{"id":22188,"date":"2004-05-13T00:00:00","date_gmt":"2004-05-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/a186db1a3bde5525eb2e45af15161f12_XL.jpg"},"modified":"2004-05-13T00:00:00","modified_gmt":"2004-05-12T22:00:00","slug":"22188","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/05\/13\/22188\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 2004"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Tritonales 2004<\/h1>\n<p><strong>Du 4 au 26 juin, la salle lilasienne du Triton r\u00e9sonnera des accords \u00e9chevel\u00e9s d&rsquo;une programmation \u00e0 la crois\u00e9e des musiques progressives, zeuhl, canterbury et avant-gardistes. Si l&rsquo;affiche est peut-\u00eatre l\u00e9g\u00e8rement moins \u00e9clectique que celle de l&rsquo;an dernier, elle pr\u00e9sente nombre de poids-lourds du genre, dont certaines raret\u00e9s sc\u00e9niques. Un festival \u00e0 ne pas manquer !<\/strong><\/p> \t  <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>          Les Tritonales deuxi&egrave;me &eacute;dition : un menu all&eacute;chant          ! <\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong> <\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><strong>La deuxi&egrave;me &eacute;dition du festival          progressif se profile &agrave; un horizon de plus en plus proche. Du 4          au 26 juin, la salle lilasienne du Triton r&eacute;sonnera des accords          &eacute;chevel&eacute;s d&rsquo;une programmation &agrave; la crois&eacute;e          des musiques progressives, zeuhl, canterbury et avant-gardistes. Si l&rsquo;affiche          est peut-&ecirc;tre l&eacute;g&egrave;rement moins &eacute;clectique que          celle de l&rsquo;an dernier, elle pr&eacute;sente nombre de poids-lourds du          genre, dont certaines raret&eacute;s sc&eacute;niques. Un festival &agrave;          ne pas manquer !<\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\"> <span class=\"dateconcert\"><strong>Magma (4 et 5,          puis 8, 9, 10, 11 et 12 juin)<\/strong><\/span><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><span class=\"dateconcert\"><strong><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_trito2_1.jpg\" width=\"170\" height=\"113\" align=\"left\" border=\"1\"><\/strong><\/span>Pour          la troisi&egrave;me ann&eacute;e cons&eacute;cutive, la n&eacute;buleuse          vanderienne se pose au Triton, pour une s&eacute;rie de concerts exceptionnels,          tant par le r&eacute;pertoire abord&eacute; (le groupe exhumera des vieux          titres rarement jou&eacute;s, mais s&rsquo;aventurera aussi du c&ocirc;t&eacute;          de nouvelles compositions) que par l&rsquo;occasion &#8211; rare &#8211; de voir Magma dans          un club. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarif unique 22 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><span class=\"dateconcert\"><strong>Mats &amp; Morgan          Band (15 juin)<\/strong><\/span><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Les anciens trublions d&eacute;couverts par Frank          Zappa himself et anciens comparses de Mike Keneally et Steve Vai sont          aujourd&rsquo;hui consid&eacute;r&eacute;s comme des ma&icirc;tres d&rsquo;un jazz-fusion          &agrave; la fois technique, sophistiqu&eacute;, tr&egrave;s musical et&#8230;          plein d&rsquo;humour !<\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 18 &euro;, r&eacute;duit 15 &euro;,          adh&eacute;rents 12 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><strong>Forgas Band Phenomena \/ Syrinx (16 juin)<\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b><i>Patrick Forgas<\/i><\/b> est parfois surnomm&eacute;          le &quot;cousin fran&ccedil;ais de la sc&egrave;ne de Canterbury&quot;.          M&ecirc;lant m&eacute;lodie et spectaculaire, il d&eacute;voilera en avant-premi&egrave;re          le morceau-titre de son prochain album, <i>Coup de Th&eacute;&acirc;tre.          <br \/>         <\/i>Avec <i>R&eacute;ification<\/i>, <i><b>Syrinx<\/b><\/i> a frapp&eacute;          un grand coup et s&rsquo;est impos&eacute; comme l&rsquo;un des groupes phares de          la sc&egrave;ne progressive fran&ccedil;aise. Sortant de l&rsquo;anonymat qu&rsquo;ils          maintenaient volontairement, les musiciens se d&eacute;voileront &agrave;          la face du monde sur la sc&egrave;ne du Triton.<\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 12,50 &euro;, r&eacute;duit 10,50          &euro;, adh&eacute;rents 7,50 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><strong>Soft Bounds (17 juin)<\/strong> <\/p>       <p class=\"dateconcert\">Hugh Hopper, Elton Dean, Sophia Domancich et Simon          Goubert&#8230; tous ces noms vous parlent, mais pas ensemble ? Ce sera d&eacute;sormais          chose faite avec Soft Bounds, une r&eacute;union in&eacute;dite sur la          sc&egrave;ne du Triton, m&ecirc;lant deux figures embl&eacute;matiques          de Soft Machine &agrave; deux musiciens &quot;qui montent&quot; toujours          plus sur la sc&egrave;ne jazz fran&ccedil;aise !<\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 18 &euro;, r&eacute;duit 15 &euro;,          adh&eacute;rents 12 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\" align=\"center\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_trito2_2.jpg\" width=\"240\" height=\"99\" border=\"1\"><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>We insist ! (18 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Une musique volcanique et &eacute;pique, tellurique          et audacieuse, que les habitu&eacute;s du Triton commencent &agrave; tr&egrave;s          bien conna&icirc;tre ! Aux autres de d&eacute;couvrir, d&eacute;sormais,          ce groupe en dehors des sentiers battus ! <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 12,50 &euro;, r&eacute;duit 10,50          &euro;, adh&eacute;rents 7,50 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Zao (19 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">L&rsquo;an dernier, sur la sc&egrave;ne du Triton, F. Cahen          et Y. Seffer se retrouvaient r&eacute;unis, en duo. C&rsquo;est cette ann&eacute;e          au sein d&rsquo;un ZAO fra&icirc;chement reform&eacute; qu&rsquo;ils se produiront,          pour la premi&egrave;re fois de 1986. Outre le fid&egrave;le Fran&ccedil;ois          Causse, ils seront accompagn&eacute;s de G&eacute;rard Pr&eacute;vost          (bassiste de la formation l&eacute;gendaire) et d&rsquo;une chanteuse. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 15 &euro;, r&eacute;duit 12 &euro;,          adh&eacute;rents 9 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Kafka \/ Guapo (21 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Entre Pink Floyd, King Crimson, Led Zeppelin et Magma          d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, Radiohead, Tool ou Godspeed You !, <b><i>Kafka<\/i><\/b>          est un jeune trio extr&ecirc;mement prometteur et faisant d&eacute;j&agrave;          preuve d&rsquo;une grande maturit&eacute; sortira un premier album au mois de          septembre prochain.<br \/>         En ayant d&eacute;coiff&eacute; plus d&rsquo;un lors de sa prestation de la          pr&eacute;c&eacute;dente &eacute;dition du festival, les Anglais de <i><b>Guapo<\/b><\/i>,          d&eacute;sormais accompagn&eacute;s d&rsquo;un second clavi&eacute;riste, se          posent &agrave; nouveau au Triton pour d&eacute;voiler des extraits de          leurs deux prochains albums. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Entr&eacute;e libre !