{"id":22160,"date":"2004-05-27T00:00:00","date_gmt":"2004-05-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/4ae89c50c1044f4f1e33880ac7082b5e_XL.jpg"},"modified":"2004-05-27T00:00:00","modified_gmt":"2004-05-26T22:00:00","slug":"22160","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2004\/05\/27\/22160\/","title":{"rendered":"&#8211; Ayreon &#8211; The Human Equation (pt.2)"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Ayreon : The Human Equation (pt.2)<\/h1>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>3.          <i>The Human Equation<\/i>, back to Earth ?<\/u><\/font><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><b>Comme si les sommets des sc&eacute;narios          possibles de science-fiction avaient &eacute;t&eacute; atteints avec <i>The          Universal Migrator<\/i> et le projet Star One, Arjen Lucassen quitte aujourd&rsquo;hui          hautes sph&egrave;res, troupes intergalactiques et paradoxes temporels          pour revenir sur notre vieille plan&egrave;te malade et &agrave; l&rsquo;histoire          d&rsquo;un homme bris&eacute;, clou&eacute; sur un lit d&rsquo;h&ocirc;pital apr&egrave;s          un accident de voiture.<\/b> <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b><i>Note pr&eacute;liminaire :<\/i><\/b><i><b> il          est conseill&eacute; &agrave; ceux d&eacute;sirant garder le plaisir de          d&eacute;couvrir par eux-m&ecirc;mes l&rsquo;histoire, de passer directement          au chapitre suivant. Les autres pourront y trouver quelques cl&eacute;s          d&rsquo;analyse du concept et quelques remarques stylistiques, &agrave; lire          par exemple en &eacute;coutant l&rsquo;album !<\/b><\/i><\/p>\n<p class=\"dateconcert\"> <span class=\"dateconcert\">S&rsquo;il est une constante          dans les sc&eacute;narios &#8211; y compris les plus inter-galactiques &#8211; de          Lucassen, elle r&eacute;side dans l&rsquo;humanit&eacute; et la fragilit&eacute;          de leurs h&eacute;ros. Ceux qui y laissent la vie payent ainsi leurs erreurs,          leur aveuglement ou leur vanit&eacute;, et ceux qui survivent ne le peuvent          qu&rsquo;apr&egrave;s avoir surmont&eacute; leurs d&eacute;mons int&eacute;rieurs          et explor&eacute; les zones d&rsquo;ombre de leur personnalit&eacute;. Si<i>          Into The Electric Castle<\/i> se situe &eacute;videmment enti&egrave;rement          dans cette probl&eacute;matique, on peut ais&eacute;ment y rapprocher          les arguments de <i>The Final Experiment<\/i> (trop s&ucirc;re d&rsquo;elle,          de ses convictions et de sa richesse, l&rsquo;humanit&eacute; cause sa propre          perte en refusant d&rsquo;&eacute;couter la parole proph&eacute;tique d&rsquo;un m&eacute;nestrel          aveugle ayant des visions du futur) et ceux de <i>The Universal Migrator<\/i>.<\/span><\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><i>The Human Equation<\/i> s&rsquo;inscrit totalement dans          cette approche, qui en devient la probl&eacute;matique centrale, dans          un sc&eacute;nario bien plus intimiste que ceux des travaux pr&eacute;c&eacute;dents          de Lucassen. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day One : Vigil<\/p>\n<p>         <\/b>L&rsquo;<i>incipit<\/i> d&rsquo;un album, et plus encore celui d&rsquo;un concept, est          d&eacute;terminant. On plonge ici dans une introduction d&rsquo;ambiance hospitali&egrave;re          (o&ugrave; l&rsquo;on peut percevoir un clin d&rsquo;oeil &agrave; <i>Operation: Mindcrime          <\/i>de Queensr&yuml;che) qui nous m&egrave;ne &agrave; l&rsquo;histoire centrale          de l&rsquo;album par la voie d&rsquo;un doux duo, presque intime, entre Arjen Lucassen          (le &quot;meilleur ami&quot;) et Marcela Bovio (&quot;la femme&quot;),          emprunt d&rsquo;une culpabilit&eacute; contenue, avant d&rsquo;&ecirc;tre projet&eacute;          par un violent freinage de voiture dont on devine sans l&rsquo;entendre l&rsquo;issue          fatale &#8211; l&rsquo;accident &#8211; et un monitoring de plus en plus<b><font color=\"#FF0000\"><\/font><\/b>          affol&eacute;, au coeur de l&rsquo;intrigue.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Two : Isolation<\/p>\n<p>         <\/b>Premier morceau typique du style Lucassen, &quot;Isolation&quot; nous          plonge dans un dialogue passionn&eacute; entre James LaBrie (&quot;Moi&quot;)          et quatre des principaux personnages-&eacute;motions, et plante le d&eacute;cor.          Un homme plong&eacute; dans le coma, sur son lit d&rsquo;h&ocirc;pital &#8211; vraisemblablement          suite &agrave; l&rsquo;accident de l&rsquo;introduction &#8211; doit faire face &agrave;          des &eacute;motions contradictoires issues de son pass&eacute; et comprend          qu&rsquo;il ne pourra pas les &eacute;viter. