{"id":22158,"date":"2005-09-06T00:00:00","date_gmt":"2005-09-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/15cc270748f836f8ca4d713662897208_XL.jpg"},"modified":"2005-09-06T00:00:00","modified_gmt":"2005-09-05T22:00:00","slug":"22158","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2005\/09\/06\/22158\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 2005"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Les Tritonales 2005<\/h1>\n<p><strong>Alors que les murs du Triton r\u00e9sonnaient encore des fulgurances incandescentes de Magma, il fallait puiser encore suffisamment d\u2019\u00e9nergie pour se lancer dans deux nouvelles semaines intenses, avec la troisi\u00e8me \u00e9dition du festival des Tritonales.<\/strong><\/p>       <br \/> \t  <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>          1. Premi\u00e8re semaine         <\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong> <\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"><strong>Alors que les murs du Triton r\u00e9sonnaient encore des fulgurances incandescentes de Magma et que les cernes sous les yeux de l\u2019\u00e9quipe et de la partie du public ayant d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre l\u2019aventure ne cessaient de se creuser, sans pour autant masquer les sourires, il fallait puiser encore suffisamment d\u2019\u00e9nergie pour se lancer dans deux nouvelles semaines intenses, avec la troisi\u00e8me \u00e9dition du festival des Tritonales.<br \/> Les deux pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9ditions avaient rempli sans faille le contrat : m\u00ealer au sein d\u2019une m\u00eame affiche l\u00e9gendes et incontournables des musiques progressives, mais aussi jeunes loups prometteurs. En serait-il de m\u00eame pour cette troisi\u00e8me \u00e9dition, raccourcie d\u2019une semaine pour cause de marathon zeuhl, et ayant souffert de modifications tardives de la programmation ?<\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">  <b>Lundi 06 juin 2005 \u2013 Moving Gelatine Plates<\/b><br \/><br \/>  Le Triton suintait encore la zeuhl par tous les pores et le public n\u2019\u00e9tait pas v\u00e9ritablement pr\u00eat \u00e0 passer \u00e0 autre chose. Il fallait cependant bien revenir sur terre, et c\u2019est \u00e0 Moving Gelatine Plates que revenait la difficile t\u00e2che de succ\u00e9der \u00e0 Magma. <br \/><br \/> <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_1.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Ce nom volontairement loufoque ne dit vraisemblablement rien aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations, et pourtant\u2026 Moving Gelatine Plates fit parler de lui au cours des ann\u00e9es soixante-dix, se posant comme l\u2019un des premiers groupes \u00e0 d\u00e9fricher le champ des musiques progressives en France  avec deux albums (un disque \u00e9ponyme et <i>The World of Genius Hans<\/i>, tous deux publi\u00e9s en 1971). Reform\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative de Didier Thibault (basse et chant, seul rescap\u00e9 de la formation originale), le groupe revisite aujourd\u2019hui un r\u00e9pertoire de plus de trente ans, mais va surtout de l\u2019avant, avec un nouvel album en pr\u00e9paration.<br \/> Oeuvrant dans un registre qui sonne aujourd\u2019hui de mani\u00e8re tr\u00e8s traditionnelle pour ne pas dire dat\u00e9e, Moving Gelatine Plates recherche une pointe d\u2019originalit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des timbres employ\u00e9s, agr\u00e9mentant son hard progressif de parties de saxophone et de fl\u00fbte, ainsi que d\u2019un violon et d\u2019un violoncelle, malheureusement peu et\/ou mal exploit\u00e9s, souvent en simple doublure et sous-mix\u00e9s, sans compter les traditionnels probl\u00e8mes de dynamique de jeu propres aux musiciens classiques se mettant au rock, qui rendent difficile leur int\u00e9gration musicale \u00e0 un ensemble bien plus rythmique. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_2.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\"> L\u2019ensemble est de bonne tenue, m\u00eame si l\u2019auditeur de progressif exigeant qu\u2019est souvent le fid\u00e8le des Tritonales peut \u00e9mettre certaines r\u00e9serves devant un jeu tr\u00e8s binaire et manquant nettement de nuances. Le timbre clinquant de la Rickenbacker de Didier Thibault et le son volontairement tr\u00e8s brut de la guitare de Maxime Goetz ne sont pas pour rien dans cette impression, malgr\u00e9 des efforts d\u2019orchestration et un certain soin apport\u00e9 aux arrangements. <br \/> Ainsi, m\u00eame si Moving Gelatine Plates ne parvient pas \u00e0 convaincre au-del\u00e0 d\u2019une frange d\u00e9j\u00e0 acquise du public, compos\u00e9e de proches et fid\u00e8les des musiciens, et si l\u2019ensemble peut sembler par moments aussi indigeste que la recette sans doute d\u2019inspiration britannique \u00e9voqu\u00e9e par le nom de la formation, on ne peut que saluer l\u2019envie de jouer dont semble faire preuve le groupe, et le travail fourni, nettement perceptible dans cette prestation. MVP \u00e9vite \u00e9galement de tomber dans le pi\u00e8ge de la nostalgie \u00e0 outrance et ne cherche pas \u00e0 capitaliser sur son pass\u00e9 \u2013 ce qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 facile, proposant au contraire de nouveaux morceaux. Reste \u00e0 voir ce que donnera le disque \u00e0 venir\u2026 <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Mardi 07 juin 2005 \u2013 Patrice Meyer Trios<\/b><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_3.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Les habitu\u00e9s du Triton ont sans doute aper\u00e7u au moins une fois le guitariste Patrice Meyer : accompagnant r\u00e9guli\u00e8rement des artistes <i>canterbury<\/i> comme Pip Pyle, Hugh Hopper, John Greaves ou Didier Malherbe, le bonhomme s\u2019est maintes fois illustr\u00e9 par son jeu riche et virtuose. Il occupe cette fois-ci le haut de l\u2019affiche du Triton, avec deux parties mettant en valeur sa facette acoustique et sa facette \u00e9lectrique.<br \/><br \/>  Pour ce <i>set<\/i> acoustique, Meyer s\u2019est entour\u00e9 de Philippe Foch aux percussions, et Didier Malherbe au saxophone et aux fl\u00fbtes, qui occupe en fait la place principale, impulsant toutes les directions musicales. Pendant un peu moins d\u2019une heure, le trio prodigue une world music empreinte d\u2019une tonalit\u00e9 jazz prononc\u00e9e, mais tr\u00e8s agr\u00e9able et \u00e9vitant les ambiances trop tortur\u00e9es.