{"id":22156,"date":"2007-07-25T00:00:00","date_gmt":"2007-07-24T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/8d13db43aefc568f8305afe804b72bc0_XL.jpg"},"modified":"2007-07-25T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-24T22:00:00","slug":"22156","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2007\/07\/25\/22156\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 2007"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Les Tritonales 2007<\/h1>\n<p><strong>Un tiers de la dur\u00e9e du festival est consacr\u00e9 \u00e0 Magma, ce dont on ne se plaindra pas. Ce qui pourrait \u00eatre per\u00e7u comme une vieille habitude n\u2019est cependant pas sans nouveaut\u00e9 : le groupe propose en effet \u00e0 son public, fid\u00e8le d\u2019entre les fid\u00e8les au point parfois d\u2019en oublier qu\u2019il existe autre chose, de d\u00e9couvrir de (plus ou moins) jeunes artistes, s&rsquo;y apparentant dans l\u2019esprit, sinon dans la lettre.<\/strong><\/p>       <br \/>   \t  <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>          1. Premi\u00e8re semaine         <\/u><\/font><\/strong><\/p>         <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">  <b>Mercredi 30 mai<br \/> <i>Univers Zero \/ Metropolis<\/i><\/b><br \/><br \/>   Pour introduire cette cinqui\u00e8me \u00e9dition des Tritonales, Jean-Pierre Vivante, pr\u00e9sident de l&rsquo;association du Triton, rappelle le contexte d&rsquo;une musique en plein renouvellement: le rock progressif. Avec le d\u00e9ficit de jeunes formations, il \u00e9volue cependant gr\u00e2ce aux plus anciennes, aux rangs desquelles il faut bien entendu compter Univers Zero. Voici donc la troisi\u00e8me participation de ce groupe mythique aux Tritonales, avec, cette fois-ci, une premi\u00e8re partie (ce qui n&#8217;emp\u00eachera pas le groupe principal de jouer plus de deux heures !).<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_1.jpg\" width=\"130\" height=\"284\" align=\"left\" border=\"1\">C&rsquo;est donc Metropolis qui ouvre le feu. Un trio belge inconnu de nos services&#8230; jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;annonce du nom de ses membres qui confirme ce que la ressemblance physique indiquait d\u00e9j\u00e0 : Nicolas Denis est donc le fils de Daniel, et tient, lui aussi, les baguettes de son groupe. Le public a clairement le sentiment d\u2019\u00eatre face \u00e0 une formation incontestablement en devenir \u2013 et pas encore en place \u2013 \u00e0 l&rsquo;issue des quelques dizaines de minutes imparties \u00e0 Metropolis pour son&#8230; second concert ! On a en effet davantage l&rsquo;impression d&rsquo;assister \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition, sentiment renforc\u00e9 par des morceaux souvent compos\u00e9s comme un patchwork de \u00ab&nbsp;plans&nbsp;\u00bb, avec parfois de v\u00e9ritables blancs d&rsquo;une demi seconde dans la trame musicale, chose \u00e0 laquelle les amateurs de progressif sont peu habitu\u00e9s .  Evoluant dans un genre tenant \u00e0 la fois du metal et du rock in opposition, dans une formule quasi-instrumentale (quelques chants \u2013 fragiles \u2013 de Nicolas Denis sur \u00ab&nbsp;Oriental Swing&nbsp;\u00bb), Metropolis fait souvent penser aux Am\u00e9ricains de Kopecky, \u00e0 cause de l&rsquo;abondance de riffs et de ruptures rythmiques, le niveau technique n&rsquo;\u00e9tant cependant pas encore atteint pour m\u00e9riter pleinement la comparaison. Sur un bref titre, le jeune batteur reprend les \u00ab&nbsp;tics&nbsp;\u00bb de son p\u00e8re, en faisant crisser ses cymbales sur un fond sonore inqui\u00e9tant ; seul le dernier morceau, plus abouti et m\u00e9lodique, retient r\u00e9ellement l&rsquo;attention. C&rsquo;est donc un projet en devenir plus qu&rsquo;un groupe qui a ouvert cette session des Tritonales. Cependant, il n&rsquo;est pas sans rappeler la prestation tr\u00e8s \u00ab&nbsp;en-dedans&nbsp; \u00bb de Kafka d&rsquo;il y a quelques ann\u00e9es sur cette m\u00eame sc\u00e8ne, ce qui ne les a pas emp\u00each\u00e9 de devenir l\u2019une des jeunes formations les plus en vue du genre.<br \/><br \/>  C&rsquo;est sans projecteurs vid\u00e9os qu&rsquo;Univers Zero revient \u00e0 nouveau au Triton, mais, avec dans ses bagages, un ex-nouveau membre de choix en la personne d&rsquo;Andy Kirk, figure historique du groupe .  UZ n&rsquo;est donc plus la \u00ab&nbsp;chose&nbsp;\u00bb exclusive de Daniel Denis; cela se ressent tout au long du concert, qui est donc loin d\u2019\u00eatre une simple redite des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Comme le disait Jean-Pierre Vivante, m\u00eame si le <i>sextet<\/i> faisait d\u00e9j\u00e0 partie des pr\u00e9c\u00e9dentes affiches, les nouveaut\u00e9s et la fra\u00eecheur ne manquent pas ! Et ce, malgr\u00e9 quelques probl\u00e8mes techniques mineurs (sonorisation, batterie de Denis et micros mal fix\u00e9s).<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_2.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Le concert d\u00e9bute avec l&rsquo;excellent \u00ab&nbsp;Pr\u00e9sages&nbsp;\u00bb : une m\u00e9lodie ent\u00eatante au piano, \u00ab&nbsp;cadenc\u00e9e&nbsp;\u00bb par Martin Lauwers au violon et les solos enflamm\u00e9s de Michel Berckmans. L&rsquo;ambiance semble au beau fixe au sein du groupe, comme en t\u00e9moignent les sourires complices et l&rsquo;implication de chaque membre, notamment Kirk, qui ne tient pas en place. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une sorte d&rsquo;hommage \u00e0 son travail que la reprise de \u00ab&nbsp;Warrior&nbsp;\u00bb, une composition \u00ab&nbsp;perdue&nbsp;\u00bb du clavi\u00e9riste pour Univers Zero. Elle forme un pendant \u00e0 l&rsquo;oppressant \u00ab&nbsp;Combat&nbsp;\u00bb : un morceau lent et angoissant, se d\u00e9veloppant autour d&rsquo;un th\u00e8me glauque et de la basse slapp\u00e9e d&rsquo;Eric Plantain qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re pour un final \u00e9tourdissant, \u00e0 l&rsquo;unisson. Ce \u00ab&nbsp;retour aux sources&nbsp;\u00bb est aussi mat\u00e9rialis\u00e9 par \u00ab&nbsp;Before The Heat&nbsp;\u00bb (figurant sur la compilation <i>Crawling Winds<\/i> sortie par Cuneiform aux d\u00e9buts des ann\u00e9es 2000), o\u00f9 Kirk se livre, sur un violon \u00e9lectrique, second\u00e9 par tout le groupe, \u00e0 des bruitages \u00e0 la 5uu&rsquo;s ! Apr\u00e8s un tel passage en revue des plus anciennes compositions, place aux toutes derni\u00e8res, avec plusieurs titres in\u00e9dits : \u00ab&nbsp;Cobalt&nbsp;\u00bb est un morceau rieur, dans la lign\u00e9e de \u00ab&nbsp;Dense&nbsp;\u00bb, avec des harmonies d\u00e9li\u00e9es au piano\/violons\/bois, tandis que \u00ab&nbsp;Soubresaults&nbsp;\u00bb (illustr\u00e9s par ceux de Berckmans au fagott et cor anglais) est dans la lign\u00e9e de <i>The Hard Quest<\/i> (1999), avec des moments lumineux. Et c\u2019est logiquement un extrait de ce disque qui s&rsquo;intercale entre ces deux magnifiques nouveaut\u00e9s: le d\u00e9sormais classique \u00ab&nbsp;Xenantaya&nbsp;\u00bb, encore plus percutant et l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9, avec une place de choix offerte aux claviers de Kirk. Un troisi\u00e8me et dernier titre in\u00e9dit, \u00ab&nbsp;Le Bal des Martyrs&nbsp;\u00bb (compos\u00e9 par Berckmans), commenc\u00e9 aux balais jazz par Daniel Denis, fait en revanche plus r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9poque du groupe (le titre suffit d&rsquo;ailleurs \u00e0 l&rsquo;indiquer), prenant la forme d&rsquo;une valse d\u00e9cal\u00e9e et dissonante, et dont le passage central, tr\u00e8s synth\u00e9tique, ferait presque penser \u00e0 une bande originale de film. Avant de quitter la sc\u00e8ne, Univers Zero exhume encore une composition de Kirk, d\u00e9cidemment \u00e0 la f\u00eate, avec \u00ab&nbsp;The Funeral Plain&nbsp;\u00bb, face B de <i>Heatwave<\/i>, et constituant la preuve incontestable de l&rsquo;affiliation du groupe au rock in opposition : sur une rythmique toute en cassures de Denis (aid\u00e9 par Kirk), le <i>sextet<\/i> d\u00e9ploie une rage qui renverrait presque Present \u00e0 ses ch\u00e8res \u00e9tudes.