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Three : Pain<\/p>\n<p>         <\/b>Comme un<i> Roi des Aulnes<\/i>, Devon Graves (&quot;Agonie&quot;)          appelle le h&eacute;ros vaincu, lui conseillant d&rsquo;abandonner le combat,          de se laisser aller &agrave; la douleur et &agrave; la mort qui y mettra          fin, alors m&ecirc;me que Heather Findlay (&quot;Love&quot;) alterne avec          Devin Townsend (&quot;Rage&quot;) pour tenter de le ramener &agrave; la          vie, chacun &agrave; sa mani&egrave;re et ayant ses propres motivations.<br \/>         &quot;Moi&quot;, qui n&rsquo;a que quelques rares lignes de chant dans ce morceau,          est rel&eacute;gu&eacute; &agrave; une position passive, comme dans la          plupart des premiers titres de l&rsquo;album, n&rsquo;&eacute;tant que le jouet impuissant          de ces &eacute;motions contradictoires. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Four : Mystery<\/p>\n<p>         <\/b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_17.jpg\" width=\"100\" height=\"137\" align=\"left\" border=\"1\">&quot;Mystery&quot;          offre &agrave; l&rsquo;auditeur, &agrave; travers un duo lyrique entre le &quot;meilleur          ami&quot; et la &quot;femme&quot;, une premi&egrave;re cl&eacute; de compr&eacute;hension.          La culpabilit&eacute; sous-jacente du premier titre (&quot;do you feel          responsible ?&quot;) s&rsquo;en trouve expliqu&eacute;e : au chevet de la victime,          entre deux conjectures sur les causes de l&rsquo;accident, se glissent tous          les indices n&eacute;cessaires pour lever le voile. Il s&rsquo;est manifestement          pass&eacute; quelque chose, entre l&rsquo;ami et la femme, qui &eacute;clairerait          d&rsquo;un autre jour l&rsquo;accident, lequel pourrait en fait &ecirc;tre un suicide.<br \/>         Bien que plong&eacute; dans le coma, &quot;moi&quot; semble percevoir          la conversation qui se tient &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, puisqu&rsquo;il          intervient, au cours d&rsquo;un final lyrique et plein d&rsquo;&eacute;motions, en          dialogue avec Irene Jansen (&quot;Passion&quot;), et o&ugrave; il semble          refuser d&rsquo;accepter la v&eacute;rit&eacute;, alors m&ecirc;me que seule          cette acceptation &#8211; et le pardon qui devrait s&rsquo;ensuivre &#8211; pourraient le          ramener &agrave; la vie.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Five : Voices<\/p>\n<p>         <\/b>Entre couplets <i>folk<\/i> ou <i>dark<\/i> et lourds riffs plomb&eacute;s,          &quot;Voices&quot; et l&rsquo;un des titres les plus forts de l&rsquo;album, o&ugrave;          Heather Findlay, Eric Clayton et Michael Akerfeldt (&quot;Peur&quot;)          se taillent la part du lion. Le jeu d&rsquo;&eacute;motions contradictoires          tiraillant l&rsquo;homme bris&eacute; au centre de l&rsquo;histoire nous m&egrave;ne          un peu plus profond dans l&rsquo;introspection. <br \/>         C&rsquo;est ici qu&rsquo;il semble gagner l&rsquo;une des premi&egrave;res victoires sur          la mort : accepter le d&eacute;fi qui lui est propos&eacute; de repasser          le film de sa vie, d&rsquo;y analyser ses traumatismes, d&rsquo;y assumer ses erreurs          et d&rsquo;y transcender ses peurs. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Six : Childhood<\/p>\n<p>         <\/b>C&rsquo;est avec un &quot;Childhood&quot; tr&egrave;s acoustique, faisant          la part belle aux fl&ucirc;tes, claviers et violoncelle, que commence          le long voyage introspectif du h&eacute;ros qui, s&rsquo;il l&rsquo;accepte et parvient          &agrave; l&rsquo;accomplir avec succ&egrave;s, le ram&egrave;nera &agrave; la          vie. Il doit y affronter ses &eacute;motions les plus n&eacute;gatives.          Alors que &quot;Peur&quot; lui soumet la premi&egrave;re &eacute;preuve,          qui est de revivre et assumer l&rsquo;abandon &#8211; dont il se sent responsable,          malgr&eacute; un certain soulagement &#8211; de sa famille par un p&egrave;re          cruel et m&eacute;prisant, &quot;Agony&quot; tente de l&rsquo;inciter &agrave;          se soustraire &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve et &agrave; rejoindre le refuge          qu&rsquo;il pourrait trouver entre les bras de la mort. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Seven : Hope<\/p>\n<p>         <\/b>Dans le m&ecirc;me temps, toujours &agrave; son chevet, le &quot;meilleur          ami&quot; tente, sur une m&eacute;lodie l&eacute;g&egrave;re et presque          enjou&eacute;e, de lui rappeler leurs souvenirs d&rsquo;adolescence pour le          raccrocher &agrave; la vie. Et ce lien avec l&rsquo;ext&eacute;rieur, alors          que le h&eacute;ros reste retenu dans sa prison de sentiments qui le submergent          et ne peut rien manifester, s&rsquo;av&egrave;re particuli&egrave;rement important,          puisque la fin du morceau est faite d&rsquo;un dialogue entre les deux personnages,          o&ugrave; &quot;moi&quot; apparait d&eacute;termin&eacute; &agrave; se          battre.