{"id":22152,"date":"2003-05-22T00:00:00","date_gmt":"2003-05-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ff174d427653bd497519ad69f413ec5a_XL.jpg"},"modified":"2003-05-22T00:00:00","modified_gmt":"2003-05-21T22:00:00","slug":"22152","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2003\/05\/22\/22152\/","title":{"rendered":"&#8211; Tritonales 2003 (pt.1)"},"content":{"rendered":"<h1>DOSSIER : Les Tritonales 2003<\/h1>\n<p><strong>Le Triton, caf\u00e9-concert, studio et label \u00e0 un jet de pierre de Paris, d\u00e9veloppe depuis quelques ann\u00e9es une programmation \u00e9clectique et audacieuse. Du 21 mai au 14 juin 2003 s&rsquo;y d\u00e9roule le premier festival des Tritonales, \u00e0 la crois\u00e9e du jazz et des musiques progressives. A l&rsquo;affiche figurent rien moins que la galaxie Vander, Mats &#038; Morgan, Polysoft, Daevid Allen ou Richard Sinclair&#8230; parmi d&rsquo;autres ! Progressia, partenaire du festival, vous raconte chaque concert, semaine par semaine.<\/strong><\/p>       <p align=\"justify\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         1. Premi&egrave;re semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font><b>Les Tritonales, dont la programmation ouverte et ambitieuse          rassemble groupes \u00e9tablis, r\u00e9unions de grands noms et jeunes loups des          musiques progressives, s\u2019ouvraient avec Offering,<br \/>         \u00ab l\u2019autre \u00bb groupe de Christian Vander, mentor de Magma et g\u00e9ant de la          batterie. Cinq soir\u00e9es intenses et prenantes pour un groupe qui f\u00eate cette          ann\u00e9e ses vingt ans de carri\u00e8re et qui, apr\u00e8s un sommeil de plus de dix          ans, ressuscite \u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9\u00e9dition de sa discographie par le          label <a href= http:\/\/www.seventhrecords.com \u00bb target= _blank><u>Seventh          Records<\/u><\/a>.<\/b><br \/>         <br \/>         21 mai 2003 : Offering (premier soir)<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><b><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_offering_1.jpg\" width=\"200\" height=\"147\" border=\"1\" align=\"left\">          <\/b>Entre un piano, une contrebasse, une batterie, des claviers et une          myriade de percussions en tous genres, les neufs musiciens de la mouture          actuelle d\u2019Offering ont inond\u00e9 la sc\u00e8ne du Triton d\u2019une \u00e9nergie aussi          d\u00e9brid\u00e9e qu\u2019implacable, pour pas moins de trois heures de musique intense.          Une partie de la tribu Magma est au rendez-vous : autour de Christian          Vander, on retrouve naturellement Stella Vander, mais aussi Isabelle Feuillebois          au chant, et Emmanuel Borghi au piano. Christian Vander se consacre essentiellement          au chant, d\u00e9veloppant ainsi un jeu de sc\u00e8ne tr\u00e8s marqu\u00e9, aux mouvements          parfois proches de ceux des danses indiennes, et est remplac\u00e9 \u00e0 la batterie          par un Yoann Serra \u00e0 la technique irr\u00e9prochable. La formation, compl\u00e9t\u00e9e          par Fran\u00e7ois Causse, jonglant en permanence avec des percussions de toutes          sortes, Philippe Dardelle \u00e0 la contrebasse, et Fr\u00e9d\u00e9ric D&rsquo;Oelsnitz aux          claviers, est rejointe pour chacun de ces cinq concerts, par un invit\u00e9          surprise, et c\u2019est ce soir Pierre Marcault, percussionniste au toucher          impressionnant, qui ouvre la s\u00e9rie.<br \/>         <br \/>         Si le mixage rel\u00e8ve du m\u00eame parti pris que celui de Magma (voix en retrait          pour mettre en valeur les \u00e9l\u00e9ments purement rythmiques et permettre une          perception globale de chaque ph\u00e9nom\u00e8ne musical), le son est plut\u00f4t bon          et laisse au groupe une importante marge de nuances dont il use. Les compositions          sont souvent obs\u00e9dantes, fond\u00e9es sur une ligne de basse, des accords de          pianos et une rythmique circulaire, \u00e9voluant en de tr\u00e8s longs crescendo          terriblement calibr\u00e9s. La musique d\u2019Offering, tant\u00f4t \u00e9pique, tant\u00f4t <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_offering_2.jpg\" width=\"180\" height=\"131\" border=\"1\" align=\"right\">intimiste,          souffle d\u2019un instant \u00e0 l\u2019autre le chaud et le froid. Moins construite          et plus versatile que celle de Magma, elle laisse une part \u00e0 l\u2019improvisation,          mais n\u2019en est pas moins fermement structur\u00e9e comme le prouve, s\u2019il \u00e9tait          besoin, une grande pr\u00e9cision dans la mise en place. Emmanuel Borghi et          Fr\u00e9d\u00e9ric D\u2019Oelsnitz y ont ajout\u00e9 ce soir une composition du pianiste de          jazz Michel Graillier, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en f\u00e9vrier. <br \/>         Offering est plac&eacute;, comme Magma, mais de mani&egrave;re plus explicite          encore,<br \/>         sous l&#8217;h&eacute;ritage tr&egrave;s pesant de John Coltrane, figure          majeure et<br \/>         incontournable de l&#8217;univers de Vander, indissociable de son identit&eacute;<br \/>         musicale et d&eacute;dicataire officiel d&#8217;Offering. Le fant\u00f4me du          saxophoniste c\u00f4toyait ce soir l\u2019ombre d\u2019un autre grand jazzman, Chet Baker,          \u00e0 qui un hommage fut rendu en rappel (\u00ab Chet \u00bb). Pour l\u2019anecdote, c\u2019est          lui qui offrit sa premi\u00e8re batterie \u00e0 Christian Vander, dans des circonstances          rocambolesques. <br \/>         <br \/>         Pour qui admire le Christian Vander batteur de g\u00e9nie, technicien accompli,          mais surtout &#8211; et avant tout &#8211; musicien hors pair (quel autre batteur          poss\u00e8de pareille densit\u00e9 de frappe, et pareille facult\u00e9 d\u2019adaptation du          toucher au propos musical ?), on peut regretter que l\u2019homme y passe si          peu de temps. Mais cette priorit\u00e9 donn\u00e9e au chant lui permet aussi, bien          qu\u2019il se donne tout autant, peut-\u00eatre un peu plus de l\u00e2cher prise. Christian          Vander paraissait en effet plus d\u00e9tendu ce soir que lors des concerts          de Magma, o\u00f9 il semble contr\u00f4ler la moindre note produite par chaque musicien.          