<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Lajudie Quintet (22 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Derri&egrave;re ce nom qui ne dira sans doute pas          grand chose aux amateurs de progressif &quot;nouvelle g&eacute;n&eacute;ration&quot;          se cachent un certain nombre d&rsquo;anciens du Paga Group de Bernard Paganotti          (ex-bassiste de Magma). Entre jazz-rock, hard-bop, d&eacute;cibels et          d&eacute;charges &eacute;lectriques, le ma&icirc;tre mot est le rythme,          dans tous ses &eacute;tats.<\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 15 &euro;, r&eacute;duit 12 &euro;,          adh&eacute;rents 9 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Pip Pyle&rsquo;s Bash (23 juin) <\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Le nouveau groupe du c&eacute;l&egrave;bre batteur          anglais (Gong, Hatfield and the North, National Health&#133;) revient          au Triton un premier album en main (<i>Belle Illusion<\/i>), enregistr&eacute;          en grande partie <i>live<\/i>, lors de la prestation du groupe &agrave;          la pr&eacute;sente &eacute;dition des Tritonales. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 15 &euro;, r&eacute;duit 12 &euro;,          adh&eacute;rents 9 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Univers Z&eacute;ro (24 juin) <\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_trito2_3.jpg\" width=\"220\" height=\"106\" align=\"right\" border=\"1\"><\/b>Absent          des sc&egrave;nes depuis 1986 (&agrave; l&rsquo;exception d&rsquo;un concert au Canada          en 1997), le v&eacute;t&eacute;ran des &quot;musiques nouvelles&quot;          f&ecirc;te son trenti&egrave;me anniversaire avec un spectacle multim&eacute;dia          m&ecirc;lant grands classiques et morceaux r&eacute;cents, pour ce qui          sera le premier concert d&rsquo;une tourn&eacute;e mondiale passant notamment          par les Etats-Unis.<\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarif unique 22 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Sotos \/ One Shot (25 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b><i>Sotos<\/i><\/b> semble s&rsquo;&ecirc;tre abonn&eacute;          au Triton, pour le plus grand plaisir des Parisiens. Troisi&egrave;me          concert en deux ans pour les leaders fran&ccedil;ais de la jeune g&eacute;n&eacute;ration          du &quot;rock de chambre&quot;, &agrave; la crois&eacute;e du rock, du          jazz, de la zeuhl et des musiques nouvelles.<br \/>         Emmanuel Borghi, James Mac Gaw et Philippe Bussonnet, qui ouvraient les          Tritonales avec Magma, reviendront accompagn&eacute;s du batteur Daniel          Jeand&rsquo;heur, au sein de <i><b>One Shot<\/b><\/i>, proposer une musique toute          en contraste et en &eacute;nergie, chaleureusement complexe mais toujours          accessible. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Tarifs : normal 15 &euro;, r&eacute;duit 12 &euro;,          adh&eacute;rents 9 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>Taal (26 juin)<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Avec deux batteurs et un quatuor &agrave; cordes,          Taal n&rsquo;a pas peur de l&rsquo;originalit&eacute;, comme en t&eacute;moigne &eacute;galement          sa musique, alternant sans le moindre complexe des climats rock, classique,          jazz, baroque, folk, tout en restant &agrave; la fois audacieux et coh&eacute;rent.          A d&eacute;couvrir d&rsquo;urgence. <\/p>       <p class=\"dateconcert\"><i>Ta<\/i><i>rifs : normal 12,50 &euro;, r&eacute;duit          10,50 &euro;, adh&eacute;rents 7,50 &euro;<\/i><\/p>       <p class=\"dateconcert\"><b>D&eacute;tails pratiques<\/b><\/p>       <p class=\"dateconcert\">Le Triton se trouve &agrave; cinq minutes de Paris          (Porte des Lilas) et est facilement accessible, tant en voiture qu&rsquo;en          m&eacute;tro. Les concerts des Tritonales commenceront &agrave; 21 h (ouverture          des portes &agrave; 20 h), et il est conseill&eacute; &#8211; voir absolument          indiqu&eacute; pour certains concerts &#8211; de r&eacute;server, cette seconde          &eacute;dition s&rsquo;annon&ccedil;ant d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; comme un          succ&egrave;s.<\/p>       <p class=\"dateconcert\">Comme l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, Progressia          proposera des comptes-rendus de la quasi-totalit&eacute; des concerts,          mais rien ne vaut l&rsquo;exp&eacute;rience du direct !<\/p>             <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         1. Premi&egrave;re semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font>Les Tritonales 2004 s&rsquo;ouvrent en fanfare, avec sept concerts          de Magma. La salle affiche plus que complet, et l&rsquo;on se demande parfois          s&rsquo;il ne faudrait pas pr&eacute;voir bouteilles d&rsquo;oxyg&egrave;ne et compresseur,          tant l&rsquo;ambiance est torride et l&rsquo;air satur&eacute;. Mais au vu des mines          r&eacute;jouies sortant de l&rsquo;antre trois heures et un paquet de d&eacute;cibels          plus tard, il n&rsquo;est plus de doute possible : la &quot; recette &quot;          Magma fonctionne toujours, et le Triton, sous l&rsquo;ombre de la griffe rouge,          se transforme une nouvelle fois en boite &agrave; bonheur pour un public          largement conquis. <br \/>         <br \/>         Vendredi 4 et samedi 5 juin 2004<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_1.jpg\" width=\"200\" height=\"145\" align=\"right\" border=\"1\">Pour          ces deux premi\u00e8res soir\u00e9es au Triton, l&rsquo;ambiance sur sc\u00e8ne oscille entre          sourires et tensions, et l&rsquo;on sent que certaines choses sont encore en          phase de r\u00e9glage. Le public est quant &agrave; lui h&eacute;t&eacute;rog&egrave;ne,          et plut&ocirc;t &eacute;tonnamment jeune et enthousiaste le second soir          : preuve s&rsquo;il en &eacute;tait encore besoin que Magma a su renouveler          ces derni&egrave;res ann&eacute;es une partie de son auditoire, et f&eacute;d&eacute;rer          autour de lui un nombre cons&eacute;quent de passionn&eacute;s.<br \/>         <br \/>         Le concert s&rsquo;ouvre sur \u00a0\u00bb Wurdah Itah \u00ab\u00a0, pi\u00e8ce toute en contrastes mettant          particuli\u00e8rement en valeur un Antoine Paganotti qui se donne enti\u00e8rement,          prenant presque exclusivement seul en charge l&rsquo;ensemble des chants masculins,          soulag\u00e9 par moments par un James McGaw exceptionnellement aux claviers.          Cette version sc&eacute;nique est bien moins d&eacute;pouill&eacute;e          que son pendant discographique, b&eacute;n&eacute;ficiant de l&rsquo;enrichissement          des parties de claviers et des voix f&eacute;minines. Dans l&rsquo;ensemble,          le \u00a0\u00bb Wurdah Itah \u00a0\u00bb du second soir est d&rsquo;ailleurs plus coh\u00e9rent et mieux          men\u00e9, \u00e9maill\u00e9 d&rsquo;un tr\u00e8s beau duo, plein de sensibilit\u00e9, entre Antoine          et Himiko Paganotti, et par un final remarquable, amen\u00e9 de tr\u00e8s loin,          en une tr\u00e8s longue plage d&rsquo;un crescendo intense.<br \/>         Les mises en place sont, comme de coutume, d&rsquo;une pr\u00e9cision sans faille,          mais on sent un climat pesant sur sc\u00e8ne, comme si l&rsquo;ambiance n&rsquo;\u00e9tait pas          des plus cordiales. Ces tensions sont sans doute caus&eacute;es, ou aggrav\u00e9es,          \u00e0 la fois par l&rsquo;aridit\u00e9 de cette longue suite, de construction complexe          et aux mises en places potentiellement p&eacute;rilleuses, et par des          probl\u00e8mes de son qui semblent r\u00e9currents. Le premier soir, si le son &#8211;          bien que globalement trop fort &#8211; s&rsquo;am\u00e9liore assez rapidement en fa\u00e7ade,          les s\u00e9maphores des musiciens \u00e0 de nombreuses reprises \u00e0 l&rsquo;attention de          la r\u00e9gie montrent que sur sc\u00e8ne, des difficult\u00e9s subsistent. Les musiciens          semblent s&rsquo;entendre relativement mal, et le second clavier \u00eatre par moments          quasi-absent du mix. Le deuxi\u00e8me soir, si le son en salle est meilleur,          tout en saturant vite, des difficult\u00e9s semblent persister sur sc\u00e8ne, notamment          concernant un retour, n&rsquo;aidant pas, sans doute, \u00e0 d\u00e9tendre le climat.