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Eight : School<\/p>\n<p>         <\/b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_18.jpg\" width=\"100\" height=\"137\" align=\"right\" border=\"1\">En          un retour au pass&eacute;, le h&eacute;ros doit &agrave; pr&eacute;sent          faire face &agrave; d&rsquo;autres souvenirs traumatiques. Enfant timide et          introverti, il &eacute;tait la ris&eacute;e et le souffre-douleur de ses          camarades de classe. Au cours des ann&eacute;e, il en nourrit une col&egrave;re          rentr&eacute;e, qu&rsquo;il accumule jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&rsquo;elle le submerge et          finisse par bouleverser tous ses rapports sociaux, emprunts de rugosit&eacute;          et de violence. <br \/>         Dans la seconde partie du titre, nettement plus metallique, &quot;moi&quot;          semble revivre ces instants douleureux et est en proie &agrave; une s&eacute;rie          d&rsquo;&eacute;motions contradictoires qui le laissent d&eacute;sempar&eacute;,          sans parvenir &agrave; sortir de son mal-&ecirc;tre et &agrave; s&rsquo;affirmer          face aux autres enfants, se renfermant toujours plus sur la col&egrave;re          qui le consume.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Nine : Playground<\/p>\n<p>         <\/b>D&eacute;butant sur des cris d&rsquo;enfants dans une cour de r&eacute;cr&eacute;ation          et une douce m&eacute;lodie, cet instrumental aux accents folks extr&ecirc;mement          marqu&eacute;s, d&eacute;veloppe &#8211; peut-&ecirc;tre un peu trop longuement          &#8211; un th&egrave;me m&eacute;lancolique, &agrave; grand renfort de violons          et de fl&ucirc;tes. C&rsquo;est &eacute;galement l&rsquo;un des rares passages du          disques o&ugrave; l&rsquo;on a l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre Lucassen en guitare lead,          encore que toujours doubl&eacute; au violon. On pourra cependant y regretter          des modulations pas toujours des plus adroites, intervenant de mani&egrave;re          abrupte, et une fin en queue de poisson, laissant perplexe quant &agrave;          la n&eacute;cessit&eacute; de ce titre, dont le th&egrave;me aurait m&eacute;rit&eacute;          plus ample d&eacute;clinaison. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Ten : Memories<\/p>\n<p>         <\/b>Retour au monitoring avant une introduction toute en ambiances, pour          ce retour au monde ext&eacute;rieur. &quot;Moi&quot; est d&eacute;sormais          dans le coma depuis dix jours, sans donner le moindre signe de vie, mais          le &quot;meilleur ami&quot; et la &quot;femme&quot; ne perdent pas espoir,          prenant conscience que physiquement, le h&eacute;ros se porte bien et          qu&rsquo;il reste enferm&eacute; dans un coma avant tout psychologique. Ils          imaginent alors de tenter de le ramener &agrave; la vie, en &eacute;voquant          avec amour et tendresse leurs souvenirs d&rsquo;enfance communs, aid&eacute;s          en cela de Magnus Ekwall (&quot;Fiert&eacute;&quot; ou &quot;Orgueil&quot;),          &quot;Amour&quot;, &quot;Passion&quot; et &quot;Raison&quot;. Ce titre          est l&rsquo;occasion de parties vocales de haute vol&eacute;e, oscillant entre          intimisme et grandiloquance lyrique. &quot;Passion&quot; et &quot;Raison&quot;          tentent alors d&rsquo;ouvrir les vannes et de le ramener &agrave; la vie, sans          succ&egrave;s.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Eleven : Love<\/b><\/p>\n<p class=\"dateconcert\">Retour au pass&eacute;, &agrave; nouveau, avec le          rappel de la rencontre entre &quot;moi&quot; et la &quot;femme&quot;.          Le h&eacute;ros doit assumer la timidit&eacute; qui le paralysa alors          et manqua de le faire passer &agrave; c&ocirc;t&eacute; de cette femme          qu&rsquo;il connaissait pourtant depuis longtemps et qui n&rsquo;attendait en fait          que lui.<br \/>         Ce titre est le premier <i>single<\/i> extrait de l&rsquo;album, dans une d&eacute;marche          plut&ocirc;t inhabituelle pour Lucassen, et est l&rsquo;occasion de d&eacute;velopper          largement un refrain lyrique et passionn&eacute;, sur un rythme ternaire          enlev&eacute;, qui &eacute;voque tr&egrave;s clairement une valse, notamment          gr&acirc;ce aux contretemps de batterie et de claviers, alors que les          deux h&eacute;ros, une fois dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre, dansent &agrave;          en perdre haleine. Sans doute l&rsquo;une des rares &quot;valses m&eacute;talliques&quot;          jamais compos&eacute;es, sur laquelle s&rsquo;ach&egrave;ve le premier disque          ! <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Twelve : Trauma<\/p>\n<p>         <\/b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_19.jpg\" width=\"100\" height=\"137\" align=\"left\" border=\"1\">Alors          que la &quot;Raison&quot; appelle le h&eacute;ros &agrave; quitter sa          prison &eacute;motionnelle et &agrave; laisser enfin derri&egrave;re lui          les fardeaux qui l&#8217;emp&ecirc;chent de vivre, pour rejoindre enfin la r&eacute;alit&eacute;,          &quot;Peur&quot; et &quot;Agonie&quot; se livrent une nouvelle fois &agrave;          leur travail de sape auquel il aurait manqu&eacute; de succomber sans          l&rsquo;insistance de &quot;Passion&quot; et de &quot;Fiert&eacute;&quot;.