Laissant ainsi d\u2019avantage de libert\u00e9 \u00e0 ses compagnons, peut-\u00eatre s\u2019accorde-t-il          lui-m\u00eame un peu plus de souplesse et de spontan\u00e9it\u00e9, ce qui fait d\u2019Offering          un groupe sans doute moins impressionnant et intransigeant que Magma,          mais sans doute plus \u00ab naturel \u00bb. Ni rock, ni r\u00e9ellement jazz, ni m\u00eame          juste progressif au sens le plus large du terme, Offering est tout simplement          une le\u00e7on de musique et de force \u00e0 ne manquer sous aucun pr\u00e9texte. Vous          avez jusqu\u2019au 25 mai !<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>23 mai 2003 : Offering (troisi&egrave;me          soir)<br \/>         <br \/>         <\/strong><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_offering_3.jpg\" width=\"130\" height=\"153\" border=\"1\" align=\"left\">Pour          le troisi\u00e8me concert d\u2019Offering aux Tritonales, les choses se pr\u00e9sentaient          ce soir sous un autre \u00e9clairage. Le public, dans un Triton plein \u00e0 craquer          et sous une chaleur \u00e9touffante, s\u2019est montr\u00e9 plus enthousiaste et remuant,          tandis que sur sc\u00e8ne, l\u2019ambiance se r\u00e9v\u00e9la vite plus d\u00e9tendue. La prestation          d\u2019Offering, moins distanci\u00e9e que celle de l\u2019avant-veille sur une liste          de titres pourtant identique, s\u2019est aussi montr\u00e9e tr\u00e8s diff\u00e9rente : un          son globalement plus \u00e9quilibr\u00e9, notamment en faveur des voix et plus particuli\u00e8rement          de celle de Christian Vander, une intensit\u00e9 et une \u00e9nergie qui surpassaient          de loin celle de la prestation du premier soir, un <i>groove<\/i> bien          plus marqu\u00e9 et l\u2019aspect jazz des compositions ressortant plus nettement,          le tout dans une bonne humeur \u00e9vidente et communicative.<br \/>         <br \/>         Autant la prestation du premier soir avait \u00e9t\u00e9 intense, musicalement et          \u00e9motionnellement, presque violente parfois avec des progressions longues          et implacables, autant ce troisi\u00e8me concert a paru plus souple et plus          libre, avec une part plus grande laiss\u00e9e aux phases d\u2019improvisation. Pourtant          la mise en place, toujours aussi exacte et sans la moindre faille, n\u2019en          subit aucunement les cons\u00e9quences. Paradoxalement, avec un percussionniste          en moins (Pierre Marcault, l\u2019invit\u00e9 du premier soir), l\u2019ensemble sonnait          plus clairement au plan rythmique, l\u2019essentiel de l\u2019articulation et de          la structure des morceaux apparaissant plus nettement. Les phases de crescendos          lents et puissants se sont \u00e9galement d\u00e9roul\u00e9es tr\u00e8s diff\u00e9remment : les          mont\u00e9es en intensit\u00e9, plus rapides et plus fluides, \u00e9taient moins oppressantes          que lors du premier concert, et ont atteint ce soir un stade dangereusement          proche de la transe. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_offering_4.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"right\">L\u2019invit\u00e9          du jour, le clavi\u00e9riste et chanteur Pierre-Michel Sivadier, lui aussi          proche du clan Vander, a rejoint le groupe pour un \u00ab b\u0153uf \u00bb d\u2019anthologie          d\u2019une virtuosit\u00e9 et d\u2019une vitalit\u00e9 intrigantes, bien que le niveau de          saturation de l\u2019espace sonore comme de l\u2019esprit de l\u2019auditoire ait \u00e9t\u00e9          parfois d\u00e9pass\u00e9. <br \/>         L\u2019\u00e9volution d\u2019une prestation \u00e0 l\u2019autre ne peut qu\u2019augurer du meilleur          pour les deux jours \u00e0 venir. D\u00e9cid\u00e9ment, ces concerts d\u2019Offering ne sont          pas \u00e0 manquer et ce ne sera pas faute de ne pas l\u2019avoir suffisamment r\u00e9p\u00e9t\u00e9          ! Il vous reste deux jours.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>25 mai 2003 : Offering<\/strong>          <strong> (cinqui&egrave;me soir)<\/strong><br \/>         <br \/>         Sous l\u2019\u0153il attentif et inquisiteur de huit cam\u00e9ras (quatre en salle, trois          sur sc\u00e8ne et une en coulisses), Offering donnait ce soir le dernier de          ses cinq concerts exceptionnels au Triton, livrant une fois encore une          prestation en total contraste avec les soir\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes.<br \/>         <br \/>         Les premi\u00e8res minutes paraissent pleines de tension, contrairement au          l\u00e2cher-prise qui avait fait de la soir\u00e9e du vendredi un moment exceptionnel.          Le fait que le concert soit film\u00e9 semble manifestement g\u00eaner le groupe,          qui dans un premier temps parait assez coup\u00e9 d\u2019un public peut-\u00eatre aussi          moins r\u00e9ceptif. On pourra par ailleurs regretter que l\u2019invit\u00e9 du jour          Simon Goubert, autre \u00ab habitu\u00e9 de la bande \u00bb batteur de son &eacute;tat          mais ici au piano, se soit montr\u00e9 si discret tout au long de la soir\u00e9e.<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_offering_5.jpg\" width=\"160\" height=\"118\" border=\"1\" align=\"left\">Apr\u00e8s          une p\u00e9riode d\u2019ajustement variable selon les musiciens et durant laquelle          tout semble ne tenir qu\u2019\u00e0 Stella et Christian Vander (eux-m\u00eames manifestement          tendus), le concert d\u00e9colle, pour ne plus redescendre. Ainsi, la fin de          la premi\u00e8re partie, si elle n\u2019atteint pas les sommets de vendredi, para\u00eet          meilleure que lors du premier soir, et l\u2019aisance &#8211; presque l\u2019\u00e9vidence          &#8211; acquise par l\u2019ensemble du groupe, transpara\u00eet nettement. Julie Vander          comme Isabelle Feuillebois (chant) s\u2019int\u00e8grent mieux, en termes de dynamique,          \u00e0 l\u2019ensemble des parties chant\u00e9es. Le nouvel Offering semble d\u00e9sormais,          techniquement et musicalement, une \u00ab affaire qui roule \u00bb, m\u00eame si rien          n\u2019est jamais \u00e9ternel. En seconde partie, on approche la folie du concert          du vendredi soir, tout en restant juste ce qu\u2019il faut en-de\u00e7\u00e0 pour garder          les crescendos sous contr\u00f4le, y compris dans les phases d\u2019improvisation.          