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_2.jpg\" width=\"140\" height=\"211\" align=\"left\" border=\"1\">La          seconde partie du premier set est constitu\u00e9e d&rsquo;un \u00a0\u00bb Sowilo\u00ef \/ KMX \u00a0\u00bb plus          d\u00e9tendu, surtout le second soir. \u00a0\u00bb Sowilo\u00ef \u00a0\u00bb b\u00e9n\u00e9ficie de nouveaux arrangements          et d&rsquo;un beau travail sur les voix, tandis que la partie instrumentale          de &quot; KMX &quot;, plut\u00f4t violente le premier soir, monte de mani\u00e8re          extr&ecirc;mement puissante le second, alors m&ecirc;me que le solo de          basse de Philippe Bussonet \u00a0\u00bb prend \u00a0\u00bb mieux, gagnant en intensit&eacute;          et en fluidit&eacute; par rapport &agrave; la veille, et retombant plus          naturellement sur le <i>tutti<\/i> suivant. <br \/>         <br \/>         Apr&egrave;s une pause bien m&eacute;rit&eacute;e, les neuf musiciens          reviennent sur sc&egrave;ne pour interpr&eacute;ter &quot;KA&quot;, morceau          titre du prochain de Magma, dont la sortie est pr&eacute;vue &agrave;          l&rsquo;automne prochain, et que le public semble dans son immense majorit&eacute;          d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s bien conna&icirc;tre, tant le groupe l&rsquo;a          rod&eacute; sur sc&egrave;ne au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es.          Ce long titre de plus de quarante-cinq minutes est une excellente synth\u00e8se          de tous les climats d\u00e9velopp\u00e9s par Magma, oscillant de l&rsquo;inqui\u00e9tant au          sulfureux, du lyrisme &agrave; l&rsquo;asc&egrave;se, avec d&rsquo;une mani&egrave;re          g&eacute;n&eacute;rale un aspect vocal plus d&eacute;velopp&eacute; qu&rsquo;auparavant,          notamment du fait de l&#8217;emploi de chanteurs plus nombreux que sur bien          des albums studios ant&eacute;rieurs.<br \/>         Lors de ces deux premi&egrave;res soir&eacute;es, le concert prend une          nouvelle dimension : l&rsquo;interpr&eacute;tation est plus souple et plus libre,          et l&rsquo;on sent que la formation actuelle est nettement plus &agrave; l&rsquo;aise          sur ce titre, qu&rsquo;elle s&rsquo;est enti&egrave;rement appropri&eacute;, que sur          les morceaux pr&eacute;c&eacute;dents. Le second soir, &quot; KA &quot;          se r&eacute;v&egrave;le assez exceptionnel, atteignant une intensit&eacute;          rare lors des phases de crescendo, et transporte litt&eacute;ralement          public et, semble-t-il, musiciens, d&eacute;ridant m&ecirc;me une Isabelle          Feuillebois jusque l&agrave; bien morose. Le titre a pris de l&rsquo;ampleur,          b&eacute;n&eacute;ficiant de nouveaux arrangements de guitares et claviers          densifiant nettement la trame instrumentale, et le final est proprement          dantesque, et Christian Vander s&rsquo;y montre litt&eacute;ralement d&eacute;cha&icirc;n&eacute;.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_3.jpg\" width=\"220\" height=\"157\" align=\"right\" border=\"1\">De          ces deux soir&eacute;es, l&rsquo;on ressort avec l&rsquo;Impression que le groupe          a rarement \u00e9t\u00e9 aussi centralis\u00e9 autour d&rsquo;un Christian Vander aux aguets,          surveillant plus que jamais l&rsquo;ensemble des musiciens en chanteurs du coin          de l&rsquo;\u0153il. Un regard pour faire monter un crescendo et le pousser plus          loin, un regard mi-furieux mi-amus&eacute; signalant une erreur de placement,          un regard approbateur et encouragement lors d&rsquo;un passage particuli&egrave;rement          ardu, un regard courrouc&eacute; lors d&rsquo;une faute de rythme, etc. Sa frappe          est si dense, principalement le deuxi&egrave;me soir, qu&rsquo;il sature parfois          \u00e0 lui seul l&rsquo;ensemble de l&rsquo;espace sonore par son jeu cymbales ou d&rsquo;une          caisse claire particuli&egrave;rement brillante.<br \/>         En grande forme &eacute;galement, Himiko et Antoine Paganotti, tous sourires,          se donnent sans compter et n&rsquo;&eacute;pargnent pas leurs cordes vocales,          tant et si bien qu&rsquo;Antoine, particuli&egrave;rement mis &agrave; contribution          sur &quot; Wurdah Itah &quot;, semble finir le concert dans un &eacute;tat          proche de l&rsquo;&eacute;puisement, tandis que Stella Vander assure ses parties          avec calme, en restant d&rsquo;une &eacute;galit&eacute; et d&rsquo;une s&ucirc;ret&eacute;          sans failles, tout en s&rsquo;autorisant de discr&egrave;tes plaisanteries (le          second soir).<br \/>         <br \/>         Apr&egrave;s une seconde partie de concert torride, le groupe est rappel&eacute;          &agrave; grands renforts d&rsquo;applaudissements et de cris, alors qu&rsquo;un micro          suppl&eacute;mentaire est amen&eacute; au centre de la sc&egrave;ne. En          effet, pour cette &quot; Ballade &quot; dont la fin est quelque peu diff\u00e9rente          le second soir (&agrave; l&rsquo;instar de &quot; KA &quot;, ce titre a &eacute;volu&eacute;          au cours du temps, et semble encore en cours d&rsquo;&eacute;laboration), Christian          Vander passe au chant. Apr&egrave;s plus de deux heures pass&eacute;es          &agrave; se donner sans compter &agrave; la batterie, son &eacute;nergie          semble pourtant intacte, et il se livre sans retenue. Une nouvelle fois,          le concert du deuxi&egrave;me soir est plus intense et le paroxysme de          ce morceau dont le climat g&eacute;n&eacute;ral n&rsquo;est pas sans rappeler          Offering, plonge l&rsquo;assistance dans un &eacute;tat proche de l&rsquo;hypnose.          <br \/>         <br \/>         Ces concerts au Triton sont une opportunit&eacute; rare d&rsquo;assister &agrave;          un concert de Magma avec un tel degr&eacute; de proximit&eacute;. Il reste          encore une longue s\u00e9rie, de mardi 8 \u00e0 samedi 12 juin, pour d&eacute;couvrir          le groupe dans ces conditions presque id&eacute;ales. Ces cinq soir&eacute;es          permettront sans doute aux musiciens d&rsquo;achever de roder les pi&egrave;ces          de premi&egrave;re partie, encore un peu tendues, et de trouver une v&eacute;ritable          fluidit&eacute;. A ne pas manquer !