<br \/>         &quot;Moi&quot; doit cependant faire face &agrave; une nouvelle &eacute;preuve          et surmonter un nouveau traumatisme : la mort de sa m&egrave;re, d&rsquo;abord          symbolique le jour du d&eacute;part de son p&egrave;re, puis bien r&eacute;elle,          et dont il se sent enti&egrave;rement coupable, responsabilit&eacute;          qu&rsquo;il doit apprendre &agrave; assumer et d&eacute;passer.<br \/>         A l&rsquo;occasion de cette lutte d&rsquo;influence passionn&eacute;e entre &eacute;motions          contradictoires, Lucassen d&eacute;veloppe des ambiances extr&ecirc;mement          sombres, comme rarement atteintes jusque l&agrave; (&agrave; l&rsquo;exception          de certains passages de<i> Into The Electric Castle<\/i>), incluant l&rsquo;un          des rares phras&eacute;s death du disque.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Thirteen : Sign<\/p>\n<p>         <\/b>Il est ici question des relations entre le h&eacute;ros et sa femme,          au cours de leur vie commune avant l&rsquo;accident. Enferm&eacute; dans sa          col&egrave;re, ses frustrations et son mal-&ecirc;tre, &quot;moi&quot;          n&eacute;glige sa femme, oubliant de lui montrer son amour et la conduisant          &agrave; se sentir d&eacute;laiss&eacute;e. &quot;Love&quot; incite &quot;moi&quot;          &agrave; ouvrir enfin les vannes et &agrave; se laisser aller &agrave;          ses sentiments, pour retrouver la vie, tandis que sa &quot;femme&quot;          l&rsquo;appelle, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; du chronom&egrave;tre.<br \/>         Il s&rsquo;agit une nouvelle fois d&rsquo;une ballade &agrave; tendance folk, mettant          en valeur les voix de Heather Findlay et Marcela Bovio dans un duo plein          de douceur et d&rsquo;&eacute;motion. C&rsquo;est dans ce morceau que Lucassen emploie          le plus les cordes, tant arco qu&rsquo;en pizz, et l&rsquo;on peut regretter qu&rsquo;ayant          de tels musiciens &agrave; sa disposition, il ne les ai pas plus utilis&eacute;s,          tant ils apportent de nouvelles couleurs et de nouveaux timbres. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Fourteen : Pride<\/p>\n<p>         <\/b>Dans une r&eacute;action d&rsquo;orgueil, le h&eacute;ros s&rsquo;interroge sur          sa vie et sur les motivations qui l&rsquo;ont pouss&eacute; &agrave; choisir          une carri&egrave;re dans les affaires, alors m&ecirc;me que ses inspirations          profondes l&rsquo;attiraient vers l&rsquo;art, et &agrave; se comporter de mani&egrave;re          dure et parfois inhumaine, alors m&ecirc;me qu&rsquo;il &eacute;tait au fond          de lui tendre et g&eacute;n&eacute;reux. &quot;Fiert&eacute;&quot; lui          offre l&rsquo;explication d&rsquo;une telle attitude : le besoin de prouver &agrave;          son p&egrave;re qu&rsquo;il pouvait &ecirc;tre un homme fort, alors que &quot;Raison&quot;          l&rsquo;incite &agrave; croire en la possibilit&eacute; de changer, pour revenir          &agrave; la vie.<br \/>         Les rythmiques de &quot;Pride&quot; sont extr&ecirc;mement typ&eacute;es          metal progressif, &agrave; tel point que lorsque James LaBrie chante sur          certains couplets, on croirait entendre Dream Theater. Ce clin d&rsquo;oeil          en forme d&rsquo;hommage reste cependant suffisament court et discret, et l&rsquo;ensemble          du titre assez coh&eacute;rent et vari&eacute; pour ne pas tomber dans          le plagiat. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Fifteen : Betrayal<\/p>\n<p>         <\/b>Le h&eacute;ros se trouve face &agrave; un nouveau d&eacute;fi et          une nouvelle culpabilit&eacute; qui le ronge : assumer le fait d&rsquo;avoir          trahi son &quot;meilleur ami&quot;, qui s&rsquo;&eacute;tait toujours montr&eacute;          plus comp&eacute;tent que lui, pour obtenir &agrave; sa place &agrave;          sa place un poste professionnel important, ruinant par l&agrave;-m&ecirc;me          toute sa carri&egrave;re et le contraignant au ch&ocirc;mage. &quot;Raison&quot;          et &quot;Passion&quot; le poussent &agrave; assumer, ce qu&rsquo;il parvient          &agrave; faire, en prenant la r&eacute;solution de tout avouer. Le h&eacute;ros          remporte ici une nouvelle victoire sur la mort et semble d&eacute;finitivement          d&eacute;cid&eacute; &agrave; se battre.