{"id":22217,"date":"2008-03-31T00:00:00","date_gmt":"2008-03-30T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/37e857dcc6a3541822cec3fc83825fbf_XL.jpg"},"modified":"2008-03-31T00:00:00","modified_gmt":"2008-03-30T22:00:00","slug":"22217","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/03\/31\/22217\/","title":{"rendered":"&#8211; Opeth"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Origine :<\/strong> Su\u00e8de<br \/><strong>Style :<\/strong> metal onirique ****<br \/><strong>Form\u00e9 en : <\/strong>1990<br \/><strong>Composition\u00a0:<\/strong> <br \/>Mikael \u00c5kerfeldt &#8211; chant &amp; guitare<br \/>Fredrik \u00c5kesson &#8211; guitare<br \/>Martin Mendez &#8211; basse<br \/>Per Wiberg &#8211; claviers<br \/>Martin \u00ab\u00a0Axe\u00a0\u00bb Axenrot &#8211; batterie<br \/><strong>Nouvel album\u00a0:<\/strong> <em><a href=\"index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=13256:watershed&amp;Itemid=12\" target=\"_blank\">Watershed<\/a><\/em> (2008)<\/p>\r\n\n<p><strong>Attendu avec fr\u00e9n\u00e9sie et la bave aux l\u00e8vres, Progressia a pu jeter une oreille attentive sur\u00a0<em>Watershed<\/em>, neuvi\u00e8me album des Su\u00e9dois, qui pr\u00e9sente ses deux nouvelles recrues : Martin \u00ab\u00a0Axe\u00a0\u00bb Axenrot et Fredrik \u00c5kesson. A deux mois de sa sortie, nous d\u00e9voilons \u00e0 notre lectorat nos impressions sur le futur fait d&rsquo;armes d&rsquo;Opeth. Attention toutefois aux nombreuses r\u00e9v\u00e9lations musicales, un m\u00e9lomane averti en vaut deux !<\/strong><br \/><br \/><strong>Coil (3&rsquo;11)<\/strong><br \/><br \/>Les festivit\u00e9s s&rsquo;ouvre sur cette magnifique introduction d&rsquo;un clair-obscur saisissant. Opeth prend d&#8217;embl\u00e9e \u00e0 contre-pied les auditeurs avec le morceau le plus court de l&rsquo;album mais \u00f4 combien riche en textures \u00e9pur\u00e9es. La guitare acoustique, la voix de Mickael \u00c5kerfeldt et la pr\u00e9sence de Nathalie Lorichs (c\u00e9l\u00e8bre chanteuse su\u00e9doise) balisent cette nouvelle offrande en d\u00e9voilant un aper\u00e7u du plat de r\u00e9sistance.\u00a0<em>Watershed<\/em> ou la rencontre d&rsquo;Opeth et de la musique folk et progressive dans sa plus pure combinaison harmonique. Le meilleur reste semble-t-il \u00e0 venir&#8230;<br \/><br \/><strong>Heir Apparent (8&rsquo;51)<\/strong><br \/><br \/>Rentrer dans le vif du sujet chez Opeth rel\u00e8ve du pl\u00e9onasme ! Apr\u00e8s la mise en ab\u00eeme pourvue d&rsquo;une d\u00e9licate attention avec \u00ab\u00a0Coil\u00a0\u00bb, Opeth nous plonge dans les limbes de l&rsquo;esprit de son g\u00e9niteur. Mikael \u00c5kerfeld a tout mis en \u0153uvre pour pr\u00e9senter cette nouvelle version 2008 du groupe sous son meilleur aspect. Ce second titre propose d&#8217;embl\u00e9e un\u00a0<em>tempo<\/em>lourd baignant dans une ambiance sombre, o\u00f9 virevolte la fr\u00eale libellule au sein de t\u00e9n\u00e8bres sans fin. L&rsquo;envol vers la clart\u00e9 appara\u00eet soudainement lorsque le piano de Per Wiberg enflamme l&rsquo;\u00e9coute accompagn\u00e9e de rythmiques syncop\u00e9es, qui confirment bel et bien ce sentiment qu&rsquo;Opeth est bien plus progressif que de coutume. Le myst\u00e8re Fredrik \u00c5kesson se d\u00e9s\u00e9paissit par des\u00a0<em>soli<\/em> d&rsquo;un calibre endiabl\u00e9e qui soumet un apport technique rayonnant avec brio. A mi-chemin, des ambiances atmosph\u00e9riques relayent une s\u00e9quence brutale et se rappellent \u00e0 notre bon souvenir de l&rsquo;\u00e9poque<em>Blackwater Park<\/em>. Un ap\u00e9ritif gargantuesque en somme qui s\u00e8me l&rsquo;apocalypse \u00e0 lui-seul avec un final en apoth\u00e9ose bourr\u00e9 de finesse et de m\u00e9lodie. Opeth a d\u00e9finitivement pondu un titre amen\u00e9 \u00e0 devenir un nouveau classique sur sc\u00e8ne.