{"id":22162,"date":"2010-11-17T00:00:00","date_gmt":"2010-11-16T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10773\/1289934649.jpg"},"modified":"2010-11-17T00:00:00","modified_gmt":"2010-11-16T22:00:00","slug":"22162","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2010\/11\/17\/22162\/","title":{"rendered":"&#8211; La parole est \u00e0 l&rsquo;opposition !"},"content":{"rendered":"<span style=\"font-weight: bold;\">Pour la troisi\u00e8me \u00e9dition du festival Rock In Opposition, les organisateurs ont visiblement d\u00e9cid\u00e9 de changer la donne. La programmation voit donc les habituels Magma et autres Present&nbsp;faire place \u00e0 d\u2019autres surprises, les groupes ayant r\u00e9pondu \u00e0 l&rsquo;invitation s\u2019\u00e9loignant du courant &#171;&nbsp;historique&nbsp;&#187; du RIO, ce qui n&rsquo;est pas un mal, mais restant soutenus par un&nbsp;public pr\u00e9sent, toujours aussi \u00e9clectique qu\u2019international. Bienvenue&nbsp;aux \u00e9changes passionnants et aux looks improbables !<\/span><br><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Vendredi 17 septembre<\/span><br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Genevi\u00e8ve Foccroulle<\/span><br>Cette pianiste a publi\u00e9 en 2008 un coffret de neuf disques comprenant l\u2019int\u00e9grale des compositions d\u2019Anthony Braxton pour piano solo. Alors que ce dernier est r\u00e9put\u00e9 pour son versant le plus jazz, il s\u2019illustre \u00e9galement par des \u0153uvres pour effectifs classiques, \u00e0 l\u2019instar de ce que peut aujourd&rsquo;hui faire John Zorn. Il est donc ici question de musique contemporaine, mais qui \u00e9vite en partie la caricature, le compositeur n\u2019\u00e9tant pas issu du &#171;&nbsp;milieu&nbsp;&#187;. Un seul titre fleuve est interpr\u00e9t\u00e9, dont l&rsquo;id\u00e9e de base est proche du<span style=\"font-style: italic;\"> In C<\/span> de Terry Riley : jouer en boucle certaines lignes&nbsp;tout en gardant une grande libert\u00e9 au niveau de l\u2019ordre et de l\u2019embo\u00eetement des sections, ce qui peut m\u00eame aller jusqu&rsquo;\u00e0 passer sous silence plusieurs pages de la partition. Le r\u00e9sultat est imm\u00e9diat au regard du rythme qui domine et qui rend l\u2019ensemble moins abscons. Et pourtant, la structure laisse appara\u00eetre \u00e0 la longue une certaine monotonie, li\u00e9e \u00e0 un certain manque de nuances et de variations. Toujours est-il qu\u2019avec une telle ouverture, le festival assoit son image de d\u00e9fricheur de musiques en tous genres et fait ainsi d\u00e9couvrir \u00e0 l&rsquo;assistance m\u00e9dus\u00e9e une facette assez inconnue du jazzman culte.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Caspar Br\u00f6tzmann Massaker<\/span><br>Le fils du l\u00e9gendaire saxophoniste free-jazz Peter Br\u00f6tzmann (qui jouera d\u2019ailleurs le lendemain) est \u00e0 la t\u00eate d\u2019une formation assez difficile \u00e0 d\u00e9finir, entre un jazz-rock aux tonalit\u00e9s sombres, pas si \u00e9loign\u00e9 des albums r\u00e9cents de King Crimson, et les gimmicks d&rsquo;un guitar-hero avec tous les poncifs du genre (torse et pendentif en or bien visibles notamment), se concentrant davantage sur sa p\u00e9dale d\u2019effets que sa guitare. Malgr\u00e9 ce tableau incongru et plut\u00f4t insipide \u00e0 premi\u00e8re vue, l&rsquo;artiste d\u00e9montre une r\u00e9elle capacit\u00e9 \u00e0 faire jouer la section rythmique, simple et pourtant si implacable, et dont les phras\u00e9s \u00e9volutifs structurent une jolie progression au service de la performance globale. M\u00eame si l&rsquo;on peut rester de marbre face \u00e0 cette d\u00e9monstration d\u2019ego, la prestation du guitariste reste p\u00e9trie de choix int\u00e9ressants.