Cela n\u2019emp\u00eache cependant pas Christian Vander, impressionnant de puissance,          de charisme et d\u2019\u00e9nergie, de se d\u00e9cha\u00eener litt\u00e9ralement sur un \u00ab Another          Day \u00bb d\u2019anthologie, qu\u2019il portera \u00e0 l\u2019extr\u00eame.<br \/>         <br \/>         C\u2019est une salle debout qui acclame enfin le groupe apr\u00e8s un rappel longuement          demand\u00e9 (\u00ab Chet \u00bb toujours), et couronn\u00e9 par une plaisanterie d\u2019un Christian          Vander pourtant d\u2019ordinaire peu loquace sur sc\u00e8ne. Ainsi se closent cinq          soir\u00e9es m\u00e9morables, chaque soir diff\u00e9rentes et uniques mais toujours anim\u00e9es          de ce m\u00eame esprit p\u00e9tri de rythme, d\u2019\u00e9nergie et de passion.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Fanny Layani<\/strong><\/p>              <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         2 . Deuxi&egrave;me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font>27 mai 2003 : Ad Vitam<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Apr&egrave;s les cinq soir&eacute;es          consacr&eacute;es &agrave; Offering, Les Tritonales s&rsquo;offrent avec Ad          Vitam une respiration m&eacute;rit&eacute;e, tout en restant proche de          l&rsquo;&quot;univers&quot; de Christian Vander. En effet trois des quatre membres          du groupe ont particip&eacute; &agrave; Magma, et parmi eux Isabelle Feuillebois          &eacute;tait pr&eacute;sente sur sc&egrave;ne la semaine pass&eacute;e.<\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_advitam_1.jpg\" width=\"195\" height=\"122\" border=\"1\" align=\"left\">Dans          une salle moins remplie et en configuration assise, nous sommes convi&eacute;s          ce soir &agrave; une exp&eacute;rience beaucoup plus calme, cette formation          d&eacute;veloppant une musique essentiellement autour du piano et du chant.          Le public le sait sans doute puisqu&rsquo;il compte en ses rangs quelques familles          avec enfants. Etrange pour un festival aussi pointu, dites-vous ? D&egrave;s          les premiers instants, tout est clair : Ad Vitam, c&rsquo;est avant tout de          la po&eacute;sie chant&eacute;e, quelque part entre chanson et musiques          traditionnelles.<br \/>         Tr&egrave;s vite, les voix de Julie Vander, Isabelle Feuillebois et Claude          Lamamy nous captent en projetant des images simples et famili&egrave;res          (&quot;Le sel de la vie&quot; : &quot;<em>au creux de ce sentier [&#8230;]          nous avons tant march&eacute;<\/em>&quot;), appuy&eacute;es au piano par          Jad Ayache. Chant&eacute;s tout en finesse, tant&ocirc;t &agrave; trois,          &agrave; deux ou en solo, les titres s&rsquo;encha&icirc;nent et forment un          &eacute;quilibre entre narration et invitation au r&ecirc;ve. On se surprend          parfois &agrave; &eacute;voquer ses propres souvenirs. Ces alternances          suffisent &agrave; entretenir l&rsquo;attention du public, pourtant loin d&rsquo;&ecirc;tre          acquise tant les harmonies sont plus complexes qu&rsquo;accrocheuses. La qualit&eacute;          des textes n&rsquo;y est sans doute pas &eacute;trang&egrave;re, qu&rsquo;ils soient          sign&eacute;s par Jad Ayache ou, par exemple, Georges Brassens sur &quot;Le          fid&egrave;le&quot;. De la d&eacute;marche progressive ne subsiste que          l&rsquo;essentiel, &agrave; savoir la libert&eacute; formelle.<br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_advitam_2.jpg\" width=\"146\" height=\"110\" border=\"1\" align=\"left\">          Dans un &eacute;clairage des plus tamis&eacute;s, l&rsquo;ambiance est attentive          voire recueillie. A l&rsquo;image des protagonistes, l&rsquo;auditoire reste d&rsquo;ailleurs          bien sage mais applaudit chaque chanson avec sinc&eacute;rit&eacute;.          En deuxi&egrave;me partie l&rsquo;&eacute;motion se joint peu &agrave; peu &agrave;          la m&eacute;ditation gr&acirc;ce &agrave; quelques m&eacute;lodies plus          accrocheuses (&quot;Vents et mar&eacute;es&quot;). L&rsquo;ambiance s&rsquo;&eacute;chauffe          presque au moment de r&eacute;clamer des rappels ! Ad Vitam aurait-il          touch&eacute; quelques cordes sensibles ?<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Julien Weyer<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>28 mai 2003 : Ethnic Trio<\/strong><br \/>         <br \/>         C&#8217;est un public un peu plus nombreux et presque aussi vari&eacute;          qui accueille les trois musiciens d&#8217;Ethnic Trio. Le concert, qui          sera film&eacute;, marque les retrouvailles sc&eacute;niques de Faton          Cahen (Magma, Zao) au piano et Yochk&#8217;o Seffer aux vents (saxophones,          fl&ucirc;te) qui formaient voil&agrave; plus de vingt ans Ethnic Duo.          Rejoints pour l&#8217;occasion par un autre compagnon de route en la personne          de Fran&ccedil;ois Causse, percussionniste d&#8217;Offering, ils &eacute;prouvent          &agrave; se produire &agrave; nouveau sur sc&egrave;ne un plaisir &eacute;vident,          qui sera peu &agrave; peu partag&eacute; par l&#8217;assistance.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_ethnic_1.jpg\" width=\"180\" height=\"115\" border=\"1\" align=\"left\">          Comme souvent avec des musiques dites &laquo; exigeantes &raquo;, un temps          d&#8217;adaptation est n&eacute;cessaire &agrave; qui n&#8217;est pas          familier d&#8217;un style qui se pratiquait surtout dans les ann&eacute;es          soixante-dix et qui reste difficile &agrave; cerner, tant l&#8217;Ethnic          Duo devenu Trio se joue des contraintes de genre. M&ecirc;me si l&#8217;improvisation          omnipr&eacute;sente &eacute;voque naturellement le jazz, la richesse et          la vari&eacute;t&eacute; du langage s&#8217;apparentent plut&ocirc;t aux          compositeurs modernes tels que Stravinsky ou Bartok, dont une br&egrave;ve          pi&egrave;ce sera donn&eacute;e d&#8217;ailleurs en rappel (<em>NdA :          avouons que ces r&eacute;f&eacute;rences, bien que famili&egrave;res,          nous ont &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute;es par la pr&eacute;sentation          du groupe. Elles expliquent en partie le choix du terme &laquo; Ethnic          &raquo;, puisque ces compositeurs ont puis&eacute; leurs influences dans          les r&eacute;pertoires populaires<\/em>). Aussi pendant toute