<br \/><br \/><strong>The Lotus Eater (8&rsquo;49)<\/strong><br \/><br \/>Si le pr\u00e9c\u00e9dent album\u00a0<em>Ghost Reveries<\/em> renfor\u00e7ait les structures instrumentales avec une grande dext\u00e9rit\u00e9,\u00a0<em>Watershed<\/em> se place dans l&rsquo;innovation stylis\u00e9e et dans une d\u00e9marche d&rsquo;\u00e9volution nettement affirm\u00e9e. Un seul exemple mettra tout le monde d&rsquo;accord avec cette s\u00e9quence d&rsquo;anthologie o\u00f9\u00a0<em>blast beats<\/em> se conjuguent avec le chant clair de Mikael \u00c5kerfeldt, avec le spectre d&rsquo;un Devin Townsend en suspens. Opeth continue de faire la part belle aux mixtures bouillonnantes dans le chaudron, avec un remarquable passage folk en milieu de morceau nostalgique \u00e0 souhait, o\u00f9 quelques passages lumineux viennent chasser la grisaille d&rsquo;un jour de pluie. Le coup d&rsquo;estoque intervient lors d&rsquo;une nouvelle s\u00e9quence impr\u00e9vue sur laquelle le groupe s&rsquo;aventure avec emphase sur un funk progressif au\u00a0<em>groove<\/em> imparable. Monstrueux ! H\u00e9 oui, vous avez bien lu ! Opeth joue d\u00e9sormais la carte de l\u2019Audace avec un grand \u00ab\u00a0A\u00a0\u00bb. Ajouter \u00e0 cela un lyrisme gothique au sens litt\u00e9raire du terme et vous aurez une pi\u00e8ce d&rsquo;une grande sensibilit\u00e9. L&rsquo;\u00e9coute fluide fera d&rsquo;ailleurs passer ce titre comme une lettre \u00e0 la poste. Un autre\u00a0<em>hit<\/em> sc\u00e9nique !<br \/><br \/><strong>Burden (7\u201942)<\/strong><br \/><br \/>Opeth affirme ses influences en maniant habilement l&rsquo;art de la reconnaissance envers ses pairs. Ce quatri\u00e8me titre explore une galerie de portraits dont la restauration su\u00e9doise en fait briller les ornements. Le mellotron omnipr\u00e9sent, devenu une v\u00e9ritable griffe depuis l&rsquo;arriv\u00e9e de Per Wiberg, fait \u00e9cho aux souvenirs de Pink Floyd et Genesis, conf\u00e9rant une couleur unique sous le voile brumeux omnipr\u00e9sent. En proie \u00e0 un plaisir de tous les instants, le groupe parvient \u00e0 niveler vers le haut la qualit\u00e9 de sa musique, comme l&rsquo;illustre le somptueux\u00a0<em>solo<\/em> d\u2019orgue qui rappelle le grand Deep Purple. Les lignes vocales ne sont pas \u00e9pargn\u00e9es puisqu&rsquo;\u00e0 notre grand \u00e9tonnement, on se met \u00e0 penser (toutes proportions gard\u00e9es) \u00e0 Michel Berger ou Daniel Balavoine lors des refrains ! La m\u00e9canique si particuli\u00e8re de ce morceau se d\u00e9marque \u00e9galement par une l\u00e9g\u00e8re dissonance sur sa fin o\u00f9 la musique contemporaine pointe le bout de son nez. Imparable !