sc\u00e8ne locale \u00e0 taille humaine, concentr\u00e9e dans quelques lieux cl\u00e9s tels que l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9, le Modernista et le CJW. Plus r\u00e9cemment encore, le c\u00e9l\u00e8bre club new yorkais \u00ab Blue Note \u00bb a ouvert une succursale dans la capitale au sein de l\u2019ancienne ambassade am\u00e9ricaine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_1.jpg\" border=\"0\" width=\"269\" height=\"400\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Devanture, ne payant pas de mine, de l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin. <\/em><em>L\u2019endroit est tenu par Liu Yuan, artiste majeur de la sc\u00e8ne jazz en Chine<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde, par sa capacit\u00e9 \u00e0 favoriser un brassage d\u2019influences entre artistes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s et sensibilit\u00e9s musicales. Du fait de la faible densit\u00e9 d\u2019artistes jazz, tout ce petit monde se conna\u00eet n\u00e9cessairement. Les nombreuses interactions entre artistes combin\u00e9es \u00e0 l\u2019affluence constante d\u2019un public jeune encouragent donc les musiciens \u00e0 collaborer r\u00e9guli\u00e8rement voire \u00e0 repousser leurs standards en incorporant des influences rock. A titre d\u2019exemple, l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 accueille \u00e0 la fois de jeunes groupes locaux en devenir, des musiciens stars tels que\u00a0<em>Nathaniel Gao<\/em> et le propre quartet de Liu Yuan.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_2.jpg\" border=\"0\" width=\"570\" height=\"310\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><br \/><em>Nathaniel Gao, l\u2019une des \u00e9toiles montantes du jazz chinois (photo r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur \u00ab The World of Chinese \u00bb)<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, m\u00eame si P\u00e9kin s\u2019est impos\u00e9 au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies comme un lieu majeur d\u2019incubation pour le jazz,\u00a0<em>Shanghai<\/em> occupe toujours une place importante. Cette m\u00e9gapole abrite quelques clubs incontournables tels que le JZ Club ou le Cotton Club. C\u2019est aussi dans cette ville qu\u2019a lieu chaque ann\u00e9e le JZ Music Festival, l\u2019un des plus grands festivals de jazz en Asie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_3.jpg\" border=\"0\" width=\"390\" height=\"260\" \/><\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><span id=\"docs-internal-guid-437af715-4a9f-0fba-2f2f-80243b01cbf5\"> <\/span><\/p>\r\n<p style=\"line-height: 1.3800000000000001; margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt; text-align: center;\" dir=\"ltr\"><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\">Aper\u00e7u de l\u2019\u00e9dition 2016 du JZ Music Festival<\/span><\/p>\r\n<div><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\"><br \/><\/span><\/div>\n<p><strong><em>A l\u2019occasion de l\u2019escapade de l\u2019un de nos chroniqueurs au sein du \u00ab pays du Milieu \u00bb, nous avons tenu \u00e0 nous engouffrer au sein d\u2019une sc\u00e8ne en pleine renaissance depuis les ann\u00e9es 90. Focus sur le jazz en Chine. <\/em><\/strong><br \/><br \/><strong>1900 \u2013 1949 : Naissance et reconnaissance d\u2019une sc\u00e8ne originale <\/strong><br \/><br \/>C\u2019est \u00e0 Shanghai, \u00ab Paris de l\u2019Est, New York de l\u2019Ouest \u00bb, que le jazz s\u2019implante d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1900. A cette \u00e9poque, les m\u00e9lodies jou\u00e9es au sein des majestueux immeubles du Bund r\u00e9sonnent comme celles entendues aux abords des rives occidentales. Durant cette p\u00e9riode, ce jazz n\u2019a de chinois que son emplacement puisqu\u2019il reproduit des codes. En effet, il faut attendre les ann\u00e9es 1920 pour que s\u2019op\u00e8re un m\u00e9lange subtil entre le folk chinois traditionnel et les rythmes et arrangements caract\u00e9ristiques du genre issu de la Nouvelle-Orl\u00e9ans. Cette fusion se nomme\u00a0<em>shidaiqu<\/em> et est \u00e0 la base de l\u2019actuelle mandopop.