{"id":22239,"date":"2016-07-30T00:00:00","date_gmt":"2016-07-29T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/40c5579874da5fed4ea2ae4f68e7123d_XL.jpg"},"modified":"2016-07-30T00:00:00","modified_gmt":"2016-07-29T22:00:00","slug":"22239","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2016\/07\/30\/22239\/","title":{"rendered":"&#8211; &#8230;ou l&rsquo;alpha et l&rsquo;omega (seconde partie)"},"content":{"rendered":"\n<p>PICTURES AT AN EXHIBITION (1971)<br \/>On l&rsquo;a vu, avant m\u00eame de convaincre sur disque, ELP provoquait l\u2019admiration sur sc\u00e8ne, s&rsquo;av\u00e9rant litt\u00e9ralement \u00e9blouissant, et c&rsquo;est tout naturellement qu&rsquo;il publie ce pour quoi on les a remarqu\u00e9s d\u00e8s 1970 : l&rsquo;interpr\u00e9tation des <em>Tableaux d&rsquo;une Exposition<\/em> de Modest Moussorsky, enregistr\u00e9e \u00e0 Londres; une vaste fresque figurative, affirmant un peu plus l&rsquo;influence d\u00e9terminante des compositeurs europ\u00e9ens de la toute fin du 19\u00e8me si\u00e8cle et de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20\u00e8me. Il existe une version film\u00e9e et int\u00e9grale de ce live, combin\u00e9e avec des projections psych\u00e9, et des images pop (notamment les personnages de Jack Kirby, dessinateur originel de Marvel). L&rsquo;album live atteint la troisi\u00e8me place en Angleterre, appuyant une fois de plus l&rsquo;ascension fulgurante de la formation. Il existe depuis une version studio (2001), puis remasteris\u00e9e et augment\u00e9e (2008), avec une seconde partie de concert, mais enregistr\u00e9e ailleurs.<br \/><br \/> TRILOGY (1972)<br \/>Le disque de la maturit\u00e9, alliant intelligence, ambition, mod\u00e9ration et \u00e9quilibre. Retour des guitares folk de Lake, ballade qui fait mouche (\u00ab\u00a0From The Beginning\u00a0\u00bb superbe, au final spatial) et toujours une pi\u00e8ce ma\u00eetresse, \u00ab\u00a0The Endless Enigma\u00a0\u00bb, d\u00e9clin\u00e9e en trois parties, prolongeant les qualit\u00e9s de Tarkus. Un petit tour de vari\u00e9t\u00e9, comme \u00e0 chaque fois, avec \u00ab\u00a0The Sheriff\u00a0\u00bb, qui appara\u00eet maintenant comme une verrue, mais qu&rsquo;importe. \u00ab\u00a0Hoedown\u00a0\u00bb d&rsquo;Aaron Copland, d\u00e9sormais un classique, \u00e9maillant chaque tourn\u00e9e depuis. \u00ab\u00a0Abbadon&rsquo;s Bolero\u00a0\u00bbet son kal\u00e9idoscope avant-garde ach\u00e8ve le tout en beaut\u00e9. Palmer n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi prolixe et pr\u00e9cis sur sa batterie, et le penchant grandiloquent d&rsquo;Emerson semble cette fois un peu en retrait. Un tr\u00e8s bon point. L&rsquo;alchimie r\u00e8gne en ma\u00eetre. Le Moog acquiert d\u00e9finitivement ses lettres de noblesse, en plus du piano extraordinaire, et du Hammond bondissant d&rsquo;Emerson. Une \u00e9nergie et une synergie exceptionnelles se d\u00e9gagent, une fois de plus, et le travail studio r\u00e9v\u00e8le un tr\u00e9sor d&rsquo;inventivit\u00e9, d&rsquo;exp\u00e9rimentations et <em>overdubs<\/em> (rajout de prises), pour un opus particuli\u00e8rement produit et tr\u00e8s en avance sur le paysage. L&rsquo;interpr\u00e9tation live de <em>Trilogy<\/em> s&rsquo;av\u00e8rera d&rsquo;ailleurs assez difficile, de par ce fait, \u00ab\u00a0Abbadon&rsquo;s Bolero\u00a0\u00bb, jou\u00e9 laborieusement \u00e0 quatre mains avec Lake, dispara\u00eetra tr\u00e8s vite de la set-list, par exemple. Il