<br \/> Patrice Meyer d\u00e9marre seul le concert sur sa guitare douze cordes, donnant un bref aper\u00e7u de sa technique particuli\u00e8re : il utilise chaque doigt de sa main droite en aller-retour, comme un m\u00e9diator, ce qui lui permet de r\u00e9aliser avec v\u00e9locit\u00e9 aussi bien des d\u00e9manch\u00e9s vertigineux que des arp\u00e8ges cors\u00e9s. Tr\u00e8s impressionnant ! Cela \u00e9tant, Meyer use avec parcimonie de sa technique infernale, laissant \u00e0 Didier Malherbe le soin d\u2019envo\u00fbter le public par ses m\u00e9lodies, notamment avec ce magnifique instrument qu\u2019est le doudouk, fl\u00fbte d\u2019origine arm\u00e9nienne au son grave et velout\u00e9. L\u2019ensemble est rythm\u00e9 par l\u2019excellent  Philippe Foch, qui fera d\u2019ailleurs une d\u00e9monstration tr\u00e8s convaincante aux tablas, des percussions indiennes. La superbe reprise du classique \u00ab&nbsp;Lotus Feet&nbsp;\u00bb de John Mclaughlin reste sans doute le point culminant de cette premi\u00e8re partie, le trio conjuguant avec brio grande ma\u00eetrise technique et musicalit\u00e9. Le public, tr\u00e8s r\u00e9actif, ne s\u2019y est pas tromp\u00e9.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_4.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">En seconde partie de soir\u00e9e, le guitariste troque son acoustique pour une \u00e9lectrique, accompagn\u00e9 du bassiste Remy Chaudagne <i>(NdA : lequel pr\u00e9sente une amusante petite ressemblance avec Claude Lelouch)<\/i> et du batteur Jean-Baptiste Cortot. Les quelques titres interpr\u00e9t\u00e9s penchent nettement vers un jazz rock m\u00e2tin\u00e9 de progressif, mais leur complexit\u00e9 leur donne \u00e9galement un c\u00f4t\u00e9 plus herm\u00e9tique, moins accessible.<br \/>En d\u00e9pit de quelques passages un peu longs, la musique poss\u00e8de cependant suffisamment d\u2019atouts pour int\u00e9resser les amateurs du genre : mise en place millim\u00e9tr\u00e9e, rythmes complexes, th\u00e8mes insidieux et soli incandescents. Ainsi, l\u2019\u00e9tonnant \u00ab&nbsp;King Of Pain&nbsp;\u00bb de Police revisit\u00e9 \u00e0 la sauce fusion, ou l\u2019\u00e9pique \u00ab&nbsp;Hornie Brownie&nbsp;\u00bb et son solo de guitare furibard n\u2019ont pas laiss\u00e9 indiff\u00e9rents, et les quelques guitaristes de la salle auront sans doute eu des sueurs froides en voyant Meyer s\u2019escrimer sur l\u2019instrument, l\u00e2chant quelques phras\u00e9s dignes d\u2019un John Mclaughin ou m\u00eame d\u2019Allan Holdsworth !<br \/>En rappel, Malherbe et Foch rejoignent le trio pour un \u00ab&nbsp;The Dervish Riff&nbsp;\u00bb (reprise de Steve Hillage) marqu\u00e9e par un duel de percussions saisissant ! Pour clore d\u00e9finitivement le concert, press\u00e9 une derni\u00e8re fois par la foule, Patrice Meyer part seul pour une improvisation \u00e0 la guitare. Exercice \u00f4 combien risqu\u00e9 et perilleux, mais le virtuose s\u2019en sort plut\u00f4t bien et a surtout la sagesse de ne pas faire tra\u00eener les choses. Chapeau, monsieur Meyer !<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Greg Filibert<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Mercredi 08 juin 2005 \u2013 Aka Moon<\/b> <br \/><br \/> Avec Aka Moon, le festival change nettement de cat\u00e9gorie et conna\u00eet la premi\u00e8re des trois d\u00e9flagrations belges qui incendieront sans m\u00e9nagement le Triton au cours de ces deux semaines.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_5.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Sur un rythme \u00e9chevel\u00e9 et avec une \u00e9nergie sans faille, Aka Moon a propos\u00e9, aux oreilles \u00e9bahies d\u2019un public laiss\u00e9 sur les rotules, un concert extr\u00eamement long \u00e0 tel point que l\u2019on a pu croire, dans un premier temps, \u00e0 un concert en un seul set &#8211; les rappels eurent m\u00eame lieu devant une salle d\u00e9cim\u00e9e par l\u2019horaire impitoyable du dernier m\u00e9tro &#8211; et d\u2019une intensit\u00e9 marquante. <br \/> Toute en angles et en ruptures, la musique d\u2019Aka Moon, extr\u00eamement versatile, est per\u00e7ue comme difficile d\u2019acc\u00e8s. Sur disque, le trio (saxophone, basse, batterie) est le plus souvent accompagn\u00e9 d\u2019invit\u00e9s divers, qui viennent enrichir les timbres. Ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas lors de cette premi\u00e8re partie, o\u00f9 l\u2019aridit\u00e9 de la formule instrumentale de base \u00e9tait pr\u00e9serv\u00e9e, laissant plus encore passer l\u2019\u00e9nergie et percevoir la complexit\u00e9 des structures.<br \/><br \/>En seconde partie, malgr\u00e9 l\u2019apport de la fl\u00fbte de Magik Malik \u2013 parfois un peu \u00e0 la peine pour suivre les grands malades dont il partage la sc\u00e8ne &#8211; ce sentiment persiste. Les th\u00e8mes virevoltent, les tempi sont en \u00e9volution permanente, l\u2019orchestration est tout juste \u00e9toff\u00e9e par quelques boucles et effets de <i>delay<\/i> \u00e0 la basse et la polyrythmie, permanente, est \u00e9rig\u00e9e en syst\u00e8me. A tel point que l\u2019auditeur, laiss\u00e9 exsangue par un concert de pr\u00e8s de trois heures, put ressentir une certaine impression de lin\u00e9arit\u00e9 \u00e0 la fin du second set, l\u2019esprit satur\u00e9 par un d\u00e9luge permanent de notes, de rythmes d\u00e9cal\u00e9s et d\u2019harmonies complexes.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_6.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">On restera toutefois marqu\u00e9 par l\u2019enthousiasme extr\u00eamement communicatif de Fabrizio Cassol, d\u00e9jant\u00e9 du saxophone et compositeur audacieux, de Michel Hatzigeorgiou, hilare derri\u00e8re sa basse et de St\u00e9phane Galland, qui ass\u00e8ne avec le sourire des rythmes d\u2019une complexit\u00e9 \u00e9bouriffante. La bonne humeur et la complicit\u00e9 sont palpables sur sc\u00e8ne, le plaisir de jouer est manifeste et ces trois monstres de technique ne se d\u00e9partissent jamais de la plus totale simplicit\u00e9.<br \/> Une magistrale claque, la premi\u00e8re du festival.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Jeudi 09 juin 2005 \u2013 Setna\/Yang<\/b><br \/><br \/>  <b>Setna<\/b><br \/><br \/>  Le public est jeune et plut\u00f4t f\u00e9minin, fait \u00e9tonnant en mati\u00e8re de musiques progressives ou assimil\u00e9es, et visiblement, comme souvent au Triton, on se conna\u00eet ou reconna\u00eet facilement. Setna joue ce soir. Setna ? Comment dire\u2026<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_7.