<br \/><br \/><strong>Porcelain Heart (8\u201901)<\/strong><br \/><br \/>Opeth insiste sur la force hydraulique de sa musique en employant un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0stoner\u00a0\u00bb lourd et franc pour d\u00e9buter ce morceau, qui symbolise peut-\u00eatre la fragilit\u00e9 de cet album. Petite ombre au tableau, cette entr\u00e9e en mati\u00e8re s&rsquo;av\u00e8re laborieuse et risque de rebuter certains auditeurs ou faire sauter l&rsquo;applaudim\u00e8tre, c&rsquo;est selon. Il persiste pourtant une impression de d\u00e9j\u00e0-entendu. Opeth brouille finalement les pistes et on ne peut que constater l&rsquo;important travail d&rsquo;orf\u00e8vre sur les voix et ce cot\u00e9 folk affirm\u00e9 qui s\u00e9vit sur une bonne majorit\u00e9 des titres. Rus\u00e9 comme des renards, les musiciens nous tendent le pi\u00e8ge et la surprise est de taille : la pr\u00e9sence de bois qui conf\u00e8rent une m\u00e9lancolie d&rsquo;une dorure nervalienne. A retenir un int\u00e9ressant th\u00e8me \u00e0 la guitare qui s&rsquo;applique \u00e0 jouer un motif ternaire en boucle sur une structure instrumentale en binaire. Opeth ou l&rsquo;art d&rsquo;inverser la vapeur.<br \/><br \/><strong>Hessian Peel (11\u201926)<\/strong><br \/><br \/>Il faudra bien plus d&rsquo;une bonne paire d&rsquo;oreilles et d&rsquo;une m\u00e9moire s\u00e9quentielle pour engloutir la pi\u00e8ce-ma\u00eetresse de\u00a0<em>Watershed<\/em>. Pour preuve, Opeth s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 semer l&rsquo;auditeur dans les d\u00e9tours d&rsquo;un labyrinthe de jardin anglais. S&rsquo;armer de bougies dans ce d\u00e9dale truff\u00e9 de bougies, de lustres et autres miroirs s&rsquo;av\u00e8re n\u00e9cessaire. Si le titre d\u00e9bute par un blues \u00e0 donner des palpitations de plaisir, l&rsquo;attrait folk ressurgit non sans omettre des dissonances bienvenues. Adressant une ode enamour\u00e9e de nouveau \u00e0 Pink Floyd avec un trait au pinceau d&rsquo;une finesse rappelant \u00ab\u00a0Shine on You Crazy Diamond\u00a0\u00bb, on peut \u00e9galement observer un surprenant cot\u00e9 m\u00e9di\u00e9val en filigrane. Un titre qui synth\u00e9tise\u00a0<em>a fortiori<\/em> ce nouvel album, avec cette intimit\u00e9 initi\u00e9e par un piano se fondant vers le c\u00f4t\u00e9 t\u00e9n\u00e9breux et pugnace du groupe, tiraill\u00e9 par les rugissements de Mikael \u00c5kerfeldt. \u00ab\u00a0Hessian Peel\u00a0\u00bb incarne subtilement l&rsquo;aspect \u00ab\u00a0grand macabre\u00a0\u00bb d&rsquo;Opeth pour notre plus grand plaisir. A noter des aspects toujours plus affirm\u00e9s de consonances contemporaines et exp\u00e9rimentales.<br \/><br \/><strong>Hex Omega (6\u201959)<\/strong><br \/><br \/>Toutes les bonnes choses ont une fin. Dot\u00e9 d&rsquo;une mont\u00e9e en puissance enivrante qui n\u2019est pas sans rappeler Porcupine Tree et le Dream Theater p\u00e9riode\u00a0<em>Falling into Infinity<\/em>. Les claviers poss\u00e8dent un phras\u00e9 teint\u00e9 de jazz soutenu par un mellotron. A noter \u00e9galement un l\u00e9ger ondoiement oriental qui ent\u00e9rine d\u00e9finitivement l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;Opeth a su proposer avec talent une kyrielle de nouveaux \u00e9l\u00e9ments bienvenus. Un titre qui cl\u00f4t de fort belle mani\u00e8re cette \u00e9ni\u00e8me production dont on peut affirmer une chose : empreint d&rsquo;un onirisme constant, la po\u00e9sie qui \u00e9mane de cet album n&rsquo;en est plus que fine et enchanteresse. Et bien que le d\u00e9part de Martin Lopez ait pu effrayer nombre de fans, Axe remplit son r\u00f4le avec merveille dans son approche plus lourde et franche de la batterie et n\u00e9anmoins tout aussi convaincante de subtilit\u00e9 et de virtuosit\u00e9.