n\u2018en reste d\u2019ailleurs que tr\u00e8s peu de traces. Quoiqu&rsquo;il en soit, rien ne semble ternir l&rsquo;inspiration ni le brio des trois musiciens. Pour autre anecdote, Dali avait \u00e9t\u00e9 approch\u00e9 pour la pochette, mais ses honoraires s&rsquo;av\u00e9rant d\u00e9mesur\u00e9s, l&rsquo;id\u00e9e ne fut pas retenue\u2026 C&rsquo;est Hipgnosis qui s&rsquo;en chargera, pr\u00e9sentant les membres litt\u00e9ralement d\u00e9multipli\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la pochette <br \/><br \/> BRAIN SALAD SURGERY (1973)<br \/>Le succ\u00e8s est tel, d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e, que le groupe monte financi\u00e8rement son propre label : Manticore. Il est l\u2019un des tous premiers (voire LE premier ?) n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 s&rsquo;auto-produire, et abriter en son sein d&rsquo;autres formations, notamment plus tard le quintette italien PFM , ou Banco, pour des versions anglaises.<br \/><br \/> Avec son quatri\u00e8me disque studio, la musique d&rsquo;ELP semble \u00e0 la fois pousser toutes les audaces \u00e0 leur extr\u00eame et en m\u00eame temps atteindre les limites de son ambition. Pour tout dire, c&rsquo;est un disque qui a mal vieilli. Beaucoup de sonorit\u00e9s clinquantes, de synth\u00e9tiseurs criards, beaucoup de lyrisme, trop de trop diront certains. La pi\u00e8ce phare, \u00ab\u00a0Karn Evil 9\u00a0\u00bb, all\u00e9gorie du totalitarisme, s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un monstre (plus d&rsquo;une face !) aux hymnes chant\u00e9s hypnotiques, au rythme et cassures effr\u00e9n\u00e9s, et avec l&rsquo;apparition in\u00e9dite de la guitare \u00e9lectrique, pour un Greg Lake s\u2019av\u00e9rant brillant. Bref, la pi\u00e8ce ultime, diront les m\u00e9lomanes, certainement d\u00fbe \u00e0 cette guitare justement, instrument soliste rock par excellence, et jusqu&rsquo;ici totalement absent. Comment faire sans d\u00e9sormais ? Serait-on tent\u00e9 de dire\u2026 Viennent la ballade folk de Lake (un certain syst\u00e9matisme donc), la ritournelle vari\u00e8te rigolote (on vous l&rsquo;avait dit), l&rsquo;hymne religieux (\u00ab\u00a0Jerusalem\u00a0\u00bb) d&rsquo;ouverture, et l&rsquo;on finit un peu par se dire que le g\u00e2teau commence \u00e0 contenir beaucoup de beurre. Ce  pompi\u00e9risme certain, signe avant coureur s&rsquo;il en est, t\u00e9moigne d\u2019une certaine d\u00e9cadence qui engloutira tout le mouvement prog au tournant de 1978. La pochette, ic\u00f4ne entre les ic\u00f4nes, propos\u00e9e en diptyque multiface, sign\u00e9e du peintre plasticien suisse allemand H.R. Giger, a depuis rejoint le panth\u00e9on de la culture rock. La tourn\u00e9e qui s&rsquo;en suit offre un gigantisme de tous les instants, et sur tous les aspects; camions remorques au nom de chaque membre, sc\u00e8nes \u00e9normes, sc\u00e9nographie, stades, jusqu&rsquo;aux v\u00e9ritables immeubles sonores \u00e9rig\u00e9s autour du clavi\u00e9riste, bard\u00e9s de c\u00e2bles que lui seul semble pouvoir dompter, sans parler de la basse-guitare double manche de Lake, torse nu sous son smoking blanc fa\u00e7on Toni Montana, enfin les gongs g\u00e9ants et installations percussives de Palmer. Un rien d\u00e9monstratif\u2026 S&rsquo;en suivra, pour faire dans le ton, un triple (!) album live, <em>Welcome Back My Friends\u2026<\/em> surpassant encore en m\u00e9galomanie (le mot est l\u00e2ch\u00e9) la version