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Sleepytime Gorilla Museum<\/span><br>Il est temps de passer aux choses s\u00e9rieuses, et le groupe est tr\u00e8s attendu au tournant. Si la <span style=\"font-style: italic;\">setlist<\/span> se concentre sur le dernier album du groupe, <span style=\"font-style: italic;\">In Glorious Times<\/span>, les anciens titres diss\u00e9min\u00e9s tout au long du show sont interpr\u00e9t\u00e9s dans des versions transfigur\u00e9es, comme un r\u00e9pertoire en permanence&nbsp;r\u00e9actualis\u00e9. Les morceaux sont introduits par un Nils Frykdahl en grande forme et au jeu th\u00e9\u00e2tral, d\u00e9clamant les paroles du titre \u00e0 venir telles une comptine aussi glauque qu\u2019intrigante. La configuration de la salle, assez inhabituelle pour le groupe (les spectateurs sont assis) ne freine  pas pour autant l\u2019enthousiasme g\u00e9n\u00e9ral, comme en t\u00e9moignent les quelques &#171;&nbsp;<span style=\"font-style: italic;\">headbangers<\/span>&nbsp;&#187; du dimanche qui n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 souligner la dynamique des Am\u00e9ricains. Petit \u00e0 petit, le public se pr\u00eate au jeu en p\u00e9n\u00e9trant dans l&rsquo;univers de la formation et rend ce moment unique. Tous ces choix audacieux mis bout \u00e0 bout font de ce concert une exp\u00e9rience clairement marquante. La premi\u00e8re journ\u00e9e du festival se termine de la plus belle des mani\u00e8res.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Samedi 18 septembre<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Aquaserge<\/span><br>Voici l&rsquo;une des belles surprises du festival, un groupe peu attendu et qui en aura convaincu beaucoup. Cette formation fran\u00e7aise se situe \u00e0 cheval sur de nombreux cr\u00e9neaux : une disposition sc\u00e9nique \u00e0 la Present, un duo de batteries qui rappelle leurs concitoyens de Taal&#8230; et surtout un r\u00f4le important laiss\u00e9 aux effets et \u00e0 l\u2019\u00e9lectronique, de fa\u00e7on assez proche de Yolk, formation qui s&rsquo;\u00e9tait produite lors de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9dition du festival. La prestation d\u2019Aquaserge s&rsquo;av\u00e8re bien plus convaincante que celle de ces derniers, gr\u00e2ce \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 des situations toujours conserv\u00e9e, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 une sonorisation qui met en valeur tous les instruments. Autant de conditions r\u00e9unies pour appr\u00e9cier une mixture r\u00e9ellement rafra\u00eechissante.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Thierry Zaboitzeff<\/span><br>L\u2019ancienne t\u00eate pensante d\u2019Art Zoyd est ici chez lui, tant son groupe d\u2019origine \u00e9tait une pierre angulaire du mouvement &#171;&nbsp;Rock in Opposition&nbsp;&#187; d\u2019origine. Pourtant, il se consacre, depuis son d\u00e9part en 1997, \u00e0 toutes sortes d\u2019exp\u00e9riences musicales, pour des projets aussi diffus qu\u2019int\u00e9ressants. Ainsi, le multi-instrumentiste appara\u00eet seul sur sc\u00e8ne, entour\u00e9 de sa collection d\u2019instruments et d\u2019effets. La d\u00e9marche vaut le coup d\u2019\u0153il, les titres et les digressions sont vari\u00e9es, mais un aspect in\u00e9gal se d\u00e9gage de l\u2019ensemble. Les s\u00e9quences pr\u00e9-enregistr\u00e9es sont incroyablement dat\u00e9es et mettent en lumi\u00e8re une facette plut\u00f4t amateur, loin de correspondre au talent du personnage. On ressent bien \u00e9videmment tout son savoir-faire, mais la performance reste frustrante. Des titres d&rsquo;Art Zoyd, r\u00e9arrang\u00e9s pour l\u2019occasion, sont interpr\u00e9t\u00e9s avec brio, histoire de ponctuer un concert en demi-teinte.