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Imaginons un oscilloscope. Une courbe sinuso\u00efdale r\u00e9guli\u00e8re, donc : elle monte, elle descend en ondulations bien ordonn\u00e9es. Cette courbe peut aussi figurer une respiration, notamment en musique : pression, d\u00e9pression, tension, extension.<br \/> Rempla\u00e7ons cette sinuso\u00efde par une batterie, une basse, deux claviers dont l\u2019inamovible Moog, des bois \u2013 clarinette et sax en alternance \u2013 et une voix consid\u00e9r\u00e9e tel un instrument. Si cet oscilloscope d\u2019une nature un peu nouvelle produisait du jazz, il serait commercialis\u00e9 sous la marque Setna !<br \/><br \/> Adeptes d\u2019une alternance planante et nerveuse et bien que r\u00e9serv\u00e9s dans leur attitude, les musiciens font montre d\u2019une certaine passion sur sc\u00e8ne. Au cours de titres fleuves passant de r\u00e9miniscences floydiennes \u2013 on pourrait penser \u00e0 \u00ab&nbsp;A Great Gig in the Sky&nbsp;\u00bb, et il existe pire comparaison \u2013 \u00e0 de s\u00e8ches syncopes, Setna a conserv\u00e9 l\u2019esprit jazz des soli altern\u00e9s de claviers, de batterie ou de vents.<br \/><br \/> La notice de cet oscilloscope se trouverait incompl\u00e8te sans l\u2019indication suivante : ces gens appartiennent \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce des sp\u00e9cialistes de la transition douce. Tout ou presque se produit en douceur, le glissement d\u2019un th\u00e8me \u00e0 l\u2019autre, la transmission du flambeau soliste, le passage d\u2019une extr\u00e9mit\u00e9 de la courbe \u00e0 l\u2019autre.  Accompagn\u00e9e par un chanteur instrumentalis\u00e9 \u00e0 la voix l\u00e9g\u00e8re, avec son air de <i>sadhu<\/i> en <i>dotthi<\/i> et sa gestuelle tir\u00e9e d\u2019un <i>katakali<\/i> tr\u00e8s personnel mais pas insens\u00e9, la musique de Setna se laisse absorber sur sc\u00e8ne sans aucune difficult\u00e9 ni r\u00e9sistance. Et bien que l\u2019on trouve Etna dans le nom de cette formation, on compte bien quelques \u00e9ruptions musicales, certes, mais pour autant pas de violence, plut\u00f4t l\u2019impression d\u2019une coul\u00e9e de lave. Une coul\u00e9e de lave\u2026 Du Magma ?<br \/><br \/>  <b>Yang<\/b><br \/><br \/>  <i>\u00ab&nbsp;Le <i>yang<\/i> est un principe solaire, par rapport au <i>yin<\/i>, principe lunaire. Tous les morceaux de Yang sont plut\u00f4t solaires. Enfin, pour moi !&nbsp;\u00bb<\/i><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_8.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\"> Le registre de Yang, quatuor instrumental \u2013 deux guitares, basse et batterie \u2013 se trouve ainsi d\u00e9fini par son principal moteur, Fr\u00e9d\u00e9ric L\u2019Ep\u00e9e. Restons dans les citations : <i>\u00ab&nbsp;Les titres compos\u00e9s par l\u2019Ep\u00e9e sont en effet sp\u00e9cialement \u00e9crits pour un membre du groupe en particulier.<br \/> Ancien membre de Shylock, groupe progressif fran\u00e7ais du milieu des ann\u00e9es soixante-dix et d\u2019une formation instrumentale plus exp\u00e9rimentale, Philharmonie, dans les ann\u00e9es quatre-vingt, L\u2019Ep\u00e9e poss\u00e8de ainsi une exp\u00e9rience musicale vari\u00e9e, outre des ann\u00e9es de professorat. Mais son influence initiale, qui ressort sur ce disque plus \u00ab&nbsp;dur&nbsp;\u00bb que ses pr\u00e9c\u00e9dents, est ind\u00e9niablement celle de Robert Fripp, comme il l\u2019indique lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb<\/i>, \u00e9crivait Djul dans ces colonnes, \u00e0 propos de <i>A Complex Nature<\/i>, premier album de Yang, largement interpr\u00e9t\u00e9 ce soir. On s\u2019\u00e9loigne donc du jazz de Setna, m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un courant dont Yang use parfois pour son rock instrumental.<br \/><br \/> Pas mal de saturation pour des instruments que l\u2019on voit souvent associ\u00e9s au metal : Ibanez surtout, mais aussi Gibson ou Music Man ; et le style s\u2019y pr\u00eate. Alternant jolies cocottes un peu funk et bons gros riffs traditionnels, Laurent James, ancien \u00e9l\u00e8ve de L\u2019Ep\u00e9e ayant d\u00e9j\u00e0 foul\u00e9 la sc\u00e8ne du Triton avec Lord of Mushrooms, offre des fondations solides.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_9.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\"> Si chaque musicien poss\u00e8de bien son ou ses morceaux \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un \u00e9clairage de ses talents personnels d\u2019interpr\u00e9tation, ainsi que le veut la philosophie du groupe, Fr\u00e9d\u00e9ric L\u2019\u00e9p\u00e9e montre cependant clairement son attachement guitaristique. Soigneusement mis en avant et signant tous les soli hors quelques interventions de la basse et harmonisations \u00e0 deux guitares, il montre certes une certaine efficacit\u00e9, malgr\u00e9 une crispation perceptible dont il ne se d\u00e9partira qu\u2019en fin de spectacle. Il ne reste plus, pour pr\u00eater vie \u00e0 ce \u00ab&nbsp;bouillonnement  \u00e9lectrique&nbsp;\u00bb de qualit\u00e9, qu\u2019\u00e0 jeter sur Yang l\u2019\u00e9tincelle d\u2019un jeu de sc\u00e8ne plus anim\u00e9. Le second album du groupe est en pr\u00e9paration, dont quelques titres ont \u00e9t\u00e9 jou\u00e9s en avant-go\u00fbt ce soir. Voil\u00e0 qui devrait permettre quelques nouveaux passages en concert, justement.<\/p>   <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Florian Gonfreville<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">  <b>Vendredi 10 juin 2005 \u2013 Zaar\/Cahen-Seffer septuor<\/b><br \/><br \/>  Une nouvelle affiche double et pr\u00e9sentant deux g\u00e9n\u00e9rations sur un m\u00eame plateau, pour un grand \u00e9cart stylistique surprenant, imputable aux modifications de programmation d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9es.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_10.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Zaar est n\u00e9 des cendres de Sotos, puisque l\u2019on y retrouve les fr\u00e8res Hazera (Michael \u00e0 la batterie et Yan \u00e0 la guitare), aux c\u00f4t\u00e9s de deux Romain, l\u2019un \u00e0 la basse et l\u2019autre \u00e0 la\u2026 vielle \u00e0 roue. La fratrie Hazera repr\u00e9sentait la fraction musicalement la plus tortur\u00e9e et la plus adepte d\u2019exp\u00e9rimentations \u00e9tranges de Sotos, et l\u2019\u00e9coute de Zaar conforte cette opinion. <br \/> Zaar d\u00e9veloppe une musique atypique, \u00e0 tous points de vue. L\u2019instrumentation en elle-m\u00eame en donne un avant-go\u00fbt, surtout si l\u2019on pr\u00e9cise que l\u2019instrument le plus mis en avant n\u2019est pas la guitare. On retrouve cette derni\u00e8re plus souvent dans un r\u00f4le de cr\u00e9ation d\u2019ambiances et de climats plut\u00f4t qu\u2019en position m\u00e9lodique ! La vedette est bel et bien la vielle \u00e0 roue, \u00e9lectrifi\u00e9e et pass\u00e9e \u00e0 travers diff\u00e9rents effets sonores.