<br \/><br \/><strong>Conclusion<\/strong><br \/><br \/><em>Watershed<\/em> est-il\u00a0<em>a priori<\/em> le meilleur album d\u2019Opeth ? Avec Jens Bogren aux manettes, la production sert avec justesse un mixage profond, rond et massif. D&rsquo;une limpidit\u00e9 exemplaire, on prend un malin plaisir \u00e0 se laisser guider dans ce brouillard fi\u00e9vreux bourr\u00e9 de charme. Accumulant les surprises, cette cuv\u00e9e propose son lot de r\u00e9jouissances inattendues : un Opeth vitamin\u00e9, de la guitare au\u00a0<em>shred<\/em>parcimonieux et efficace, un disque d&rsquo;une grande intelligence qui m\u00eale habilement les influences jusque-l\u00e0 timides et le savoir-faire magistral d&rsquo;un Mikael \u00c5kerfeldt ciselant avec soin, et fort d&rsquo;une exp\u00e9rience solide, une musique sans limites. Toutefois, Opeth est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un restaurant fran\u00e7ais, il faut prendre le temps pour en d\u00e9guster toutes les subtilit\u00e9s. Cette premi\u00e8re \u00e9coute a suffi \u00e0 confirmer tout le talent et la popularit\u00e9 dont jouit le groupe depuis ces d\u00e9buts. Ces sept titres pourraient bien, toutes proportions gard\u00e9es, conf\u00e9rer irr\u00e9m\u00e9diablement un statut unique \u00e0 ce nouvel album, qui pourraient bien se placer comme leur meilleur, au moins depuis\u00a0<em>Blackwater Park<\/em>. Rendez-vous dans deux mois pour affirmer ces propos.<\/p>\n<p><strong>Origine :<\/strong> Su\u00e8de<br \/><strong>Style :<\/strong> metal onirique ****<br \/><strong>Form\u00e9 en : <\/strong>1990<br \/><strong>Composition\u00a0:<\/strong> <br \/>Mikael \u00c5kerfeldt &#8211; chant &amp; guitare<br \/>Fredrik \u00c5kesson &#8211; guitare<br \/>Martin Mendez &#8211; basse<br \/>Per Wiberg &#8211; claviers<br \/>Martin \u00ab\u00a0Axe\u00a0\u00bb Axenrot &#8211; batterie<br \/><strong>Nouvel album\u00a0:<\/strong> <em><a href=\"index.php?option=com_k2&amp;view=item&amp;id=13256:watershed&amp;Itemid=12\" target=\"_blank\">Watershed<\/a><\/em> (2008)<\/p>\r\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>Attendu avec fr\u00e9n\u00e9sie et la bave aux l\u00e8vres, Progressia a pu jeter une oreille attentive sur\u00a0<em>Watershed<\/em>, neuvi\u00e8me album des Su\u00e9dois, qui pr\u00e9sente ses deux nouvelles recrues : Martin \u00ab\u00a0Axe\u00a0\u00bb Axenrot et Fredrik \u00c5kesson. A deux mois de sa sortie, nous d\u00e9voilons \u00e0 notre lectorat nos impressions sur le futur fait d&rsquo;armes d&rsquo;Opeth. Attention toutefois aux nombreuses r\u00e9v\u00e9lations musicales, un m\u00e9lomane averti en vaut deux !<\/strong><br \/><br \/><strong>Coil (3&rsquo;11)<\/strong><br \/><br \/>Les festivit\u00e9s s&rsquo;ouvre sur cette magnifique introduction d&rsquo;un clair-obscur saisissant. Opeth prend d&#8217;embl\u00e9e \u00e0 contre-pied les auditeurs avec le morceau le plus court de l&rsquo;album mais \u00f4 combien riche en textures \u00e9pur\u00e9es. La guitare acoustique, la voix de Mickael \u00c5kerfeldt et la pr\u00e9sence de Nathalie Lorichs (c\u00e9l\u00e8bre chanteuse su\u00e9doise) balisent cette nouvelle offrande en d\u00e9voilant un aper\u00e7u du plat de r\u00e9sistance.