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Peter Br\u00f6tzmann Full Blast<\/span><br>C&rsquo;est l&rsquo;heure de mettre les enfants au lit, l\u2019artillerie lourde est de sortie ! Le vieux briscard du free-jazz n\u2019est pas tout \u00e0 fait en terrain conquis, mais qu\u2019importe : les notes se d\u00e9versent avec une dext\u00e9rit\u00e9 sans faille tout au long de ce concert d&rsquo;une heure&#8230; pour deux morceaux seulement, \u00e9tir\u00e9s \u00e0 l\u2019extr\u00eame, histoire de d\u00e9sar\u00e7onner le public autant que possible. L\u2019aspect visuel de la performance frappe irr\u00e9m\u00e9diablement, la musique du quartette est incroyablement vivante, et c\u2019est en regardant les musiciens que l\u2019on en per\u00e7oit toute la logique, avec un r\u00e9el travail de mise en forme, d\u2019\u00e9coute entre les musiciens, et le niveau ahurissant du batteur Michael Wertm\u00fcller, \u00e0 la rapidit\u00e9 et \u00e0 la pr\u00e9cision sans faille. Les spectateurs sont tr\u00e8s divis\u00e9s alors que le concert est loin d\u2019\u00eatre aussi abscons que ce que l\u2019on peut craindre. Le rappel, devant une salle bien moins garnie qu\u2019au d\u00e9but du set, permet de pr\u00e9senter un autre visage de la formation, plus ax\u00e9 sur les nuances et les dialogues entre saxophones. Musique physique, bouillonnant en permanence, ce n\u2019est pas pour rien que le disque le plus connu de Br\u00f6tzmann s\u2019appelle Machine Gun !<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Gong<\/span><br>Changement radical de registre (encore une fois !) avec un groupe rest\u00e9 ancr\u00e9 dans son imagerie des ann\u00e9es soixante-dix, comme en attestent les d\u00e9guisements incongrus de Daevid Allen et les projections psych\u00e9d\u00e9liques sur l\u2019\u00e9cran en fond de sc\u00e8ne. Le public ne s\u2019y trompe pas et c&rsquo;est une v\u00e9ritable d\u00e9ferlante de &#171;&nbsp;babas&nbsp;&#187; qui retombent litt\u00e9ralement dans leur jeunesse, insouciants et enthousiastes comme au bon vieux temps. Gilli Smyth, \u00e2g\u00e9e tout de m\u00eame de soixante-dix-sept ans, ouvre les portes de son monde riche en couleurs et en champignons hallucinog\u00e8nes, comme si <span style=\"font-style: italic;\">Angel\u2019s Egg<\/span> venait de sortir la veille. Alors \u00e9videmment, rien n\u2019est bien neuf dans cette formule, et m\u00eame si de nombreux titres du dernier album sont interpr\u00eat\u00e9s, le groupe garde son aspect intemporel, loin des modes et du conformisme ambiant. Totalement &#171;&nbsp;in opposition&nbsp;&#187; en fin de compte, tant la formule semble traverser les \u00e2ges, pour le plus grand bonheur des habitu\u00e9s.<br><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Dimanche 19 septembre<\/span><br style=\"font-weight: bold;\"><br style=\"font-weight: bold;\"><span style=\"font-weight: bold;\">Miriodor<\/span><br>Voil\u00e0 un groupe manifestement heureux d\u2019\u00eatre l\u00e0 ! Il faut dire que les Qu\u00e9b\u00e9cois viennent trop rarement fouler les planches du Vieux Continent. Trente ans apr\u00e8s leurs d\u00e9buts, leurs albums continuent \u00e0 se suivre avec pour chacun d&rsquo;entre eux une formule qui reste sensiblement la m\u00eame : une musique instrumentale jouant constamment avec les cassures et autres digressions sans pour autant oublier en chemin l&rsquo;imp\u00e9ratif de coh\u00e9rence. Et c\u2019est d&rsquo;ailleurs cette imm\u00e9diatet\u00e9 qui sort du lot au cours de