<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>Du mardi 8 au samedi 12 juin          2004<br \/>         <br \/>         <\/strong><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_4.jpg\" width=\"159\" height=\"205\" align=\"right\" border=\"1\">Cette          deuxi&egrave;me semaine de concert de Magma aux Tritonales ne commen&ccedil;ait          pas sous les meilleurs auspices&#8230; Lors de la premi&egrave;re soir&eacute;e,          le groupe accumule les ennuis techniques : les probl&egrave;mes de son,          tant sur sc&egrave;ne qu&rsquo;en salle, sont encore loin d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;s,          et la guigne semble s&rsquo;acharner puisqu&rsquo;en seconde partie, au beau milieu          de &quot; KA &quot;, le timbre de la caisse-claire se brise, obligeant          le groupe &agrave; s&rsquo;arr&ecirc;ter &agrave; la fin du premier volet de          cette longue suite, afin de remplacer l&rsquo;instrument. Mais Magma n&rsquo;en &eacute;tait          pas ce soir-l&agrave; &agrave; sa derni&egrave;re surprise d&eacute;sagr&eacute;able,          puisque la seconde caisse-claire conna&icirc;t rapidement des probl&egrave;mes          de fixation, g&ecirc;nant le jeu de Christian Vander jusqu&rsquo;&agrave; la          fin du concert ou presque. Tout cela explique sans doute la tension relativement          palpable sur sc&egrave;ne, et l&rsquo;impression que tous ne sont pas &eacute;galement          impliqu&eacute;s dans ce concert, occasion de quelques erreurs de placement          tr&egrave;s inhabituelles pour Magma. <br \/>         Et m&ecirc;me si les choses s&rsquo;am&eacute;liorent lors du second set, l&rsquo;ensemble          de cette soir&eacute;e ne &quot;prend&quot; pas : les constructions complexes          et la progression ne parviennent pas &agrave; se faire, chaque partie          a tendance &agrave; retomber avant de mener &agrave; la suivante, d&rsquo;o&ugrave;          une certaine sensation d&rsquo;inachev&eacute;, malgr&eacute; le professionnalisme          des musiciens. La grande qualit&eacute; de la musique vanderienne, les          constructions et les progressions implacables, emmenant le public dans          une transe o&ugrave; m&ecirc;me le plus r&eacute;ticent finirait par se          laisser prendre, n&rsquo;est pas r&eacute;ellement pr&eacute;sente ce soir.          Pourtant, paradoxalement, le public &#8211; plus bigar&eacute; que les soirs          pr&eacute;c&eacute;dents, allant du jeune adolescent au t-shirt &agrave;          l&rsquo;effigie d&rsquo;un groupe de black-metal au cadre cinquantenaire, d&eacute;garni          et &quot; encravat&eacute; &quot; &#8211; r&eacute;agit avec plus d&rsquo;enthousiasme          que les soirs pr&eacute;c&eacute;dents. Mais cette ferveur cache une r&eacute;alit&eacute;          plus diverse : nombre de n&eacute;ophytes &eacute;taient pr&eacute;sents          ce soir-l&agrave;, dont l&rsquo;air &eacute;bahi et les yeux p&eacute;tillants          cachaient les regards parfois amers de spectateurs plus &quot; exp&eacute;riment&eacute;s          &quot;, restant un tant soit peu sur leur faim.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_5.jpg\" width=\"166\" height=\"128\" align=\"left\" border=\"1\">Mais          la r&eacute;action ne se fait pas attendre et le concert du lendemain          marque le d&eacute;but d&rsquo;une s&eacute;rie en tous points exemplaires,          qui culminera lors des deux derniers soirs. Au cours des quatre jours          suivants, en effet, le groupe se d&eacute;tend consid&eacute;rablement          sur sc&egrave;ne, au fur et &agrave; mesure de l&rsquo;am&eacute;lioration du          son et du rodage du r&eacute;pertoire (nouvelles paroles sur &quot; KA          &quot;, un &quot; Wurdah Itah &quot; exhum&eacute; pour l&rsquo;occasion, &#8230;).          Ainsi, peu &agrave; peu apparaissent sur sc&egrave;ne des sourires, puis          des rires, des plaisanteries entre musiciens, d&rsquo;abord discr&egrave;tes          puis en public lors du dernier concert. La s&eacute;rie s&rsquo;ach&egrave;ve          donc dans la bonne humeur, et dans une ambiance laissant aux morceaux          l&rsquo;espace n&eacute;cessaire pour se d&eacute;velopper pleinement.<br \/>         L&rsquo;am&eacute;lioration du son est tr&egrave;s nette &agrave; partir de          mercredi, et sa qualit&eacute; est all&eacute;e croissant, m&ecirc;me          si le volume sonore global restait souvent tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;.          Lors des deux derniers concerts, il ne reste plus que quelques saturations          dans les aigus &#8211; difficilement &eacute;vitables vu l&rsquo;espace sonore r&eacute;duit          du Triton &#8211; lorsque, pendant un chorus, Christian Vander s&rsquo;acharnait avec          d&eacute;lice sur ses cymbales. Le reste des instruments sonne de mani&egrave;re          bien plus &eacute;quilibr&eacute;e, malgr&eacute; quelques variations          d&rsquo;intensit&eacute; &agrave; la guitare (presque inaudible &agrave; la          fin de &quot; KMX &quot;, ou trop pr&eacute;sente sur certaines doublures          de voix dans &quot; KA &quot;). Les voix, jusque l&agrave; plut&ocirc;t          noy&eacute;es dans un son brouillon, sont &eacute;galement mieux mises          en valeur. Ce nouveau confort d&rsquo;&eacute;coute permet au public &#8211; dont          une partie revient, &agrave; plusieurs concerts &#8211; de s&rsquo;immerger plus profond&eacute;ment          dans la musique de Magma.<br \/>         <br \/>         L&rsquo;am&eacute;lioration est aussi tr&egrave;s sensible au plan strictement          musical. &quot; Wurdah Itah &quot; avait tendance, jusqu&rsquo;au concert du          mardi, &agrave; passer &quot; en violence &quot;, reposant sur son aspect          implacable et martial, au d&eacute;triment &agrave; la fois du lyrisme          (renforc&eacute; par les nouveaux arrangements de voix, dont le tr&egrave;s          beau duo entre Antoine et Himiko Paganotti sur &quot; Bl&uuml;m Tendiwa          &quot;) et de la rythmique, dont les subtilit&eacute;s ont parfois tendance          &agrave; dispara&icirc;tre derri&egrave;re la masse et la puissance de          l&rsquo;ensemble. Par la suite le morceau s&rsquo;est peu &agrave; peu assoupli, laissant          place &agrave; de nouvelles nuances, pour aboutir samedi &agrave; une          tr&egrave;s belle version, presque &eacute;pur&eacute;e, et d&rsquo;une grande          puissance &eacute;motionnelle. De m&ecirc;me, si &quot; Sowilo&iuml; &quot;          a paru manquer de coh&eacute;rence lors des premiers soirs, ne &quot;          prenant &quot; pas vraiment, l&rsquo;interpr&eacute;tation en devient peu &agrave;          <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_magma_6.jpg\" width=\"200\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">peu          plus fluide, parfois presque tendre sur les passages les plus doux. Quant          &agrave; &quot; KMX &quot;, qui restait chaque soir le moment le plus          puissant de la premi&egrave;re partie (le fait que Philippe Bussonnet          monte consid&eacute;rablement le volume au moment d&rsquo;entamer le long solo          de basse n&rsquo;y est pas &eacute;tranger), il devient chaque jour plus imposant,          quitte &agrave; atteindre, pour l&rsquo;auditeur, la limite du seuil de douleur          certains soirs. <br \/>         Le second set, constitu&eacute; de l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; de &quot;          KA &quot;, est chaque soir l&rsquo;instant le plus fort du concert. L&rsquo;ensemble          du titre baigne avant tout dans la lumi&egrave;re, m&ecirc;me dans les          passages o&ugrave; l&rsquo;&eacute;criture est la plus charg&eacute;e. Une grande          place y est accord&eacute;e aux voix, ce qui n&#8217;emp&ecirc;che pas Christian          Vander et Emmanuel Borghi de se livrer &agrave; des chorus r&eacute;ellement          jubilatoires. Cette longue suite tr&egrave;s construite sera l&rsquo;occasion          de quelques toutes petites &eacute;volutions, d&rsquo;un soir sur l&rsquo;autre, ou          de petits d&eacute;tails que l&rsquo;on entend plus ou moins, prenant le spectateur          r&eacute;gulier dans une sorte de jeu de piste au cours de ce long voyage          musical. De plus en plus puissant au cours de ces cinq soir&eacute;es,          &quot; KA &quot; d&eacute;charge le public de toutes les tensions accumul&eacute;es          lors d&rsquo;une premi&egrave;re partie implacable et proprement tellurique.          On en ressort vid&eacute;, mais heureux. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne est          particuli&egrave;rement sensible lors du concert du 12, o&ugrave; l&rsquo;on          a l&rsquo;impression d&rsquo;&ecirc;tre plong&eacute; dans un long bain de jouvence,          et o&ugrave; le silence s&eacute;parant la fin du morceau des premiers          applaudissements dure, comme s&rsquo;il fallait le temps de redescendre, apr&egrave;s          avoir &eacute;t&eacute; emport&eacute; bien loin ! L&rsquo;immanquable rappel,          la &quot; ballade &quot; des deux premiers concerts, se montre chaque          soir sous un jour diff&eacute;rent, mais toujours sensible et puissante,          porteuse et terriblement prenante, tout particuli&egrave;rement lors du          concert du vendredi 11, o&ugrave; sa force a sans doute rarement &eacute;t&eacute;          telle.<br \/>         <br \/>         Le dernier soir est l&rsquo;occasion d&rsquo;un second rappel, qui restera s&ucirc;rement          longtemps dans les m&eacute;moires&#8230; Magma revient sur sc&egrave;ne,          alors que les lumi&egrave;res de la salle avaient &eacute;t&eacute; rallum&eacute;es,          et apr&egrave;s quelques plaisanteries, entame un &quot; Koba&iuml;a &quot;          revenu des temps anciens, par la pr&eacute;sence de Klaus Blasquiz, qui          doit se frayer un chemin &agrave; travers la salle bond&eacute;e, pour          rejoindre la sc&egrave;ne. Sourires et &eacute;clats de rires sont l&eacute;gions,          et le groupe est rejoint sur sc&egrave;ne par un Ren&eacute; Garber (pr&eacute;sent          tout au long de ces sept concerts), hilare et manifestement heureux d&rsquo;&ecirc;tre          l&agrave;, se prenant &agrave; haranguer la foule en koba&iuml;en le temps          de quelques instants.<br \/>         Puis, alors que la salle s&rsquo;est d&eacute;j&agrave; largement vid&eacute;e,          James Mac Gaw joue les trublions de service, revenant sur sc&egrave;ne          pour un solo endiabl&eacute; ou pour s&#8217;emparer de la batterie de Christian          Vander qui intervient &agrave; son tour, lui ordonnant de retourner dans          sa chambre&#8230; Magma n&rsquo;est pas toujours un groupe d&rsquo;hommes et femmes en          noir et d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment s&eacute;rieux, contrairement          &agrave; ce que certains semblent croire.<br \/>         <br \/>         Ces cinq derniers soirs &eacute;voluent donc, en un long et puissant crescendo,          jusqu&rsquo;&agrave; un final en apoth&eacute;ose, refermant cette s&eacute;rie          de concerts sur un &quot; KA &quot; et une ballade d&rsquo;un Magma lumineux          et lyrique comme rarement. Et lorsque l&rsquo;on se r&eacute;soud enfin &agrave;          partir de longues heures plus tard, dans un petit matin froid o&ugrave;          le jour trop bl&ecirc;me poind d&eacute;j&agrave;, on se sent tout &agrave;          coup bien vide.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><i>Photos : Marco Tchamp<\/i><\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Fanny Layani, avec la participation          de Djul<\/strong><\/p>        <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         2. Deuxi&egrave;me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font>Le festival se poursuit selon une seconde formule, faisant          chaque soir se succ&eacute;der un, voire deux, groupes diff&eacute;rents,          explorant toutes les tendances du progressif, de la Canterbury, et m&ecirc;me          du jazz actuels.<br \/>         <br \/>         Mardi 15 juin 2004 &#8211; Mats &amp; Morgan<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Apr&egrave;s une semaine d&rsquo;un Magma          d&rsquo;une grande intensit&eacute;, Mats &amp; Morgan cr&eacute;ait un net          contraste, tout en restant dans une continuit&eacute; certaine en termes          de puissance et de densit&eacute; musicale.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_m&#038;m1.jpg\" width=\"200\" height=\"128\" align=\"left\" border=\"1\">La          musique de Mats &amp; Morgan est en effet un arch&eacute;type de complexit&eacute;.          V&eacute;ritable bunker, sans respirations ni le moindre silence, elle          ne laisse aucun r&eacute;pit, au risque de d&eacute;friser l&rsquo;auditeur          n&eacute;ophyte qui chercherait des rep&egrave;res dans ce bloc lisse          et dur. Mats &Ouml;berg et Morgan &Auml;gren composent comme si l&rsquo;ensemble          de l&rsquo;espace sonore devait en permanence &ecirc;tre rempli, jusqu&rsquo;au moindre          interstice. Cet aspect herm&eacute;tique est encore renforc&eacute; par          la complexit&eacute; des rythmiques et la raret&eacute; de v&eacute;ritables          th&eacute;matiques, &agrave; tel point que l&rsquo;on se dit souvent que l&rsquo;ensemble          parait manquer de construction, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de perspective musicale          sous-tendant chacun des titres. <br \/>         Toutefois, malgr&eacute; l&rsquo;exigeance de ces choix musicaux, le groupe          jouit d&rsquo;une &eacute;norme r&eacute;putation sc&eacute;nique, qui en fait          pour certains un v&eacute;ritable groupe culte. La prestation des joyeux          su&eacute;dois lors des Tritonales 2003 avait impressionn&eacute; ; le          groupe se devait donc de r&eacute;&eacute;diter l&rsquo;exploit. Ce n&rsquo;&eacute;tait          pas garanti, d&rsquo;autant que Mats &Ouml;berg inaugurait du nouveau mat&eacute;riel          et se trouvait g&ecirc;n&eacute; dans son appr&eacute;hension par sa c&eacute;cit&eacute;.          <br \/>         Ainsi, le premier set de ce concert sonne clairement en-de&ccedil;&agrave;          de ce dont le groupe est d&rsquo;ordinaire capable. Les mises en places y apparaissent          parfois un peu h&eacute;sitantes, et certaines transitions de rythme ou          de tempo sonnent parfois de mani&egrave;re un peu fluctuante. Mais le          niveau de la seconde partie est largement meilleur, et le second set fait          d&eacute;coller le concert, pour ne plus redescendre, jusqu&rsquo;&agrave; un          rappel r&eacute;clam&eacute; fr&eacute;n&eacute;tiquement par un public          enthousiaste, mais que l&rsquo;on aurait esp&eacute;r&eacute; plus nombreux          (le Triton est raisonnablement plein, mais semble modeste apr&egrave;s          des concerts de Magma bond&eacute;s comme rarement).<br \/>         <br \/>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">D&rsquo;un concert de Mats &amp; Morgan, on          ressort litt&eacute;ralement &eacute;puis&eacute;, l&rsquo;esprit satur&eacute;          par la compacit&eacute; de la musique et l&rsquo;implacabilit&eacute; des rythmiques          de Morgan &Auml;gren, dont le jeu extr&ecirc;mement dense et technique,          est encore renforc&eacute; par un son tr&egrave;s clair, sauf accidents,          et &agrave; la limite des sonorit&eacute;s cliniques des musiques techno.<br \/>         Mais malgr&eacute; cette aridit&eacute;, le groupe ne se prive pas de          &quot;faire le show&quot;, avec un jeu de sc&egrave;ne qui reste sobre,          mais &eacute;maill&eacute; de d&eacute;tails amusants (lorsque Jimmy &Auml;gren          joue du triangle, il en remplace la batte par la canne blanche de Mats          &Ouml;berg,&#8230;) et de &quot;chor&eacute;graphies&quot; d&rsquo;ensemble (tous          les musiciens sautant en rythme, au risque de se fracasser le cr&acirc;ne          contre le plafond, plut&ocirc;t bas, du Triton).