\u00a0<em>Watershed<\/em> ou la rencontre d&rsquo;Opeth et de la musique folk et progressive dans sa plus pure combinaison harmonique. Le meilleur reste semble-t-il \u00e0 venir&#8230;<br \/><br \/><strong>Heir Apparent (8&rsquo;51)<\/strong><br \/><br \/>Rentrer dans le vif du sujet chez Opeth rel\u00e8ve du pl\u00e9onasme ! Apr\u00e8s la mise en ab\u00eeme pourvue d&rsquo;une d\u00e9licate attention avec \u00ab\u00a0Coil\u00a0\u00bb, Opeth nous plonge dans les limbes de l&rsquo;esprit de son g\u00e9niteur. Mikael \u00c5kerfeld a tout mis en \u0153uvre pour pr\u00e9senter cette nouvelle version 2008 du groupe sous son meilleur aspect. Ce second titre propose d&#8217;embl\u00e9e un\u00a0<em>tempo<\/em>lourd baignant dans une ambiance sombre, o\u00f9 virevolte la fr\u00eale libellule au sein de t\u00e9n\u00e8bres sans fin. L&rsquo;envol vers la clart\u00e9 appara\u00eet soudainement lorsque le piano de Per Wiberg enflamme l&rsquo;\u00e9coute accompagn\u00e9e de rythmiques syncop\u00e9es, qui confirment bel et bien ce sentiment qu&rsquo;Opeth est bien plus progressif que de coutume. Le myst\u00e8re Fredrik \u00c5kesson se d\u00e9s\u00e9paissit par des\u00a0<em>soli<\/em> d&rsquo;un calibre endiabl\u00e9e qui soumet un apport technique rayonnant avec brio. A mi-chemin, des ambiances atmosph\u00e9riques relayent une s\u00e9quence brutale et se rappellent \u00e0 notre bon souvenir de l&rsquo;\u00e9poque<em>Blackwater Park<\/em>. Un ap\u00e9ritif gargantuesque en somme qui s\u00e8me l&rsquo;apocalypse \u00e0 lui-seul avec un final en apoth\u00e9ose bourr\u00e9 de finesse et de m\u00e9lodie. Opeth a d\u00e9finitivement pondu un titre amen\u00e9 \u00e0 devenir un nouveau classique sur sc\u00e8ne.<br \/><br \/><strong>The Lotus Eater (8&rsquo;49)<\/strong><br \/><br \/>Si le pr\u00e9c\u00e9dent album\u00a0<em>Ghost Reveries<\/em> renfor\u00e7ait les structures instrumentales avec une grande dext\u00e9rit\u00e9,\u00a0<em>Watershed<\/em> se place dans l&rsquo;innovation stylis\u00e9e et dans une d\u00e9marche d&rsquo;\u00e9volution nettement affirm\u00e9e. Un seul exemple mettra tout le monde d&rsquo;accord avec cette s\u00e9quence d&rsquo;anthologie o\u00f9\u00a0<em>blast beats<\/em> se conjuguent avec le chant clair de Mikael \u00c5kerfeldt, avec le spectre d&rsquo;un Devin Townsend en suspens. Opeth continue de faire la part belle aux mixtures bouillonnantes dans le chaudron, avec un remarquable passage folk en milieu de morceau nostalgique \u00e0 souhait, o\u00f9 quelques passages lumineux viennent chasser la grisaille d&rsquo;un jour de pluie. Le coup d&rsquo;estoque intervient lors d&rsquo;une nouvelle s\u00e9quence impr\u00e9vue sur laquelle le groupe s&rsquo;aventure avec emphase sur un funk progressif au\u00a0<em>groove<\/em> imparable. Monstrueux ! H\u00e9 oui, vous avez bien lu ! Opeth joue d\u00e9sormais la carte de l\u2019Audace avec un grand \u00ab\u00a0A\u00a0\u00bb. Ajouter \u00e0 cela un lyrisme gothique au sens litt\u00e9raire du terme et vous aurez une pi\u00e8ce d&rsquo;une grande sensibilit\u00e9. L&rsquo;\u00e9coute fluide fera d&rsquo;ailleurs passer ce titre comme une lettre \u00e0 la poste. Un autre\u00a0<em>hit<\/em> sc\u00e9nique !