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_11.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">Le climat d\u2019ensemble est sombre, violent et presque r\u00e2peux, les jeunes musiciens ne consentant aucun compromis. L\u2019id\u00e9e m\u00eame de flatter l\u2019oreille de l\u2019auditeur par une m\u00e9lodie ou un accord plaisant s\u2019\u00e9carte de la d\u00e9marche de Zaar, qui se situe davantage dans une logique de confrontation, voire m\u00eame de perturbation. La tension est maintenue, permanente, quitte \u00e0 mettre mal \u00e0 l\u2019aise une partie du public : on se doute, vu l\u2019\u00e9clectisme de l\u2019affiche, que le public de la paire Cahen-Seffer ne s\u2019attendait pas v\u00e9ritablement \u00e0 la violence parfois paroxystique de Zaar. <br \/> Cet aspect d\u00e9stabilisateur est renforc\u00e9 par une certaine absence de construction des titres : il est difficile d\u2019y prendre ses marques, et d\u2019y trouver des rep\u00e8res fautes d\u2019\u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents, voire parfois de structure claire. La musique de Zaar est encore en recherche et en construction permanente, l\u2019ensemble reste pour le moment \u00ab&nbsp;jeune&nbsp;\u00bb. Mais il s\u2019agit tr\u00e8s clairement d\u2019un travail en devenir qui, s\u2019il n\u2019est pas encore enti\u00e8rement convaincant faute d\u2019une certaine coh\u00e9sion, \u00e9veille en tous cas int\u00e9r\u00eat et curiosit\u00e9. A confirmer sur album prochainement. <br \/><br \/>  La seconde partie de cette soir\u00e9e est en contraste pour le moins total avec la jeunesse \u00e9ruptive de Zaar, tant en termes de propos musical que d\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_12.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Le duo Fran\u00e7ois Cahen (piano) \u2013 Yochk\u2019o Seffer (saxophone) s\u2019\u00e9tait, pour cette nouvelle prestation au Triton, adjoint les services de Charly Doll aux percussions &#8211; qui \u00e0 lui seul, par moments, sauva le set &#8211; et d\u2019un quatuor \u00e0 cordes dont nombreux se demandent encore, \u00e0 l\u2019heure qu\u2019il est, le r\u00e9el int\u00e9r\u00eat. <br \/> Le concert donn\u00e9 par les deux \u00ab&nbsp;historiques&nbsp;\u00bb de la formation se r\u00e9v\u00e8le somme toute tr\u00e8s classique : Seffer se livre souvent \u00e0 de grandes envol\u00e9es lyriques o\u00f9 il couvre par fois, \u00e0 lui seul, l\u2019ensemble des musiciens qui l\u2019accompagnent, et qui peuvent parfois friser le p\u00e9nible lors des passages les plus <i>free<\/i>. Mais on retrouve ind\u00e9niablement dans ses interventions les qualit\u00e9s d\u2019invention m\u00e9lodique qu\u2019on lui conna\u00eet, et la chaleur du son dont il est coutumier. Quant \u00e0 Fran\u00e7ois Cahen, il est, lui aussi, \u00e9gal \u00e0 lui m\u00eame : capable d\u2019une grande pr\u00e9cision lorsqu\u2019il le veut bien, son jeu n\u2019est cependant pas toujours des plus pertinents. On a souvent l\u2019impression d\u2019un musicien dilettante et peu concern\u00e9, d\u2019o\u00f9 quelques placements un peu hasardeux dans les passages les plus \u00e9crits.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_13.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Toutefois, le gros \u00ab&nbsp;hic&nbsp;\u00bb de cette formule en \u00ab&nbsp;septette&nbsp;\u00bb se trouve du c\u00f4t\u00e9 du quatuor, qui souffre d\u2019embl\u00e9e d\u2019un probl\u00e8me fondamental dans l\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame : harmonique et souvent tr\u00e8s verticale, avec de nombreux frottements \u00e0 la seconde, et rythmiquement assez \u00e9trang\u00e8re au savoir-faire technique des musiciens classiques. Pourquoi pas ? Mais ce parti-pris d\u2019\u00e9criture est largement incompatible avec un saxophone ne conc\u00e9dant rien lors de ses improvisations free et qui modifie les structures en temps r\u00e9el, \u00e0 grand renforts de gestes. Cela n\u2019a d\u2019ailleurs pas loup\u00e9 : d\u00e8s le premier titre, le quatuor n\u2019a pas manqu\u00e9 de partir dans le d\u00e9cor au premier virage, comme il \u00e9tait pr\u00e9visible.<br \/> Outre ces placements rythmiques et harmoniques relevant parfois de la mission impossible pour les musiciens, ne parlons pas des questions de sonorisation. Sonoriser des cordes dans un environnement amplifi\u00e9 n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas une mince affaire. Mais, avec pareille formation et sans cellules pour capter les instruments \u00ab&nbsp;en direct&nbsp;\u00bb, il devenait impossible d\u2019\u00e9quilibrer le quatuor, repris avec de simples micros d\u2019ambiances. <br \/><br \/> Une double question se posait donc \u00e0 la sortie de ce concert, et qui venait g\u00e2cher nettement le plaisir que l\u2019on aurait pu y prendre : la programmation d\u2019une formation aussi traditionnellement jazz au sein d\u2019une affiche r\u00e9solument audacieuse \u00e9tait-elle v\u00e9ritablement pertinente ? Cahen et Seffer auraient sans doute mieux trouv\u00e9 leur place dans un autre cadre. Et, plus grave, on pouvait concevoir de nets doutes sur la pertinence des choix d\u2019\u00e9criture eux-m\u00eames, ce qui laisse planer le doute sur la viabilit\u00e9 d\u2019une telle formation, pourtant men\u00e9e par des musiciens qui eurent souvent beaucoup \u00e0 dire\u2026<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Samedi 11 juin 2005 \u2013 Soft Bounds<\/b><br \/><br \/>  Apr\u00e8s un premier concert lors de la seconde \u00e9dition des Tritonales, au succ\u00e8s que l\u2019on sait  et au cours duquel un <i>live<\/i> avait \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9, Soft Bounds se produisait \u00e0 nouveau au Triton, dans des circonstances quelque peu sp\u00e9ciales : heureuses car il s\u2019agissait du jour de sortie de ce <i>live<\/i> justement, mais aussi difficiles selon l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 pr\u00e9caire d\u2019un Elton Dean tout juste sorti de l\u2019h\u00f4pital et visiblement fatigu\u00e9.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_14.