<br \/>         Ce titre est remarquable par long passage instrumental m&ecirc;lant des          parties de violon soumises &agrave; un effet d&rsquo;harmonisation d&eacute;cal&eacute;,          et un contrechant lyrique de violoncelle, produisant tout &agrave; la          fois une ambiance tortur&eacute;e et &eacute;trangement apais&eacute;e.        <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Sixteen : Loser<\/p>\n<p>         <\/b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_20.jpg\" width=\"100\" height=\"137\" align=\"right\" border=\"1\">&quot;Loser&quot;,          l&rsquo;un des titres musicalement les plus enthousiasmants de l&rsquo;album, met          en sc&egrave;ne le &quot;P&egrave;re&quot; malfaisant du h&eacute;ros.          Avec une voix tr&egrave;s th&eacute;&acirc;trale, Mike Baker met en sc&egrave;ne          la m&eacute;chancet&eacute; pure du personnage : &quot;Moi&quot; doit          affronter le m&eacute;pris et la satire de son p&egrave;re, qui le compare          dans sa m&eacute;diocrit&eacute; &agrave; une m&egrave;re qu&rsquo;il insulte,          dans un discours extr&ecirc;mement culpabilisant. Le &quot;P&egrave;re&quot;          semble &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, et venu          pour l&rsquo;enfoncer une fois encore dans ses souffrances et ses complexes,          profitant de la situation et de son incapacit&eacute; &agrave; se d&eacute;fendre.<br \/>         Si les textes et le personnage du &quot;P&egrave;re&quot; passent la limite          de la caricature, au plan musical, le titre est une v&eacute;ritable r&eacute;ussite.          L&rsquo;introduction au didgeridoo d&eacute;gage un v&eacute;ritable <i>groove<\/i>,          malgr&eacute; l&rsquo;absence totale de percussions. Elle &eacute;volue lentement,          int&eacute;grant de nouveaux &eacute;l&eacute;ments folk et monant peu          &agrave; peu en intensit&eacute;, avant l&rsquo;intervention d&rsquo;une rythmique          m&eacute;tal qui n&rsquo;aurait pas d&eacute;pareill&eacute; chez un Devin Townsend          &eacute;poque <i>Infinity<\/i>. Cette impression est renforc&eacute;e par          la pr&eacute;sence du chanteur canadien lui-m&ecirc;me, qui vient poser          quelques hurlements du meilleur effet, sur une rythmique &agrave; la &quot;Bad          Devil&quot; encore enrichie par un solo de Hammond presque blues de Ken          Hensley.<br \/>         Ce &quot;Loser&quot;, plut&ocirc;t exotique au regard de la discographie          de Lucassen, ouvre des voies qu&rsquo;il serait int&eacute;ressant de le voir          creuser plus avant, et s&rsquo;ach&egrave;ve sur un th&egrave;me d&eacute;velopp&eacute;          en boucle, &agrave; la fois infernal et jouissif !<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Seventeen : Accident ?<\/p>\n<p>         <\/b>Apr&egrave;s une introduction typique des ambiances claviers\/guitares          en son clair d&eacute;velopp&eacute;es sur <i>Into The Electric Castle<\/i>,          on assiste &agrave; la premi&egrave;re phase du d&eacute;nouement de l&rsquo;histoire,          qui l&egrave;ve le voile sur ce qu&rsquo;on entrevoyait d&eacute;j&agrave; nettement.          La &quot;femme&quot; d&eacute;laiss&eacute;e trouve un soir un certain          r&eacute;confort dans les bras d&rsquo;un &quot;meilleur ami&quot; sans emploi          et dans une situation difficile suite &agrave; la trahison d&eacute;j&agrave;          &eacute;voqu&eacute;e, sans que les choses aillent d&rsquo;ailleurs beaucoup          plus loin. Mais cette sc&egrave;ne se produit, juste au moment o&ugrave;          le h&eacute;ros revient chez lui en position de faiblesse et de vuln&eacute;rabilit&eacute;.          Voyant sa femme dans les bras de son ami, le h&eacute;ros reprend la route          et l&rsquo;accident se produit.<br \/>         Ce titre terriblement m&eacute;lodramatique est sauv&eacute; par un excellent          Eric Clayton, tout en douceur et en intimit&eacute;, dont la voix grave          et chaleureuse force doucement &quot;Moi&quot; &agrave; assumer et se          rem&eacute;morer ce qu&rsquo;il a vu, alors m&ecirc;me qu&rsquo;&quot;Agonie&quot;          profite de la situation pour lui tendre une nouvelle fois les bras et          tenter de l&rsquo;attirer. L&rsquo;ensemble est tr&egrave;s <i>mid tempo<\/i>, et d&rsquo;importants          effet sur les voix renforcent paradoxalement l&rsquo;ambiance cotonneuse et          toute en retenue de ce qui fait le noeud de l&rsquo;histoire. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Eighteen : Realization<\/p>\n<p>         <\/b>C&rsquo;est alors que se pose la question cruciale : d&eacute;sormais, le          h&eacute;ros sait tout ce qui s&rsquo;est pass&eacute;. Reste &agrave; savoir          quelle est l&rsquo;attitude &agrave; tenir. Le pardon, pron&eacute; avec passion          par &quot;Amour&quot;, ou la vengeance &agrave; laquelle incite une &quot;Fiert&eacute;&quot;          belliqueuse ? Quoi qu&rsquo;il en soit et quelque soit la r&eacute;ponse, le          pr&eacute;alable est le m&ecirc;me : il faut vivre. D&egrave;s lors, la          partie semble d&eacute;finitivement gagn&eacute;e, et le titre s&rsquo;ach&egrave;ve          sur un &quot;Let me out&quot; cri&eacute; par LaBrie.