la premi&egrave;re          partie, une bonne partie de l&#8217;assistance <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_ethnic_2.jpg\" width=\"84\" height=\"140\" border=\"1\" align=\"right\">semble          &ecirc;tre en phase &laquo; d&#8217;apprentissage &raquo;. <br \/>         A l&#8217;image du concert de la veille, l&#8217;atmosph&egrave;re devient          nettement plus conviviale en deuxi&egrave;me partie. Lorsque Faton Cahen          nous dit &agrave; quel point ses comp&egrave;res et lui sont heureux de          jouer ici, on le croit volontiers et quand il nous fait remarquer que          leur manque de pratique r&eacute;cente en groupe rend la qualit&eacute;          du jeu incertaine, on se demande si ce n&#8217;est pas l&agrave; pure          coquetterie, tant leur complicit&eacute; et virtuosit&eacute; sont de          plus en plus &eacute;videntes. Sans aucun doute possible, ces trois-l&agrave;          font corps avec leur instrument ! Yochk&#8217;o Seffer et son jeu fr&eacute;n&eacute;tique          reste le plus manifeste des trois, mais laisse r&eacute;guli&egrave;rement          la place aux autres. Selon les morceaux, Faton Cahen alterne piano et          synth&eacute;s, dont il tire quelques sons typiquement seventies (amusantes          voix rythmiques &laquo; di dou da, ba bou ba &raquo; !). Le clou du spectacle          revient &agrave; Fran&ccedil;ois Causse, dont les soli ravageurs &agrave;          la batterie et aux percussions forcent l&#8217;admiration g&eacute;n&eacute;rale          : <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_ethnic_3.jpg\" width=\"160\" height=\"126\" border=\"1\" align=\"left\">croyez-le          ou non, mais &agrave; une quinzaine de m&egrave;tres de distance seulement,          on per&ccedil;oit un net d&eacute;calage entre le son et l&#8217;image&#8230;<br \/>         Seul b&eacute;mol de cette soir&eacute;e : le niveau du son, trop &eacute;lev&eacute;,          devenait presque p&eacute;nible dans les moments les plus intenses. Cela          n&#8217;a heureusement pas g&acirc;ch&eacute; l&#8217;impression d&#8217;ensemble          qui se r&eacute;sume &agrave;&#8230; hem&#8230; voyons&#8230; &laquo; pfiouu          &raquo; ! <\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Julien Weyer<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>30 mai 2003 : Polysoft<\/strong><br \/>         <br \/>         <em>Photos : Fanny Layani<\/em><br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_polysoft_1.jpg\" width=\"160\" height=\"101\" border=\"1\" align=\"left\">Le          quintette fran\u00e7ais Polysoft est, comme son nom malicieux l\u2019indique, un          \u00ab tribute band \u00bb au fantastique groupe qu\u2019a \u00e9t\u00e9 Soft Machine, formation          mythique des ann\u00e9es 70. Entre la fin des ann\u00e9es 60 et 1972, ce groupe          anglais a propos\u00e9 des albums fabuleux : <i>Third<\/i>, leur plus connu,          puis <i>Fourth<\/i> and <i>Fifth<\/i>. Encore r\u00e9cemment, Cuneiform Records          exhumait de tr\u00e8s belles archives avec <i>Backwards<\/i>. <br \/>         Trois artistes de l\u00e9gende compos\u00e8rent cette formation : le guitariste          David Aellen, le bassiste Hugh Hopper et surtout Robert Wyatt, \u00e0 la batterie          et au chant. Les deux premiers figurent au programme all\u00e9chant des Tritonales.<br \/>         <br \/>         En ce 30 mai, c\u2019est Hugh Hopper qui tient la basse de Polysoft pour reprendre          les plus beaux titres du groupe originel, et c\u2019est l\u00e0 un bel honneur que          l\u2019Anglais fait aux cinq Fran\u00e7ais, puisqu\u2019il est d\u2019habitude peu friand          de ce genre d\u2019exercice (sa volont\u00e9 d\u2019aller de l\u2019avant est illustr\u00e9e par          le tout r\u00e9cent <i>Bone<\/i>, projet metal sorti chez Cuneiform et bient\u00f4t          chroniqu\u00e9 dans nos pages). Deuxi\u00e8me invit\u00e9 de marque, absent la veille          lors de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation du groupe : le saxophoniste Elton Dean.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_polysoft_2.jpg\" width=\"101\" height=\"150\" border=\"1\" align=\"right\">          Tout \u00e9tait donc r\u00e9uni pour une magnifique soir\u00e9e, ce que la suite n\u2019a          pas tard\u00e9 \u00e0 confirmer. Le groupe, enti\u00e8rement instrumental, a en effet          propos\u00e9 avec beaucoup de classe une re-interpr\u00e9tation des classiques du          r\u00e9pertoire de la Machine, de l\u2019introductif \u00ab Facelift \u00bb \u00e0 \u00ab Chloe and          the pirates \u00bb. Ces morceaux mi-jazz mi-progressifs sont en effet loin          d\u2019\u00eatre ais\u00e9s, tant dans les sons (et \u00e0 ce petit jeu Emmanuel Bex, aux          claviers, s\u2019en sort magnifiquement bien) que dans l\u2019harmonie et la mise          en place, Soft Machine fonctionnant beaucoup par superposition d\u2019instruments.          Quant \u00e0 Hopper, il assure un groove de tous les instants, avec une s\u00fbret\u00e9          et une constance faisant plaisir \u00e0 entendre tandis que Fran\u00e7ois Merville,          \u00e0 la batterie, propose un jeu tout en \u00e9nergie, notamment lors d\u2019un &#8211; trop          ? &#8211; d\u00e9monstratif solo. On reste souffl\u00e9 par cette musique intemporelle,          et la ferveur du public t\u00e9moigne de l\u2019int\u00e9r\u00eat que ce groupe continue d\u2019engendrer.          La pr\u00e9sence de deux des membres historiques du groupe, entour\u00e9s de nombreux          musiciens de talent, le tout dans l\u2019ambiance intime du Triton y sont s\u00fbrement          pour beaucoup. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_polysoft_3.jpg\" width=\"180\" height=\"100\" border=\"1\" align=\"left\">          Le second set est l\u2019occasion d\u2019un duo Hopper\/Dean tout en finesse, et          de l\u2019interpr\u00e9tation du fabuleux \u00ab Slightly all the time \u00bb &#8211; en version          int\u00e9grale, chose rare &#8211; tir\u00e9 de <i>Third<\/i>, et dont la ligne m\u00e9lodique,          jou\u00e9e par pas moins de quatre cuivres, dont un Elton Dean brillant, est          toujours aussi magnifique. Le g\u00e9nial line-up en septuor, cr\u00e9\u00e9 entre <i>Two<\/i>          et <i>Third<\/i> est ainsi r\u00e9incarn\u00e9. Le concert se cl\u00f4t sur un \u00ab All white          \u00bb plein d\u2019\u00e9nergie.