{"id":22148,"date":"2008-03-01T00:00:00","date_gmt":"2008-02-29T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/chromatique.net\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/801a9763089c5c8b56445e86a16fe851_XL.jpg"},"modified":"2008-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-02-29T22:00:00","slug":"22148","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/2008\/03\/01\/22148\/","title":{"rendered":"&#8211; Nosfell"},"content":{"rendered":"<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td class=\"tablecentre\">\n<h1>FOCUS : NOSFELL<\/h1>\n<table width=\"100%\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td width=\"50%\" valign=\"top\"><img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/foc_nosfell_main.jpg\" width=\"220\" height=\"150\" border=\"1\"><\/td>\n<td width=\"3%\" valign=\"top\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"47%\" valign=\"top\" class=\"maintext\">  <b>Origine :<\/b> Klokochazia (aucun cartographe au monde n\u2019a encore localis\u00e9 cette contr\u00e9e)<br \/> <b>Style :<\/b> pop audacieuse et rock onirique<br \/> <b>Form\u00e9 en :<\/b> 1999<br \/> <b>Composition : <\/b><br \/> Labyala Nosfell \u2013 chant, guitare<br \/> Pierre Le Bourgeois \u2013 violoncelle, arrangements<br \/> <b>Discographie :<\/b><br \/> 2005 : <i>Poma\u00efe Klokochazia balek<\/i><br \/> 2006 : <i>Oklamindalofan<\/i> (<i>Poma\u00efe Klokochazia balek<\/i> agr\u00e9ment\u00e9 d&rsquo;un DVD live, enregistr\u00e9 \u00e0 Bruxelles le 15 d\u00e9cembre 2005)<br \/> 2006 : <i>K\u00e4lin Bla Lemsnit D\u00fcnfel Labyanit<\/i>                        <\/span>            <\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p align=\"justify\" class=\"dateconcert\">  <b>Labyala Nosfell est une personnalit\u00e9 \u00e9trange et attachante, dot\u00e9e d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 tous azimuts. Depuis 2005, il arpente les sc\u00e8nes de l\u2019hexagone avec un succ\u00e8s toujours croissant, couronn\u00e9 par une prestation avec orchestre \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique de Paris. Sans chercher \u00e0 expliquer son univers, ni m\u00eame \u00e0 le p\u00e9n\u00e9trer tant l\u2019ensemble est profond\u00e9ment personnel et le risque grand d\u2019\u00e9crire des \u00e9normit\u00e9s, Progressia tente d\u2019en dessiner les contours, pour esp\u00e9rer donner envie de s\u2019y attarder un peu.<\/b><\/p>\n<p>   Nosfell. Un nom qui charrie derri\u00e8re lui une saveur de fantasmagorie inspir\u00e9e et de folie contr\u00f4l\u00e9e. L\u2019homme reste, dans une large mesure, un myst\u00e8re. Les rares informations ayant filtr\u00e9 font \u00e9tat d\u2019un jeune homme de trente ans, grandi en banlieue nord de Paris, \u00e9lev\u00e9 au free jazz, \u00e0 la world, au hip hop et au gros rock qui t\u00e2che. De ces multiples influences et d\u2019une passion pour les langues (il aurait effectu\u00e9 un cursus universitaire en langues orientales), Nosfell a extrait le suc d\u2019une langue inconnue, le Klokobetz, et un univers musical et po\u00e9tique sans \u00e9gal.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/foc_nosfell_2.jpg\" width=\"139\" height=\"200\" align=\"right\" border=\"1\">Ses albums content l\u2019histoire d\u2019un monde, Klokochazia, v\u00e9ritable univers fantastique, peupl\u00e9 de cr\u00e9atures \u00e9tranges et de sons \u00e9clectiques. Labyala Nosfell ne souhaite pas en dire davantage sur Klokochazia. D\u2019une part, parce que cet univers est un jardin secret, dont il dit qu\u2019il renvoie \u00e0 une histoire personnelle douloureuse (c\u2019est sans doute \u00e0 cette aune qu\u2019il faut interpr\u00e9ter le sens donn\u00e9 au pseudonyme Nosfell : \u00ab&nbsp;Celui qui marche et qui gu\u00e9rit&nbsp;\u00bb). D\u2019autre part, parce qu\u2019il refuse que ce monde imaginaire devienne un simple artefact d\u00e9tournant l\u2019attention du public et focalisant celle de m\u00e9dias prompts \u00e0 se saisir d\u2019une particularit\u00e9 pour y r\u00e9duire, sans doute par commodit\u00e9 une identit\u00e9 complexe. Un peu d\u00e9routant au premier abord, ce myst\u00e8re laisse finalement \u00e0 chacun la libert\u00e9 de projeter en Klokochazia son univers int\u00e9rieur et ainsi de s\u2019approprier plus enti\u00e8rement le monde de Nosfell.