la prestation, cette &#171;&nbsp;fusion&nbsp;&#187;, l\u2019art de faire groover des compositions. Le batteur R\u00e9mi Leclerc fait preuve d\u2019une ferveur communicative, qui donne une grande impulsion au groupe et permet aux morceaux de prendre leur envol. Pourtant certains titres manquent de relief&nbsp; et donnent l&rsquo;impression d&rsquo;un concert presque trop homog\u00e8ne. Pour autant, les bonnes id\u00e9es ne manquent pas, \u00e0 l\u2019image de ce duo entre guitare et clarinette sur &#171;&nbsp;R\u00e9veille-matin&nbsp;&#187;. Bref, le groupe a montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 la hauteur du festival, et c&rsquo;est bien l&rsquo;essentiel.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Rational Diet<\/span><br>Ces Bi\u00e9lorusses commencent \u00e0 faire parler d\u2019eux parmi les amateurs, gr\u00e2ce au renouveau et \u00e0 la fra\u00eecheur qu\u2019ils parviennent \u00e0 apporter \u00e0 ce &#171;&nbsp;rock de chambre&nbsp;&#187; m\u00e9tamorphos\u00e9. Leurs compositions sont relativement difficiles \u00e0 retranscrire en concert, \u00e9tant donn\u00e9 la complexit\u00e9 de certains arrangements et les mises en place os\u00e9es qui jonchent les sections. Adepte d\u2019une musique plus dense et fougueuse que celle d\u2019Univers Zero, le groupe parvient \u00e0 reproduire avec soin toutes les subtilit\u00e9s n\u00e9cessaires. Le r\u00f4le des cordes dans l\u2019instrumentation est un avantage certain qui permet d\u2019enrichir l\u2019ensemble avec une subtilit\u00e9 tr\u00e8s travaill\u00e9e. Leur pr\u00e9sence sc\u00e9nique peut sembler un talon d&rsquo;Achille, m\u00eame si ce n\u2019est pas vraiment ce que l\u2019on demande \u00e0 ce genre de groupe, finalement. Certaines personnes dans l&rsquo;assembl\u00e9e sont g\u00ean\u00e9es par un certain manque de pr\u00e9cision au niveau de l\u2019interpr\u00e9tation, or cet aspect est plut\u00f4t \u00e0 rapprocher d\u2019une certaine envie d\u2019en d\u00e9coudre, une preuve suppl\u00e9mentaire de dynamisme. Alors que leurs albums continuent de progresser sortie apr\u00e8s sortie, leur exp\u00e9rience live confirme tout le potentiel de la formation \u00e0 l&rsquo;enthousiasme est communicatif. On tient l\u00e0 un des coups de c\u0153ur de cette \u00e9dition 2010.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Jannick Top Infernal Machina<\/span><br>Le bassiste chauve le plus c\u00e9l\u00e8bre du monde Zeuhl (hum&#8230;) continue sa s\u00e9rie de concerts, deux ans apr\u00e8s la sortie de l\u2019album studio Infernal Machina, plut\u00f4t r\u00e9ussi compte tenu de ses objectifs. Seulement voil\u00e0, \u00e0 force de jouer de cette fa\u00e7on avec la mode h\u00e9rit\u00e9e de la grande \u00e9poque de MDK, le risque de tout faire tomber \u00e0 plat est grand. Et c\u2019est justement ce qui se produit, avec un concert qui rel\u00e8ve de l\u2019auto-caricature : la rythmique martel\u00e9e reste statique, presque fig\u00e9e dans cette volont\u00e9 d\u2019en faire trop. Alors c\u2019est s\u00fbr, en mettant un volume tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 et en se la jouant &#171;&nbsp;musique martiale&nbsp;&#187;, le groupe parvient \u00e0 convaincre une partie de l\u2019audience, conquis par cet aspect spectaculaire tr\u00e8s premier degr\u00e9. Mais la redondance des morceaux a l\u2019effet d\u2019un p\u00e9tard mouill\u00e9, et l&rsquo;on se demande o\u00f9 ce cher Jannick veut en venir. Les titres paraissent sans fin, noy\u00e9s au milieu d\u2019un magma (hum, d\u00e9cid\u00e9ment) inintelligible et de choix douteux, comme ces s\u00e9quences utilis\u00e9es en permanence par la clavi\u00e9riste. Pour le coup, la &#171;&nbsp;machine infernale&nbsp;&#187; est \u00e0 prendre au sens propre. C\u2019est d\u2019autant plus frustrant que m\u00eame la pr\u00e9sence de Klaus Blasquiz ne parvient pas \u00e0 donner un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 la performance. Dommage.