<br \/>         <br \/>         Les absents pourront se rattraper sur le superbe album de Polysoft, <i>Live          at the Triton 2002<\/i>, enregistr\u00e9 l\u2019an dernier dans les m\u00eames conditions          et prochainement chroniqu\u00e9 sur Progressia.net.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><b>Djul<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>31 mai 2003 : Mats &amp; Morgan<\/strong><br \/>         <br \/>         <em>Photos : Dan Tordjman<\/em><br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_m&#038;m_1.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"left\">          Ce soir, cinq Su\u00e9dois en bermuda ont transform\u00e9 le Triton en chaudron          bouillonnant. Les incroyables Mats Oberg (clavier) et Morgan Agren (batterie),          \u00e9paul\u00e9s par leur groupe, n\u2019ont en effet pas cess\u00e9 d\u2019affoler le thermom\u00e8tre          tout au long d\u2019une prestation ravageuse. Le duo culte a attir\u00e9 au Triton          en passe de devenir mythique, outre quelques passionn\u00e9s, un public curieux          de d\u00e9couvrir enfin sur sc\u00e8ne un ph\u00e9nom\u00e8ne parmi les plus attendus de ce          festival. Apr\u00e8s un tonnerre de d\u00e9cibels, l\u2019objectif est atteint : au final,          le stand de CDs sera pris d\u2019assaut.<br \/>         <br \/>         Les hostilit\u00e9s d\u00e9butent avec \u00ab Daisy \u00bb, une composition de Mats \u00e0 l\u2019introduction          jazzy d\u00e9licate mais o\u00f9 la batterie de Morgan constitue vite l\u2019attraction          principale du show, r\u00f4le qu\u2019elle tiendra la soir\u00e9e durant. Agren se d\u00e9m\u00e8ne          avec une \u00e9nergie et une pr\u00e9cision rares pour insuffler de la pulsation          \u00e0 des compositions rythmiquement tr\u00e8s complexes. Loin d\u2019agacer, ce d\u00e9luge          devient au contraire passionnant : un savoir-faire incomparable.<br \/>         Bien que le r\u00e9pertoire jou\u00e9 ce soir provienne largement de l\u2019album <i>Live<\/i>          de 1999 (voir aussi <i>On air with guest<\/i>, derni\u00e8re parution du groupe,          qui reprend des prestations pour la T.V. nationale su\u00e9doise, que Morgan          co-animait autour de la batterie) nous aurons \u00e9galement eu la primeur          de plusieurs nouvelles compositions, sans doute pr\u00e9vues sur le tr\u00e8s attendu          prochain album. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_m&#038;m_2.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"right\">Certains          nostalgiques n\u2019auront pas manqu\u00e9 de r\u00e9clamer du Zappa, ancienne collaboration          de Mats et Morgan. Nullement perturb\u00e9s, ils continu\u00e8rent \u00e0 encha\u00eener leurs          propres titres avec conviction, lui rendant hommage par un usage immod\u00e9r\u00e9          du second degr\u00e9 et de l\u2019auto-d\u00e9rision, telle la chor\u00e9graphie sautillante          \u00e0 la fin de \u00ab Hollmervalsen \u00bb, allusion au musicien su\u00e9dois Lars Hollmer,          fondateur de Samla Mammas Manna. <br \/>         <br \/>         L\u2019ombre du guitariste reste pr\u00e9sente dans les compositions du groupe :          emprunts aux musiques s\u00e9rielles et atonales, usage de fr\u00e9quents arrangements          de claviers typiquement jazz-rock partag\u00e9s entre Mats &#8211; chorus incendiaires          et rythmiques funky sur clavinet &#8211; et un Robert Elovsson \u00e0 l\u2019allure de          jeune \u00e9colier secouant la t\u00eate \u00e0 se rompre le cou sur un set de claviers          ayant l\u2019air de jouets. Lorsqu\u2019ils ass\u00e8nent des parties purement percussives,          elles rev\u00eatent un c\u00f4t\u00e9 r\u00e9p\u00e9titif et hypnotique \u00e9voquant de loin la Zeuhl          de Magma. Ajoutez \u00e0 cela un soup\u00e7on de folklore su\u00e9dois pour obtenir un          cocktail in\u00e9dit. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_m&#038;m_3.jpg\" width=\"151\" height=\"114\" border=\"1\" align=\"left\">          On retiendra enfin le malin plaisir que les musiciens prennent \u00e0 alterner          le chaud et le froid, malmenant l\u2019auditeur entre caresses m\u00e9lodiques feutr\u00e9es          et coups de boutoir laminants. Le bassiste Tommy Thordsson renforce cette          dynamique, alternant le tellurique et l\u2019a\u00e9rien, alors que le fr\u00e8re de          Morgan, Jimmie, reste assez discret \u00e0 la guitare, prodiguant une paire          de soli rock\u2019n\u2019roll assez d\u00e9jant\u00e9s et pratiquant le triangle avec une          grande dext\u00e9rit\u00e9.<br \/>         <br \/>         On garde apr\u00e8s un tel spectacle des images impressionnantes de ce duo          : Morgan Agren s\u2019impose comme un inventif et monstrueux batteur et Mats          Oberg, musicien accompli et aveugle de naissance, impose le respect, notamment          par sa performance d\u2019homme orchestre &#8211; simultan\u00e9ment au chant, au clavier          et \u00e0 l\u2019harmonica chromatique. Les Su\u00e9dois instillent un enthousiasme v\u00e9ritablement          communicatif avec une pr\u00e9cision redoutable dans l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019un          r\u00e9pertoire ardu, offrant trois rappels \u00e0 un public qui sut les accueillir          comme il se doit et leur faire un v\u00e9ritable succ\u00e8s. Les cent-vingt personnes          pr\u00e9sentes ce soir &#8211; ce qui fait un Triton presque plein &#8211; ne s\u2019y sont          pas tromp\u00e9es.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Eric Verdin<\/strong><\/p>              <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong><font color=\"#CC0066\"><u><br \/>         3 . Troisi&egrave;me semaine<br \/>         <br \/>         <\/u><\/font>3 juin 2003 : Richard Sinclair<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Apr\u00e8s Christian Vander et Hugh Hopper,          c\u2019est une autre personnalit\u00e9 du progressif des ann\u00e9es 70 qui est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e          ce soir. Plus encore que les deux susnomm\u00e9s, Richard Sinclair fait partie          int\u00e9grante de cette sc\u00e8ne, dont il ne s\u2019est jamais \u00e9loign\u00e9.