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Le groupe franco-anglais compte en ses rangs deux l\u00e9gendes de l\u2019\u00e9cole de Canterbury, Elton Dean et son mythique saxello (variation sur le th\u00e8me d\u2019un saxophone soprano, au son souvent plus per\u00e7ant), ainsi qu\u2019un Hugh Hopper toujours aussi flegmatique sous son bonnet. A leurs c\u00f4t\u00e9s \u2013 et ayant tendance \u00e0 leur voler insolemment la vedette \u2013 un couple majeur du jazz fran\u00e7ais : Sophia Domancich, aux couleurs pianistiques plus \u00ab&nbsp;\u00e9cole fran\u00e7aise du d\u00e9but du XXe s.&nbsp;\u00bb que jamais, et Simon Goubert, v\u00e9ritable Gavroche de la batterie jazz, qui fomente le moindre de ses coups avec une grimace jubilatoire et a sans doute l\u2019un des plus beaux touchers de cymbale actuels.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_15.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">La premi\u00e8re partie du concert se d\u00e9roule dans une ambiance un peu \u00e9trange, assez paroxystique, et qui retombe parfois \u00e9trangement sur ses pieds alors que l\u2019on sent souvent l\u2019ensemble au bord de la d\u00e9stabilisation. Cette f\u00e9brilit\u00e9 est particuli\u00e8rement sensible sur \u00ab&nbsp;Le Retour d\u2019Emmanuel-Philibert&nbsp;\u00bb, composition de Simon Goubert en passe de devenir un classique, et que le public fredonne r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la sortie des concerts. Ce morceau, pourtant propice aux ambiances chaudes dans sa premi\u00e8re partie, est \u00e9trangement brusque et violent.<br \/> La seconde moiti\u00e9 de la soir\u00e9e est \u00e0 la fois plus coh\u00e9rente et plus pouss\u00e9e, chaque titre et chaque phase improvis\u00e9e \u00e9tant port\u00e9s bien plus loin. Elton Dean s\u2019y donne sans compter, m\u00eame si on le sent parfois au bout de la fatigue et de l\u2019usure, et trouve plus naturellement sa place dans le tissu sonore qu\u2019en premi\u00e8re partie de concert, o\u00f9 il semblait plus souvent en d\u00e9calage avec ses partenaires.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_16.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">En rappel, le quatuor se transforme en quintette avec l\u2019arriv\u00e9e de Jean-Michel Couchet au saxophone \u2013 il avait remplac\u00e9 Elton Dean lors d\u2019un concert \u00e0 Marseille quelques jours auparavant &#8211; pour une version extensive de \u00ab&nbsp;Slightly All The Time&nbsp;\u00bb, titre mythique de Soft Machine s\u2019il en est. Loin de se cantonner au r\u00f4le de second couteau mais sans jamais couper la parole \u00e0 Elton Dean, le nouveau venu prouve son talent en quelques mesures, restant toujours sobre et pertinent sans h\u00e9siter n\u00e9anmoins \u00e0 prendre des risques. Sophia Domancich propose, elle aussi, un solo d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat, harmoniquement aventureux et plein d\u2019intensit\u00e9. On regrettera seulement qu\u2019elle ne prenne souvent pas tout l\u2019espace sonore qui lui revient lors de ses soli, o\u00f9 elle reste souvent proche de son jeu en accompagnement. <\/p>         <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\" align=\"justify\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         2. Deuxi\u00e8me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font><\/strong><\/p>       <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"><b>Mercredi 15 juin 2005 \u2013 Hatfield and the north <\/b><br \/><br \/>  Au rayon des r\u00e9unions de formations cultes les plus improbables permises par les Tritonales, Hatfield and The North arrive probablement en t\u00eate, coiffant au poteau Polysoft et sa moiti\u00e9 de Soft Machine en 2003. Phil Miller (Matching Mole), Richard Sinclair (Caravan) et Pip Pyle (Gong) avaient d\u2019ailleurs figur\u00e9, s\u00e9par\u00e9ment, \u00e0 l\u2019affiche de cette premi\u00e8re \u00e9dition. Il ne manquait que Dave Stewart (claviers), seul membre historique \u00e0 ne pas faire partie de la reformation. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_17.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">C\u2019est donc apr\u00e8s vingt-cinq ans d\u2019absence &#8211; on ne compte pas une reformation pour la t\u00e9l\u00e9vision britannique en 1990 &#8211; que le trio se pr\u00e9sente au public du Triton, assist\u00e9 d\u2019Alex Maguire aux claviers, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent au sein du Pip Pyle\u2019s Bash, et d\u2019un second percussionniste, ajout\u00e9 au groupe en derni\u00e8re instance, apr\u00e8s que Pyle ait \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 d\u2019une hernie discale.<br \/> Entre 1972 et 1977 et avec deux disques, Hatfield and The North a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9dification de la fameuse \u00ab&nbsp;\u00e9cole de Canterbury \u00bb, mouvement h\u00e9t\u00e9roclite qui comprend, p\u00eale-m\u00eale, des formations inspir\u00e9es du jazz (Soft Machine, bien s\u00fbr) ou de la pop (Caravan). Hatfield se situe encore \u00e0 part, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de Richard Sinclair, meneur et bassiste de Caravan, et d\u2019\u00e9videntes r\u00e9miniscences jazz : avec une musique instrumentalement tr\u00e8s recherch\u00e9e, m\u00e9lodique tout en \u00e9tant rigoureuse sur le plan rythmique, c\u2019est \u00e0 National Health que l\u2019on peut sans doute comparer le mieux Hatfield. Ce qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas un hasard, puisque ce dernier en est une \u00e9manation, avec Dave Stewart et Pip Pyle, mais sans Sinclair.  <br \/><br \/>  Nous avions d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9 que le temps avait eu quelque impact sur la voix de Richard Sinclair, lors de son concert solo aux Lilas. H\u00e9las pour le public, ce triste constat s\u2019\u00e9tend \u00e0 la quasi-totalit\u00e9 des membres de Hatfield en ce soir du 15 juin 2005. Tr\u00e8s rapidement, il devient \u00e9vident que le groupe n\u2019a que tr\u00e8s peu r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et les maladresses sur les parties instrumentales finissent vite de convaincre que la r\u00e9surrection n\u2019est pas pour ce soir.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_18.