<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">Art Bears Songbook<\/span><br>L\u2019\u00e9v\u00e8nement aura donc bien eu lieu. Pourtant Il y a quelques mois, rien n\u2019\u00e9tait moins s\u00fbr. Jewlia Eisenberg (Charming Hostess), qui s\u2019\u00e9tait occup\u00e9e des voix lors de la pr\u00e9c\u00e9dente r\u00e9union du groupe en 2008, annon\u00e7ait qu\u2019elle ne pouvait renouveler l&rsquo;exp\u00e9rience en raison de probl\u00e8mes de sant\u00e9. C\u2019est donc Dagmar Krause, la chanteuse originelle et ic\u00f4ne de la formation, qui reprend les rennes le temps d\u2019une soir\u00e9e. D\u00e8s cette annonce, l\u2019attente n&rsquo;a cess\u00e9 de grandir. Et \u00e9videmment, la qualit\u00e9 est au rendez-vous. La quasi int\u00e9gralit\u00e9 des albums <span style=\"font-style: italic;\">Winter Songs<\/span> et <span style=\"font-style: italic;\">The World As It Is Today <\/span>est jou\u00e9e, dans des arrangements retravaill\u00e9s en profondeur pour l\u2019occasion et adapt\u00e9s au nouvel effectif. Malgr\u00e9 la tension et la difficult\u00e9 des titres, l\u2019humeur des musiciens est \u00e0 la d\u00e9tente, et le sourire de Dagmar en dit long sur le plaisir qu\u2019elle a d&rsquo;interpr\u00e9ter avec une grande finesse ces morceaux si particuliers, \u00e9clairant des recoins cach\u00e9s au milieu de compositions que l\u2019on croyait conna\u00eetre par c\u0153ur. L\u2019arriv\u00e9e de &#171;&nbsp;The Dance&nbsp;&#187; fait alors office d&rsquo;apoth\u00e9ose, une p\u00e9pite de plus au milieu d\u2019un concert qui atteint&nbsp;pleinement&nbsp;son but. Et m\u00eame bien plus !<br><br><span style=\"font-weight: bold;\">On ne pouvait donc r\u00eaver un final plus r\u00e9ussi pour cette troisi\u00e8me \u00e9dition d\u2019un festival qui continue sur sa lanc\u00e9e, misant non seulement sur son aspect historique mais aussi sur l&rsquo;\u00e9volution constante de ce courant musical. Les choix de programmation peuvent para\u00eetre surprenants pour certains, mais c\u2019est justement cette audace qui \u00e9vite \u00e0 un tel \u00e9v\u00e9nement de tomber dans la redite. Bref, une volont\u00e9 d\u2019aller de l\u2019avant qui reste fid\u00e8le \u00e0 l\u2019esprit du mouvement original : la pr\u00e9sence de Chris Cutler, \u00e0 l\u2019origine du &#171;&nbsp;collectif&nbsp;&#187; Rock in Opposition en dit long sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de la d\u00e9marche de Michel Besset et de Roger Trigaux, qui restent \u00e0 la t\u00eate de l\u2019organisation du festival. Une somme de souvenirs qui feront date, \u00e0 n\u2019en pas douter.<\/span>\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-3 is-cropped\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10773\/1289934737.jpg\" alt=\"\" data-id=\"22164\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10773\/1289934737.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=22164\" class=\"wp-image-22164\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img src=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10773\/1289934638.jpg\" alt=\"\" data-id=\"22165\" data-full-url=\"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/10773\/1289934638.jpg\" data-link=\"http:\/\/www.chromatique.net\/?attachment_id=22165\" class=\"wp-image-22165\"\/><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img 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