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_3.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">L&rsquo;ovation faite au groupe impliquait un in\u00e9vitable rappel, double ce soir-l\u00e0 : \u00ab&nbsp;Dense&nbsp;\u00bb, grand absent des Tritonales 2006, et toujours aussi embl\u00e9matique du son UZ, et \u00ab&nbsp;Toujours Plus \u00e0 l&rsquo;Est&nbsp;\u00bb (lui aussi tir\u00e9 de <i>Crawling Winds<\/i>). Avec ce doubl\u00e9 compos\u00e9 de morceaux connus, on se fait l\u2019in\u00e9vitable r\u00e9flexion que, m\u00eame si la formation n&rsquo;avait pas renouvel\u00e9 son r\u00e9pertoire, on ne se lasserait pas d&rsquo;\u00e9couter ce rock de chambre interpr\u00eat\u00e9 de mani\u00e8re si fluide et si passionn\u00e9e. Et pourtant, Daniel Denis et ses comp\u00e8res vont de l&rsquo;avant: les trois nouvelles compositions propos\u00e9es ce mercredi, de m\u00eame que le plaisir de jouer, palpable, nous laissent penser que le prochain album d&rsquo;Univers Zero risque d&rsquo;\u00eatre monumental, et en tout cas moins \u00ab&nbsp;clinique&nbsp;\u00bb que ne l\u2019\u00e9tait <i>Implosion<\/i>.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Jeudi 31 mai<br \/> <i>One Shot<\/i><\/b><br \/><br \/>  Pour ce second concert des Tritonales et apr\u00e8s la gifle d\u2019Univers Zero, le festival poursuit dans le domaine des prestations de haute vol\u00e9e avec ceux que le \u00ab&nbsp;grand chef&nbsp;\u00bb du Triton qualifie modestement de \u00ab&nbsp;meilleur groupe du monde&nbsp;\u00bb lors de son petit <i>speech<\/i> d\u2019introduction, pr\u00e9cisant toutefois que le pianiste \u00e9tant \u00ab&nbsp;enrhum\u00e9&nbsp;\u00bb, le groupe allait jouer \u00ab&nbsp;doucement&nbsp;\u00bb\u2026 On savait donc, d\u00e8s lors, \u00e0 quoi s\u2019en tenir : les tympans allaient chauffer.<br \/><br \/> D\u2019entr\u00e9e de jeu, la bonne humeur est au programme, le groupe faisant semblant d\u2019entamer le magma\u00efen \u00ab&nbsp;Koba\u00efa&nbsp;\u00bb, comme pour mieux souligner peut-\u00eatre qu\u2019au sein de One Shot, Emmanuel Borghi (claviers), James McGaw (guitare) et Philippe Bussonnet (basse) trouvent enfin les espaces de libert\u00e9 que la f\u00e9rule musicale implacable de Christian Vander ne leur laisse pas forc\u00e9ment au sein de la formation qui les r\u00e9unit d\u2019ordinaire.<br \/> D\u00e8s les premiers instants, le ton est donn\u00e9 : une musique chaude et fusionnelle, et surtout, une \u00e9nergie vitale de tous les instants, servie par un son excellent. Les <i>tempi<\/i> sont souvent alertes, surtout en seconde partie o\u00f9 l\u2019on se dit parfois qu\u2019en plus de dix minutes la batterie n\u2019a pas d\u00fb revenir \u00e0 une division inf\u00e9rieure \u00e0 la double-croche, et la rythmique est implacable. A cet \u00e9gard, les morceaux du dernier album, <i>Ewas Vader<\/i>, paru sur le label\u2026 du Triton, sont particuli\u00e8rement impressionnants : les virevoltes du titre \u00e9ponyme ou les parties \u00ab&nbsp;\u00e0 la Metallica&nbsp;\u00bb de \u00ab&nbsp;Missing Imperator&nbsp;\u00bb sont particuli\u00e8rement significatives. Entre la complexit\u00e9 et l\u2019\u00e9vidence, le message se fait plus direct, plus limpide.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_4.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Le groupe se bonifie nettement de concert en concert et propose ce soir une prestation en tous points excellente. Le jeu de James McGaw, plus libre et mis bien plus en avant qu\u2019au sein de Magma, devient plus fluide, les phras\u00e9s solo sont plus construits, la direction musicale est plus claire et plus pr\u00e9sente. Emmanuel Borghi, comme toujours impressionnant de concentration malgr\u00e9 une cr\u00e8ve manifestement monumentale, est pr\u00e9cis et incisif dans les rythmiques, tout en se montrant tr\u00e8s libre en solo, avec un propos \u00e0 la fois complexe et d\u00e9li\u00e9 qui sonne toujours juste au c\u0153ur du son et de l\u2019\u00e9nergie. Mais surtout, c\u2019est la coh\u00e9sion et la puissance de la rythmique qui frappent ce soir : Daniel Jeand\u2019heur semble avoir effectu\u00e9 des progr\u00e8s magistraux. Son jeu est en effet bien plus pr\u00e9cis et structur\u00e9, tout en \u00e9tant plus souple; ses parties sonnent comme des \u00e9vidences. Avec son comp\u00e8re bassiste toujours aussi sid\u00e9rant d\u2019aisance et jouant \u00e0 exp\u00e9rimenter de nouvelles parties sur certains passages, il \u00e9chafaude un <i>groove<\/i> irr\u00e9sistible qui parcourt encore le corps deux heures apr\u00e8s la fin du concert. La moindre rythmique, aussi carr\u00e9e f\u00fbt-elle, est toujours en mouvement et ne s\u2019installe jamais : l\u2019un ou l\u2019autre des musiciens y introduit n\u00e9cessairement un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9stabilisateur, poursuivant sans cesse un but inatteignable, explorant toujours plus avant de multiples possibles rythmiques.<br \/><br \/> Apr\u00e8s deux bonnes heures de concert pass\u00e9es comme un \u00e9clair et un rappel demand\u00e9 tr\u00e8s \u00e9nergiquement, le public rejoint ses p\u00e9nates, conquis, le sourire aux l\u00e8vres et la nuque vaguement douloureuse.<br \/> One Shot a donc gagn\u00e9 en sens, en impact, et sonne d\u00e9sormais droit au but. Et si, finalement, pour ce soir, One Shot \u00e9tait vraiment \u00ab&nbsp;le meilleur groupe du monde&nbsp;\u00bb ?<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Vendredi 1er juin<br \/> <i>Pip Pyle\u2019s Bash In Memoriam<\/i><\/b><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_5.jpg\" width=\"190\" height=\"127\" align=\"left\" border=\"1\">Soir\u00e9e exceptionnelle au Triton sous forme d\u2019hommage \u00e0 l\u2019artiste Pip Pyle qui s\u2019est \u00e9teint le 28 ao\u00fbt 2006 et qui fut l\u2019un des pionniers de la mouvance Canterbury dans les ann\u00e9es 60. Ayant offici\u00e9 entre autres au sein des mythiques Hatfield in the North et Gong, ce batteur a apport\u00e9 sa pr\u00e9cieuse pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice tentaculaire des musiques progressives.<br \/> Une ic\u00f4ne incontournable dont la photo orne le fond de sc\u00e8ne, sous une lumi\u00e8re bleue chatoyante. Devant un public compos\u00e9 essentiellement d\u2019amis de longue date, ses acolytes Patrice Meyer (guitare), Alex Maguire (claviers) et Freddy Baker (basse) se sont adjoints les services du batteur Manuel Denizet, v\u00e9ritable \u00e9lectron libre du Canterbury actuel. Les vieux copains de Pip ont propos\u00e9 \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e \u00e9mue des titres du dernier album du projet Bash (au sein duquel ils entouraient Pip Pyle avec bonheur), <i>Belle Illusion<\/i>, sorti en 2004, parsem\u00e9s \u00e7a et l\u00e0 de nouvelles compositions in\u00e9dites. Un ultime chant du cygne rendu par des musiciens virtuoses, qui ont parfois endoss\u00e9 le r\u00f4le de guides pour les plus n\u00e9ophytes, \u00e0 travers ce d\u00e9dale de compositions aux structures complexes, laissant la part belle \u00e0 de superbes <i>soli<\/i> lors d\u2019improvisations bienvenues.