studio ! Ceci dit, ce live atteindra la 4\u00e8me place dans les charts am\u00e9ricains, et ils en vendront un million dans l\u2019ann\u00e9e de sa sortie ! Dans ce triple, Emerson semble, plus que jamais, malgr\u00e9 le passage folk de Lake, et l\u2019imposant solo de Palmer, \u00eatre le vrai ma\u00eetre \u00e0 bord. Avec sa tenue argent\u00e9e, il n&rsquo;en finit plus de faire montre de ses capacit\u00e9s, de sa v\u00e9locit\u00e9, de ses facult\u00e9s \u00e0 changer de clavier d&rsquo;une seconde \u00e0 l&rsquo;autre, et ce jusqu&rsquo;\u00e0 peut-\u00eatre finir par se prendre les pieds dans le tapis \u00e0 force de vouloir jouer toujours plus vite\u2026 Les musiciens noteront \u00e0 quel point parfois il appara\u00eet \u00eatre sur le fil de la rigueur rythmique\u2026 Apr\u00e8s une tourn\u00e9e triomphale, et un \u00e9puisement physique total, chacun se mettra au vert, bien d\u00e9cid\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment \u00e0 se consacrer \u00e0 un album solo, l&rsquo;argent et la notori\u00e9t\u00e9 permettant d\u00e9sormais cette libert\u00e9. Ainsi, durant trois ann\u00e9es, on ne parlera plus d&rsquo;eux\u2026! Il faut dire aussi qu&rsquo;une brouille s&rsquo;est produite entre Emerson et Lake, le second tenant absolument \u00e0 produire leur live, ce qui ne fut pas permis par le premier\u2026Mais la surench\u00e8re est encore \u00e0 venir ! <br \/><br \/> WORKS Vol I (1977)<br \/>1977 est l&rsquo;ann\u00e9e fatidique, avec le surgissement du punk, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, pour le rock du moins, et du disco de l&rsquo;autre. Deux arguments massifs pour tous les producteurs de l&rsquo;\u00e9poque, dont l&rsquo;app\u00e2t du gain commence s\u00e9rieusement \u00e0 l&#8217;emporter sur le m\u00e9c\u00e9nat artistique. Il faut dire, \u00e0 leur cr\u00e9dit, que beaucoup d&rsquo;entre eux ont investi parfois jusqu&rsquo;\u00e0 leur derniers kopecks, pour des myriades de groupes, certes magnifiques, mais non rentables. Rendons-leur au moins ce vibrant hommage&#8230; Alors forc\u00e9ment, apr\u00e8s des ann\u00e9es de capes et bottes \u00e0 paillettes, de spectacles dress\u00e9s sur l&rsquo;autel de la surench\u00e8re, prog comme glam, de solos d\u00e9monstratifs et interminables, avec un rock de plus en plus intellectualis\u00e9 mais de moins en moins politique, de plus en plus mis en sc\u00e8ne avec une image de plus en plus lisse, voire liss\u00e9e de lui-m\u00eame, des fortunes \u00e9tal\u00e9es et parfois gaspill\u00e9es en public (ELP en t\u00eate, mais aussi Genesis, Yes, le Floyd, Jethro Tull, Renaissance, en gros tous les groupes qui ont perc\u00e9 aux Etats Unis), ceci ajout\u00e9 \u00e0 la crise p\u00e9troli\u00e8re de 73-74 qui commence r\u00e9ellement \u00e0 se faire ressentir partout, on se met \u00e0 penser (et \u00e0 raison sans doute) que le rock s&rsquo;est beaucoup embourgeois\u00e9, faisant montre d&rsquo;un d\u00e9dain (m\u00eame involontaire) pour les classes populaires, elles qui se sentent de moins en moins prises en compte par cette musique. On peut les comprendre. En d&rsquo;autres mots : l&rsquo;invitation au r\u00eave, aux apprentissages culturels, \u00e0 l&rsquo;\u00e9mancipation personnelle par l&rsquo;art et le savoir, \u00e7a ne marche plus lorsqu&rsquo;on perd son boulot, qu&rsquo;on hypoth\u00e8que sa maison, que le co\u00fbt de la vie devient un probl\u00e8me dans les foyers, et que l&rsquo;essence augmente\u2026 