<br \/>         On se trouve une nouvelle fois face &agrave; un folk metal tr&egrave;s          proche de<i> Into The Electric Castle<\/i>, pour l&rsquo;un des titres o&ugrave;          la guitare tient le plus de place. Le tr&egrave;s long passage instrumental          avant l&rsquo;intervention du chant, aurait m&eacute;rit&eacute; plus ample          traitement, notamment lorsqu&rsquo;il met en sc&egrave;ne de mani&egrave;re          relativement complexe, autour d&rsquo;un th&egrave;me, trait&eacute; traditionnellement          aux guitares et claviers, une instrumentation all&eacute;chante : violon,          violoncelle, et&#8230; basson ! Cet essai d&rsquo;ouverture &agrave; de nouveaux          timbres et arrangements est r&eacute;ussi, et aurait sans doute m&eacute;rit&eacute;          d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute; et approfondi. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Nineteen : Disclosure<\/p>\n<p>         <\/b>&quot;Discloruse&quot; met en sc&egrave;ne un dernier retour &quot;          &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur&quot;. Comme s&rsquo;ils suivaient l&rsquo;&eacute;volution          int&eacute;rieure de &quot;moi&quot; et qu&rsquo;ils &eacute;taient persuad&eacute;s          d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute; vus, le &quot;meilleur ami&quot; et la &quot;femme&quot;          expliquent &agrave; &quot;Moi&quot; que ce qu&rsquo;il a pris pour une trahison          n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;un moment de faiblesse passag&egrave;re, et qu&rsquo;il ne          s&rsquo;est rien pass&eacute; de plus qu&rsquo;une &eacute;treinte amicale. Le titre          s&rsquo;ach&egrave;ve sur une belle d&eacute;claration d&rsquo;amour et la volont&eacute;          clairement exprim&eacute;e par le h&eacute;ros de revenir &agrave; la          vie et d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;sormais plus proche de sa femme.<br \/>         Tant dans le propos, qui peut &ecirc;tre vu comme un peu mi&egrave;vre,          que dans la composition, ce titre est plus anecdotique, m&ecirc;me si          les arrangements de violoncelle sont une bonne amorce. Il est dommage          qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas &eacute;t&eacute; plus pouss&eacute;s et qu&rsquo;une trop          grande part des effets ait &eacute;t&eacute; confi&eacute;e &agrave; des          claviers bloqu&eacute;s sur des sons de cordes sonnant de mani&egrave;re          tr&egrave;s artificielle en regard des v&eacute;ritables instruments.        <\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Day Twenty : Confrontation<\/p>\n<p>         <\/b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_21.jpg\" width=\"100\" height=\"137\" align=\"left\" border=\"1\">Ce          final monumental se situe dans la pure lign&eacute;e de <i>Into The Electric          Castle<\/i>, une nouvelle fois. Au plan narratif, il est le pr&eacute;texte          au d&eacute;nouement de toutes les intrigues, dans une sorte de &quot;grand          pardon&quot; g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, alors que le h&eacute;ros          sort lentement du coma. Les textes ne sont pas particuli&egrave;rement          int&eacute;ressants, restant n&eacute;cessairement tr&egrave;s factuels,          puisqu&rsquo;ils mettent en sc&egrave;ne le retour &agrave; la vie et &agrave;          la r&eacute;alit&eacute;, et la n&eacute;cessit&eacute; de faire face          &agrave; tout ce que &quot;Moi&quot; a d&eacute;truit par son propre mal-&ecirc;tre,          mais aussi la possibilit&eacute; de reconstruire une vie. <br \/>         Musicalement, &quot;Confrontation&quot; est le seul titre o&ugrave; Lucassen          se laisse aller &agrave; des acc&eacute;l&eacute;ration purement m&eacute;talliques,          et o&ugrave; Ed Warby, batteur f&eacute;tiche de Ayreon, d&eacute;livre          quelques rares passages de double p&eacute;dale. Le propos est ambitieux          et l&rsquo;ensemble, sans &ecirc;tre exceptionnel, constitue une conclusion          de bonne facture.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\">Notons en guise de clin d&rsquo;oeil final une s&eacute;rie          de bruitages o&ugrave; se m&egrave;le la voix du &quot;Dream Sequencer&quot;,          refermant ainsi la boucle avec <i>The Universal Migrator<\/i>, apr&egrave;s          un hiatus de quatre ans.