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_rsinclair_1.jpg\" width=\"180\" height=\"132\" border=\"1\" align=\"left\">D\u00e9butant          au sein du mouvement Canterbury, o\u00f9 il fonda Caravan avec son cousin David,          il sortit notamment avec ce groupe le grand <i>In the Land of the Grey          and Pink<\/i> et y resta attach\u00e9, au fil des ans et des reformations. Il          proposa son talent \u00e0 Hatfield and the North (entre 1972 et 1975), puis          \u00e0 Camel (entre 1977 et 1979), o\u00f9, avec Andrew Latimer, ils \u00e9crivirent          les plus belles lettres de noblesse du groupe. Si les ann\u00e9es 80 ont \u00e9t\u00e9          plus creuses (malgr\u00e9 une participation \u00e0 In Cahoots, \u00e9galement au programme          des Tritonales), Sinclair est revenu sur le devant de la sc\u00e8ne, \u00e0 nouveau          avec Caravan et ses projet RSVP et Sinclair\/Hopper (d\u00e9cid\u00e9ment, c\u2019est          un petit monde !). <br \/>         <br \/>         \u00c0 55 ans aujourd\u2019hui, dont pr\u00e8s de quarante de musique, le chanteur bassiste          nous a propos\u00e9 en cette soir\u00e9e du 3 juin, une relecture de son r\u00e9pertoire,          simplement accompagn\u00e9 de David Rees-Williams au piano. Par moment, il          nous montrera \u00e9galement qu\u2019il est un guitariste de talent, et que, m\u00eame          dans leurs versions \u00e9pur\u00e9es de tout arrangement, ses compositions restent          de magnifiques perles m\u00e9lodiques, souvent m\u00e9lancoliques. Une chance pour          ceux qui n\u2019ont pas eu l\u2019opportunit\u00e9 de le voir en live, puisque l\u2019artiste          est discret depuis quelques ann\u00e9es. <br \/>         <br \/>         C\u2019est dans une salle injustement vide (50 personnes tout au plus) que          Sinclair arrive, et\u2026 accorde son instrument devant nous, comme si de rien          n\u2019\u00e9tait, avant de nous pr\u00e9senter David Rees-Williams et l\u2019invit\u00e9 surprise,          Th\u00e9o Travis, qui a notamment collabor\u00e9 avec Porcupine Tree et Tim Bowness,          \u00e0 la fl\u00fbte et au saxophone &#8211; o&ugrave; il officie chez Gong. Le groupe          d\u00e9bute le premier des deux sets de 45 minutes par un long instrumental,          et on se rend vite compte de la technique des trois comp\u00e8res, avec un          Sinclair au jeu d\u00e9li\u00e9 et un Rees-Davis aux arp\u00e8ges rapides.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_rsinclair_2.jpg\" width=\"126\" height=\"180\" border=\"1\" align=\"right\">D\u00e8s          les premi\u00e8res paroles, on est surpris par la voix grave et cajoleuse de          Richard, pr\u00e9serv\u00e9e par les ann\u00e9es \u00e0 un point troublant. Instrumentalement,          on retrouve \u00e9galement son style si particulier, en solo quasi-permanent,          avec beaucoup de notes dans les aigu\u00ebs et de cavalcades. C\u2019est \u00e9galement          le seul bassiste capable de demander \u00e0 l\u2019ing\u00e9nieur du son de baisser le          son de son instrument ! Le personnage ne manque pas d\u2019humour, comme sur          \u00ab What\u2019s Rattlin\u2019 \u00bb, o&ugrave; il exprime son agacement vis-&agrave;-vis          des sempiternelles questions que posent les fans coinc&eacute;s dans le          pass&eacute; (&#8221;Que devient Mike <br \/>         Ratledge ?&#8221;&#8230;) Entre les morceaux, il ne cesse de siffloter, chantonner,          faisant toujours le pitre.<br \/>         <br \/>         Mais quand il s\u2019agit d\u2019interpr\u00e9ter des chansons romantiques et profondes,          son talent ne fait aucun doute, comme sur le classique \u00ab Winter Wine \u00bb          de Caravan, suivi d\u2019une longue improvisation durant laquelle chaque musicien          se renvoie la balle. D\u2019autres temps forts suivent lors de l\u2019interpr\u00e9tation          de \u00ab Over the Dover \u00bb, tir\u00e9 de l\u2019album <i>RSVP<\/i> (1994) et \u00ab Halfway          between Heaven and Earth \u00bb (de l\u2019album <i>Caravan of Dreams<\/i> de 1992).<br \/>         <br \/>         Une belle soir\u00e9e donc, pour un artiste trop confidentiel, et dont la fortune          aurait pu \u00eatre toute autre si, un jour de 1977, Peter Gabriel n\u2019avait          pas retenu \u00e0 sa place Tony Levin comme bassiste.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Djul<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><strong>4 juin 2003 : Phil Miller&rsquo;s          in Cahoots<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Parmi les plus \u00e9minents v\u00e9t\u00e9rans du          Canterbury, genre souvent associ\u00e9 au rock-progressif et se posant comme          alternative britannique au jazz-rock am\u00e9ricain des 70\u2019s, figurait au programme          des Tritonales Phil Miller et son In Cahoots. Ainsi, avec Richard Sinclair          et Pip Pyle, pas moins des trois quarts du mythique Hatfield And The North          auront foul\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment les planches du Triton au cours de ce festival.          La plupart des acteurs du genre s\u2019\u00e9tant tourn\u00e9s par la suite vers un jazz          plus traditionnel, ils conserv\u00e8rent malgr\u00e9 tout certaines sp\u00e9cificit\u00e9s          de ce courant parmi les plus cr\u00e9atifs de l\u2019\u00e9poque. Le guitariste Phil          Miller s\u2019inscrit dans cette d\u00e9marche: apr\u00e8s avoir tour \u00e0 tour jou\u00e9 dans          Matching Mole, Hatfield\u2026et National Health, il forme au d\u00e9but des ann\u00e9es          80 son propre projet, In Cahoots, lui permettant d\u2019explorer des contr\u00e9es          plus jazzy.<br \/>         <br \/>         Ce soir on retrouvait en compagnie de Miller les fid\u00e8les des d\u00e9buts :          Peter Lemer au piano acoustique et Fender Rhodes et Elton Dean aux sax          alto et saxello, dont la sonorit\u00e9 rappelle in\u00e9vitablement la participation          de Dean aux grandes heures de Soft Machine. Ce dernier, un incontournable          du festival puisque d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent lors des 2 prestations de Polysoft, d\u00e9cocha          quelques splendides envol\u00e9es au sein de morceaux \u00e0 la structure r\u00e9solument          jazz : apr\u00e8s un bref th\u00e8me, le plus souvent introduit par Miller lui-m\u00eame          ou doubl\u00e9 par les vents, la musique qui s\u2019\u00e9coule devient un pr\u00e9texte \u00e0          de larges \u00e9changes de chorus ; le trompettiste Jim Dvorak donnant le change          \u00e0 Lemer et Dean r\u00e9pondant \u00e0 son tour aux rares interventions du ma\u00eetre          de c\u00e9r\u00e9monie.