<br \/><br \/><strong>Burden (7\u201942)<\/strong><br \/><br \/>Opeth affirme ses influences en maniant habilement l&rsquo;art de la reconnaissance envers ses pairs. Ce quatri\u00e8me titre explore une galerie de portraits dont la restauration su\u00e9doise en fait briller les ornements. Le mellotron omnipr\u00e9sent, devenu une v\u00e9ritable griffe depuis l&rsquo;arriv\u00e9e de Per Wiberg, fait \u00e9cho aux souvenirs de Pink Floyd et Genesis, conf\u00e9rant une couleur unique sous le voile brumeux omnipr\u00e9sent. En proie \u00e0 un plaisir de tous les instants, le groupe parvient \u00e0 niveler vers le haut la qualit\u00e9 de sa musique, comme l&rsquo;illustre le somptueux\u00a0<em>solo<\/em> d\u2019orgue qui rappelle le grand Deep Purple. Les lignes vocales ne sont pas \u00e9pargn\u00e9es puisqu&rsquo;\u00e0 notre grand \u00e9tonnement, on se met \u00e0 penser (toutes proportions gard\u00e9es) \u00e0 Michel Berger ou Daniel Balavoine lors des refrains ! La m\u00e9canique si particuli\u00e8re de ce morceau se d\u00e9marque \u00e9galement par une l\u00e9g\u00e8re dissonance sur sa fin o\u00f9 la musique contemporaine pointe le bout de son nez. Imparable !<br \/><br \/><strong>Porcelain Heart (8\u201901)<\/strong><br \/><br \/>Opeth insiste sur la force hydraulique de sa musique en employant un c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0stoner\u00a0\u00bb lourd et franc pour d\u00e9buter ce morceau, qui symbolise peut-\u00eatre la fragilit\u00e9 de cet album. Petite ombre au tableau, cette entr\u00e9e en mati\u00e8re s&rsquo;av\u00e8re laborieuse et risque de rebuter certains auditeurs ou faire sauter l&rsquo;applaudim\u00e8tre, c&rsquo;est selon. Il persiste pourtant une impression de d\u00e9j\u00e0-entendu. Opeth brouille finalement les pistes et on ne peut que constater l&rsquo;important travail d&rsquo;orf\u00e8vre sur les voix et ce cot\u00e9 folk affirm\u00e9 qui s\u00e9vit sur une bonne majorit\u00e9 des titres. Rus\u00e9 comme des renards, les musiciens nous tendent le pi\u00e8ge et la surprise est de taille : la pr\u00e9sence de bois qui conf\u00e8rent une m\u00e9lancolie d&rsquo;une dorure nervalienne. A retenir un int\u00e9ressant th\u00e8me \u00e0 la guitare qui s&rsquo;applique \u00e0 jouer un motif ternaire en boucle sur une structure instrumentale en binaire. Opeth ou l&rsquo;art d&rsquo;inverser la vapeur.<br \/><br \/><strong>Hessian Peel (11\u201926)<\/strong><br \/><br \/>Il faudra bien plus d&rsquo;une bonne paire d&rsquo;oreilles et d&rsquo;une m\u00e9moire s\u00e9quentielle pour engloutir la pi\u00e8ce-ma\u00eetresse de\u00a0<em>Watershed<\/em>. Pour preuve, Opeth s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 semer l&rsquo;auditeur dans les d\u00e9tours d&rsquo;un labyrinthe de jardin anglais. S&rsquo;armer de bougies dans ce d\u00e9dale truff\u00e9 de bougies, de lustres et autres miroirs s&rsquo;av\u00e8re n\u00e9cessaire. Si le titre d\u00e9bute par un blues \u00e0 donner des palpitations de plaisir, l&rsquo;attrait folk ressurgit non sans omettre des dissonances bienvenues. Adressant une ode enamour\u00e9e de nouveau \u00e0 Pink Floyd avec un trait au pinceau d&rsquo;une finesse rappelant \u00ab\u00a0Shine on You Crazy Diamond\u00a0\u00bb, on peut \u00e9galement observer un surprenant cot\u00e9 m\u00e9di\u00e9val en filigrane. Un titre qui synth\u00e9tise\u00a0<em>a fortiori<\/em> ce nouvel album, avec cette intimit\u00e9 initi\u00e9e par un piano se fondant vers le c\u00f4t\u00e9 t\u00e9n\u00e9breux et pugnace du groupe, tiraill\u00e9 par les rugissements de Mikael \u00c5kerfeldt. \u00ab\u00a0Hessian Peel\u00a0\u00bb incarne subtilement l&rsquo;aspect \u00ab\u00a0grand macabre\u00a0\u00bb d&rsquo;Opeth pour notre plus grand plaisir. A noter des aspects toujours plus affirm\u00e9s de consonances contemporaines et exp\u00e9rimentales.