<\/p>\n<p class=\"dateconcert\"><b>Conclusion<\/p>\n<p>         <\/b>On peut peut-&ecirc;tre reprocher &agrave; l&rsquo;album d&rsquo;&ecirc;tre un          peu &quot;explicite&quot;, de laisser moins de place au myst&egrave;re          &#8211; et donc de marge d&rsquo;interpr&eacute;tation personnelle et d&rsquo;appropriation          pour l&rsquo;auditeur &#8211; que <i> Into The Electric Castle<\/i>, l&rsquo;autre monument          d&rsquo;introspection de la discographie de Ayreon. Toutefois, alors que le          concept recelait un s&eacute;rieux risque de sombrer dans la caricature,          l&rsquo;ensemble est trait&eacute; avec suffisament de sensibilit&eacute; pour          &eacute;viter le plus souvent ce pi&egrave;ge, malgr&eacute; quelques          petits errements, comme sur un &quot;Disclosure&quot; aux textes un peu          &agrave; l&rsquo;eau de rose. <br \/>         Enfin, si la formule ne se renouvelle pas v&eacute;ritablement et que          le style Lucassen a parfois tendance &agrave; virer au <i>gimmick<\/i>,          des &eacute;l&eacute;ments laissent entrevoir un avenir florissant et          une certaine marge d&rsquo;innovation (cf. &quot;Loser&quot;) !<\/p>\n<p class=\"dateconcert\" align=\"right\"><i>visuels par Mattias Nor&eacute;n          &#8211; <a href=\"http:\/\/www.progart.com\" target=\"_blank\"><u>www.progart.com<\/u><\/a><\/i>       <\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>4.          La gen&egrave;se de <i>The Human Equation<\/i><\/u><\/font><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">A la lecture des nombreuses informations          disponibles sur le <a href=\"http:\/\/www.ayreon.com\" target=\"_blank\">site          web<\/a> de Ayreon, il semble bien que ce nouvel album ait &eacute;t&eacute;          r&eacute;alis&eacute; selon la m&ecirc;me &quot;recette&quot; que celle          jusque-l&agrave; employ&eacute;e par Lucassen. Ainsi, le Hollandais a          contact&eacute; des artistes qu&rsquo;il souhaitait int&eacute;grer &agrave;          son projet, le plus souvent sur la base de d&eacute;mos du disque en pr&eacute;paration          (c&rsquo;est le cas de James Labrie ou Mikael &Aring;kerfeldt par exemple).<br \/>         Seule exception &agrave; la r&egrave;gle, Marcella Bovio, dont le groupe,          Elfonia, est quasiment inconnu, a &eacute;t&eacute; recrut&eacute;e suite          &agrave; un casting vocal organis&eacute; par Lucassen, puis sur la base          d&rsquo;une s&eacute;lection finale entre quatre candidates interpr&eacute;tant          &quot;The Valley of the Queen&quot;, morceau culte de <i>Into The Electric          Castle<\/i>, ainsi qu&rsquo;un nouveau titre. Marcella et son groupe b&eacute;n&eacute;ficient          m&ecirc;me d&rsquo;un aimable coup de pouce du musicien, qui n&rsquo;h&eacute;site          pas &agrave; vendre leur album via son propre site !<\/p>\n<p>         A n&rsquo;en pas douter, la cr&eacute;dibilit&eacute; de Lucassen est aujourd&rsquo;hui          acquise, apr&egrave;s le succ&egrave;s de ces diff&eacute;rentes r&eacute;alisations,          et un nombre important d&rsquo;invit&eacute;s sur ces diff&eacute;rents disques,          qui font presque office de <i>Who&rsquo;s Who<\/i> du progressif versant m&eacute;tallique          ! L&rsquo;un des souhaits du Hollandais, pour ce nouvel album, &eacute;tait          de ne faire intervenir que des nouveaux participants (&agrave; l&rsquo;exception          de Ed Warby), et sa r&eacute;putation, qui d&eacute;sormais le pr&eacute;c&egrave;de,          lui a non seulement facilit&eacute; la t&acirc;che, mais devrait lui permettre          &agrave; l&rsquo;avenir de renouveler ses invit&eacute;s sans grande difficult&eacute;.<\/p>\n<p>         En termes de calendrier, Lucassen a compos&eacute; seul l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute;          des deux disques au cours de l&rsquo;ann&eacute;e 2003, une fois les derni&egrave;res          obligations relatives &agrave; Star One honor&eacute;es, pour n&rsquo;annoncer          officiellement sa pr&eacute;paration qu&rsquo;en ao&ucirc;t de la m&ecirc;me          ann&eacute;e. S&rsquo;en est suivi un plan de communication particuli&egrave;rement          ing&eacute;nieux aupr&egrave;s du public comme des m&eacute;dias, consistant          &agrave; faire trouver aux fans le nom des diff&eacute;rents intervenants,          dissimul&eacute; sous la forme de devinettes &eacute;gren&eacute;es chaque          semaine.<br \/>         En septembre 2003, le Hollandais s&rsquo;envole &#8211; le plus souvent virtuellement          &#8211; aux quatre coins du globe pour recruter ses chanteurs, et leur proposer          les <i>guide-vocals <\/i>qu&rsquo;il a pr&eacute;par&eacute;s &agrave; leur intention.          D&egrave;s le mois suivant, le premier d&rsquo;entre eux entrait au Electric          Castle, le studio personnel de Lucassen. Certains, pour des raisons d&rsquo;&eacute;loignement          g&eacute;ographique, ont enregistr&eacute; leurs parties dans leur pays          d&rsquo;origine, comme Mike Baker, dans le studio de son comp&egrave;re de Shadow          Gallery, Gary Wehrkamp, ou Devin Townsend, dans son propre studio canadien.          