Bref, malgr\u00e9 la fin de la guerre du Viet Nam, le <em>flower power<\/em> et l&rsquo;amour libre, mai 68 et l&rsquo;\u00e9mancipation des peuples, tout \u00e7a se tape une sacr\u00e9e gueule de bois ! Et le punk, mode fulgurante pouss\u00e9e par quelques opportunistes en Angleterre (le ph\u00e9nom\u00e8ne existe d\u00e9j\u00e0 aux States, avec les Stooges et les Ramones), balaye tout sur son passage, invoquant provocation et col\u00e8re face \u00e0 un monde cynique et d\u00e9j\u00e0 financiaris\u00e9. Du coup, moins on sait jouer, mieux c&rsquo;est ! Finis les groupes sortis des conservatoires et des \u00e9coles \u00e0 papa, finies les le\u00e7ons de virtuosit\u00e9 et les soli pr\u00e9tentieux, vive le bruit, la fureur et l&rsquo;imm\u00e9diatet\u00e9, avant que tout ne soit foutu ! En face, vous avez le disco ; musique de club (comprenez \u00ab \u00e0 danser \u00bb), commerciale par excellence, issue des mouvements gay de San Francisco, p\u00e9trie d&rsquo;insouciance et d&rsquo;incons\u00e9quence, appelant aux plaisirs instantan\u00e9s, musique jetable, qui fera la jubilation des radios, t\u00e9l\u00e9s et discoth\u00e8ques du monde entier. M\u00eame la musique noire va se polisser et ne traitera plus que de sujets futiles. Finies les revendications identitaires, les luttes anti-raciales, les combats politiques, l&rsquo;heure est \u00e0 l&rsquo;\u00e9clate et \u00e0 la s\u00e9duction\u2026 Sexe, amour et concourt de sapes&#8230; D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, le rock retrouve ses lettres de r\u00e9volte avec le punk, et de sensualit\u00e9 avec le disco, mais \u00e0 quel prix ? L&rsquo;av\u00e8nement des \u00e9pouvantables ann\u00e9es 80, avec leurs bo\u00eetes \u00e0 rythme et autres insupportables imitations clavier. De plus en plus, on verra le play back s&rsquo;imposer partout, avec des musiciens factices, et puis l&rsquo;arriv\u00e9e de Madonna\u2026 Les ann\u00e9es <em>winner<\/em>, et surtout<em>looser<\/em>\u2026 En sortira cependant aussi la cold wave, derni\u00e8re r\u00e9surgence d\u00e9pressive et parfois sublime du mouvement psych\u00e9\u2026 Mais n&rsquo;allons pas si loin\u2026 en 1977, on voit des jeunes \u00e9nerv\u00e9s, affubl\u00e9s de gants de cuir \u00e0 clous, et portant T-shirt \u00ab I Hate Pink Floyd \u00bb\u2026<br \/><br \/> C&rsquo;est pourtant \u00e0 ce moment m\u00eame qu&rsquo;ELP, fort de son triomphe am\u00e9ricain, choisit de s&rsquo;adjoindre un orchestre symphonique ! Pensez : chaque membre ayant pris conscience de sa popularit\u00e9 et de ses capacit\u00e9s artistiques (de son potentiel financier aussi !), ils d\u00e9cident de sortir un double album, pr\u00e9sentant une face par membre (comprenez en tant que compositeur), et la derni\u00e8re compos\u00e9e de mani\u00e8re coll\u00e9giale ! En fait, il semble que les trois ann\u00e9es consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;album solo des trois membres n&rsquo;ont pas abouti, chacun peinant peut-\u00eatre \u00e0 aller au bout sans les autres. Ils ont pourtant travaill\u00e9, mais pas assez pour le mat\u00e9riel d&rsquo;un disque entier. <em>Works Vol I<\/em> repr\u00e9sente finalement le compromis de cette situation. Notez bien que \u00ab Vol I \u00bb annonce in\u00e9vitablement une suite, qui viendra peu de temps apr\u00e8s. <br \/><br \/> Rien ne semble arr\u00eater l&rsquo;ambition artistique de Keith Emerson, qui, suite \u00e0 une commande de musique de film qui ne sera finalement pas assur\u00e9e, travaille sur une \u00e9norme composition orchestrale. 