<\/p>\n<p>  De ce monde \u00e9merge donc d\u2019abord une langue, le Klokobetz. Loin de constituer un obstacle \u00e0 la compr\u00e9hension de l\u2019univers de Nosfell, elle ouvre une porte au r\u00eave. Ses sonorit\u00e9s orientales et exotiques sont \u00e9minemment suggestives, donnent naissance \u00e0 des mondes et des images, et les modulations permanentes qu\u2019y apporte le chant ouvrent les vannes de l\u2019imagination. Klokochazia, finalement, est sans doute prot\u00e9iforme, selon ce que chaque auditeur y projette. Et si chaque texte a un sens pour son auteur, qui dit d\u2019ailleurs \u00e9crire d\u2019abord en fran\u00e7ais, avant d\u2019en traduire certains passages, chacun garde la libert\u00e9 de le recr\u00e9er.<\/p>\n<p>  C\u2019est avant tout sur sc\u00e8ne que le monde d\u2019art total de Nosfell se r\u00e9v\u00e8le enti\u00e8rement. Car, plus encore que sur disque, l\u2019homme joue de sa voix, qu\u2019il module, du grave \u00e0 l\u2019aigu, du lugubre \u00e0 l\u2019onirique. Commenc\u00e9e en un g\u00e9missement, chaque phrase peut s\u2019achever sur un hurlement ou sur une longue m\u00e9lop\u00e9e. Le timbre est clair et \u00e9pur\u00e9, parfois proche de celui d\u2019un Jeff Buckley, mais Nosfell semble pouvoir faire ce qu\u2019il veut de sa voix, qu\u2019il met en sc\u00e8ne comme un v\u00e9ritable instrument. Il la mod\u00e8le, la triture, la <i>sample<\/i>, construit avec elle des boucles, avale le micro, y \u00e9ructe des <i>vocal beatboxes<\/i> d\u2019une \u00e9nergie intense, etc.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/foc_nosfell_3.jpg\" width=\"126\" height=\"190\" align=\"left\" border=\"1\">Mais si sur sc\u00e8ne Nosfell chante, crie ou pleure, il n\u2019est pas qu\u2019une voix. Son corps tout entier participe du spectacle. Sa fine silhouette, tout de noir v\u00eatue ou torse nu, arborant des tatouages que l\u2019on croirait parfois vivants, s\u2019entrelace, danse, ondule, fait et d\u00e9fait des figures alambiqu\u00e9es, \u00e9voquant animaux et personnages fantastiques. La vie s\u2019empare et secoue la moindre parcelle de ce corps devenu objet graphique, dont les mouvements sugg\u00e8rent plus qu\u2019ils n&rsquo;illustrent, personnages, animaux, r\u00f4les et \u00e9motions. Les jeux de lumi\u00e8re, souvent savamment \u00e9tudi\u00e9s, mettent en sc\u00e8ne ce corps de danseur, dans une esth\u00e9tique sensuelle proche de celle d\u2019un ballet.<\/p>\n<p>  Le succ\u00e8s de Nosfell est exponentiel, et l\u2019on retrouve l\u2019homme dans les pages de la presse nationale, dans la liste des laur\u00e9ats potentiels des victoires de la musique (2006) ou sur des sc\u00e8nes prestigieuses comme celle de la Cit\u00e9 de la Musique (2007). Et tout ceci en l\u2019espace de deux albums et d\u2019un DVD.<\/p>\n<p>  Le premier disque, <i>Poma\u00efe Klokochazia balek<\/i>, sorti en 2005, posait les bases d\u2019un style d\u00e9j\u00e0 bien affirm\u00e9. Enti\u00e8rement \u00e9crit par Nosfell, il narre l\u2019histoire de plusieurs personnages, tous entre ruptures et trahisons. Autoproduit et autodistribu\u00e9 dans un premier temps, une licence avec V2 lui permet une meilleure exposition, et l\u2019album remporte un certain succ\u00e8s. Folk \u00e9trange, lignes m\u00e9lodiques \u00e9sot\u00e9riques, voix cristalline et polymorphe, sabir \u00e9trange et inspiration extraterrestre : les principaux ingr\u00e9dients du style Nosfell sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents, et s\u00e9duisent.<\/p>\n<p>  Tant et si bien qu\u2019apr\u00e8s plusieurs dizaines de concerts, cet album est r\u00e9\u00e9dit\u00e9 sous le titre <i>Oklamindalofan<\/i>, agr\u00e9ment\u00e9 de sa version <i>live<\/i> film\u00e9e. C\u2019est \u00e0 ce moment que prend racine celui qui devient peu \u00e0 peu le complice ind\u00e9fectible et indissociable, le violoncelliste Pierre Le Bourgeois. Sa patte musicale se porte sur les arrangements et apporte \u00e0 la musique de Nosfell de nouveaux timbres et de nouvelles couleurs.