<br \/>         <br \/>         Ainsi, les Su&eacute;dois de Mats &amp; Morgan avaient la lourde t&acirc;che          de propulser les Tritonales en deuxi&egrave;me semaine, apr&egrave;s une          longue s&eacute;rie de Magma s&rsquo;&eacute;tant achev&eacute;e avec beaucoup          d&rsquo;intensit&eacute;. Succ&eacute;dait donc &agrave; Christian Vander un          autre batteur de talent, mais au style fort diff&eacute;rent, et un groupe          qui pr&eacute;sente avec Magma quelques points communs r&eacute;els (exigeance          du propos musical, emphase port&eacute;e sur l&rsquo;aspect rythmique de la          musique, aspect obsessionnel des th&egrave;mes, etc.) mais qui pousse          moins loin l&rsquo;&eacute;volution et la construction de chaque th&eacute;matique          musicale, privil&eacute;giant l&rsquo;intensit&eacute; et la compacit&eacute;          &agrave; l&rsquo;ampleur des d&eacute;veloppements th&eacute;matiques, et qui          &#8211; avant tout &#8211; fait la preuve d&rsquo;une identit&eacute; musicale ind&eacute;niable,          malgr&eacute; l&rsquo;ombre parfois planante du grand Zappa, avec qui les deux          comparses travaill&egrave;rent en leur jeune temps.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><i>Photos : Fanny Layani<\/i><\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Xavier M&eacute;ra et Fanny          Layani <\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong><br \/>         Mercredi 16 juin 2004 &#8211; Forgas Band Phenomena \/ Syrinx<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_forgas1.jpg\" width=\"180\" height=\"132\" align=\"right\" border=\"1\">Devant          une petite foule plut\u00f4t \u00e2g\u00e9e, le v\u00e9t\u00e9ran Patrick Forgas prend place sur          sc\u00e8ne avec son Forgas Phenomena Band fra\u00eechement renouvel\u00e9. Seuls trois          titres figurent sur la set-list, mais le batteur\/compositeur a l&rsquo;intention          de pr\u00e9senter en avant-premi\u00e8re un titre de quarante minutes, extrait de          son prochain album <i>Coup De The\u00e2tre<\/i>. Le concert d\u00e9bute doucement          sur \u00a0\u00bb D\u00e9clic \u00ab\u00a0, dans une ambiance un poil aust\u00e8re, avant de prendre lentement          sa vitesse de croisi\u00e8re. Le jazz rock m\u00e9lodique et efficace aux accents          de Canterbury (Robert Wyatt en t\u00eate) de Forgas a des \u00e9mules, et le public          r\u00e9agit en cons\u00e9quence. La pr\u00e9sence de Patrick Forgas et son jeu de batterie          sans fioritures (mais aux gestes parfois patauds) attirent naturellement          les regards, mais n&rsquo;\u00e9clipsent cependant pas le reste de la troupe. Le          meneur de jeu s&rsquo;est entour\u00e9 de jeunes musiciens de niveau convenable,          \u00e0 la mesure de ses compositions.<br \/>         Le septuor affiche une bonne ma\u00eetrise tout au long de ce concert, notamment          sur \u00a0\u00bb Coup De The\u00e2tre \u00ab\u00a0, pav\u00e9 ambitieux et tr\u00e8s vari\u00e9 qui laisse pr\u00e9sager          de belles choses pour l&rsquo;album \u00e0 venir. Le violon de Cl\u00e9ment Janinet aborde          de jolis th\u00e8mes, tandis que les cuivres s&rsquo;adonnent \u00e0 quelques joutes bien          senties. En revanche, la guitare conna\u00eet parfois des (petits) rat\u00e9s, notamment          une pr\u00e9sence en retrait par rapport au reste, et des soli pas toujours          d&rsquo;une grande propret\u00e9. Le concert s&rsquo;ach\u00e8ve sur un \u00a0\u00bb Extralucide \u00a0\u00bb et un          solo de trompette du meilleur effet, de Sylvain Gontard. A peine une heure          de jeu, mais les fans du \u00a0\u00bb Robert Wyatt fran\u00e7ais \u00a0\u00bb ont le sourire aux          l\u00e8vres, tout comme le groupe d&rsquo;ailleurs. On regrette cependant le l\u00e9ger          statisme des musiciens, mais aussi une certaine langueur, qui s&rsquo;installe          \u00e0 mesure que le concert avance.<\/p>       <p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_syrinx1.jpg\" width=\"200\" height=\"133\" border=\"1\"><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Trente minutes plus tard, les \u00a0\u00bb Transcripteurs          \u00a0\u00bb de Syrinx envahissent la petite sc\u00e8ne du Triton pour jouer l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9          de leur excellent premier album, <i>R\u00e9ification<\/i>. Etant donn\u00e9 la haute          densit\u00e9 de la musique du quatuor, la prestation pouvait se r\u00e9v\u00e9ler d\u00e9licate          \u00e0 transposer en situation <i>live<\/i>. Sachant que les musiciens cherchent          \u00e0 garder le mieux possible l&rsquo;anonymat, on aurait m\u00eame pu craindre qu&rsquo;ils          jouent cach\u00e9s derri\u00e8re un rideau. Ce n&rsquo;\u00e9tait heureusement pas le cas !          Et la mayonnaise prend plut\u00f4t rapidement, \u00e0 condition toutefois de conna\u00eetre          un minimum l&rsquo;\u0153uvre de Syrinx. Dans une ambiance d\u00e9tendue et une salle          qui s&rsquo;est l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9semplie, le titre \u00e9ponyme \u00a0\u00bb R\u00e9ification \u00a0\u00bb ouvre          le bal, exposant d&#8217;embl\u00e9e l&rsquo;impressionnante coh\u00e9sion et ma\u00eetrise des musiciens          ! B\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un son tr\u00e8s satisfaisant (malgr\u00e9 une guitare un peu l\u00e9g\u00e8re          au d\u00e9but), Syrinx semble d\u00e9j\u00e0 bien r\u00f4d\u00e9 pour une formation qui fait l\u00e0          son premier concert ! La mise en place impeccable force l&rsquo;admiration,          respectant au mieux les diverses atmosph\u00e8res du morceau. On encha\u00eene sans          transition sur \u00a0\u00bb Le Vingti\u00e8me Cercle \u00ab\u00a0, o\u00f9 David Maurin d\u00e9laisse quelques          instant sa guitare acoustique pour un chorus de fl\u00fbte traversi\u00e8re.<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_syrinx2.jpg\" width=\"130\" height=\"151\" align=\"left\" border=\"1\">Tout          comme Forgas Phenomena Band, Syrinx offre un petit cadeau au public en          interpr\u00e9tant un titre de son prochain album, pr\u00e9vu pour la fin de l&rsquo;ann\u00e9e.          Et quel titre ! D\u00e9marrant sur une note plus optimiste que les autres compositions          connues du groupe, cette nouveaut\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s dynamique, regorgeant          de rythmes complexes et d&rsquo;ambiances fascinantes, allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 verser          dans le brutal ! Difficile de tout assimiler en une seule \u00e9coute, mais          cette mise en bouche fait ind\u00e9niablement son effet ! Le temps de plaisanter          un petit peu avec le public (se r\u00e9duisant h\u00e9las au fur et \u00e0 mesure que          la nuit avance et que les m\u00e9tros se rar\u00e9fient) sur la pr\u00e9sentation des\u2026          \u00e9l\u00e9ments de la spectaculaire batterie de Philippe Maullet, que l&rsquo;on repart          sur \u00a0\u00bb Emanescence \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb Orbis Ubique \u00ab\u00a0, toujours ex\u00e9cut\u00e9s avec virtuosit\u00e9,          avant de finir sur un intense et hypnotique \u00a0\u00bb Hypostase Des Archontes          \u00ab\u00a0, rallong\u00e9 d&rsquo;un final crescendo de claviers psych\u00e9d\u00e9liques. La quelque          trentaine de spectateurs conquis demande avec enthousiasme un impr\u00e9vu          mais in\u00e9vitable rappel. Syrinx, \u00e0 court de munitions, est oblig\u00e9 de rejouer          \u00a0\u00bb Le Vingti\u00e8me Cercle \u00ab\u00a0, et en d\u00e9pit d&rsquo;une assistance de moins en moins          nombreuse, terrass\u00e9e par l&rsquo;heure tardive ou simplement par la musique          absconse difficile d&rsquo;acc\u00e8s pour des oreilles n\u00e9ophytes, Syrinx s&rsquo;en va          sous les honneurs, fatigu\u00e9 mais heureux d&rsquo;avoir livr\u00e9 une prestation de          qualit\u00e9 et prouv\u00e9 qu&rsquo;il fait partie des groupes les plus int\u00e9ressants          de la sc\u00e8ne progressive !