<br \/> L\u2019assistance a pu ainsi go\u00fbter \u00e0 un voyage aux escales vari\u00e9es, entre l\u2019ardeur d\u2019un jazz rock teint\u00e9 de progressif et les eaux plus tumultueuses d\u2019un free jazz parfois d\u00e9concertant. Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019une fois la c\u00e9r\u00e9monie termin\u00e9e, on reste secou\u00e9, boulevers\u00e9 par ce chaos artistique n\u00e9 de l\u2019esprit de l\u2019Anglais d\u00e9funt. L\u2019illusion \u00e9tait bien l\u00e0, belle comme un joyau enfoui dans les entrailles d\u2019un folklore musical dont l\u2019avenir nous dira si ce type de cr\u00e9ation artistique peut survivre dans un monde qui pr\u00f4ne un eug\u00e9nisme parfois bien paradoxal. <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Antoine Pinaud<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Samedi 2 juin<br \/> <i>Zao<\/i><\/b><br \/><br \/>  Un double \u00e9v\u00e8nement pour Zao lors de cette quatri\u00e8me soir\u00e9e. Heureux de pouvoir r\u00e9it\u00e9rer une fois de plus l\u2019exp\u00e9rience sc\u00e9nique des Tritonales, le groupe l\u00e9gendaire n\u00e9 aux d\u00e9buts des ann\u00e9es 70 et reform\u00e9 en 2004, f\u00eatait \u00e9galement la sortie de son album <i>live<\/i> enregistr\u00e9 au Japon, <i>In Tokyo<\/i>. L\u2019occasion pour les ex-Magma Yochk\u2019o Seffer (sax soprano, tarogato) et Fran\u00e7ois \u00ab&nbsp;Faton&nbsp;\u00bb Cahen (piano) de faire rena\u00eetre une \u00e9ni\u00e8me fois leur r\u00e9pertoire jazz aux forts accents progressifs, lors d\u2019une soir\u00e9e somme toute assez sympathique.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_6.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Accompagn\u00e9s du bassiste G\u00e9rard Prevost, figure embl\u00e9matique de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du groupe et de l\u2019extraordinaire Fran\u00e7ois Causse \u00e0 la batterie et aux percussions, les deux t\u00eates pensantes du groupe semblent \u00eatre, durant la premi\u00e8re partie de ce concert, plong\u00e9es dans un v\u00e9ritable tourbillon d\u2019eau de jouvence. Ces respectables messieurs ont r\u00e9ussi, non sans un certain talent, \u00e0 exhumer des titres dont le jazz rugueux (tr\u00e8s proche des John Coltrane et autres Thelonious Monk), voire totalement free jazz par moments alternait avec de superbes passages rock progressif aux th\u00e8mes tr\u00e8s efficaces. Une prestation agr\u00e9able, bien que parfois un peu confuse lors d\u2019interpr\u00e9tations plus libres, et souffrant d\u2019un mixage in\u00e9gal (basse trop imposante, batterie et piano en retrait).<br \/> La seconde partie  de soir\u00e9e s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en compagnie de Didier Malherbe (Hadouk Trio, Gong) venu remplacer au pied lev\u00e9 la chanteuse Cynthia Saint-Ville, souffrant de probl\u00e8mes de voix. L\u2019ami de longue date, \u00e0 l\u2019aide de ce merveilleux instrument arm\u00e9nien qu\u2019est le doudouk, a litt\u00e9ralement envo\u00fbt\u00e9 le public lors de superbes improvisations. Un spectacle conclu par un redoutable et luxueux solo de batterie acclam\u00e9 par des personnes ravies d\u2019avoir assist\u00e9 \u00e0 une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9union de ces vieux briscards de la musique progressive hexagonale. <\/p>          <br \/>   \t  <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u>          2. Deuxi\u00e8me semaine         <\/u><\/font><\/strong><\/p>         <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">  <b>Mercredi 6 juin<br \/> <i>D-zAkord \/ Vrooom !<\/i><\/b><br \/><br \/>  Soir\u00e9e hommage en ce mercredi 6 juin 2007. Et ce, alors m\u00eame que l\u2019Equipe de France bataille pour la premi\u00e8re place de son groupe de qualification \u00e0 l\u2019Euro, dans l\u2019indiff\u00e9rence non feinte du public du Triton, puisque les habitu\u00e9s des Tritonales savent bien que ce festival est toujours plac\u00e9 lors des grands rendez-vous footballistiques (Mondial 2006, Euro 2004 etc\u2026). Mais, pouvions-nous bouder ce double concert de choix au profit d\u2019un obscur duel g\u00e9orgien ? Bien s\u00fbr que non !<br \/><br \/>  Ce sont donc deux formations \u00ab&nbsp;modernes&nbsp;\u00bb qui sont au programme. S\u2019il est arriv\u00e9 par le pass\u00e9 qu\u2019au cours de quelques soir\u00e9es des Tritonales, les groupes se partageant l\u2019affiche ne soient pas vraiment \u00ab&nbsp;accord\u00e9s&nbsp;\u00bb, ce n\u2019est vraiment pas le cas ce soir, puisque ici, l\u2019objet est commun : se r\u00e9approprier les \u0153uvres de deux g\u00e9ants du progressif, Magma et King Crimson. L\u2019ordre d\u2019apparition des deux groupes \u00e9tait en revanche plus discutable, comme on le verra plus loin.<br \/><br \/>  Magma, d\u2019abord. D\u00e9sAccordes est compos\u00e9e de bassistes et guitaristes \u00e9lectriques r\u00e9unis autour d\u2019Erik Baron (Art Zoyd, notamment). Il interpr\u00e8te quelques \u0153uvres majeures des musiques nouvelles, tel <i>In C<\/i> de Terry Riley. Apr\u00e8s cette \u0153uvre pour le moins abstraite, le projet s\u2019attelle \u00e0 un autre monument compos\u00e9 par Jannick Top pour Magma, \u00ab&nbsp;De Futura&nbsp;\u00bb. Ce morceau \u00e0 la puissance tellurique figurait initialement sur <i>Ud\u00fc Wud\u00fc<\/i>, et d\u00e9tonnait : tandis que, sur cet album d\u2019ouverture pour les Koba\u00efens, Magma s\u2019orientait vers des contr\u00e9es \u00e0 la fois plus m\u00e9lodiques et exotiques, \u00ab&nbsp;De Futura&nbsp;\u00bb \u00e9tait bien l\u00e0 pour rappeler que le groupe n\u2019avait jamais cherch\u00e9 \u00e0 faire plaisir aux oreilles. Pendant pr\u00e8s de vingt longues minutes, il d\u00e9livrait l\u2019une des mont\u00e9es en puissance les plus impressionnantes de l\u2019histoire musicale contemporaine, au m\u00eame titre, dans un genre diff\u00e9rent, que le mythique <i>Ascension<\/i> du ma\u00eetre de Vander, John Coltrane.<br \/><br \/>  Ce sont ainsi neuf musiciens, dont Thierry Jardinier \u00e0 la batterie, qui sont sur la petite sc\u00e8ne du Triton, et parmi lesquels on compte Romain Castagnet, guitariste de Vrooom, qui signe donc le doubl\u00e9. Si le morceau initial de Magma se singularisait par une forme de \u00ab&nbsp;guerre de tranch\u00e9es&nbsp;\u00bb entre la basse de Top et la batterie de Vander (ce qui illustre toute la conception d\u2019<i>Ud\u00fc Wud\u00fc<\/i> d\u2019ailleurs), le propos est ici forc\u00e9ment diff\u00e9rent, vu que le combat est perdu d\u2019avance, avec quatre basses contre un kit de batterie. De m\u00eame, les ch\u0153urs graves et les nappes de claviers si particuli\u00e8res du titre d\u2019origine sont ici reproduits instrumentalement \u00e0 la basse. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_7.jpg\" width=\"190\" height=\"127\" align=\"left\" border=\"1\">Le morceau d\u00e9bute par une petite musique japonaise traditionnelle (rappelant le titre complet \u00ab&nbsp;Hiroshima &#8211; De Futura&nbsp;\u00bb), puis les huit \u00ab&nbsp;gratteux&nbsp;\u00bb se mettent en action avec un ensemble de stridences et dissonances, dont certaines reproduites avec des archets, suivi plus tard par des effets sonores r\u00e9alis\u00e9s en frappant les cordes de deux des bassistes. Cette \u00ab&nbsp;introduction&nbsp;\u00bb de vingt minutes tire vers l\u2019abstraction pure et permet de mettre en avant l\u2019arriv\u00e9e du premier riff de basse, terrassant, et jou\u00e9 \u00e0 deux, trois et parfois 4 basses, \u00e0 l\u2019unisson ou en contrepoint. Au centre de cette re-composition, un triple passage funky \/ m\u00e9lodico-planant puis \u00ab&nbsp;Black Sabbathien&nbsp;\u00bb montre combien les musiciens de D\u00e9saccordes ont retravaill\u00e9 le morceau. Apr\u00e8s un nouveau moment de calme, soit quelques notes tenues \u00e0 huit pendant\u2026 dix nouvelles minutes, le second riff de basse, jou\u00e9 <i>crescendo<\/i> et <i>accelerando<\/i> constitue le clou de la soir\u00e9e, et restera sans doute dans la t\u00eate des spectateurs pendant des jours entiers tant l\u2019interpr\u00e9tation fut impressionnante.<br \/><br \/>  Il est vraiment tr\u00e8s plaisant de sentir dans la programmation des Tritonales une telle coh\u00e9rence de propos. Apr\u00e8s que Magma a investi le festival en 2005 pour jouer ce titre avec Jannick Top et Klaus Blasquiz, nous avons eu droit deux ans apr\u00e8s au m\u00eame titre, sous un angle d\u2019attaque compl\u00e8tement diff\u00e9rent. Cette r\u00e9appropriation du morceau a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019un enregistrement studio avec un album \u00e0 la cl\u00e9 \u00e0 para\u00eetre en septembre prochain chez Mus\u00e9a. Notons par ailleurs que cet \u00e9v\u00e8nement est l\u2019occasion pour le groupe d\u2019officialiser un changement de d\u00e9nomination, pour adopter celui, encore plus d\u00e9structur\u00e9, de \u00ab d-zAkord \u00bb ! <br \/><br \/>  King Crimson ensuite. Pr\u00e9sent lors des \u00e9ditions 2006 des festivals \u00ab&nbsp;Les Nuits de Gignac&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Crescendo&nbsp;\u00bb, que nous avions couverts l\u2019an dernier, Vrooom tire son nom du fameux album de la r\u00e9apparition du Crim\u2019 dans les ann\u00e9es 90. Ce <i>power-trio<\/i> bordelais assume donc la lourde t\u00e2che de restituer et, au-del\u00e0, de r\u00e9interpr\u00e9ter certains standards du groupe de \u00ab&nbsp;Bob&nbsp;\u00bb Fripp, alors m\u00eame que certains ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits pour deux basses et deux batteries (p\u00e9riode \u00ab&nbsp;double-trio&nbsp;\u00bb). C\u2019est certainement la raison pour laquelle Vrooom se concentre sur les ann\u00e9es 70 (beaucoup) et 80 (un peu). <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_8.jpg\" width=\"127\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Contrairement \u00e0 leurs habitudes (ouverture sur \u00ab&nbsp;Larks\u2019 Tongues In Aspic Part 2&nbsp;\u00bb, jou\u00e9 plus tard, tout comme sa \u00ab&nbsp;Part 3&nbsp;\u00bb), les jeunes musiciens d\u00e9marrent avec le poussi\u00e9reux \u00ab&nbsp;Pictures of a City&nbsp;\u00bb (de l\u2019album m\u00e9connu <i>In the Wake of Poseidon<\/i>). Penser que l\u2019on pourrait \u00e9couter ce titre <i>live<\/i> tenait du fantasme\u2026 jusqu\u2019\u00e0 Vrooom. On est frapp\u00e9 par le jeu de sc\u00e8ne de Romain Castagnet, \u00e0 la guitare et au chant, tr\u00e8s \u00e9nergique et expressif, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre aussi \u00ab&nbsp;barr\u00e9&nbsp;\u00bb que le doux dingue Adrian Belew. Chapeau de cow-boy sur la t\u00eate, il fait le spectacle \u00e0 lui tout seul et insuffle une \u00e9nergie  -celle de la jeunesse- \u00e0 ce titre trentenaire. Un seul petit reproche, r\u00e9current : le chant, souvent limite sur les passages les plus haut perch\u00e9s. Apr\u00e8s un second choix \u00e9tonnant (\u00ab&nbsp;Breathless&nbsp;\u00bb), le trio revient en des sentiers plus battus avec \u00ab&nbsp;21st Century Schizoid Man&nbsp;\u00bb, dont le riff d\u2019introduction sonne presque n\u00e9o-metal, tandis que la partie centrale est jou\u00e9e \u00e0 la perfection et de mani\u00e8re \u00e9chevel\u00e9e, laissant \u00e0 Swann Vidal le temps de placer un bref solo de batterie. Les deux titres suivants sont \u00e9galement des classiques : \u00ab&nbsp;Elephant Talk&nbsp;\u00bb, tout en <i>groove<\/i> et <i>basse tapping<\/i> par Gaspard Rousseau, et \u00ab&nbsp;Red&nbsp;\u00bb, sur lequel chaque membre joue des brefs intervalles de temps entre les riffs,  pour placer une intervention bien sentie.<br \/><br \/>  L\u2019in\u00e9vitable rappel est l\u2019occasion pour le groupe de placer \u00e0 nouveau un choix pointu, avec \u00ab&nbsp;NY3&nbsp;\u00bb, un titre instrumental de l\u2019album solo de Fripp, <i>Exposure<\/i>, pr\u00e9figurant ce qu\u2019allait \u00eatre le King Crimson des ann\u00e9es 80 : puissant, pr\u00e9cis et efficace.<br \/><br \/>  Le Triton nous a donc propos\u00e9 une nouvelle soir\u00e9e \u00e0 la programmation pointue et surtout ing\u00e9nieuse. Le seul r\u00e9el regret est l\u2019ordre de passage des deux groupes car la personnalit\u00e9 et \u00ab&nbsp;l\u2019impact&nbsp;\u00bb des d\u00e9sormais d-zAkords est si fort qu\u2019il fut difficile d\u2019appr\u00e9cier Vrooom &#8211; plus conventionnel dans son approche- \u00e0 sa juste valeur. Et malgr\u00e9 les t\u00e9n\u00e8bres \u00e9mises depuis le Triton, celles-ci n\u2019ont pas atteint Auxerre, de sorte que Samir Nasri a pu lib\u00e9rer les Bleus. <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Jeudi 7 juin<br \/> <i>Colorphone<\/i><\/b><br \/><br \/>  Sur la sc\u00e8ne du Triton ce soir, Colorphone faisait ses premiers pas, parfois encore h\u00e9sitants. Mais, contrairement \u00e0 ce que ce pr\u00e9alable aurait pu laisser entendre, le public du Triton ne se trouvait pas face \u00e0 de jeunes d\u00e9butants fra\u00eechement \u00e9moulus de leurs ch\u00e8res \u00e9tudes musicales, mais avait bien plut\u00f4t affaire \u00e0 de vieux briscards des sc\u00e8nes jazz et canterburry. Jugeons-en plut\u00f4t : la section rythmique de cette formation r\u00e9cente \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre jeune est compos\u00e9e de Hugh Hopper \u00e0 la basse et de Fran\u00e7ois Verly \u00e0 la batterie, bien que l\u2019on ait plus souvent l\u2019occasion d\u2019entendre ce dernier aux percussions (dont il n\u2019utilisera ce soir que des tablas, \u00e0 quelques reprises). Si Hopper se montre toujours aussi calme et serein, sa longue silhouette longiligne, aux coudes parfois \u00e9trangement relev\u00e9s oscillant \u00e0 peine au rythme de la musique, Verly n\u2019h\u00e9site au contraire pas un instant \u00e0 mouiller la chemise et se d\u00e9m\u00e8ne comme un beau diable.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_9.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Sur cette trame souvent fort agit\u00e9e mais toujours solide, Denis Colin \u00e0 la clarinette basse et R\u00e9gis Huby au violon t\u00e9nor (accord\u00e9 une octave au-dessous d\u2019un violon ordinaire) \u00e9lectro-acoustique et au violon \u00e9lectrique, posent tour \u00e0 tour de longs <i>soli<\/i>, entre des th\u00e8mes compos\u00e9s par Hopper et Colin.