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/shownbylocals.com\/wp-content\/uploads\/2008\/02\/lwt1.jpg\" border=\"0\" width=\"480\" height=\"217\" \/><br \/><br \/><em>Photographie du Bund, d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce style a acquis ses lettres de noblesse au travers de noms tels que\u00a0<em>Li Jinhui<\/em>(1891-1967), p\u00e8re de la musique chinoise populaire. Ses hits furent \u00e0 la fois emprunts d\u2019influences occidentales telles que celles du trompettiste Buck Clayton mais aussi de caract\u00e9ristiques typiques de la musique chinoise traditionnelle, notamment les structures m\u00e9lodiques pentatoniques. Mais le shidaiqu s\u2019est \u00e9galement fa\u00e7onn\u00e9 au travers de lieux de joie et d\u2019exp\u00e9rimentation tels que le\u00a0<em><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=33h8fnL8zgk\">Canidrome Ballroom<\/a><\/em>, un club o\u00f9 le jazz c\u00f4toyait l\u2019amour, le jeu et les drogues. Le Shanghai de l\u2019avant-guerre \u00e9tait devenu \u00e0 la fois une formidable sc\u00e8ne d\u2019innovation musicale mais \u00e9galement l\u2019une des capitales de l\u2019opium.<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>1949 \u2013 1990 : Extinction des feux <\/strong><br \/><br \/>Lors de l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique Populaire de Chine en 1949, le jazz est\u00a0<em>censur\u00e9 et banni<\/em> au m\u00eame titre que la drogue, les jeux et la prostitution. Bien que certains consid\u00e8rent d\u00e9j\u00e0 avant cette date ce style comme un pervertisseur de la musique chinoise traditionnelle et un symbole du colonialisme occidental, il est tol\u00e9r\u00e9 par l\u2019ensemble des communaut\u00e9s habitant Shanghai et ses alentours. Il est finalement d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que les m\u00e9lodies du shidaiqu sont pornographiques et doivent \u00eatre remplac\u00e9es dans l\u2019imm\u00e9diat. Le jazz chinois entrera donc en hibernation \u00e0 Hong Kong durant presque quarante ans, avant la r\u00e9ouverture de la Chine au travers de la politique d\u2019ouverture men\u00e9e par Deng Xiaoping.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/en\/0\/07\/LiJinhui.jpg\" border=\"0\" width=\"150\" height=\"150\" \/><br \/><em><br \/>Photographie de Li Jinhui, p\u00e8re du shidaiqu.\u00a0<span style=\"text-align: justify;\">Il fut ex\u00e9cut\u00e9 en 1967 lors de la R\u00e9volution Culturelle.<\/span><\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><span>Le jazz r\u00e9appara\u00eet timidement \u00e0 <\/span><em>Hong Kong<\/em><span> au milieu des ann\u00e9es 80 avant de s\u2019implanter progressivement \u00e0 P\u00e9kin. Selon <\/span><em>Liu Yuan<\/em><span>, \u00e9minent saxophoniste chinois, peu de personnes \u00e0 cette \u00e9poque savaient ce qu\u2019\u00e9tait le jazz et seuls 4 ou 5 musiciens \u00e9taient pr\u00e9sents dans la capitale. N\u00e9anmoins, gr\u00e2ce au r\u00f4le des NTIC et particuli\u00e8rement d\u2019internet, le jazz ainsi que d\u2019autres styles musicaux tels que le rock seront d\u00e9mocratis\u00e9s en Chine. Les musiciens locaux, qui rencontraient auparavant leurs paires gr\u00e2ce \u00e0 des colloques et des voyages \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, n\u2019avaient jamais \u00e9t\u00e9 aussi connect\u00e9s \u00e0 la communaut\u00e9 internationale.<\/span><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\"><br \/><strong>1990 \u2013 de nos jours : Reboot &amp; Innovation<\/strong> <br \/><br \/>Malgr\u00e9 cette ouverture sur le monde, la censure continue \u00e0 s\u2019appliquer aujourd\u2019hui dans une moindre mesure. Il est vrai que nombre d\u2019artistes occidentaux sont encore censur\u00e9s tels que Bjork ; elle appela \u00e0 la lib\u00e9ration du Tibet \u00e0 la fin d\u2019un de ses concerts \u00e0 Shanghai. De plus, le jazz re\u00e7oit\u00a0<em>peu de support public<\/em> contrairement \u00e0 la musique traditionnelle. La sc\u00e8ne locale est certes aujourd\u2019hui en pleine expansion, mais limit\u00e9e par ses moyens. Celle-ci a donc \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e d\u2019innover afin de regagner sa reconnaissance d\u2019antan.