<br \/>         A ce propos, il est assez \u00e9tonnant de constater qu\u2019en tant que leader,          le guitariste reste la plupart du temps en retrait, s\u2019effa\u00e7ant au profit          de ses partenaires. Grand gaillard arc-bout\u00e9 sur son instrument, Miller          oscille entre nonchalance et grimaces comme s\u2019il accouchait dans la douleur          de la moindre note. Il restera immobile quasiment dos au public pendant          toute la dur\u00e9e des deux sets, de telle sorte qu\u2019il allait \u00eatre impossible          de voir ses mains \u00e9voluer sur la guitare. Modestie ou timidit\u00e9 ? Toujours          est-il que son jeu demeure un myst\u00e8re, tant sa ma\u00eetrise du langage jazz          reste floue : son phras\u00e9 est approximatif, au bord de la rupture. Semblant          comme en \u00e9quilibre, on le sent t\u00e2tonner sur le manche, manquant bien souvent          d\u2019assurance et de fluidit\u00e9. En cela Phil Miller est unique, ayant d\u00e9velopp\u00e9          un style \u00e0 la fois original et complex\u00e9, mais dont le charme ne laisse          pas indiff\u00e9rent.<br \/>         <br \/>         In Cahoots s\u2019appuie sur un r\u00e9el esprit collectif, servant la musique sans          chercher \u00e0 privil\u00e9gier telle ou telle personnalit\u00e9. Toutefois, Miller          a su s\u2019entourer de vraies pointures : une section rythmique impeccable          constitu\u00e9e de Fred Baker, compositeur d\u2019un morceau tr\u00e8s latino presque          d\u00e9cal\u00e9 et qui brille dans ses interventions solistes ou en accompagnement          \u00e0 la basse fretless, et du batteur Mark Fletcher dont la frappe s\u00e8che          et pr\u00e9cise n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 son jeu tr\u00e8s \u00e9toff\u00e9 et swing \u00e0 la fois. La          batterie a d\u2019ailleurs b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une sonorisation claire et puissante,          comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e au Triton o\u00f9 la qualit\u00e9 de la prise de son est toujours          au rendez-vous.<br \/>         Au cours du deuxi\u00e8me set la musique jou\u00e9e par le sextuor quittera peu          \u00e0 peu les rives du jazz ternaire format\u00e9 pour retrouver les accents binaires          d\u2019un jazz-rock plus aventureux, alternant classiques du groupe et nouveaut\u00e9s          \u00e0 para\u00eetre \u00e0 la rentr\u00e9e. Le tout se poursuivra jusqu\u2019au rappel r\u00e9clam\u00e9          par un Triton enthousiasm\u00e9 et qui, dans ambiance de caf\u00e9-concert intimiste,          conna\u00eetra enfin l\u2019apoth\u00e9ose avec un superbe solo de synth\u00e9tiseur sign\u00e9          Peter Lemer, comme au bon vieux temps.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Eric Verdin<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"><b>6 juin 2003 : Pip Pyle\u2019s Bash<\/b><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">C\u2019est avec une certaine impatience qu\u2019une          bonne partie du public attendait la prestation de Pip Pyle, ex-batteur          de Gong, Hatfield And The North et National Health. Le v\u00e9t\u00e9ran n\u2019\u00e9tait          pas peu fier de pr\u00e9senter le Pip Pyle\u2019s Bash, son tout r\u00e9cent projet instrumental          jazz-rock, et on le comprend ! Notre homme s\u2019est mont\u00e9 une formation de          tout premier ordre, compos\u00e9e de Patrice Meyer (guitare), Fred T. Baker          (basse) et Alex Maguire (claviers). <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_pippyle_1.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"left\">21:20          : arriv\u00e9e des musiciens sur sc\u00e8ne sous les acclamations du public. Le          premier titre met dans l\u2019ambiance, d\u00e9marrant sur un tr\u00e8s bon solo de basse,          suivi d\u2019un crescendo aboutissant sur un th\u00e8me de guitare tr\u00e8s m\u00e9lodique.          Des rythmes complexes ne tardent pas \u00e0 s\u2019y m\u00ealer, mais la coh\u00e9rence est          toujours de mise. Malgr\u00e9 la \u00ab jeunesse \u00bb du groupe, les compositions sont          tr\u00e8s bien rod\u00e9es et le quartette se montre d\u2019une aisance d\u00e9concertante          ! Le duo Pyle\/Baker fait merveille, apportant groove et pr\u00e9cision aux          nombreux rythmes soign\u00e9s et recherch\u00e9s, et assurant un soutient sans faille          aux deux solistes. Les titres laissent la part belle aux improvisations          inh\u00e9rentes au style, et Alex Maguire, compl\u00e8tement happ\u00e9 par la musique          et l\u2019ambiance \u00ab tritonale \u00bb, gigote sur place, va du piano au Rhodes en          passant par son synth\u00e9 organique, ass\u00e9nant aux spectateurs ses soli fr\u00e9n\u00e9tiques.          Si ses derniers sont remarquablement interpr\u00e9t\u00e9s, le c\u00f4t\u00e9 improvis\u00e9 et          surtout l\u2019atonalit\u00e9 peuvent cependant surprendre le profane. C\u00f4t\u00e9 guitare,          c\u2019est incontestablement la panac\u00e9e ! Patrice Meyer tire son \u00e9pingle du          jeu en faisant preuve d\u2019une impressionnante maestria sur six cordes. Adepte          du <i>finger picking<\/i>, le Fran\u00e7ais brille \u00e0 chacune de ses interventions,          en rythmique comme en solo sans jamais tomber dans le &#8211; trop &#8211; d\u00e9monstratif.          <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_pippyle_2.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"right\">Il          est difficile d\u2019\u00e9chapper aux \u00e9cueils habituels du style, des passages          peu abordables et susceptibles de passer au-dessus des t\u00eates si l\u2019on ne          se focalise pas sur le c\u00f4t\u00e9 technique. Heureusement, la ballade surnomm\u00e9e          \u00ab My Beautiful Baguette \u00bb tombe \u00e0 point nomm\u00e9 pour remettre sur les rails          les quelques \u00e9gar\u00e9s. Ici la guitare brode une jolie m\u00e9lodie soutenue par          une batterie tr\u00e8s nuanc\u00e9e. Le premier set s\u2019ach\u00e8ve sur \u00ab Bashy Bazooka          \u00bb, un titre assez massif au caract\u00e8re plut\u00f4t herm\u00e9tique. Qu\u2019importe, Meyer          lance un long solo jubilatoire encha\u00eenant les d\u00e9manch\u00e9s en staccato, legato          et m\u00eame des arp\u00e8ges aux couleurs gambaliennes, ex\u00e9cut\u00e9s avec c\u00e9l\u00e9rit\u00e9          et sans le moindre plectre. <br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_pippyle_3.