<br \/> Si les climats cr\u00e9\u00e9s par le groupe sont souvent plaisants et int\u00e9ressants, on peut avoir deux regrets \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce concert. L\u2019un est formel : le groupe manque encore de coh\u00e9sion et les longues phases d\u2019improvisation souffrent de l&rsquo;absence d\u2019une direction pr\u00e9cise; on a ainsi parfois l\u2019impression de se perdre. Les musiciens risquent aussi de perdre de vue la conduite du morceau, ce qui peut quelquefois aboutir \u00e0 un d\u00e9crochage de l\u2019attention de l\u2019auditoire, alors m\u00eame que d\u2019autres moments sont r\u00e9ellement enthousiasmants. Le second regret est davantage structurel, et donc plus g\u00eanant : la conjonction basse \u2013 violon t\u00e9nor \u2013 clarinette basse concentre le spectre sonore dans les <i>mediums<\/i> et dans les graves, et l\u2019absence de tout timbre tirant vers l\u2019aigu n\u2019est pas sans provoquer parfois une certaine lassitude.<br \/> Cela \u00e9tant, vu l\u2019exp\u00e9rience et la qualit\u00e9 musicale des participants, il ne fait aucun doute que ce projet peut avoir un avenir prosp\u00e8re, une fois les premiers ajustements effectu\u00e9s. Voil\u00e0 donc une affaire \u00e0 suivre.<br \/><br \/> <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Vendredi 8 juin<br \/> <i>Hopper \/ Allen \/ Cutler \u2013 Brainville 3<\/i><\/b><br \/><br \/>  Gong, Soft Machine, Henry Cow. Difficile de trouver trois noms plus embl\u00e9matiques de la g\u00e9niale effervescence canterburyienne des ann\u00e9es 70. R\u00e9unis ce soir , Daevid Allen, Hugh Hopper et Chris Cutler, figures de ces formations majeures, ont d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019ils n\u2019avaient rien perdu de leur fougue. Et au sein de ce trio faisant un peu figure de \u00ab&nbsp;All-star-band&nbsp;\u00bb d\u2019une insolente coh\u00e9sion, si les tempes ont un peu vir\u00e9 au gris, l\u2019esprit semble plus vert que jamais.<br \/> Une fois install\u00e9s sur sc\u00e8ne, Cutler, aussi fougueux derri\u00e8re sa batterie que sobre lorsqu\u2019il l\u00e2che les baguettes, et Hopper, aux airs de <i>lord<\/i> majestueux tissent une toile dense, toute en harmonies rugueuses et distorsions \u00e0 la basse. Progressivement, une alchimie inqui\u00e9tante s\u2019installe, et c\u2019est le moment que choisit Daevid Allen pour faire son apparition. Si Hopper, en cette quinzaine tennistique, semblait revenir tout droit du court central de Roland Garros, arborant une chemisette que n\u2019aurait pas reni\u00e9e Ivan Lendl, l\u2019Australien para\u00eet bien, quant \u00e0 lui, sortir tout bonnement de son lit, avec son pyjama \u00ab&nbsp;South-Park&nbsp;\u00bb et une houppette toute minimale en lieu et place de son ancienne crini\u00e8re. Ses premi\u00e8res interventions sont aussi insolites que son accoutrement : cris, interjections et exclamations se succ\u00e8dent, pour donner \u00e0 l\u2019ensemble des airs de free-rock \u00e9lectro improvis\u00e9 plut\u00f4t surprenant.<br \/>  L\u2019entr\u00e9e en mati\u00e8re pouvait sembler un peu absconse, mais le trio revient ensuite \u00e0 des compositions plus traditionnelles. Cependant, plongeant profond\u00e9ment au c\u0153ur de celles-ci et transport\u00e9s par le <i>groove<\/i> hypnotique de Hopper, ils en feront toujours une musique \u00e9tonnamment in\u00e9dite. Aid\u00e9 par des bidouillages et jeux de p\u00e9dale multiples, Allen, en artificier-guitariste alternant suites d\u2019accords tr\u00e8s rock et improvisations d\u00e9jant\u00e9es, redonne une seconde jeunesse aux morceaux les plus anciens, souvent tir\u00e9s du r\u00e9pertoire de Gong. Soutenu par un Chris Cutler \u00e9blouissant qui laisse pantois de nombreux spectateurs qui le d\u00e9couvraient, Brainville 3 propose une version passionnante et personnelle du rock psych\u00e9d\u00e9lique du XXIe si\u00e8cle, ne refusant ni la technologie d\u2019aujourd\u2019hui, ni la fougue de son histoire pass\u00e9e. Pour le rappel, Didier Malherbe rejoint ses comp\u00e8res, arm\u00e9s d\u2019un saxophone soprano, et met un terme en douce apoth\u00e9ose \u00e0 cette soir\u00e9e.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_10.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Impressionnants de coh\u00e9sion, servis par une mise en son parfaite une nouvelle fois au Triton, Hopper, Cutler et Allen font l\u2019unanimit\u00e9 et montrent que l\u2019audace a plus que jamais sa place en musique. Voir Allen, chantant \u00ab&nbsp;Who\u2019s Afraid of Looking Stupid&nbsp;\u00bb tout en gesticulant, lunettes roses sur le front, r\u00e9sume la port\u00e9e de ce concert : des musiciens qui font absolument ce qu\u2019ils veulent, sans se soucier des tendances, et ce, depuis fort longtemps.<br \/> Il y a trente ans, ces trois jeunes gens remuaient le monde musical. Aujourd\u2019hui, leur musique reste plus que jamais nouvelle, mais leur public est devenu plus confidentiel. Et \u00e9trangement, c\u2019est bien nous qui semblons \u00eatre les plus affect\u00e9s de ce relatif anonymat qui les entoure. Eux se contentent en revanche de se faire plaisir et de nous ravir en continuant \u00e0 jouer, en toute simplicit\u00e9. D\u00e9cidemment, il y a beaucoup de choses \u00e0 apprendre de ces grands hommes.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Mathieu Carr\u00e9<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Samedi 9 juin<br \/> <i>An Evening with Greaves and Blegvad<\/i><\/b><br \/><br \/>  Pour clore cette deuxi\u00e8me semaine des Tritonales, les ann\u00e9es 70 sont de nouveau \u00e0 l\u2019honneur gr\u00e2ce \u00e0 la participation de figures de la sc\u00e8ne Canterbury, avec Peter Blegvad Blegvad et John Greaves qui, pour l\u2019occasion, ont d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9 leur mythique album <i>Kew. Rh\u00f4ne<\/i>. Un \u00e9v\u00e9nement attendu depuis pr\u00e8s de trente ans.<br \/><br \/> L\u2019ambiance, sur la sc\u00e8ne comme dans l\u2019assistance, est plus polie et cosmopolite que la veille. John Greaves arrive, en <i>dandy<\/i> aux faux airs de Tom Jones, et commence au piano \u00e0 distiller ces chansons \u00e0 la fois ambitieuses et accessibles, o\u00f9 la voix, v\u00e9ritable instrument, s\u2019insinue avec d\u00e9lice. Petit \u00e0 petit, il est rejoint par le trompettiste David Lewis, le guitariste Jef Morin (qui a amen\u00e9 tout un sympathique <i>fan club<\/i> dans son sillage) et enfin Peter Blegvad, aussi d\u00e9contract\u00e9 que son comp\u00e8re.<br \/> Mais, quel que soit le nombre de participants et leur origine, les morceaux jou\u00e9s respirent tous un raffinement tr\u00e8s britannique. On ressent presque des pointes d\u2019humour anglais dans cette capacit\u00e9 \u00e0 jouer avec un tel d\u00e9tachement des airs simplement beaux, avec des paroles gentiment absurdes et alambiqu\u00e9es. Allant parfois chercher du cot\u00e9 de Tom Waits, le r\u00e9pertoire enchante.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_11.jpg\" width=\"190\" height=\"127\" align=\"right\" border=\"1\">Par intermittence, la guitare \u00e9lectrique de Jef Morin glace le tout avec d\u00e9lice, mais toujours sans exc\u00e8s. Pas de distorsions ou autres effets, ce sont des orf\u00e8vres qui jouent, presque des artisans, qui cr\u00e9ent sans artifice et devant un public ravi des airs intemporels. La voix de Blegvad, \u00e9voquant Mark Knopfler, se lie \u00e0 celle de Greaves et m\u00eame un petit trou de m\u00e9moire ne parvient pas \u00e0 briser le charme souriant qui op\u00e8re.<br \/><br \/>  Apr\u00e8s la pause, rejoint par Jeanne Added au violoncelle, c\u2019est au monument <i>Kew. Rh\u00f4ne<\/i> que s\u2019attaque le <i>quintet<\/i>. L\u2019esprit surr\u00e9aliste de la version originale refait imm\u00e9diatement surface : les compositions semblent dater de la veille, et si Carla Bley ou Mike Mantler ne sont pas sur sc\u00e8ne, leurs esprits ne doivent pas tra\u00eener bien loin. Un recueillement heureux emplit l\u2019assistance qui vit ces moments insolites, dont le sommet restera la lente \u00e9num\u00e9ration d\u2019objets h\u00e9t\u00e9roclites faite par Greaves (et sa traduction simultan\u00e9e en fran\u00e7ais par Jeanne Added). Tout y est r\u00e9sum\u00e9 : la multiplication salvatrice des points de vue, l\u2019audace, la libert\u00e9.