<br \/><br \/><strong>Hex Omega (6\u201959)<\/strong><br \/><br \/>Toutes les bonnes choses ont une fin. Dot\u00e9 d&rsquo;une mont\u00e9e en puissance enivrante qui n\u2019est pas sans rappeler Porcupine Tree et le Dream Theater p\u00e9riode\u00a0<em>Falling into Infinity<\/em>. Les claviers poss\u00e8dent un phras\u00e9 teint\u00e9 de jazz soutenu par un mellotron. A noter \u00e9galement un l\u00e9ger ondoiement oriental qui ent\u00e9rine d\u00e9finitivement l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;Opeth a su proposer avec talent une kyrielle de nouveaux \u00e9l\u00e9ments bienvenus. Un titre qui cl\u00f4t de fort belle mani\u00e8re cette \u00e9ni\u00e8me production dont on peut affirmer une chose : empreint d&rsquo;un onirisme constant, la po\u00e9sie qui \u00e9mane de cet album n&rsquo;en est plus que fine et enchanteresse. Et bien que le d\u00e9part de Martin Lopez ait pu effrayer nombre de fans, Axe remplit son r\u00f4le avec merveille dans son approche plus lourde et franche de la batterie et n\u00e9anmoins tout aussi convaincante de subtilit\u00e9 et de virtuosit\u00e9.<br \/><br \/><strong>Conclusion<\/strong><br \/><br \/><em>Watershed<\/em> est-il\u00a0<em>a priori<\/em> le meilleur album d\u2019Opeth ? Avec Jens Bogren aux manettes, la production sert avec justesse un mixage profond, rond et massif. D&rsquo;une limpidit\u00e9 exemplaire, on prend un malin plaisir \u00e0 se laisser guider dans ce brouillard fi\u00e9vreux bourr\u00e9 de charme. Accumulant les surprises, cette cuv\u00e9e propose son lot de r\u00e9jouissances inattendues : un Opeth vitamin\u00e9, de la guitare au\u00a0<em>shred<\/em>parcimonieux et efficace, un disque d&rsquo;une grande intelligence qui m\u00eale habilement les influences jusque-l\u00e0 timides et le savoir-faire magistral d&rsquo;un Mikael \u00c5kerfeldt ciselant avec soin, et fort d&rsquo;une exp\u00e9rience solide, une musique sans limites. Toutefois, Opeth est \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;un restaurant fran\u00e7ais, il faut prendre le temps pour en d\u00e9guster toutes les subtilit\u00e9s. Cette premi\u00e8re \u00e9coute a suffi \u00e0 confirmer tout le talent et la popularit\u00e9 dont jouit le groupe depuis ces d\u00e9buts. Ces sept titres pourraient bien, toutes proportions gard\u00e9es, conf\u00e9rer irr\u00e9m\u00e9diablement un statut unique \u00e0 ce nouvel album, qui pourraient bien se placer comme leur meilleur, au moins depuis\u00a0<em>Blackwater Park<\/em>. Rendez-vous dans deux mois pour affirmer ces propos.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Origine : Su\u00e8deStyle : metal onirique ****Form\u00e9 en : 1990Composition\u00a0: Mikael \u00c5kerfeldt &#8211; chant &amp;&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":22218,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22217"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22217"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22217\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}