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">On peut pourtant relever d\u2019excellents moments au cours de ce (tr\u00e8s) long concert, en deux parties comme d\u2019habitude au Triton : le \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb de Hatfield, \u00ab&nbsp;Share It&nbsp;\u00bb fut jou\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9nergique par tout le groupe, momentan\u00e9ment coh\u00e9rent, et l\u2019un des meilleurs morceaux des Anglais, le long \u00ab&nbsp;Underdub&nbsp;\u00bb fit merveille avec son passage bossa. De m\u00eame, en fin de concert, le pav\u00e9 \u00ab&nbsp;Halfway Between Heaven and Earth&nbsp;\u00bb fut certainement un grand moment d\u2019\u00e9motion : apr\u00e8s un long solo jazzy d\u2019Alex Maguire, et un d\u00e9but assez cacophonique, la seconde partie du morceau arrive enfin \u00e0 faire d\u00e9coller la salle, \u00e0 l\u2019unisson.<br \/>Notons aussi des choix opportuns sur la liste des morceaux, comme ce \u00ab&nbsp;Seven Sisters&nbsp;\u00bb a\u00e9rien tir\u00e9 d\u2019un album de Pip Pyle (<i>Seven Year Itch<\/i>) et auquel tous les membres de Hatfield avaient contribu\u00e9 lors de son enregistrement studio. Enfin, il para\u00eet clair que le groupe a visiblement plaisir \u00e0 se retrouver : clins d\u2019\u0153ils entre Richard Sinclair et Phil Miller, connivence entre les deux percussionnistes, ou Maguire faisant le zouave sur le solo de basse de Sinclair\u2026<br \/><br \/>  Mais rien ne permettra d\u2019effacer le bilan pour le moins mitig\u00e9 de la soir\u00e9e : Sinclair n\u2019a presque plus de voix par moments, ou ne fait pas l\u2019effort de l\u2019\u00e9lever ; le fait de chanter loin du micro, le nez plong\u00e9 sur le manche de sa basse ne doit pas aider. Maguire utilise des sonorit\u00e9s de claviers parfois difficiles \u00e0 supporter, et surtout, l\u2019\u00e9tat physique tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9 de Pip Pyle fait peine \u00e0 voir. Sous morphine et visiblement souffrant, le batteur cherche malgr\u00e9 tout \u00e0 assurer le concert, ce qui n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessairement une bonne id\u00e9e, puisque la machine Hatfield tournait d\u00e9j\u00e0 mieux lorsqu\u2019il prenait les percussions et laissait \u00e0 son second les commandes de la rythmique principale.<br \/><br \/> Les r\u00e9actions tout juste polies d\u2019un public pourtant en manque depuis plusieurs d\u00e9cennies ne trompent pas : l\u2019inoubliable concert ne sera pas celui-ci, malgr\u00e9 toute la bonne volont\u00e9 du groupe. <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Jeudi 16 juin 2005 \u2013 Ahvak<\/b><br \/><br \/>  Auteur d\u2019un premier disque remarqu\u00e9 et chroniqu\u00e9 dans nos colonnes, Ahvak est une formation isra\u00e9lienne de grand talent, encadr\u00e9e par le leader de 5UU\u2019s, Dave Kerman. Dot\u00e9e de deux claviers et de musiciens au niveau technique irr\u00e9prochable, Ahvak nous avait fascin\u00e9 avec son rock in opposition moderne, teint\u00e9 d\u2019influences folkloriques moyen-orientales. Un monde \u00e0 part, difficile \u00e0 percer, mais toujours intriguant et subtil. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_19.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">C\u2019est cet \u00ab&nbsp;avant-prog\u2019&nbsp;\u00bb que les Isra\u00e9liens ont d\u00e9fendu avec fougue et conviction, un an apr\u00e8s qu\u2019une partie de la formation se soit aventur\u00e9e aux Lilas en tant que simples spectateurs du festival. A leur tour d\u00e9sormais de jouer les premiers r\u00f4les ! <br \/> Ahvak s\u2019est montr\u00e9 ce soir-l\u00e0 aussi exigeant et herm\u00e9tique que sur son album, dont il a interpr\u00e9t\u00e9 les pi\u00e8ces-ma\u00eetresses et notamment un monstrueux \u00ab&nbsp;Vivisektia&nbsp;\u00bb, ainsi que deux extraits de sa d\u00e9mo pr\u00e9c\u00e9dente, plus sombres sans doute. L\u2019approche, sur sc\u00e8ne, se fait sans la moindre concession, et les dissonances et autres heurts de timbres sont parfaitement assum\u00e9s. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_20.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">La premi\u00e8re partie du concert est tout ce que l\u2019on pourrait qualifier de plus \u00ab&nbsp;barr\u00e9e&nbsp;\u00bb, dans un esprit parfois proche de la musique contemporaine, mais avec une dimension violente que le groupe n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 creuser. Cette impression sera renforc\u00e9e par la seconde partie, plus sombre, plus lourde, terrienne et qui frise parfois l\u2019hypnotique, par surcharge d\u2019informations sonores.<br \/> Cependant, Ahvak n\u2019est pas un groupe de sombres hommes en noir, et la dimension humoristique de leur musique n\u2019est pas n\u00e9gligeable, m\u00eame dans l\u2019\u00e9nergie du concert. Elle s\u2019en trouve d\u2019ailleurs renforc\u00e9e par les interventions de Dave Kerman, qui ajoute \u00e0 leur d\u00e9jante pourtant d\u00e9j\u00e0 cons\u00e9quente une s\u00e9rie de <i>gimmicks<\/i> loufoques : \u00ab&nbsp;solo&nbsp;\u00bb \u00e0 base de larsens de <i>talkie-walkie<\/i>, jeux pour enfants (marteau en plastique), etc. <br \/><br \/> Ahvak d\u00e9livre ainsi un concert d\u2019une exigence absolue, \u00e0 l\u2019image de la concentration \u2013 en toute d\u00e9tente pourtant &#8211; de ses musiciens, mais qui ne d\u00e9route pas un public manifestement connaisseur, et malheureusement bien clairsem\u00e9 pour un groupe venu de si loin. Quoi qu\u2019il en soit, les Isra\u00e9liens men\u00e9s par Yehuda Kotton et Udi Susser confirment leur potentiel discographique et le fait qu\u2019Ahvak est une formation \u00e0 suivre avec grand int\u00e9r\u00eat.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani \u2013 Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Vendredi 17 juin 2005 \u2013 Present<\/b><br \/><br \/> Le festival des Tritonales tournerait-il au congr\u00e8s mondial des musiques RIO et zeuhl ? Apr\u00e8s Magma (pr\u00e9sent hors festival cette ann\u00e9e) et avant Univers Zero, un troisi\u00e8me pilier historique du genre figure \u00e0 l\u2019affiche cette ann\u00e9e : Present ! A quand Henry Cow ou Art Bears ? <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_21.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\"> En attendant une hypoth\u00e9tique r\u00e9union de ces grands noms du genre, aujourd\u2019hui disparus corps et biens, le public du Triton a pu profiter d\u2019une rare opportunit\u00e9 de voir Present sur sc\u00e8ne en France, qui ne s\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent\u00e9e depuis\u2026 on pr\u00e9f\u00e8rera ne pas compter les d\u00e9cennies ! <br \/> Roger Trigaux a donc investi en force les Tritonales, pour un <i>show<\/i> tellurique et avec une nette envie d\u2019en d\u00e9coudre, assist\u00e9 de Dave Kerman, de son fils Reginald &#8211; \u00e9galement \u00e0 la guitare, et de cinq autres musiciens. Une centaine de personnes (seulement, regrettera-t-on) s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e et l\u2019on a pu voir parmi les rangs d\u2019amateurs fervents quelques membres d\u2019Ahvak et de Nebelnest\u2026<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_22.