<br \/> Alors que certains d\u00e9couvrent cette oeuvre intemporelle, d\u2019autres refont, gr\u00e2ce aux musiciens, le petit chemin qu\u2019ils ont couvert avec elle, et dont certains connaissent par c\u0153ur les paroles, comme les membres de Guapo qui profitent du spectacle. Blegvad et Greaves ont une nouvelle fois expos\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 renouvel\u00e9e de cr\u00e9er sans contrainte, au cours de cette soir\u00e9e qui se finira sans fausse note.<\/p>          <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         3. Troisi\u00e8me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font><\/strong><\/p> <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\">       <b>Du lundi 11 au samedi 16 juin<br \/> <i>Magma &#038; friends<\/i><\/b><br \/><br \/>  Au cours de cette semaine, Magma a choisi, chaque soir, d\u2019\u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 sur sc\u00e8ne par un groupe ami, plus ou moins jeune, plus ou moins inconnu, mais toujours apparent\u00e9, dans l\u2019histoire ou dans l\u2019esprit.<br \/><br \/>   <b><i>Jean-Louis<\/i><\/b><br \/><br \/>  Pour ouvrir les hostilit\u00e9s en cette semaine toute d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la troupe de Christian Vander dont les fans inconditionnels sont plus que jamais au rendez-vous, c\u2019est un trio bien particulier qui s\u2019y colle. Jean-Louis n\u2019est donc pas un multi-instrumentiste \u00e9mule de R\u00e9mi Bricka, mais bien un groupe extr\u00eamement prometteur, qui a de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 revendre. Port\u00e9 par des fans incandescents puis rapidement par une salle subjugu\u00e9e par la violente intransigeance de leur propos, Joachim Florant \u00e0 la contrebasse, Francesco Pastacaldi \u00e0 la batterie et Aymeric Avice \u00e0 la trompette (au son \u00e9lectrifi\u00e9 qui lui donne souvent des airs de guitare satur\u00e9e) ont produit une prestation \u00e9tonnante.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_12.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Entre le punk, le free-jazz et le rock un peu \u00ab&nbsp;crade&nbsp;\u00bb, leur musique mise avant tout sur l\u2019intensit\u00e9. On peut penser aux trois Italiens de ZU, adeptes eux aussi de cet engagement total, en \u00ab&nbsp;subissant&nbsp;\u00bb &#8211; avec bonheur &#8211; une telle prestation. Si les passages telluriques remuent tout le Triton, certains interludes plus calmes ont en revanche plus de mal \u00e0 se faire une place dans le d\u00e9luge de d\u00e9cibels et d\u2019\u00e9nergie juv\u00e9nile, mais l\u2019assistance conquise ne leur en tient pas rigueur. Cette jeunesse et cette audace font plaisir \u00e0 entendre, ainsi que la mise en avant de ce son de trompette si particulier. Qui a dit que le CNSM ne savait produire que des musiciens terriblement propres sur eux ?<br \/> Mission accomplie, Jean-Louis ! La place est libre pour les pensionnaires du lieu qui, eux aussi, ont appr\u00e9ci\u00e9 et ne se privent pas de mettre \u00e0 contribution Aymeric Avice lors d\u2019un rappel sous haute tension de \u00ab&nbsp;Koba\u00efa&nbsp;\u00bb.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Mathieu Carr\u00e9 et Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b><i>Ad Vitam<\/i><\/b><br \/><br \/>  On le sait, l\u2019univers des possibles est large, et la galaxie koba\u00efenne \u00e9tendue, et c\u2019est donc un \u00ab&nbsp;proche parent&nbsp;\u00bb qui ouvre pour le groupe de Christian Vander : Ad Vitam. Ce trio comprend en effet au chant Isabelle Feuillebois, qu\u2019on retrouve \u00e9galement au sein de la formation actuelle de Magma, et Claude Lamamy, qui a \u00e9galement vocalis\u00e9 pour le groupe, mais de mani\u00e8re beaucoup plus sporadique. Autour d\u2019eux, Jad Ayache (piano et chant), cr\u00e9ateur et t\u00eate pensante d\u2019Ad Vitam depuis 1996, apr\u00e8s une premi\u00e8re exp\u00e9rience rock avec Xaal. Notons, pour en terminer avec les pr\u00e9sentations, un autre lien de parent\u00e9, avec le Triton cette fois : <i>L\u00e0 o\u00f9 va le vent<\/i>, le deuxi\u00e8me album d\u2019Ad Vitam, est paru sur le label de l\u2019association.<br \/><br \/>  Ad Vitam est une mise en musique, tour \u00e0 tour paisible et contemplative ou parfois plus tortur\u00e9e, de textes fran\u00e7ais originaux \u00e9crits par Jad Ayache ou des emprunts \u00e0 d\u2019autres paroliers, comme Brassens ou Vander. A cette formule \u00e9pur\u00e9e et acoustique, le groupe incorpore quelques \u00e9l\u00e9ments plus d\u00e9paysants. <br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_13.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"right\" border=\"1\">Le concert s\u2019ouvre sur \u00ab&nbsp;Le Fid\u00e8le&nbsp;\u00bb, magnifique r\u00e9interpr\u00e9tation du \u00ab&nbsp;Fid\u00e8le Absolu&nbsp;\u00bb de Brassens. Le texte, nostalgique mais aux chutes pleine d\u2019humour, est port\u00e9 par une ligne de piano lumineuse. Le morceau permet aussi de constater que la plupart des titres d\u2019Ad Vitam s\u2019ancrent dans une perspective instrumentale pouss\u00e9e \u00e0 laquelle participent les voix, avec un travail sur les respirations et d\u2019expression vocale fascinant. Le trio interpr\u00e8te \u00e9galement un texte de Christian Vander, \u00ab&nbsp;Po\u00e8me de Soldat&nbsp;\u00bb, pour un r\u00e9sultat harmoniquement tr\u00e8s jazzy et intimiste, avec une alternance entre les interventions d\u2019Isabelle et de Claude plut\u00f4t qu\u2019un unisson. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019Ad Vitam change de ton pour plusieurs titres plus sombres, comme \u00ab&nbsp;Le Cort\u00e8ge&nbsp;\u00bb et ses arp\u00e8ges heurt\u00e9s, ou encore \u00ab&nbsp;Le Jour o\u00f9 tu es parti&nbsp;\u00bb, pourtant d\u00e9marr\u00e9 sur un fou rire d\u2019Isabelle, partie sur une mauvaise tonalit\u00e9. Une r\u00e9elle bonne humeur sur sc\u00e8ne, m\u00eame lorsque la chanson ne s\u2019y pr\u00eate pas : voil\u00e0 un des moments bon enfant qu\u2019on retrouva tout au long de la soir\u00e9e.<br \/><br \/>  La musique du trio constitue donc \u00e0 la fois une excellente introduction et un contrepoint original \u00e0 la musique sulfureuse de Magma. Car, m\u00eame si la forme diff\u00e8re (acoustique <i>versus<\/i> \u00e9lectrique), on retrouve cette pr\u00e9dominance des voix et des atmosph\u00e8res sur les instruments. Ad Vitam, c\u2019est finalement ce que l\u2019on voudrait entendre dans la chanson fran\u00e7aise populaire : une musique cisel\u00e9e au service d\u2019histoires qui vous emportent loin.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <i><b>Pierre-Michel Sivadier et Valentine Duteil<\/b><\/i><br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_14.jpg\" width=\"140\" height=\"140\" align=\"left\" border=\"1\">Troisi\u00e8me \u00ab&nbsp;coup de c\u0153ur&nbsp;\u00bb de la semaine, \u00e9voluant une fois de plus dans la n\u00e9buleuse magma\u00efenne, l\u2019ex-pianiste d\u2019Offering et ancien int\u00e9rimaire de Magma (entre 1997 et 1998), Pierre-Michel Sivadier, accompagn\u00e9 de Valentine Duteil au violoncelle, ont entam\u00e9 la soir\u00e9e dans une ambiance intime, propice \u00e0 une bouff\u00e9e d\u2019air frais alors que le temps parisien plombe le Triton d\u2019une chaleur \u00e9touffante. Le duo montre un r\u00e9el talent pour manier la po\u00e9sie des textes en fran\u00e7ais, associ\u00e9s \u00e0 une \u00e9criture harmonique douce et exalt\u00e9e.