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"left\">La          seconde partie est marqu\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e du saxophoniste Elton Dean, ancien          de Soft Machine et compagnon de Pyle dans Soft Heap, groupe qui comprendra          aussi John Greaves car le monde est petit. Dean est simplement venu croiser          le fer sur deux titres. C\u2019est d\u2019ailleurs sur l\u2019un des deux que Pip et          sa bande se lanceront dans un capharna\u00fcm musical semi-improvis\u00e9 digne          des plus grands d\u00e9lires free jazz, d\u00e9boussolant un public \u00e0 la mine dubitative          et troubl\u00e9e. Pourtant on sort de ce malstr\u00f6m, guid\u00e9 par une guitare salvatrice          nous accordant un th\u00e8me m\u00e9lodique faisant office de bou\u00e9e de sauvetage.          Les cinq d\u00e9jant\u00e9s retombent sur leurs pattes comme si de rien n\u2019\u00e9tait,          continuant sur une musique plus accessible. Le rappel est de circonstance          et la soir\u00e9e s\u2019ach\u00e8ve sur un titre plus sautillant, ponctu\u00e9 par un duo          Baker\/Meyer sur un plan en <i>walking bass<\/i> bien senti. <br \/>         <br \/>         Le Pip Pyle\u2019s Bash croule alors sous les applaudissements bien m\u00e9rit\u00e9s          ! Pip remercie dans un fran\u00e7ais honorable un public qui le lui rend bien          en demandant un second rappel, qui n\u2019aura h\u00e9las pas lieu. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion          de d\u00e9couvrir un jazz-band de haute vol\u00e9e, \u00e0 la musique parfois d\u00e9concertante          mais v\u00e9ritablement passionnante. Le groupe \u00e9tait ravi, l\u2019audience aussi          !<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Greg Filibert<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\"> <strong>7 juin 2003 : John Greaves          \u2013 RoXongs Trio<\/strong><\/p>       <p align=\"left\" class=\"dateconcert\">Avec plus de trente albums, coop\u00e9rations          comprises, depuis les ann\u00e9es 1970, John Greaves est un autre pilier du          Canterbury, fort li\u00e9 \u00e0 Robert Wyatt, Pip Pyle, Peter et Kristoffer Blegvad,          Dave Stewart \u2013 non, pas celui-l\u00e0, l\u2019autre &#8211; ou Michael Nyman. Sa carri\u00e8re          est pass\u00e9e par Henry Cow et National Health, entre autres. Une nouvelle          grande r\u00e9f\u00e9rence du genre passait donc au Triton hier soir, dans la configuration          RoXongs, d\u00e9finitivement \u00e9lectrique, par opposition au Jazzsongs Trio que          le bassiste, chanteur et pianiste m\u00e8ne en parall\u00e8le.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_roxongs_1.jpg\" width=\"160\" height=\"120\" border=\"1\" align=\"left\">Greaves          a su d\u00e9montrer hier, une fois de plus, qu\u2019une formation \u00e9pur\u00e9e pouvait          aussi bien remplir l\u2019espace sonore qu\u2019un orchestre plus \u00e9labor\u00e9. Prenant          au jazz sa libert\u00e9 d\u2019expression, notamment rythmique, au rock un son brut,          voire violent, et au blues des accents m\u00e9lancoliques et chaloup\u00e9s, le          Gallois, Fran\u00e7ais d\u2019adoption \u2013 langue dans laquelle il conversera avec          le public toute la soir\u00e9e, construit chaque titre sur la charpente de          la batterie, \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s pr\u00e9sent. Se d\u00e9roulent alors sur cette base les          tentures de la guitare, souvent simples pendant les couplets mais n\u2019h\u00e9sitant          pas ensuite \u00e0 lancer d\u2019une voix distordue une s\u00e9rie d\u2019arp\u00e8ges en contrepoint          du chant. Enfin la basse, tr\u00e8s pr\u00e9sente, en vraie rythmique du trio, mais          ne reculant pas non plus devant des envol\u00e9es solistes, aggr\u00e8ge l\u2019ensemble          et lui permet d\u2019accueillir la voix, proche de celle de Paul Williams,          un peu trouble, un peu actrice, qui sent le soir sur la lande, les amours          tristes et les grandes questions.<br \/>         <br \/>         <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/tritonal\/triton_roxongs_2.jpg\" width=\"160\" height=\"127\" border=\"1\" align=\"right\">On          per\u00e7oit aussi le sens bien ma\u00eetris\u00e9 de la progression : souvent rapide,          elle n\u2019h\u00e9site pas parfois \u00e0 violer la dynamique en marquant des arr\u00eats          brutaux sur la caisse claire du tr\u00e8s bon Manuel Denizet, suivis de silences          musicaux, ou \u00e0 imposer de nouvelles cadences sur la rythmique alors agressive          de Jef Morin, toujours tr\u00e8s expressif, cueillant l\u2019auditeur comme une          fleur d\u2019automne pour mieux le reposer plus loin.<br \/>         <br \/>         \u00c0 propos de fleurs d\u2019automne, John Greaves les chantera d\u2019ailleurs au          milieu de compositions co-sign\u00e9es avec Peter Blegvad : le bassiste rendra          hommage \u00e0 Brassens, \u00ab un po\u00e8te fran\u00e7ais \u00bb, dans une tr\u00e8s jolie reprise          de<br \/>         \u00ab Saturne \u00bb, et ce ne sera pas la seule surprise de la soir\u00e9e : apr\u00e8s          un premier rappel, Greaves remonte sur sc\u00e8ne pouss\u00e9 par le public. Il          est seul : \u00ab C\u2019est tout ce que nous avons en magasin, h\u00e9las, alors je          vais essayer de vous jouer quelque chose, sans ces gentlemen qui sont          de tr\u00e8s bons musiciens \u00bb. Il entame alors un dernier morceau, simple chant          sur basse en arp\u00e8ges : pas besoin de plus pour compenser les absences.<\/p>       <p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Florian Gonfreville<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER : Les Tritonales 2003 Le Triton, caf\u00e9-concert, studio et label \u00e0 un jet de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22153,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22152"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22152"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22152\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22153"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22152"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}