En parall&egrave;le, les quelques instrumentistes venus en aide &agrave;          Lucassen enregistr&egrave;rent leurs parties en Hollande, le tout &eacute;tant          suivi et relay&eacute; aupr&egrave;s du public par des &quot;studio reports&quot;          &eacute;crits par Lucassen sous forme d&rsquo;interviews. Le 31 octobre 2003,          alors que le processus d&rsquo;enregistrement est tr&egrave;s avanc&eacute;,          il ne reste plus qu&rsquo;&agrave; annoncer la date de sortie et le nom de ce          qui s&rsquo;intitule d&eacute;sormais <i>The Human Equation<\/i>.<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/dos_ayrthe_16.jpg\" width=\"120\" height=\"120\" align=\"left\" border=\"1\">La          derni&egrave;re &eacute;tape, plus promotionnelle, a lieu le 21 janvier          2004, avec l&rsquo;annonce de la signature d&rsquo;Ayreon sur l&rsquo;incontournable label          Inside Out, suivi de la diffusion d&rsquo;un &quot;trailer-movie&quot;, aguichant          le public &agrave; la mani&egrave;re des productions hollywoodiennes !          Ce mat&eacute;riel promotionnel, et ce suivi pas &agrave; pas du processus          d&rsquo;enregistrement offrait la possibilit&eacute;, tr&egrave;s en vogue en          ce moment, de r&eacute;aliser un DVD bonus retra&ccedil;ant cette ann&eacute;e          2003. Enfin, un <i>single<\/i> sort au mois d&rsquo;avril, pr&eacute;c&eacute;dent          l&rsquo;album et permettant de faire monter la pression. C&rsquo;est une d&eacute;cision          inhabituelle de la part de Lucassen, qui souhaite d&rsquo;ordinaire que la continuit&eacute;          de ses &quot;histoires&quot; ne soit pas perturb&eacute;e par l&rsquo;extraction          d&rsquo;un seul titre. &quot;Love&quot;, puisque c&rsquo;est la composition retenue,          est tout indiqu&eacute; pour d&eacute;montrer les qualit&eacute;s de l&rsquo;album          : truff&eacute; de breaks, faisant intervenir bien des chanteurs pr&eacute;sents          sur le disque, et dot&eacute; d&rsquo;un refrain puissant, ce titre, s&rsquo;il n&rsquo;a          que peu de potentiel commercial, reste une belle porte d&rsquo;entr&eacute;e          vers <i>The Human Equation<\/i>.<\/p>\n<p>         Alors que les d&eacute;bats sur le piratage et les moyens de le contrer          font rage, Arjen Lucassen agit avec une rare intelligence : faisant monter          la pression autour de son projet, jouant la transparence sur la mise en          place du disque et s&rsquo;entourant d&rsquo;une <i>dream team <\/i>&agrave; la fois          artistique, marketing et commerciale (Inside Out est probablement l&rsquo;&eacute;curie          qui, dans le genre, est aujourd&rsquo;hui la mieux &agrave; m&ecirc;me de &quot;travailler&quot;          un artiste progressif en Europe), il joue sur tous les tableaux.<br \/>         La sortie du disque dans une triple &eacute;dition, qui s&rsquo;annonce comme          apportant une r&eacute;elle valeur ajout&eacute;e par rapport au seul          album, est &eacute;galement une d&eacute;cision qui devrait faire r&eacute;fl&eacute;chir          plus d&rsquo;un fan avant qu&rsquo;il ne choisisse des voies ill&eacute;gales pour          se le procurer, malgr&eacute; une disponibilit&eacute; pr&eacute;coce          de l&rsquo;album sur les r&eacute;seaux de <i>peer to peer<\/i>.<\/p>\n<p>         On assiste donc ici &agrave; une d&eacute;marche promotionnelle et commerciale          peu fr&eacute;quente dans le progressif, mais qui prouve qu&rsquo;avec certains          moyens, m&ecirc;me limit&eacute;s au vu du &quot;march&eacute;&quot; d&rsquo;Ayreon,          il est possible de r&eacute;aliser un v&eacute;ritable <i>business plan<\/i>          qui s&rsquo;inscrive malgr&eacute; tout sans ambiguit&eacute; dans un processus          artistique. Gageons que cette initiative, comme celle encore plus ambitieuse          de Marillion, incitera d&rsquo;autres artistes de recourir &agrave; des proc&eacute;d&eacute;s          ing&eacute;nieux pour se faire conna&icirc;tre du plus grand nombre. <\/p>\n<p class=\"dateconcert\" align=\"right\"><i>visuels : <a href=\"http:\/\/www.ayreon.com\" target=\"_blank\"><u>www.ayreon.com<\/u><\/a><\/i><\/p>\n<p class=\"dateconcert\" align=\"right\"><strong><font color=\"#000000\">Dossier          r&eacute;alis&eacute; par Fanny Layani et Djul<\/font><\/strong><\/p>\n<p> &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Ayreon : The Human Equation (pt.2) 3. The Human Equation, back to Earth&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22161,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22160"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22160"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22160\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22160"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22160"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22160"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}