<br \/>  Le registre des titres, tr\u00e8s typ\u00e9 chanson fran\u00e7aise, c\u00f4toie all\u00e8grement l\u2019ambiance des musiques de films (Sivadier ayant collabor\u00e9 entre autres avec James Ivory, pour ne citer que lui). Une bien agr\u00e9able entr\u00e9e en mati\u00e8re. <\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Antoine Pinaud<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <i><b>Au gr\u00e9 des vents<\/b><\/i><br \/><br \/>  Au gr\u00e9 des vents est un groupe de musique traditionnelle auvergnate, avec vielle \u00e0 roue et tous les attributs, certains recr\u00e9\u00e9s de mani\u00e8re synth\u00e9tique. Mais quel est donc le lien avec Magma ? A vrai dire, l\u2019association des deux groupes \u00e0 l\u2019affiche pourrait sembler \u00e9trange, mais elle l\u2019est moins qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. En effet, au d\u00e9but de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente, Franck Vedel, Jean-Fran\u00e7ois D\u00e9at et Addie D\u00e9at officiaient au sein de Don\u2019t Die, groupe de reprises des compositions de Christian Vander (aux c\u00f4t\u00e9s de Daniel Jeand\u2019heur, aujourd\u2019hui batteur de One Shot). La suite est une belle histoire : les deux-tiers de la fratrie D\u00e9at se retrouvent sur les planches aux c\u00f4t\u00e9s du batteur dans deux formations: Offering et Les Voix de Magma. C\u2019est en ce pass\u00e9 commun qu\u2019il faut trouver l\u2019explication de cette premi\u00e8re partie, marque d\u2019une amiti\u00e9 ancienne.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_15.jpg\" width=\"127\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">Mais qui dit musique traditionnelle ne sous-entend pas r\u00e9pertoire fig\u00e9 : ainsi, Au gr\u00e9 des vents d\u00e9veloppe de nombreuses compositions personnelles, puisant dans ce r\u00e9pertoire d\u2019une grande richesse pour cr\u00e9er un monde personnel, avec des compositions d\u2019une nette qualit\u00e9 formelle. Mais, si l\u2019\u00e9criture est plaisante, on peut \u00eatre davantage sceptique concernant leur interpr\u00e9tation qui souffre manifestement d\u2019un manque de rodage sc\u00e9nique, ce que l\u2019on ne peut que d\u00e9plorer. De plus, la voix d\u2019Addie D\u00e9at est malheureusement bien trop l\u00e9g\u00e8re pour la densit\u00e9 de la trame musicale, derri\u00e8re laquelle elle a souvent tendance \u00e0 dispara\u00eetre.<br \/> Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019esprit du Gr\u00e9 des vents est int\u00e9ressant, et la formation m\u00e9rite un r\u00e9el d\u00e9veloppement.<\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <i><b>Elull Noomi<\/i><\/b><br \/>  Elull Noomi : voici une formation bien particuli\u00e8re, tout aussi \u00e9trange dans sa composition que dans son nom, et remarquable dans le contexte qui nous occupe, par la pr\u00e9sence en ses rangs d\u2019Antoine Paganotti, chanteur de Magma. Trois femmes et trois hommes qui, \u00e0 l\u2019aide de leurs seules cordes vocales, recr\u00e9ent tous les instruments, dans un style extr\u00eamement personnel tout droit issu du cerveau d\u2019Herv\u00e9 Aknin pour les compositions et d\u2019Odile Farg\u00e8re pour les textes, et l\u2019invention d\u2019une langue imaginaire (voil\u00e0 donc un autre point commun avec Magma), douce et aquatique.<br \/> Pour cette seconde prestation au Triton, Elull Noomi a int\u00e9gr\u00e9 en ses rangs un nouveau t\u00e9nor, dont l\u2019apport au groupe est fondamental. Outre l\u2019int\u00e9gration, au beau milieu d\u2019un titre, d\u2019un magnifique solo fleurant bon les montagnes du \u00ab&nbsp;bled&nbsp;\u00bb que l\u2019on visite de toutes nos oreilles, Abdelak Lakraa apporte beaucoup au groupe: une stabilit\u00e9 non n\u00e9gligeable ainsi que des mediums plus pr\u00e9sents. Voil\u00e0 donc un apport de grande qualit\u00e9, qui ne pourra que permettre \u00e0 Elull Noomi des progr\u00e8s prometteurs.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_16.jpg\" width=\"190\" height=\"127\" align=\"left\" border=\"1\">Le set reprend l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019album <i>Ul\u00e9ella<\/i>, paru chez Ex-Tension Records : quatre longs titres, de construction complexe et aventureuse, m\u00ealant passages rythmiques audacieux faisant la part belle aux percussions vocales d\u2019Antoine Paganotti (particuli\u00e8rement sollicit\u00e9 au cours de ces deux derni\u00e8res soir\u00e9es, dont on se doute qu\u2019il a d\u00fb resortir \u00e9puis\u00e9) et longs moments m\u00e9lodiques parfois plus risqu\u00e9s. Depuis son pr\u00e9c\u00e9dent passage au Triton, le groupe a effectu\u00e9 de r\u00e9els progr\u00e8s  mais souffre encore de quelques fragilit\u00e9s vocales sur les passages les plus tendus, chez les femmes principalement, ainsi que de l\u2019absence d\u2019une voix de basse qui permettrait \u00e0 l\u2019ensemble de se reposer sur de solides fondations. Quoi qu\u2019il en soit, les progr\u00e8s sc\u00e9niques sont bel et bien sensibles et laissent augurer du meilleur.  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <i><b>Magma<\/i><\/b><br \/>  Apr\u00e8s ces mises en bouche dans l\u2019ensemble agr\u00e9ables et pour certaines enthousiasmantes, Magma investissait la sc\u00e8ne, dans un climat recueilli ou proche de l\u2019hyst\u00e9rie, selon les jours et l\u2019ambiance pos\u00e9e par la premi\u00e8re partie.<br \/> Le r\u00e9pertoire, au vu de ce qui \u00e9tait annonc\u00e9, n\u2019\u00e9tait cens\u00e9 receler aucune surprise, ce qui, ajout\u00e9 au fait que les sets seraient courts en raison des premi\u00e8res parties, faisait d\u2019avance tr\u00e9pigner de frustration le gotha fanatique koba\u00efen. Mais c\u2019\u00e9tait sans compter sur l\u2019envie manifeste de jouer des musiciens et le final enfin d\u00e9voil\u00e9 d\u2019\u00ab&nbsp;Ement\u00ebht-R\u00eb&nbsp;\u00bb, principale pi\u00e8ce du programme.<br \/> Une nouvelle fois, Magma r\u00f4de longuement sur sc\u00e8ne une pi\u00e8ce avant de la graver. Ainsi, depuis deux ans, la longue suite \u00ab&nbsp;Ement\u00ebht-R\u00eb&nbsp;\u00bb, formant triptyque avec \u00ab&nbsp;K.A.&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;K\u00f6hnt\u00e4rk\u00f6sz&nbsp;\u00bb (tout comme \u00ab&nbsp;Theusz Hamtaahk&nbsp;\u00bb bouclait la trilogie qu\u2019il forme avec \u00ab&nbsp;W\u00fcrdah Itah&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Mekan\u00efk Destr\u00fcktiw K\u00f6mmand\u00f6h&nbsp;\u00bb), est au c\u0153ur des diff\u00e9rents concerts du groupe, ce qui permet aux fid\u00e8les d\u2019en mesurer l\u2019\u00e9volution, de concert en concert. Cette suite, longue de pr\u00e8s d\u2019une heure aujourd\u2019hui, et en cours d\u2019enregistrement, contient une s\u00e9rie de fragments d\u00e9j\u00e0 grav\u00e9s par Magma dans les ann\u00e9es 70, sur <i>Ud\u00fc W\u00fcd\u00fc<\/i>, <i>Attahk<\/i> et le <i>live<\/i> de 1975, ainsi que des transitions et un final enti\u00e8rement in\u00e9dits.