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\"> C\u2019est &#8211; de mani\u00e8re assez surprenante il faut le reconna\u00eetre &#8211; avec \u00ab&nbsp;Jack The Ripper&nbsp;\u00bb que le concert commence, soit un titre d\u2019Univers Z\u00e9ro tir\u00e9 du cultisme <i>H\u00e9r\u00e9sie<\/i>. Cette version remani\u00e9e par Pr\u00e9sent, beaucoup plus dense et riche que la version originale, place d\u2019entr\u00e9e de jeu la barre tr\u00e8s haut : R\u00e9ginald Trigaux m\u00e8ne l\u2019ensemble \u00e0 la baguette, tandis que le jeune saxophoniste Pierre Desassis offre quelques accents \u00ab&nbsp;zorniens&nbsp;\u00bb in\u00e9dits au morceau ; Trigaux, sur son si\u00e8ge \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Fripp, tourne le dos au public et joue convulsivement. La coh\u00e9sion d\u2019ensemble est impressionnante, \u00e0 l\u2019image de l\u2019Univers Z\u00e9ro de Daniel Denis, mais la puissance, voire l\u2019abrasivit\u00e9, des sons qui sortent des enceintes du Triton sont bien celles de Pr\u00e9sent.<br \/>Suit \u00ab&nbsp;L\u2019histoire d\u2019une petite fille qui bo\u00eete&nbsp;\u00bb, qui d\u00e9bute sur un <i>sample<\/i> inqui\u00e9tant de comptine enfantine brusquement interrompu par un Dave Kerman \u00e9ructant \u00e0 l\u2019attention du public un \u00ab&nbsp;\u00e9coute ta maman !&nbsp;\u00bb qui fera office de <i>leitmotiv<\/i>, avant de lancer le tempo totalement d\u00e9glingu\u00e9 du morceau. Sur le final, le bassiste am\u00e9ricain Keith Macksoud d\u00e9livre un solo de basse habit\u00e9, avant que Kerman ne d\u00e9cide de transformer son intervention en <i>show<\/i> \u00e0 la Tex Avery, agr\u00e9mentant son \u00ab&nbsp;solo&nbsp;\u00bb d\u2019un pivert en bois qui ne r\u00e9sistera pas longtemps \u00e0 pareil traitement, de sandales claqu\u00e9es devant le micro et d\u2019un rouleau de scotch d\u00e9roul\u00e9 violemment et avec un sourire jouissif : autant d\u2019improbables objets pourtant mis en sc\u00e8ne pour participer \u00e0 la musique de Pr\u00e9sent ! \u00ab&nbsp;The Last Drop&nbsp;\u00bb, nouvelle composition de Pierre Chevalier, cl\u00f4t le premier temps de ce concert. Ce titre tr\u00e8s \u00e9crit \u00e9volue entre le gris fonc\u00e9, le noir et le metal suintant la rouille, et sonne de mani\u00e8re tr\u00e8s contemporaine. <br \/><br \/>  Apr\u00e8s la pause, un extrait de <i>High Infidelity <\/i> est propos\u00e9, avec un \u00ab&nbsp;R\u00eave de Fer&nbsp;\u00bb que le groupe porte \u00e0 bout de bras et ne semble pas vouloir arr\u00eater. Mais le v\u00e9ritable cataclysme aura lieu avec le classique \u00ab&nbsp;Promenade au fond d\u2019un Canal&nbsp;\u00bb. C\u2019est au tour de Roger Trigaux de diriger son groupe tout au long de ce morceau si inqui\u00e9tant, \u00e0 l\u2019introduction fragile avant une mont\u00e9e en puissance irr\u00e9sistible, tandis que son fils reprend ses parties de chant et de guitares. L\u2019interpr\u00e9tation de ce titre est si intense que le public en est sorti proprement choqu\u00e9, il n\u2019y a pas d\u2019autre mot.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_23.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\"> Vers la fin du titre, alors que la violence canalis\u00e9e du groupe a d\u00e9j\u00e0 achev\u00e9 sa mission et o\u00f9 le mal-\u00eatre est d\u00e9j\u00e0 install\u00e9, un v\u00e9ritable homme de Neandertal, torse nu et peinturlur\u00e9, matraque au rythme de Pr\u00e9sent une barre de fer coinc\u00e9e dans un \u00e9tau, alors que le groupe resserre encore son emprise et part en vrille, Roger Trigaux fracassant sa guitare par terre, \u00e0 la mani\u00e8re de son mentor Jimi Hendrix. Heureusement, le parquet de la sc\u00e8ne fut presque \u00e9pargn\u00e9\u2026 mais ce fut bien le seul ! L\u2019\u00e9pisode valut d\u2019ailleurs \u00e0 Roger Trigaux de vanter la r\u00e9sistance des guitares cor\u00e9ennes, plus endurantes que le public en \u00e9tat de choc ! <br \/><br \/> Pour le rappel, l\u2019efficace seconde partie de \u00ab&nbsp;Alone&nbsp;\u00bb est propos\u00e9e dans une version allong\u00e9e et remani\u00e9e, marqu\u00e9e par les respirations du violoncelliste Mathieu Safatly et de nouvelles paroles en fran\u00e7ais, \u00e9ruct\u00e9es avec v\u00e9h\u00e9mence par un Trigaux que l\u2019on croirait poss\u00e9d\u00e9. Ces derniers coups de boutoir finissent d\u2019assommer un public qui continue pourtant de r\u00e9clamer quelques minutes suppl\u00e9mentaires, en vain, malgr\u00e9 deux retours sur sc\u00e8ne d\u2019un groupe acclam\u00e9 comme il se doit. <br \/><br \/> Une exp\u00e9rience \u00e0 part et extr\u00eamement impressionnante : ce concert de Pr\u00e9sent confirme une excellente r\u00e9putation sc\u00e9nique, m\u00eame s\u2019il fut parfois oppressant, voire \u00e9touffant.<br \/> Cette tourn\u00e9e, qui va d\u00e9sormais se prolonger aux Etats-Unis, s\u2019ach\u00e8vera par une prestation au Nearfest, durant laquelle les Belges risquent fort de faire s\u2019\u00e9crouler les fondations du th\u00e9\u00e2tre qui abrite l\u2019\u00e9v\u00e9nement\u2026 <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Samedi 18 juin 2005 \u2013 Univers Zero<\/b><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_24.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\"> Apr\u00e8s nous avoir gratifi\u00e9 de deux m\u00e9morables prestations en France l\u2019an dernier, l\u2019une aux Tritonales, avec un son sublime, et l\u2019autre dans le cadre impressionnant du festival Mimi &#8211; la cour d\u2019un h\u00f4pital en ruine sur l\u2019\u00eele du Frioul, dominant la M\u00e9diterran\u00e9e &#8211; Univers Zero revient aux Lilas pour clore cette \u00e9dition 2005 de fort belle mani\u00e8re. <br \/><br \/> La formation est \u00e9galement la m\u00eame que celle de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, et permet \u00e0 Daniel Denis d\u2019offrir une restitution fid\u00e8le des productions pointues d\u2019UZ en studio. Le groupe est toujours aid\u00e9 d\u2019images projet\u00e9es sur \u00e9cran, parfois g\u00e9n\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re spontan\u00e9e par Philippe Seynaeve, et qui illustrent si bien la musique. C\u2019est sans surprise que les Belges ont \u00e0 nouveau \u00e9clabouss\u00e9 de tout leur talent la sc\u00e8ne du Triton avec une s\u00e9rie