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/foc_nosfell_4.jpg\" width=\"150\" height=\"150\" align=\"right\" border=\"1\">C\u2019est sur <i>K\u00e4lin Bla Lemsnit D\u00fcnfel Labyanit<\/i>, sorti en 2006, quelques mois apr\u00e8s le DVD, que le duo prend toute sa dimension, avec une \u00e9criture en commun. Le propos y est plus complexe, la d\u00e9marche plus directe et plus radicale (notamment du fait de la pr\u00e9sence, en tant qu\u2019invit\u00e9 sur deux titres, du saxophoniste Peter Corser, tr\u00e8s port\u00e9 sur le free jazz). Nosfell y chante parfois en fran\u00e7ais, et c\u2019est une r\u00e9ussite. Si le climat est sombre, parfois brutal, il n\u2019est jamais oppressant, et les respirations sont toujours pr\u00e9serv\u00e9es. Sur ce second album, une dimension visuelle vient s\u2019ajouter, incarn\u00e9e par les \u0153uvres de la plasticienne isra\u00e9lienne Michal Zari. Etonnamment, alors que celle-ci a r\u00e9alis\u00e9 l\u2019ensemble des visuels de l\u2019album (une repr\u00e9sentation animale et tortur\u00e9e de Nosfell) sans en avoir entendu une note puisqu\u2019elle a travaill\u00e9 \u00e0 partir du DVD <i>live<\/i> seulement, l\u2019univers visuel qu\u2019elle propose s\u2019ins\u00e8re \u00e0 merveille dans le propos musical, autant qu\u2019il vient l\u2019enrichir et le compl\u00e9ter. <\/p>\n<p>  Le ph\u00e9nom\u00e8ne musical Nosfell ne cesse de prendre de l\u2019ampleur. Derni\u00e8re manifestation en date qui puisse en t\u00e9moigner, le spectacle du 27 novembre dernier \u00e0 la cit\u00e9 de la Musique. Pour l\u2019occasion, le duo Nosfell \/ Pierre Le Bourgeois s\u2019\u00e9tait entour\u00e9 d\u2019un v\u00e9ritable orchestre (deux quintettes \u00e0 cordes, un piano, une harpe, des bois et des cuivres, deux percussionnistes), d\u2019un petit ch\u0153ur, d\u2019un danseur et d\u2019une conception visuelle pouss\u00e9e, jouant sur les lumi\u00e8res, les contrastes et les ombres.<\/p>\n<p>  <img loading=\"lazy\" alt=\"\" src=\"\/images\/contenu\/articles\/old\/foc_nosfell_5.jpg\" width=\"144\" height=\"144\" align=\"left\" border=\"1\">Ce spectacle, unique, intitul\u00e9 <i>Le Lac aux V\u00e9lies<\/i>, pr\u00e9sentait une aventure parall\u00e8le \u00e0 l\u2019histoire des deux premiers albums, mettant en sc\u00e8ne les origines de l\u2019un de ses personnages, le terrible G\u00fcnel. D\u2019un morceau \u00e0 l\u2019autre, le conte de Nosfell prom\u00e8ne une salle comble et fascin\u00e9e autour du Lac. Les arrangements orchestraux sont magnifiques, donnant une dimension toute autre aux morceaux s\u00e9lectionn\u00e9s, et l\u2019on se dit que la musique, pour prendre toute sa dimension, a besoin de cet effectif et de cette emphase. Elle est faite pour sonner en \u00ab&nbsp;grand format&nbsp;\u00bb et se r\u00e9v\u00e8le v\u00e9ritablement \u00e0 cette occasion. D\u2019ailleurs, le public ne s\u2019y trompe pas : apr\u00e8s une courte heure et demie de spectacle, une salle debout ovationne la trentaine de musiciens pr\u00e9sents pendant un bon quart d\u2019heure.<\/p>\n<p>  Il est \u00e0 esp\u00e9rer que ce spectacle pourra \u00eatre redonn\u00e9, ou qu\u2019\u00e0 tout le moins une trace vid\u00e9o en sera laiss\u00e9e : c\u2019est l\u2019occasion id\u00e9ale de d\u00e9couvrir la musique de Nosfell, dot\u00e9e d\u2019une grandeur \u00e9pique qui la magnifie et qui offre au conte de Nosfell une dimension incroyable.<\/p>\n<p>  Quoi qu\u2019il en soit, le meilleur est sans aucun doute encore \u00e0 venir !  <\/p>\n<p align=\"right\" class=\"dateconcert\"><strong>Fanny Layani<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong>site web : <\/strong><a href=\"http:\/\/labyala.nosfell.free.fr\/\" target=\"_blank\" class=\"dateconcert\"><font color=\"#0000FF\"><strong>http:\/\/labyala.nosfell.free.fr<\/strong><\/font><\/a><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"dateconcert\"><strong><a href=\"http:\/\/http:\/\/www.chromatique.net\/index.php?option=com_k2&#038;view=itemlist&#038;layout=category&#038;task=category&#038;id=2&#038;Itemid=4\"><font color=\"#CA0B4E\"><font color=\"#157175\">retour          au sommaire<\/font><\/font><\/a><\/strong><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FOCUS : NOSFELL &nbsp; Origine : Klokochazia (aucun cartographe au monde n\u2019a encore localis\u00e9 cette&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":22149,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22148"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22148"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22148\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22149"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chromatique.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}