<br \/> Au fur et \u00e0 mesure, au long d\u2019\u00ab&nbsp;E-R&nbsp;\u00bb, Magma souffle le tellurique et le glacial, on ne sait plus parfois qui, de la vie ou de la mort l\u2019emporte, tant l\u2019\u00e9nergie d\u00e9ploy\u00e9e d\u00e9passe autant qu\u2019elle lib\u00e8re, pour le meilleur (s\u00fbrement) comme pour le pire, peut-\u00eatre. Les longs et puissants accords qui ouvrent la pi\u00e8ce glacent le sang, r\u00e9sonnant parfois comme un funeste pr\u00e9sage, et, si la vie d\u00e9boule, reprenant furieusement ses droits sur \u00ab&nbsp;Hha\u00ef&nbsp;\u00bb, le nouveau final ne laisse plus aucun doute sur l\u2019issue du combat : les litanies infernales l\u2019emportent, laissant l\u2019auditeur sonn\u00e9, aux limites de la conscience, ayant entrouvert une porte vers un ailleurs bien incertain, presque incapable d\u2019applaudir, d\u2019o\u00f9 un long silence parfois, avant qu\u2019\u00e9mergent les premiers battements de main. Le final, long chant fun\u00e9raire hypnotisant plus qu\u2019angoissant, d\u00e9ploie au cours d\u2019une dizaine de minutes un th\u00e8me complexe de voix imbriqu\u00e9es, \u00e9troitement tiss\u00e9es les unes aux autres, tandis que chacun des chanteurs, arm\u00e9 d\u2019un petit tam, ass\u00e8ne m\u00e9caniquement des coups r\u00e9guliers \u00e9voquant (ou invoquant), peut-\u00eatre, un implacable destin.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_17.jpg\" width=\"143\" height=\"190\" align=\"right\" border=\"1\">  Port\u00e9 par les vibrations de ces tams, dont on se dit qu\u2019ils ne d\u00e9ploient pas encore toute la puissance voulue, on se prend \u00e0 imaginer un final o\u00f9, dix fois plus nombreux et comme surgis de nulle part, ils  cerneraient subitement le public et l\u2019embarqueraient dans leurs incantations, \u00e9liminant ainsi toutes les tensions accumul\u00e9es pendant le long \u00ab&nbsp;Zombies&nbsp;\u00bb pr\u00e9c\u00e9dent, plein de force, de hargne et de mal\u00e9fice.<br \/> Apr\u00e8s pareil voyage, la tension doit retomber, et c\u2019est \u00ab&nbsp;Lihns&nbsp;\u00bb, avec Christian Vander au chant et Antoine Paganotti \u00e0 la batterie, qui s\u2019en charge. Ce titre court, l\u00e9ger, presque tendre, fait l\u2019effet d\u2019une petite pluie de printemps, lavant de toute cette charge \u00e9motionnelle accumul\u00e9e. <br \/><br \/>  Mais le public, insatiable et despotique de par sa passion m\u00eame, compte bien ne pas en rester l\u00e0 et r\u00e9clame \u00e0 corps et \u00e0 cris un rappel qui souvent tardera \u00e0 venir, et fera l\u2019objet de plaisanteries diverses, mais qui toujours sera accueilli par des hurlements de joie f\u00e9roce. Selon les soirs, ce sera le traditionnel \u00ab&nbsp;Koba\u00efa&nbsp;\u00bb , le furieux final de \u00ab&nbsp;M\u00ebkan\u00efk Destr\u00fckt\u00efw K\u00f6mmand\u00f6h&nbsp;\u00bb  ou le final de \u00ab&nbsp;K.A.&nbsp;\u00bb, qui para\u00eetra presque p\u00e2le aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019\u00ab&nbsp;E-R&nbsp;\u00bb, malgr\u00e9 ses d\u00e9luges d\u2019\u00ab&nbsp;Allelujah&nbsp;\u00bb en \u00e9ruption, sans oublier parfois, en second rappel, une reprise du \u00ab&nbsp;For Tomorrow&nbsp;\u00bb de McCoy Tyner, dont le jazz bien plus traditionnel d\u00e9tonne quelque peu apr\u00e8s le d\u00e9luge de d\u00e9cibels koba\u00efens. Chaque soir, un ou plusieurs invit\u00e9s viendront se joindre au groupe : Aymeric Avice (Jean-Louis) \u00e0 la trompette sur \u00ab&nbsp;Koba\u00efa&nbsp;\u00bb, Claude Lamamy (Ad Vitam) au chant sur le final de \u00ab&nbsp;MDK&nbsp;\u00bb pour finir tout en amiti\u00e9, en sourires et en \u00e9nergie \u2013 \u00f4 combien positive celle-l\u00e0.<br \/><br \/>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/trit07\/trit07_18.jpg\" width=\"190\" height=\"143\" align=\"left\" border=\"1\">Une fois de plus, la mise en place est magistrale, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 du nouveau final et quelques \u00ab&nbsp;\u00e9tourderies&nbsp;\u00bb certains soirs de la semaine. On n\u2019aura \u00e0 d\u00e9plorer que quelques incidents techniques le mardi soir, qui auront essentiellement mis en difficult\u00e9 Antoine Paganotti et nui \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019ensemble. On est parfois en pleine prouesse technique, m\u00eame si l\u2019on sait que chez Magma, ce n\u2019est jamais ce qui prime. Ainsi en est-il mardi soir, lorsque Claude Lamamy, invit\u00e9 pour le rappel, a l\u2019excellente id\u00e9e de proposer \u00ab&nbsp;le final de Mekanik !&nbsp;\u00bb, ce qui a pour cons\u00e9quence imm\u00e9diate de le faire quitter la sc\u00e8ne qu\u2019il venait de rejoindre avec les autres chanteurs, pour laisser le groupe entamer la seconde moiti\u00e9 du quatri\u00e8me mouvement de <i>Mekan\u00efk Destrukt\u00efw Kommand\u00f6h<\/i>\u2026 enti\u00e8rement instrumentale ! Or, qui conna\u00eet la pi\u00e8ce mesure combien d\u00e9buter \u00e0 ce stade du morceau, \u00ab&nbsp;\u00e0 froid&nbsp;\u00bb, tient de l\u2019exploit tant pour le groupe que pour le public, qui n\u2019a pas le droit \u00e0 une \u00ab&nbsp;mise en condition pr\u00e9alable&nbsp;\u00bb avant de subir ces assauts volcaniques.<br \/><br \/>  Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019\u00ab&nbsp;E-R&nbsp;\u00bb m\u00fbrisse encore, durant les concerts estivaux du groupe et qu\u2019il trouve rapidement un aboutissement sur disque. En attendant, on pourra toujours patienter avec le DVD <i>Epok III<\/i>, retra\u00e7ant la troisi\u00e8me semaine de r\u00e9sidence du groupe au Triton en 2005, sur lequel figure une version transitoire d\u2019\u00ab&nbsp;E-R&nbsp;\u00bb, permettant de mesurer le chemin accompli.  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani, Djul et Antoine Pinaud<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <b>Encore des Tritonales dont on ressort fourbu, vid\u00e9 de tant de concerts intenses et touchant souvent droit au c\u0153ur, s\u2019ils ne parlent pas tous \u00e0 l\u2019esprit. Mais derri\u00e8re la fatigue de ce marathon progressif, et la surmontant toujours, subsiste le grand bonheur d\u2019avoir assist\u00e9, en si peu de temps, \u00e0 tant de concerts de haute vol\u00e9e, dans l\u2019ambiance toujours aussi chaleureuse et vibrante du Triton, qui a d\u00e9cid\u00e9ment compris qu\u2019on ne peut faire vivre et se d\u00e9velopper de musiques aussi exigeantes  qu\u2019en sachant les accueillir dans un lieu o\u00f9 la vie et le c\u0153ur l\u2019emportent toujours sur toute logique de rentabilit\u00e9\u2026 A nouveau, chapeau, et merci !<\/b><\/p>  <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Fanny Layani<\/b><\/p>  <p class=\"dateconcert\" align=\"justify\"> <i>Les photos de Pip Pyle\u2019s Bash, D-zAkord, Vrooom !, Greaves-Blegvad, Au Gr\u00e9 des Vents et Elull Noomi sont de Fabrice Journo. Elles peuvent \u00eatre consult\u00e9es en grand format \u00e0 l\u2019adresse suivante : <a href=\"http:\/\/photos.musicales.free.fr\" target=\"_blank\">http:\/\/photos.musicales.free.fr<\/a><br \/> Les photos de Brainville 3 sont de Christophe Manh\u00e8s.<br \/> Les autres photos sont de Fanny Layani.<br \/> <\/i> <\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">&nbsp;<\/p> &nbsp;","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Les Tritonales 2007 Un tiers de la dur\u00e9e du festival est consacr\u00e9 \u00e0&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22157,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22156"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22156"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22156\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22156"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}