75 musiciens (auditionn\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment !) ne seront pas de trop pour assurer (un temps seulement) la tourn\u00e9e orchestrale qui va suivre ! 130 personnes en tout, roadies compris, avec un co\u00fbt journalier de 20 000 dollars ! Autant dire que cette configuration ne tiendra pas jusqu&rsquo;au bout, et c&rsquo;est sous la forme du simple trio que s&rsquo;ach\u00e8vera la tourn\u00e9e transatlantique\u2026 Premi\u00e8re d\u00e9convenue pour le groupe, mais de taille. Et la tendance soci\u00e9tale qui suit n&rsquo;arrangera \u00e9videmment pas l&rsquo;affaire. <em>Works Vol I<\/em> est un disque long, roboratif, dont on d\u00e9laisse bien souvent une ou deux faces (trop morcel\u00e9es et individualis\u00e9es), pour n&rsquo;honorer finalement que la derni\u00e8re, avec \u00ab\u00a0Fanfare For The Common Man\u00a0\u00bb, une nouvelle adaptation d&rsquo;Aaron Copland, toujours aussi \u00e9pique et r\u00e9ussie. Il y a bien \u00e9videmment, en toute premi\u00e8re face, l\u2019\u0153uvre la plus revendiqu\u00e9e par Emerson, puisqu&rsquo;elle est enti\u00e8rement orchestrale, et pour laquelle il s&rsquo;est le plus investi :\u00ab\u00a0Piano Concerto\u00a0\u00bb\u2026 On est \u00e9videmment bien loin des accents rock et swings si brillants des d\u00e9buts\u2026 Ainsi cet \u00e9talage individuel un rien pompeux (seul Pink Floyd avait tent\u00e9 un truc dans ce genre, sur <em>Ummagumma<\/em>, pour un r\u00e9sultat tr\u00e8s mitig\u00e9 de l&rsquo;aveu m\u00eame de ses auteurs) fait d\u00e9j\u00e0 montre de ses limites. La tourn\u00e9e qui suit, bien que toujours pl\u00e9biscit\u00e9e, est un gouffre financier retentissant. On peut encore t\u00e9moigner du gigantisme sc\u00e9nographique gr\u00e2ce \u00e0 un document pour la t\u00e9l\u00e9 canadienne (ELP a souvent \u00e9t\u00e9 capt\u00e9 live, soit \u00e0 la radio, soit par les t\u00e9l\u00e9s du monde entier) montrant \u00e0 quel point le trio est noy\u00e9 dans l&rsquo;immensit\u00e9 orchestrale, trois petits points de lumi\u00e8re au milieu d&rsquo;un cadre sc\u00e9nique qu&rsquo;on ne distingue m\u00eame plus&#8230; Rappelons qu&rsquo;Emerson Lake &amp; Palmer est l&rsquo;un des tous premiers groupes, voire LE premier, \u00e0 jouer dans des stades pour des dizaines de milliers de personnes, des lieux o\u00f9 la distance avec la sc\u00e8ne est telle, depuis son propre gradin, qu&rsquo;il devient quasiment impossible de ressentir une quelconque proximit\u00e9 avec autrui, et encore moins les artistes. Pour les toutes premi\u00e8res fois, le public paye pour voir des types sur un \u00e9cran et avec un son \u00e9pouvantable (du fait des distances, du d\u00e9calage entre son et sc\u00e8ne, du vent etc.)\u2026 Pourtant les salles sont pleines, entre Grande-Bretagne, Am\u00e9rique et Japon !<br \/><br \/><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PICTURES AT AN EXHIBITION (1971)On l&rsquo;a vu, avant m\u00eame de convaincre sur disque, ELP provoquait&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":51,"featured_media":22240,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22239"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/51"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22239\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22240"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}