de classiques, mais regorgeant toujours de monuments de musique contemporaine. <br \/><br \/>  Apr\u00e8s un excellent \u00ab&nbsp;Pr\u00e9sages&nbsp;\u00bb, mis en lumi\u00e8re par le bouillonnant et potache Peter Vanderberghe, on retrouve le long \u00ab&nbsp;Xenentaya&nbsp;\u00bb, second grand moment de la soir\u00e9e. Ce titre arabisant, voire tribal, est litt\u00e9ralement port\u00e9 par Daniel Denis et son jeu si particulier, tout en pr\u00e9cision, jamais forc\u00e9, de telle sorte qu\u2019on a parfois l\u2019impression qu\u2019il caresse ses peaux pour donner de la dimension au son plut\u00f4t que de les frapper. Les contretemps qu\u2019il instille pendant dix minutes, et cet art de relancer la machine UZ d\u2019un simple coup de cymbale forcent l\u2019admiration. La basse en <i>tapping<\/i> d\u2019Eric Plantain ajoute le zeste de magie qui fait de ce titre un classique, et c\u2019est avec une humilit\u00e9 proportionnelle \u00e0 son talent que le groupe se retire pour une pause, laissant exsangue une salle en \u00e9bullition. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_25.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Parmi les autres grands moments de la seconde partie du concert, on peut citer \u00ab&nbsp;Dense&nbsp;\u00bb, bien s\u00fbr, tir\u00e9 de ce qui restera peut \u00eatre le chef-d\u2019\u0153uvre de la discographie fournie du groupe, <i>Ceux du Dehors<\/i> : le d\u00e9marrage toujours saisissant de ce long titre annonce mille virtuosit\u00e9s des musiciens, et la premi\u00e8re partie, dansante, m\u00e8ne \u00e0 un long passage solo sur lequel Michel Berckmans (hautbois et basson) et Martin Lauwers (violon) font merveille. L\u2019ensemble \u00e9tonne par sa mise en place sans faille. Au milieu du titre, une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;morne plaine&nbsp;\u00bb (les deux Flamands du groupe n\u2019ayant pas l\u00e9sin\u00e9 sur les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Waterloo en ce 18 juin anniversaire) rappelle les accents t\u00e9n\u00e9breux du disque. Avec \u00ab&nbsp;Variations M\u00e9lotroniques&nbsp;\u00bb, titre r\u00e9cent \u00e0 la fois gai et turbulent, UZ prouve que ses compositions actuelles respectent l\u2019h\u00e9ritage du pass\u00e9, mais prennent aujourd\u2019hui une forme plus lumineuse et plus improvis\u00e9e : Daniel propose un solo de batterie (proche de celui de l\u2019an dernier) puis le groupe reprend la main pour un nouveau passage et un retour de th\u00e8me flamboyant. <br \/><br \/>  Ce sont le sombre \u00ab&nbsp;Bonjour chez vous&nbsp;\u00bb (encore tir\u00e9 de <i>Ceux du Dehors<\/i> ), et \u00ab&nbsp;Kermesse Atomique&nbsp;\u00bb dans une version remani\u00e9e et hypnotique, qui parach\u00e8vent un concert de tr\u00e8s bon augure, en attendant le <i>live<\/i> du groupe, enregistr\u00e9 aux Halles de Bruxelles et qui, \u00e0 l\u2019image d\u2019UZ, sera probablement singulier et atypique, ainsi qu\u2019une nouvelle incarnation du groupe acoustique cette fois, sugg\u00e9r\u00e9e par Daniel au sortir du concert. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/trito3_26.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\"> Ce rendez-vous attendu avec la musique d\u2019Univers Zero, restitu\u00e9e avec une qualit\u00e9 sonore infaillible et tout le talent de ses six musiciens, fut \u00e0 la hauteur de toutes les esp\u00e9rances, et confirme bien que la l\u00e9gende entourant cette formation n\u2019est pas n\u00e9e par hasard\u2026 les Belges savent aussi composer et interpr\u00e9ter des titres bien vivants voire, comme c\u2019\u00e9tait le cas ce 18 juin, v\u00e9ritablement vibrants ! On reste bouche b\u00e9e devant une telle coh\u00e9sion au sein d\u2019une formation si atypique par son instrumentation. Encore un concert \u00ab&nbsp;culte&nbsp;\u00bb au Triton, et une merveilleuse conclusion \u00e0 cette \u00e9dition, qui a fait la part belle au mouvement RIO !<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>S\u2019il fallait faire un bilan\u2026<\/b><br \/><br \/> Cette troisi\u00e8me \u00e9dition des Tritonales a pr\u00e9sent\u00e9 un visage extr\u00eamement vari\u00e9, avec des concerts in\u00e9gaux, entre l\u2019\u00e9poustouflant et l\u2019affligeant, la puissance incroyable des \u00ab&nbsp;hauts&nbsp;\u00bb (Aka Moon, Ahvak, Pr\u00e9sent, Univers Zero) faisant encore ressortir l\u2019indigence des \u00ab&nbsp;bas&nbsp;\u00bb inattendus (Hatfield). Les al\u00e9as de programmation ont entra\u00een\u00e9 des doubles affiches d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9es stylistiquement, ce qu\u2019on ne peut que regretter car le concept para\u00eet toujours pertinent, \u00e0 condition d\u2019\u00eatre coh\u00e9rent.<br \/> Quoi qu\u2019il en soit, la qualit\u00e9 d\u2019ensemble se maintient, malgr\u00e9 quelques \u00ab&nbsp;rat\u00e9es&nbsp;\u00bb et le bilan reste globalement positif, notamment du fait des exceptionnelles prestations des diff\u00e9rents invit\u00e9s belges de ce festival.   <br \/><br \/>Il reste \u00e0 souligner et saluer, une nouvelle fois, le soutien sans failles apport\u00e9 par le Triton aux courants les plus exigeants de la mouvance progressive, et sa volont\u00e9 farouche de d\u00e9fendre des musiques trop souvent maintenues \u00e0 l\u2019\u00e9cart des sc\u00e8nes en France. Plus encore, insistons sur ce r\u00f4le original et n\u00e9cessaire que les Tritonales et le Triton accaparent peu \u00e0 peu, tant de monument \u00e9rig\u00e9 aux gloires du style, de facilitateurs de l\u2019impossible \u2013 une r\u00e9union d\u2019Hatfield, quelqu\u2019en soit le produit, est un mod\u00e8le du genre ! \u2013 et de porte-voix du renouvellement de la tendance.         <\/p>        <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Fanny Layani \u2013 Djul \u2013 Greg Filibert &#8211; Florian Gonfreville<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p> &nbsp;","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Les Tritonales 2005 Alors que les murs du Triton r\u00e9sonnaient encore des fulgurances&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22159,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22158"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22158"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22158\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22159"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22158"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22158"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22158"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}