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><i>Photos : Fanny Layani<\/i><\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Greg Filibert <\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><b><br \/>         Jeudi 17 juin 2004 &#8211; Soft Bounds<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Le Triton accueillait avec Soft Bounds,          une formation in\u00e9dite et originale \u00e0 plus d&rsquo;un titre, dans le cadre des          Tritonales. Hugh Hopper et Elton Dean, les bassiste et saxophoniste du          l\u00e9gendaire Soft Machine au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante-dix, se produisaient          au c\u00f4t\u00e9 du batteur Simon Goubert et de la pianiste Sophia Domancich. Ces          deux musiciens fran\u00e7ais sont parmi les plus r\u00e9put\u00e9s de la sc\u00e8ne jazz hexagonale,          et ont d\u00e9j\u00e0 collabor\u00e9 avec d&rsquo;autres artistes associ\u00e9s \u00e0 la sc\u00e8ne progressive          comme Hatfield and the North ou Pip Pyle.<br \/>         <br \/>  Il \u00e9tait clair, simplement en ayant connaissance de l&rsquo;affiche et compte tenu de la r\u00e9putation des \u00a0\u00bb stars \u00a0\u00bb du soir, que ce concert allait \u00eatre le plus jazz de l&rsquo;ensemble de la programmation du festival. En effet, la moiti\u00e9 \u00ab\u00a0progressive\u00a0\u00bb &#8211; et anglophone &#8211; du groupe repr\u00e9sentait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, la frange la plus jazzy du mouvement. Apr\u00e8s tout, Soft Machine n&rsquo;est rien moins que le premier grand groupe de la lign\u00e9e du progressif \u00ab\u00a0\u00e0 la sauce Canterbury\u00a0\u00bb, bien connu pour pr\u00e9f\u00e9rer le jazz aux influences classiques habituellement dominantes dans ce cr\u00e9neau musical. La pr\u00e9sence des deux Fran\u00e7ais ne pouvait qu&rsquo;accentuer cet \u00e9tat de fait, et comme pr\u00e9vu, c&rsquo;est bien \u00e0 un concert de jazz auquel on pouvait assister ce soir-l\u00e0, bien que d&rsquo;un genre un peu sp\u00e9cial.<br \/> La set-list du concert avait au moins deux facettes. D&rsquo;une part, les musiciens se devaient de jouer des classiques de Soft Machine, ce qu&rsquo;ils firent avec brio, rappelant \u00e0 tous ceux qui auraient pu en douter &#8211; et aux autres &#8211; \u00e0 quel point cette musique est intemporelle. C&rsquo;\u00e9tait la face la plus \u00ab\u00a0carr\u00e9e\u00a0\u00bb de la soir\u00e9e, les morceaux de Soft Machine \u00e9tant plus \u00e9crits que les autres. <br \/> D&rsquo;autre part, le spectacle se tournait vers le jazz au sens traditionnel du terme, avec une part plus grande laiss\u00e9e \u00e0 l&rsquo;improvisation. Soft Bounds servait de formation de luxe pour interpr\u00e9ter des morceaux issus des divers projets \u00ab\u00a0solo\u00a0\u00bb de ses membres, m\u00eame si c&rsquo;est surtout la discographie d&rsquo;Elton Dean qui \u00e9tait la plus revisit\u00e9e. Pour l&rsquo;oreille peu entra\u00een\u00e9e de votre serviteur, ce sont les \u00e9panchements free jazz du saxophoniste qui passaient le moins facilement. Il ne fait cependant aucun doute que les amateurs appr\u00e9ciant cette fi\u00e8vre de l&rsquo;improvisation en eurent pour leur compte. Les applaudissements saluant la fin de ce genre de soli totalement d\u00e9brid\u00e9s en t\u00e9moignaient. Paradoxalement, les morceaux de Simon Goubert et de Sophia Domancich sonnaient moins typiquement jazz que ceux d&rsquo;Elton Dean, car plus construits et aussi plus originaux.<br \/><br \/>  Ce sont donc des musiciens en grande forme qui nous divertirent, et bien mieux encore, ce soir au Triton. Hugh Hopper animait avec bonne humeur les interm\u00e8des entre les morceaux et surtout posait l&rsquo;ossature de la musique avec un jeu de basse sobre mais extr\u00eamement efficace. Elton Dean maniait le saxophone avec une virtuosit\u00e9 jubilatoire et Sophia Domancich occupait avec sensibilit\u00e9 l&rsquo;espace sonore que son coll\u00e8gue soliste voulait bien lui laisser. Enfin, il faut signaler la tr\u00e8s bonne prestation de Simon Goubert \u00e0 la batterie, entre explosions contr\u00f4l\u00e9es et effleurements de toms tout en douceur. Un succ\u00e8s de plus pour les Tritonales ! <\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Xavier M&eacute;ra<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><b><br \/>         Vendredi 18 juin 2004 &#8211; We Insist !<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_wi!1.jpg\" width=\"180\" height=\"135\" align=\"right\" border=\"1\">We          Insist ! semble d&eacute;cid&eacute;ment avoir pris ses quartiers au Triton          : deux albums enregistr&eacute;s sur le label au batracien, et des prestations          r&eacute;guli&egrave;res (dont l&rsquo;une lors des Tritonales 2003). C&rsquo;est          d&rsquo;ailleurs sans doute cette fr&eacute;quence des concerts des Parisiens,          dont le dernier passage aux Lilas remontait au mois de mai dernier, qui          explique la faible affluence de cette soir&eacute;e. Mais ces trop nombreux          si&egrave;ges d&eacute;serts n&rsquo;ont cependant pas emp&ecirc;ch&eacute;          We Insist! de livrer une prestation toute en &eacute;nergie et en puissance          qui, malgr&eacute; un son tr&egrave;s (trop) fort, a su s&eacute;duire          un public pour la plupart d&eacute;j&agrave; acquis &agrave; la cause.<br \/>         <br \/>         La musique de We Insist ! est faite de formes plut&ocirc;t courtes, alternant          souvent deux climats aux identit&eacute;s bien d&eacute;finies, entre          riffs plomb&eacute;s et harmoniques obs&eacute;dantes, l&rsquo;ensemble &eacute;tant          marqu&eacute; par des acc&eacute;l&eacute;rations subites ou des passages          ternaires\/binaires &agrave; l&rsquo;effet garanti. On &eacute;volue donc dans          un climat heurt&eacute;, fait de juxtapositions et de collisions de th&egrave;mes,          sans transitions ni concessions. Au plan sonore, We Insist ! recherche          le plus souvent la noirceur &#8211; et presque la stridence &#8211; des climats, en          cumulant distorsions en tous genres et doublures de saxophones sous amph&eacute;tamines.<br \/>         Toutefois, l&rsquo;ensemble n&rsquo;est jamais aride, gr&acirc;ce &agrave; un aspect          rock alternatif assez fortement marqu&eacute;, et &agrave; quelques acc&eacute;l&eacute;rations          presques metalliques, parsemant l&rsquo;ensemble de rep&egrave;res et de r&eacute;f&eacute;rences          plus accessibles pour l&rsquo;auditeur n&eacute;ophyte.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_wi!2.jpg\" width=\"140\" height=\"158\" align=\"left\" border=\"1\">Le          jeu de sc&egrave;ne du groupe se d&eacute;marque nettement des formations          s&rsquo;&eacute;tant jusque-l&agrave; succ&eacute;d&eacute;es dans le cadre          des Tritonales : le groupe bouge &eacute;norm&eacute;ment, &eacute;voluant          dans une attitude sc&eacute;nique presque &quot;grunge&quot;. Cet aspect          est encore renforc&eacute; par un &eacute;clairage extr&ecirc;mement limit&eacute;,          &agrave; dominante verte et bleue, qui annule les rares couleurs pr&eacute;sentes          sur sc&egrave;ne et renforce l&rsquo;aspect sombre de la musique du groupe (tonalit&eacute;s,          accords, textes,&#8230;) ainsi que le poids des ambiances, moites et distillant          un certain mal-&ecirc;tre (&quot;Beaten Black and Blue&quot;). <br \/>         On pourra regretter que la part r&eacute;serv&eacute;e aux voix et aux          saxophones ne soit pas approfondie et que le chant, assur&eacute; par          le batteur, soit du fait de cette double activit&eacute; un peu limit&eacute;          en termes d&rsquo;expressivit&eacute;. Etienne Gaillochet est en effet souvent          bien plus prenant sur les deux titres sans percussions, qu&rsquo;il chante en          v&eacute;ritable frontman, libre de se d&eacute;placer sur sc&egrave;ne          et de donner toute leur dimension &agrave; des textes souvent de qualit&eacute;.