\u00a0<br \/><br \/>Cette\u00a0<em>innovation<\/em> s\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e de deux mani\u00e8res. La premi\u00e8re, par sa fa\u00e7on d\u2019attirer de nouveaux talents. En effet, nombreux sont les musiciens \u00e0 privil\u00e9gier les plus petites sc\u00e8nes et \u00e0 \u00e9viter les tr\u00e8s concurrentielles New York et Londres. L\u2019existence d\u2019un march\u00e9 de niche \u00e0\u00a0<em>P\u00e9kin<\/em> alli\u00e9 \u00e0 son atmosph\u00e8re historique tr\u00e8s puissante a alors favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une sc\u00e8ne locale \u00e0 taille humaine, concentr\u00e9e dans quelques lieux cl\u00e9s tels que l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9, le Modernista et le CJW. Plus r\u00e9cemment encore, le c\u00e9l\u00e8bre club new yorkais \u00ab Blue Note \u00bb a ouvert une succursale dans la capitale au sein de l\u2019ancienne ambassade am\u00e9ricaine.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_1.jpg\" border=\"0\" width=\"269\" height=\"400\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Devanture, ne payant pas de mine, de l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin. <\/em><em>L\u2019endroit est tenu par Liu Yuan, artiste majeur de la sc\u00e8ne jazz en Chine<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">La seconde, par sa capacit\u00e9 \u00e0 favoriser un brassage d\u2019influences entre artistes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s et sensibilit\u00e9s musicales. Du fait de la faible densit\u00e9 d\u2019artistes jazz, tout ce petit monde se conna\u00eet n\u00e9cessairement. Les nombreuses interactions entre artistes combin\u00e9es \u00e0 l\u2019affluence constante d\u2019un public jeune encouragent donc les musiciens \u00e0 collaborer r\u00e9guli\u00e8rement voire \u00e0 repousser leurs standards en incorporant des influences rock. A titre d\u2019exemple, l\u2019East Shore Live Jazz Caf\u00e9 accueille \u00e0 la fois de jeunes groupes locaux en devenir, des musiciens stars tels que\u00a0<em>Nathaniel Gao<\/em> et le propre quartet de Liu Yuan.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_2.jpg\" border=\"0\" width=\"570\" height=\"310\" \/><\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><br \/><em>Nathaniel Gao, l\u2019une des \u00e9toiles montantes du jazz chinois (photo r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur \u00ab The World of Chinese \u00bb)<\/em><\/p>\r\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, m\u00eame si P\u00e9kin s\u2019est impos\u00e9 au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies comme un lieu majeur d\u2019incubation pour le jazz,\u00a0<em>Shanghai<\/em> occupe toujours une place importante. Cette m\u00e9gapole abrite quelques clubs incontournables tels que le JZ Club ou le Cotton Club. C\u2019est aussi dans cette ville qu\u2019a lieu chaque ann\u00e9e le JZ Music Festival, l\u2019un des plus grands festivals de jazz en Asie.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/chromatique.net\/images\/jazz_china_3.jpg\" border=\"0\" width=\"390\" height=\"260\" \/><\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><span id=\"docs-internal-guid-437af715-4a9f-0fba-2f2f-80243b01cbf5\"> <\/span><\/p>\r\n<p style=\"line-height: 1.3800000000000001; margin-top: 0pt; margin-bottom: 0pt; text-align: center;\" dir=\"ltr\"><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\">Aper\u00e7u de l\u2019\u00e9dition 2016 du JZ Music Festival<\/span><\/p>\r\n<div><span style=\"font-size: 11pt; font-family: Arial; color: #000000; background-color: transparent; font-style: italic; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap;\"><br \/><\/span><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1949 \u2013 1990 : Extinction des feux Lors de l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique Populaire de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":54,"featured_media":22333,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22332"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/54"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22332"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22332\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22333"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22332"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22332"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22332"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}