<br \/>         <br \/>         We Insist ! sur sc&egrave;ne reste une exp&eacute;rience forte et prenante,          et le groupe embarque sans m&eacute;nagement le public dans un voyage          qui n&rsquo;est pas anodin, qui parfois d&eacute;range, mais qui touche et s&eacute;duit          toujours. Et m&ecirc;me si certaines poses et attitudes sc&eacute;niques          de Julien Divisia ou Eric Martin (guitares), tout &agrave; fait en phase          lors de l&rsquo;&eacute;mergence de la sc&egrave;ne de Seattle il y a quinze          ans, sont aujourd&rsquo;hui un peu &quot;connot&eacute;es&quot;, We Insist!          en concert reste quelque chose &agrave; ne pas manquer !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><i>Photos : Fanny Layani<\/i><\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><b> <br \/>         Samedi 19 juin 2004 &#8211; Zao<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Tout comme We Insist !, Zao revenait          au Triton pour la seconde fois en tr&egrave;s peu de temps, la premi&egrave;re          ayant &eacute;t&eacute; un concert de rodage, dans le cadre de la pr&eacute;paration          d&rsquo;une tourn&eacute;e japonaise, o&ugrave; le groupe re&ccedil;ut un tr&egrave;s          grand succ&egrave;s.<br \/>         <br \/>         Cette formation d&rsquo;un Zao renaissant, une nouvelle fois, de ses cendres,          r&eacute;unit autour des historiques Yoshk&rsquo;o Seffer (saxophone) et Fran&ccedil;ois          &quot;Faton&quot; Cahen (piano) &#8211; dont la complicit&eacute; sc&eacute;nique          fait r&eacute;ellement plaisir &agrave; voir &#8211; un Fran&ccedil;ois Causse          au jeu de batterie plein de classe, &agrave; d&eacute;faut d&rsquo;&ecirc;tre          r&eacute;ellement innovant, un G&eacute;rard Pr&eacute;vost relativement          efficace, bien que peut-&ecirc;tre un peu en retrait, &agrave; la basse,          et une jeune chanteuse, Cynthia Saint-Ville, dont la voix de soprano,          d&eacute;j&agrave; int&eacute;ressante, semble cacher bien d&rsquo;autres surprises          et une r&eacute;elle ampleur.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito2_zao1.jpg\" width=\"180\" height=\"154\" align=\"right\" border=\"1\">Le          r&eacute;pertoire abord&eacute; par Zao est extr&ecirc;mement &quot;classique&quot;,          reprenant les points principaux de la discographie du groupe, et le concert          commence par une longue r&eacute;trospective. On (re)plonge en effet en          1972, avec &quot;Marochsek&quot;, &quot;Ataturc&quot;, &quot;Ronach&quot;          et &quot;Atart&quot;, soit les quatre premiers titres de <i>Z=7L<\/i>,          le premier album. Suit ensuite &quot;Isis&quot;, extrait de son successeur,          <i>Osiris<\/i>. Sur ces anciens titres, Cynthia Saint-Ville ne prend que          discr&egrave;tement sa place, souvent en doublure des parties de saxophone          et restant cantonn&eacute;e dans un registre biphas&eacute; plut&ocirc;t          &eacute;troit pour une voix que l&rsquo;on devine bien plus large. Le second          set, principalement compos&eacute; d&rsquo;extraits de <i>Shekina <\/i> et de          <i>Kawana<\/i><i>,<\/i> est plus enlev&eacute;, correspondant &agrave; l&rsquo;orientation          plus jazz-rock de la seconde partie de la carri&egrave;re du Zao p&eacute;riode          70. Cette deuxi&egrave;me partie est v&eacute;ritablement illumin&eacute;          par &quot;Cynthia&quot;, nouveau titre introduit par une contine japonaise          enregistr&eacute;e, et l&rsquo;un des morceaux les plus prenants de la set-list,          laissant le temps aux ambiances de s&rsquo;installer et de se d&eacute;velopper          pleinement, menant le concert plus haut, sans doute, que tout le reste          de la soir&eacute;e. Le concert ne redescend plus, et s&rsquo;ach&egrave;ve          sur un &quot;Zohar&quot; donnant &agrave; Fran&ccedil;ois Causse l&rsquo;occasion          d&rsquo;un solo de batterie assez parfaitement men&eacute;, avant que le groupe          ne soit instamment rappel&eacute; par un public plus que conquis. L&rsquo;ensemble          du r&eacute;pertoire retravaill&eacute; par le groupe ayant &eacute;t&eacute;          &eacute;puis&eacute;, Zao se lance dans la reprise de standards du jazz          : &quot;Summertime&quot;, qui laisse &agrave; Cynthia Saint-Ville un espace          d&rsquo;expression plus large que les compositions de Cahen et Seffer, et un          &quot;Impressions&quot; coltranien de haute vol&eacute;e.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Ce retour de Zao se fait donc sous les          meilleurs auspices, et remporte un net succ&egrave;s. On peut cependant          regretter le relatif manque de prise de risque de la part des musiciens,          qui &quot;assurent&quot; avec un net plaisir, mais sans r&eacute;ellement          se mettre en danger, devant un public sans doute souvent un peu guind&eacute;.          On peut aussi se demander pourquoi la voix de Cynthia Saint-Ville reste          sous-exploit&eacute;e, bien trop souvent en simple doublure du saxophone,          alors qu&rsquo;elle pourrait apporter une nouvelle dimension &agrave; la musique          de Zao, en prenant en charge des parties r&eacute;ellement ind&eacute;pendantes,          et mettant plus en valeur son timbre prometteur.<br \/>         Toutefois, l&rsquo;ensemble de ces petits d&eacute;tails s&rsquo;explique sans doute          par la reformation r&eacute;cente du groupe, et la n&eacute;cessit&eacute;          d&rsquo;int&eacute;grer peu &agrave; peu les autres musiciens &agrave; un propos          musical dont l&rsquo;idendit&eacute; reste, quoi qu&rsquo;il en soit, clairement marqu&eacute;e.          Il ne reste qu&rsquo;&agrave; esp&eacute;rer qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;avenir, cette nouvelle          version de Zao saura aller beaucoup plus loin. Elle a les moyens de donner          naissance &agrave; quelque chose de nettement plus ambitieux et audacieux.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Ces voeux d&rsquo;avenir sont plus que probables,          puisque &quot;Faton&quot; Cahen et Yoshk&rsquo;o Seffer ont clairement annonc&eacute;          leur intention de p&eacute;renniser l&rsquo;aventure. Un album et un DVD <i>live<\/i>          sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; pr&eacute;vus, mais surtout, un retour          en studio a &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;. Zao semble donc revenu          pour durer, pour notre plus grand plaisir. Il reste &agrave; savoir si          le groupe pourra avoir les moyens de se d&eacute;velopper&#8230; le concert          s&rsquo;est en effet achev&eacute; sur le constat amer dress&eacute; par Faton          de la difficult&eacute; pour ces musiques d&rsquo;un genre hybride, &agrave;          se faire une place au soleil ! L&rsquo;avenir d&eacute;pendra donc au moins          autant du public que des musiciens !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><i>Photos : Fanny Layani<\/i><\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p> &nbsp;","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Tritonales 2004 Du 4 au 26 juin, la salle lilasienne du Triton r\u00e9sonnera&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22189,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22188"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22188"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22188\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22189"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}